‹ Théologie pastorale (volume 2)Chapitre 23 sur 172 · THÉOL. PAST. II · texte numérisé non relu

THÉOL. PAST. II

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morale, afin de leur en montrer la différence par cette diversité de conduite.

4» Ils ne doivent faire briller aux yeux des enfants que des exemples d'actions nobles et vertueuses.

5° Ils doivent expliquer souvent *et clairement aux enfants la cause pour laquelle telle action est bonne, en leur disant, par exemple, que celui-là seul est proprement un homme qui s'élève vers Dieu et accomplit sa volonté par amour pour lui; puisqu'il s'élève au-dessus de la bête par la victoire qu'il remporte sur lui-même, et au-dessus de l'homme sensuel et extérieur par la religion.

Ils doivent encourager et aider les enfants à surmonter les premières difficultés, afin qu'ils arrivent, par l'habitude de se vaincre, à triompher des plus graves.

38. L'âme des enfants est comme une table de cire tendre et profonde , sur laquelle les premières impressions se gravent en caractères inefi"açables.

4° Et comme ils retiennent facilement tout ce qu'ils entendent et voient, alors même qu'ils ne le comprennent pas parfaitement, il ne faut rien se permettre de mauvais en leur présence, sous prétexte qu'ils ne le comprennent pas. Ils comprennent plus tôt que vous ne le pensez, et alors même qu'ils ne comprennent pas complètement, leurs impressions restent, et quand ils sont plus âgés, ils devinent ou cherchent jusqu'à ce qu'ils aient débrouillé l'énigme du péché; ils font toutes sortes d'essais, sont séduits ou se séduisent eux-mêmes.

2* Et puisque les enfants retiennent si facilement ce qu'ils voient , il faut mettre beaucoup de prudence et de délicatesse dans le choix des tableaux et peintures qu'on expose à leurs yeux, maxima debetnr puero reverentia semper. Il est surtout extrêmement dangereux de conduire les enfants dans des galeries où sont exposés à l'admiration des curieux les chefs-d'œuvre des maîtres qui ont excellé dans la peinture des sujets impurs. Un bon païen en éloignerait son enfant ; à plus forte raison un chrétien doit-il le faire.

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30 Dans le cas où des étrangers qui viennent dans la famille sont invités à prendre place à table ou à faire une partie de jeu^ il faut exclure avec la dernière rigueur les enfants de la table^ du jeu et de la société^, jusqu'à ce qu'ils aient atteint un âge plus avancé, quand les hôtes ne sont pas réservés dans leurs discours-, qu'ils n'ont ni de bonnes mœurs , ni de bonnes manières, et qu'ils ne sauraient être présentés aux enfants comme des modèles de vertu. Souvent il arrive que des étrangers gâtent ce qu'avait édifié la vertu domestique.

En général, le père de famille doit s'efforcer de détourner et même d'interrompre , par une parole énergique , toutes les conversations qui pourraient nuire aux enfants.

39. Si l'histoire est en général la maîtresse de la vie humaine, cela est vrai surtout quand il s'agit des enfants.

Toutefois, ce ne sont -pas les grands historiens d'une nation, mais des morceaux détachés de l'histoire, qui conviennent aux enfants : premièrement , parce qu'ils attirent plus l'attention par l'attrait de la nouveauté, parce que des morceaux choisis offrent un plus grand intérêt, et qu'étant plus courts ils fatiguent moins; deuxièmement , parce que l'enseignement qu'on veut en tirer se grave plus facilement dans la mémoire. Si je voulais, par exemple, expliquer clairement aux enfants la différence qui existe entre l'amour des parents, l'amour de la patrie et l'amour des hommes en général, je commencerais par raconter la vie de Fénelon, et je ferais jaillir cette belle vertu de son grand et noble cœur.

Fénelon ne pouvait souffrir qu'on prétendît servir sa patrie au préjudice de l'humanité qui nous relie avec tous les hommes, ni qu'on rabaissât le mérite des autres nations pour élever son propre pays. «Nous devons , disait-il , songer plus immédiatement à notre propre conservation qu'à celle d'aucun autre homme particulier comme nous. Nous devons plus à notre famille propre qu'à une autre famille étrangère. Nous devons plus à notre patrie, dans le sein de laquelle nous avons été instruits, élevés et protégés pendant notre enfance, qu'à une autre so^

ciété particulière d'hommes que nous n'avons jamais vue. .... Mais quand il s'agit du bien particulier comparé avec le bien général, il faut toujours préférer le second au premier. Il n'est pas permis de se conserver en ruinant sa famille, ni d'agrandir sa famille en perdant sa patrie, ni de chercher la gloire de sa patrie en violant les droits de l'humanité. y>

40. La crainte du Seigneur, une confiance illimitée dans les parents, ou plus clairement encore, la simplicité enfantine tant envers Dieu qu'envers les parents, voilà ce qui préserve le mieux les enfants de la séduction et du dérèglement. Par conséquent, stimuler, conserver, fortifier l'enfant, tel est l'unique et grand objet de l'éducation.

« Voici qui fera plaisir à mes parents; voici qui réjouira mon père qui est au ciel ! » ces deux pensées seront comme deux anges gardiens, qui préserveront l'innocence de l'enfant. « Oserais-je penser, dire, faire cela, si mes parents devaient le savoir? Eh bien, Dieu, qui est mon père, sait tout. » Tels doivent être les sentiments d'un enfant bien formé : respect envers Dieu et envers ses parents.

Il peut être utile de donner à la jeunesse quelques extraits d'histoire naturelle, de géologie, d'histoire universelle ; mais si l'on n'a pas commencé par implanter dans l'âme tendre des enfants la crainte de Dieu et des parents, ces .connaissances leur seront préjudiciables. Ils deviendront pédants, orgueilleux, pleins d'amour-propre et d'arrogance.

41 . Dès que l'adulte commence à subtiliser sur les commandements de Dieu, sa perversion est comme assurée. Obéir vaut toujours mieux que raisonner. Dès que l'enfant se demande : « Pourquoi mon père m'a-t-il ordonné ceci ou cela? » c'est fait de la vertu d'obéissance. C'est pourquoi autant les parents doivent convaincre les enfants parle fait lui-même que leurs ordres sont raisonnables et ne tendent qu'à leur bien; autant ils doivent se garder de permettre aux enfants de faire l'office de censeurs et de juges par rapport aux prescriptions des parents (n» 33).

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