DE LA CONNAISSANCE DE CET ÉTAT
53. La tristesse naît : a, de Textrême nécessité; b, des troubles croissants de la conscience ; c, d'une passion indomptée et qui se change en folie ;c?^ de la crainte inYincible d'être déshonoré publiquement ; e, du tempérament ; /, de quelque maladie.
Plusieurs se sont donné la mort parce qu'ils manquaient de pain pour eux et pour leurs enfants (c'est ainsi qu'il y a quelques années, non loin de Dillingen, une mère, après avoir noyé ses trois enfants, se noya elle-même) ; d'autres l'ont fait parce qu'ils ne pouvaient plus maîtriser les terreurs de leur conscience (c'est ainsi qu'en 1785, un pieux ecclésiastique de Munich se donna la mort) ; ceux-ci, parce que s'étant adonnés au jeu, et ayant rendu leur famille malheureuse, ils ne voyaient plus d'autre moyen de délivrance ; ceux-là, parce qu'ils n'auraient pu supporter la honte que leur «ùt occasionnée la découverte de leurs dettes, ou les crimes dont ils auraient été obligés de rendre compte à la justice publique.
Que la tristesse ait souvent sa source dans le tempérament, ou dans quelque maladie physique, l'expérience de tous les jours le prouve suffisamment, bien que, comme souffrance de l'esprit et comme maladie de l'âme, elle ait ses véritables racines dans l'âme.
54. Si diflérentes que soient les causes de la mélancolie, la plupart des états où elle fait tomber se distinguent par les caractères suivants :
Les malheureux qui en sont affectés deviennent taciturnes, se séparent de la société ordinaire des hommes, sont dégoûtés du travail, perdent l'appétit, sont constamment absorbés en eux-mêmes, s'abîment dans leurs propres pensées, sont frappés quand on leur demande la cause de leur tristesse, et portent
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sur leur physionomie la marque incontestable de la mélancolie. Si le pasteur peut, d'après ses propres expériences, présumer les causes de cet état, ou en découvrir quelques indices, son devoir est de travailler à le combattre.