‹ Théologie pastorale (volume 2)Chapitre 71 sur 172 · VI. Tous les jours nous répétons cette prière : « Que votre · texte numérisé non relu

VI. Tous les jours nous répétons cette prière : « Que votre

royaume nous arrive. » Or, quand nous craignons la mort, nous sommes en contradiction avec nos demandes de tous les jours. Pourquoi redouter la mort^ puisqu'elle nous ouvre la porte du royaume des cieux ?

vn. Ici-bas, nous portons le trésor de la religion, de la vertu, du salut dans des vases fragiles; Satan, la chair et le monde s'unissent pour nous les enlever : eh bien, ne devrions-nous pas être heureux d'échapper bientôt au danger et d'arriver en lieu sûr ?

viii. Nous sommes assujettis à une nécessité inévitable : une loi de mort est portée contre tous les mortels. Quand l'heure sonnera, quand Dieu le voudra, il vous faudra partir : vous ne sauriez résister à sa volonté. Remettez donc de bonne grâce votre âme entre ses mains, avant que la mort ne vous l'enlève de force.

IX. Ici-bas, nous n'apercevons que l'ombre de la vérité, c'està-dire de Dieu : nous devons donc nous réjouir de voir cesser les ténèbres, et notre âme s'élever de clarté en clarté jusqu'à la pleine vision de Dieu.

Tels sont les moyens que le pasteur emploie pour détruire, par sa racine, toute cause qui empêche un malade de se préparer à la mort.

§ VIII. — Prière aux directeurs des âmes, principalement à ceux de la campagne.

36. La crainte de la mort n'est jamais plus nuisible que lorsqu'elle menace une double existence, je veux dire, quand elle tourmente une femme en couche. La mère, préoccupée de sa vie et de celle de son enfant, ne reçoit souvent aucun secours ni du médecin, ni de la sage-femme, qui ne sont pas là ; ni du prêtre, qui n'a pas la parole. La crainte de la mort peut affaiblir une femme en couche au point de la faire succomber aux douleurs de l'enfantement. Dans ce cas, il suffit quelquefois d'une bonne parole pour lui relever le moral, et sauver à la fois la mère et l'enfant.

Citons ici, au lieu de donner des préceptes, le récit d'un té-

moin oculaire. Une personne, nommé Caroline, qui devait éprouver pour la première fois les douleurs de Tenfantement, était en proie aux craintes et aux pressentiments les plus terribles. Lorsque les douleurs, qui durèrent longtemps, se firent sentir, et tandis que la sage-femme baptisait l'enfant dans le sein de sa mère, celle-ci ne cessait de crier : « Je vois bien qu'il me faudra mourir ; vous-même désespérez de ma vie. » — « Vous ne mourrez point, Caroline, s'écriait une voix lointaine ; vous ne mourrez point; ayez seulement confiance en Dieu; bientôt Tenfant sera né ; ayez confiance en Dieu ! Faites votre devoir, et prenez patience : vous ne mourrez point ! » Ces paroles d'encouragement prononcées en temps convenable, ranimèrent les forces de la femme, et lui donnèrent une énergie nouvelle. Élevant sa pensée vers Dieu, et ramassant toutes ses forces, elle se recommanda au ciel, elle et son enfant, et l'enfant ne tarda pas à voir la lumière du jour. La mère rendit grâces à Dieu de l'avoir consolée par une parole énergique. Et voilà comment sont enfantés dans la foi même les enfants qui naissent à la vie du corps.

37. Si ni la nature, ni l'art, ni le courage ne peuvent réellement fournir aucun moyen de salut, et que la mère doive, pour donner la vie à son enfant, devenir victime de la mort, la parole de Dieu pourra, par la bouche du prêtre, adoucir sa dernière heure. « Si Dieu vous enlève la vie, il la remplacera par celle de votre enfant ; confiez-vous en sa bonté, et déposez toutes vos inquiétudes dans son cœur paternel. Jésus-Christ vous offre sa main pour vous emmener dans son royaume : suivez-le ; bientôt vous verrez ce que nous espérons et croyons tous. — Il a bien fait toutes choses,

38. Si une mère chrétienne, qui sait apprécier la valeur du baptême, met au monde un enfant mort-né, son cœur sera déchiré par la pensée des tourments de Tenfer, si un pasteur prudent n'a pas pour elle quelque parole de consolation. « L'Église baptise les enfants qui ont encore la vie ; quant aux ®nfants morts-nés, elle les abandonne à la Providence divine ; tout ce qui vient de l'homme est sien : cet enfant lui appartient

donc aussi, les ressources du Seigneur sont infinies. La foi croit, Fespérance espère, la charité aime là où elle ne voit rien. Abandonnons à Dieu le soin de diriger toutes choses: il lui appartient de commander ; à nous d'obéir et d'avoir confiance,

§ IX. — Des testaments.

