‹ Théologie pastorale (volume 2)Chapitre 24 sur 172 · Si Jésus-Christ est l'unique Sauveur de tous les hommes · texte numérisé non relu

Si Jésus-Christ est l'unique Sauveur de tous les hommes

il est aussi Tunique Sauveur des enfants; et si Jésus-Christ est leur unique Sauveur^ le principal fondement de toute éducation chrétienne doit être d'élever les enfants pour leur Sauveur, et de remplir leurs jeunes cœurs des sentiments d'un amour reconnaissant, confiant, soumis et respectueux envers lui.

43. Rien n'altère plus le caractère franc et innocent de la jeunesse que la conduite des parents qui offrent l'un et l'autre un modèle tout différent de celui de la charité ; qui ne traitent pas avec amour les personnes qui les entourent , et qui témoignent de l'aversion et de l'inimitié envers des personnes absentes. Et tout cela n'est pas préjudiciable uniquement parce que l'autorité des parents sur les enfants en est affaiblie, ou parce que les enfants conçoivent des préjugés envers ces absents; mais encore et surtout parce que les enfants s'habituent à ne voir jamais dans sa vraie lumière le précepte de l'amour du prochain, et finissent par croire qu'on a satisfait à la religion quand on s'est préservé d'aberrations grossières. La vie des parents est le miroir dans lequel regardent les enfants; tout ce qui trouble ce miroir, égare ceux qui y regardent. Comme le monde, au lieu d'un paradis terrestre, est une maison de travail où les hommes se tourmentent les uns les autres de mille manières, et sont tourmentés par une foule d'accidents et de traverses inévitables, toute éducation des enfants qui se fait sans les former aux sacrifices, sans les habituer au travail, à la mortification et à la patience, est une éducation qui convient au monde de la mode, mais nullement au nôtre.

44. L'homme étant condamné au travail de par la nature, et les cailles ne lui tombant pas toutes rôties dans la bouche, quelques efforts qu'aient faits certaines éducations pour amener cet état de choses, l'éducation doit non-seulement s'appliquer à inspirer l'amour du travail et l'horreur de l'oisiveté; elle doit encore donner peu à peu certaines notions et connaissances nécessaires pour apprendre un art ou un métier quelconque.

45. Les enfants devant, après leur entrée dans le monde, voir le bien et le mal, et communément plus de mal que de bien, il est nécessaire que les parents leur en fassent sentir la différence

ayant qu'ils la sentent eux-mêmes par expérience ; il est nécessaire qu'ils les arment de principes , qu'ils les fortifient par certains exercices préparatoires qui leur apprennent et les liaLituent à marcher d'un pas ferme et droit dans le pays des impotents et des aveugles.

§ III. — ContiniiatioR.

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