‹ Théologie pastorale (volume 2)Chapitre 66 sur 172 · LA FAMILIARITÉ AVEC LA MORT · texte numérisé non relu

LA FAMILIARITÉ AVEC LA MORT

Le pasteur se familiarise peu à peu avec le spectre de la mort, quand les premiers malades qu'il visite ne sont infectés d'aucune maladie contagieuse, et qu'il est témoin d'une mort

pieuse et édifiante. Il la voit telle qu'elle est^ et plus il la contemple, moins il la craint. Sans doute que le côté terrible de la mort ne disparaît jamais; mais le côté religieux qu'elle présente^ élève rame, et les horreurs mêmes de la mort ne laissent pas de fortifier le prêtre , qui se sent en quelque sorte mourir avec le mourant. Ce n'est pas le mépris stoïque de la mort, mais l'art de l'envisager chrétiennement, qui est une médecine de l'âme, et un antidote contre la crainte du trépas. Celui qui a l'occasion de voir mourir un malade, ne doit jamais la laisser passer ; car assister aux derniers moments d'un chrétien est encore beaucoup plus instructif qu'assister au lever du soleil. Mortel ! à chaque instant il meurt quelque chose de votre vie temporelle, et la mort vous est encore si étrangère !

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