39. La simple prudence veut qu'un ecclésiastique non-seulement ne se mêle pas de la confection des testaments et ne s'y laisse pas entraîner, mais encore qu'il n'y prenne absolument aucune part, à moins que la nécessité et la charité ne Ty contraignent. Rien, en effet, n'occasionne plus de désagréments, de disputes, de procès et d'inimitiés, que les afi^aires testamentaires, que le mien et le tien, qui revivent après la mort du testateur et se disputent son héritage. Ceux qui ne reçoivent rien, veulent recevoir quelque chose; ceux qui reçoivent quelque chose, veulent recevoir davantage ; ceux qui reçoivent la grande part, veulent tout recevoir. Les mécontents, et il n'y a pas de testament qui n'en fasse quelques-uns, maudissent le pasteur; ils l'accusent d'être cause qu'ils ne reçoivent rien, ou ne reçois vent pas davantage ; ils l'accusent d'avoir dirigé le malade, etc.

40. Que si la charité et la prudence demandent l'intervention du pasteur dans les testaments, il devra :

Premièrement. Rappeler aux testateurs (quand il s'agit de legs pieux) qu'il faut préférer le nécessaire à l'utile, et le bien général aux vues particulières.

Deuxièmement, Il ne devra pas dissimuler qu'il y a péché à négliger, par aversion, des parents pauvres, pour consacrer son argent à des œuvres pies, Quicumque vult ^ exhœreditato filio^ hœredem facere Ecclesiam, quœrat alterum qui suscipiat, non Augustinum^ imo Deo propitio nullum inveniet, (Aug., sermo V, de Vita clericorum.)

C'est, de la part des riches, un inqualifiable aveuglement que de pousser leur aversion pour de pauvres parents au point de ne leur rien donner, ou presque rien. Mais ils n'avouent pas qu'ils

agissent ainsi par une aversion secrète ; ils prétendent, ou plutôt ils prétendaient avant leur mort :

a. Qu'il leur fallait songer à leur âme^ par conséquent qu'ils ne pouvaient pas s'intéresser à de pauvres amis ; comme si l'observation de ce précepte : Redime eleemosynis peccata tua, comme si l'accomplissement de la loi fondamentale de la charité n'était pas le meilleur moyen de soigner les intérêts de son âme.

b. Ils disaient qu'ils s'étaient intéressés à de pauvres Franciscains, à tel couvent de Carmélites, etc. Il faut honorer sans doute quiconque fait le bien, comme il faut assister quiconque est dans le besoin, n'importe l'habit ! J'accorde volontiers son aumône à chaque malheureux, par conséquent aux religieux comme aux autres, et surtout à ceux qui travaillent au ministère des âmes, à ceux qui ont besoin et qui sont dignes d'être secourus. Mais les religieux ayant d'ordinaire plusieurs mains qui leur fournissent le nécessaire, tandis que les espérances d'un pauvre parent reposent entièrement sur vous, vous ne devez pas être assez cruel pour le tromper dans son attente. Des religieux raisonnables, s'ils étaient là présents, n'accepteraient pas un legs qui serait humecté des larmes des orphelins, et chargé de la malédiction des parents. Et puis les saints fondateurs d'Ordres n'ont-ils pas prouvé en choisissant la pauvreté pour héritage, et en abandonnant leurs propres biens, que l'esprit de leurs constitutions ne saurait être de priver les pauvres des secours dont ils ont besoin ?

c. Ils disaient que les ecclésiastiques offriraient le saint sacrifice pour eux, s'ils leur envoyaient des honoraires de messes.

Réponse. Dieu fait plus d'attention au cœur du donateur qu'au don lui-même ; et dans le cœur du donateur, il préfère la charité et la confiance à tout le reste. Ainsi, ce que vous accordez généreusement et en vue de Jésus- Christ à des parents pauvres, celui qui a promis sa récompense à un verre d'eau ne le laissera pas sans rémunération. Dieu et la nature. Moïse et Jésus- Christ, Jésus-Christ et son Église nous font un devoir d'aimer le prochain, de soulager les malheureux, et ce devoir, rien au

monde, ni la messe, ni la communion, ne sauraient le remplacer. Supposons le cas suivant : Vous rencontrez un homme à moitié tué, il a reçu le coup de la mort, et le voilà près de rendre le dernier soupir. Vous passez votre chemin sans verser de rhuile sur ses blessures, sous prétexte qu'avec l'argent que vous coûteraient les soins de ce malade vous pourriez faire dire cinq messes. Je vous le demande, cette conduite ne serait-elle pas une insulte au Christianisme? Croyez- vous que Jésus-Christ, que vous auriez soulagé dans la personne des pauvres, pourrait, comme Sauveur, dont vous célébrez à la messe le souvenir de la mort, repousser votre don, et que, comme juge, il ne récompenserait pas, selon sa promesse, ce service rendu à un malheureux ! 11 n'y a qu'un seul et même Jésus-Christ. Jésus-Christ souffrant n'est jamais en désaccord avec Jésus-Christ triomphant.

d. Il est si beau d'être accompagné et porté au tombeau par tant de confréries, et d'entendre nommer à tel jour précis le nom du défunt parmi les bienfaiteurs de l'Église ! Réponse : Faire le bien pour en être loué après sa mort, n'est autre chose qu'une vanité puérile : ce n'est pas le Christianisme.

e. Telle statue de l'église est si mal habillée ! Réponse : Voici, d'un côté, une statue de bois qui n'a ni robe, ni manteau, ni dorure; et de l'autre, un temple vivant du Saint-Esprit, un homme, votre frère, qui est sans vêtement, sans nourriture, sans éducation; et vous prétendez honorer les saints tout en négligeant les œuvres de charité que Marie, Joseph et tous les autres saints préféraient incomparablement à la décoration de statues de bois ? Il est louable de contribuer à l'embellissement des églises; mais violer pour ce motif le commandement de l'amour serait chose condamnable ; ce serait agir contre le sens et l'esprit de la religion.

Troisièmement. Le prêtre doit se garder de faire supposer, par exemple en parlant de ses propres nécessités, qu'il veut arracher 'quelque legs en sa faveur.

La pasteur s'assied auprès du lit des malades comme ministre de Jésus -Christ, et non comme mendiant; comme ami du malade, et non de son argent.

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Quatrièmement. Quand il s'agira d'aumône, le prêtre ne se permettra pas même de proposer, de son propre mouvement, un anniversaire, ou n'importe quoi, en faveur de son église parois^ siale: l'intégrité de sa réputation, en matière de désintéressesèment, doit lui être plus chère que cent anniversaires.

Cinquièmement. Bien que la confection des testaments ne soit pas l'affaire du pasteur, il y a cependant devoir pour lui de rappeler au malade d'en faire un, et, s'il est consulté, de ne proposer que des objets convenables.

Remarque. Parmi les legs qui peuvent être proposés, le pasteur doit placer :

Ceux qui ont pour but l'érection ou l'amélioration d'écoles primaires, ou le payement de bons instituteurs. L'éducation d'enfants pauvres, à recelé et hors de l'école. Les distributions de bois faites aux pauvres pendant l'hiver. Les institutions en faveur des malades, comme il en existe dans certaines villes.

Les livres de prières, de lecture et d'étude, pour être distribués au peuple des campagnes.

Ceux qui ont pour objet de procurer une dot à de pauvres filles dont l'innocence est en danger.

Les pieuses fondations en faveur des voyageurs pauvres, surpris en route par la maladie.

Ceux qui ont pour objet de contribuer à l'éducation des jeunes gens qui se destinent au sacerdoce, ou à la carrière d'instituteurs.

Dons aux pauvres qui n'osent pas mendier, et qui sont néanmoins trop pauvres pour vivre sans aumônes.

Ceux qui ont pour objet de contribuer à l'érection de nouvelles paroisses, là où les fidèles sont obligés d'aller trop loin pour demander de l'instruction et des consolations à leur pasteur. Ceux qui ont pour objet d'instituer une caisse de secours pour les cultivateurs laborieux et honnêtes visités par un 'incendie, par la grêle ou par quelque autre accident.

Ceux qui ont pour objet de contribuer à l'amélioration des maisons publiques de correction et de travail.

Ceux qui ont pour objet d'établir un fonds pour Térection d'un hôpital destiné à héberger et à entretenir tous les étrangers, munis de bons témoignages et qui seraient sans fortune. Un pareil temple élevé dans une ville aurait assurément des effets plus salutaires que .... ^^

Ceux qui ont pour objet de contribuer à Tentretien de religieux qui rendent de bons services dans le ministère des âmes, dans réducation des enfants, dans Tassistance des malades, etc.

Ceux qui ont pour objet de contribuer à payer les frais de voyages que font certains individus capables, en vue du bieii général, et dans le but de consacrer les fruits de leur éducation au service de leur patrie.

Ceux qui ont pour objet de contribuer à l'augmentation des bourses en faveur de jeunes étudiants , ou à Famélioration de l'enseignement lui-même, ou à l'érection de certaines écoles où des hommes de science et de foi enseignent des vérités qui importent au bien-être général.

Ceux qui ont pour objet de contribuer à l'assainissement des marais, ou à l'exécution de n'importe quel projet salutaire, tel que : diminution pour l'avenir du nombre des avocats, et assistance de ceux qui existent encore maintenant, et qui n'ont point de clientèle; afin de diminuer les procès, et de mettre un terme à une foule de misères humaines ; subvention accordée à un avocat des pauvres, qui défend la cause des malheureux sans faire payer ses peines.

Ceux qui ont pour objet la fondation d'un capital pour le soulagement de ses coreligionnaires et autres personnes qui, chassées d'un pays étranger par suite de persécutions, sont obligées de s'expatrier pour échapper à l'oppression.

Ceux qui ont pour objet de contribuer à établir des institutions de sages-femmes et de chirurgiens

En relisant ce catalogue d'institutions bienfaisantes, je suis déplus en plus frappé de la différence qui existe entre le présent et le passé. Autrefois, nous n'avions point de nomenclature de ces sortes d'institutions, et cependant elles ont été créées en

foule; maintenant les nomenclatures ne manquent pas; mais ce qui fait défaut, c'est la volonté et les ressources. Malheureusement, nous ne pouvons que signaler le bien qui est à faire, et nous devons nous contenter de dire : « Que celui qui peut faire -^e bien, le fasse ; » et : « Les hommes font si peu, et le temps fait tant de choses! » Sainte Providence ! si vous ne mettez pas, d'un côté, un frein au luxe, de l'autre, à la froideur, le genre humain pétrifié périra sous les glaces où il est enseveli; el la race des hommes efféminés sera énervée par la mollesse. Protégez-nous donc; pour nous, nous nous tairons et nous adorerons. On a aussi conseillé d'établir des récompenses pour les nobles actions, par exemple de donner des médailles aux filles de villages les plus édifiantes par leur conduite. Mais pourquoi vouloir forcer la modestie de rougir en acceptant la récompense due à rinnocence ? La modestie redoute par-dessus tout la publicité ; et puis, qu'est-ce qu'une médaille comparée aux douces jouissances du cœur ?

Encore un mot, et puisse ce mot retentir bien haut ! Que celui qui a la puissance honore, protège et conserve comme des sanctuaires delà patrie les pieuses institutions fondées dans un esprit de charité chrétienne ! Ce qui fonde la plupart des établissements, c'est la foi en leur inviolabilité ; le doute qui se demande s'ils survivront à la dent du temps, ferme les mains à ceux mêmes qui déjà les avaient ouvertes pour le soulagement de la misère.

§ X. — Quand approche le moment de la mort.

41 . Le pasteur fait tout ce qui dépend de lui : Pour que le malade ne quitte point ce monde, 1 <> avant de s'être réconcilié avec toutes les personnes contre lesquelles il a nourri quelque haine dans son cœur ;

2"» Avant d'avoir réparé autant que possible le dommage qu'il a causé, et complété par ses sentiments de regret ce que sa fortune ne lui permet pas de faire ;

S'* Avant d'avoir dit à son conjoint, à ses enfants, à ses proches, etc., tout ce qu'il peut et doit encore leur dire;

4° Avant d'avoir donné aux assistants des témoignages de sa piété et de sa vertu, par la manifestation ostensible de sa foi, de sa charité et de sa confiance, par la réception édifiante des sacrements de Pénitence, d'Eucharistie et d'Extrême-Onction;

5** Avant d'avoir pris, par rapport à ses Mens temporels, toutes les dispositions que lui prescrivent sa conscience, ses fonctions, ses parents, et l'union entre les héritiers.

5° Le prêtre fera en sorte de ne priver ni le mourant ni les assistants, des paroles d'édification et d'encouragement qu'il devra prononcer en cette circonstance.

7° Il fera en sorte que les causes de son péché et de ses tentations au péché soient soustraites à la présence et aux regards du malade.

8° Il prémunira le malade contre les tentations secrètes qui assaillissent le lit des malades et des mourants.

Ces tentations sont ou générales, comme la crainte de la mort qui approche, les angoisses qu'occasionnent le souvenir de ses péchés, le regret d'abandonner les choses agréables de la vie, l'impatience que font éprouver les soufirances; ou particulières, et elles ont leur principe dans les inclinations spéciales du mourant. L'homme reste homme 'même sur son lit de mort, et les germes des tentations prouvent encore, à la sombre lueur de la bougie qui éclaire ses derniers moments, qu'eux ne sont pas encore morts.

C'est ainsi qu'une dame qui se mourait tenait dans sa main avec le crucifix, une petite clef attachée à un ruban rouge, qu'elle conserva jusqu'à ce que sa main se fût glacée. Après sa mort, on se convainquit que cette clef servait à ouvrir le trésor de son cœur, une cassette pleine d'or. Cette petite clef au ruban rouge est une image de l'humanité tout entière. Hélas ! il y a presque toujours un petit objet qui se partage avec Dieu le règne de notre cœur. Heureux celui qui le remet tout entier entre les

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mains du Seigneur : puisque c'est lui qui Ta créé^ qu'il en ■soit Tunique possesseur !

9. Enfin^ le pasteur fait surtout en sorte que le moment suprême^, le dernier acte de l'homme sur le théâtre de la vie humaine, soit pour le mourant, s'il a encore le sentiment, un moment de consolation , et s'il ne l'a plus ou qu'il y ait doute, un moment d'édification pour les assistants.

« Anges de Dieu, préparez au mourant un chemin facile pour arriver à son Père, après lequel il soupire. Venez , portez-le dans le sein d'Abraham, et faites-le entrer dans la demeure que Jésus-Christ lui a" préparée dans la maison de son Père !

Seigneur Jésus-Christ, accordez-lui de mourir comme vous êtes mort sur la croix.

Seigneur Jésus-Christ, faites qu'il entende cette douce parole : « Aujourd'hui encore vous serez avec moi en paradis ! »

Seigneur Jésus-Christ, faites qu'il éprouve la vérité de ces paroles : « Celui qui croit en moi, fut-il déjà mort, vivra. »

Seigneur Jésus-Christ, soyez avec lui, soyez le sauveur de son âme, accompagnez-le !

Adieu, frère en Jésus-Christ, au revoir !

Ne craignez point ! Ni la mort ni Satan ne sauraient vous nuire : le sang de Jésus-Christ intercède pour vous.

Heureux ceux qui ont le cœur pur ; car ils verront Dieu.

Grâce, ô mon Dieu !

Miséricorde, miséricorde, ô mon Dieu !

Merci, merci, merci, mille fois merci, ô mon Dieu !

Mon Père, je remets mon âme entre vos mains !

Remarque. On connaît assez les prescriptions du Rituel romain, pour que nous n'ayons rien à en dire.

iO. Nous n'avons pas besoin de faire observer que pendant le combat de la mort les fidèles doivent prier en commun pour le malade.

Il n'est point de spectacle plus touchant, quand un frère est aux prises avec la mort, que de voir ses frères et sœurs proster-

nés à terre;, et, réunis avec le prêtre autour du lit du mourant, rivalisant d'ardeur dans le combat de la prière.

C'est vraiment là un temple de Dieu !

Là, Jésus se trouve au milieu de ses disciples*

Là, la prière du cœur est interrompue par les larmes et les sanglots.

Là, se révèlent le sentiment de l'humanité, la sainte et pure commisération.

C'est une heure grave et solennelle , une heure où tous nos membres frissonnent, celle où nous épions le moment où notre frère rendra le dernier soupir.

C'est l'heure où tous les cœurs sont unis , l'heure où l'on oublie et méprise tout ce qui d'ailleurs sépare et désunit. Père et fils, savant et ignorant, grand et petit, pauvre et riche, maître et serviteur, chacun prie, verse des larmes dant l'attente du moment où il sera dit : « 11 n'est plus ! »

0 hommes ! assistez souvent a la mort, afin d'apprendre à vivre!

Et vous, chrétien, qui avez toute la hâinè d'un païen, et qui voulez pourtant qu'on vous appelle chrétien, assistez au moins une fois à la mort d'un homme, et devenez homme !

§ XI. — APPENDICE

AYANT POUR OBJET d'iNITIER A LA CONNAISSANCE DE L^HOMME ; PAR UN PASTEUR EXPÉRIMENTÉ.

De combien de faiblesses, de craintes, de souffrances, d'illusions n'est-on pas témoin au chevet d'un malade ? Mais aussi quels grands exemples de patience , de douceur et de paix n'y admire-t-on pas? Nulle part Thumanité ne se montre mieux sous sa véritable forme. La chambre d'un malade apprend peut-être à l'observateur attentif, plus de vérités que toutes les leçons académiques qui se donnent dans le monde entier.

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