‹ Théologie pastoraleChapitre 133 sur 209 · I. — LA PERSONNE QUI OPÈRE LA RÉSURRECTION : JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

I. — LA PERSONNE QUI OPÈRE LA RÉSURRECTION : JÉSUS-CHRIST

42. Le récit de la résurrection de Lazare nous montre dans Jésus-Christ :

a, L'homme.

Lorsqu'il voit pleurer les hommes, il entre dans leurs sentiments [Jean, xi, 33) ; comme eux, il est ému et troublé. En

voyant pleurer les hommes, il pleura (Jean,xi, 35). Lorsqu'il s'approcha du tombeau il frémit, comme frémit un homme (ibid., 38). « Il est homme comme moi. » Ses fibres étaient tendres, faciles à émouvoir ; l'horreur du tombeau, et les sanglots des personnes qui pleuraient, ébranlèrent tout son être. Jésus est Homme, en faveur des hommes.

b. L'histoire de la résurrection de Lazare nous montre dans Jésus-Cbrist l'ami des hommes bons et généreux.

« Celui que vous aimez est malade (ibid., 3). Notre ami Lazare dort {ibid., 11). Jésus aimait Marthe et sa sœur, et Lazare (ibid., 5). » Tel est le langage de l'amitié. L'amitié est donc l'union des esprits, le lien des âmes généreuses : chos : bien honorable, puisqu'elle est recommandée par l'exemple de Jésus-Christ et de ses amis.

Ce dont le Sauveur ne rougit pas ne doit pas non plus nous faire rougir. Ce qui doit nous préoccuper, c'est de ne point prostituer notre amitié à des indignes, et de nous rendre assez purs pour mériter celle des gens de bien.

c. L'histoire de la résurrection de Lazare nous montre Jésus- Christ enseignant le dogme de l'immortalité. « Celui qui croit en moi, fût-il déjà mort, vivra (ibid., 26). » La mort des chrétiens n'est qu'une prolongation de la véritable vie éternelle, commencée dès ce monde ; on ne saurait, à proprement parler, l'appeler du nom de mort.

La véritable vie, la vie éternelle, consiste à connaître Dieu et Jésus-Christ. Cette vie, les fidèles ne font que la continuer après la mort, avec des joies plus grandes et une lumière plus éclatante.

Ne goûtons point de repos, mes frères, que nous n'ayons commencé dès ici-bas cette vie éternelle, par la connaissance active de Dieu et de Jésus-Christ, connaissance qui dirige toutes nos pensées, toutes nos volontés et toutes nos actions, afin que nous ne mourions point, mais qu'après ce que les hommes appellent la mort, nous ne fassions que continuer en nous la vie éternelle, qui est la vie de Dieu en nous, mais d'une manière

plus magnifique, plus heureuse, et que ce soit une vie qui déborde de lumière et de joie.

d. Le récit de la résurrection de Lazare nous montre dans Jésus-Christ la vie et la résurrection , c'est-à-dire Celui qui est la vie et qui peut donner la vie, Celui qui la rendra un jour au genre humain tout entier; il nous montre le triomphateur de la mort et de la corruption.

La puissance de Dieu vivait en lui; il vivifiait autour de lui et hors de lui tout ce qui était susceptible de vie ; il rendait la vie à ce qui était mort, et un jour il ranimera tout ce qui aura payé tribut à la mort.

Le sens de ces paroles aura sans doute aussi la vertu de nous fortifier assez, quand nous serons étendus sans mouvement et que nous donnerons à peine un signe de vie, pour que nous ne redoutions pas l'odeur de la mort qui s'exhalera de notre corps en décomposition, et pour que nous osions dire à la mort : Tu ne peux tuer en moi que ce qui est temporel; ce qu'il y a d'éternel subsistera éternellement. Tout en mourant, je ne meurs point.

e. L'histoire de la résurrection de Lazare nous montre dans Jésus-Christ le grand ami de la prière, plein de confiance et de sentiments de reconnaissance.

« Je vous rends grâces , mon Père, de ce que vous m'avez exaucé. Je savais bien que vous m'exauciez toujours. » C'est là un modèle que les chrétiens doivent imiter en demandant tout ce qui est bon, et en rendant grâces pour tout le bien qu'ils obtiennent. Mais, hélas ! nous prions sans foi, nous remercions sans éprouver nul sentiment de reconnaissance ! 0 Dieu! rallumez en nous l'étincelle de la foi, afin que nous puissions prier; l'étincelle de la charité, afin que nous puissions rendre grâces !

f. L'histoire de la résurrection de Lazare nous montre dans Jésus-Christ le Fils de Dieu, l'Envoyé de Dieu.

« Je l'ai dit, afin qu'ils croient que c'est vous qui m'avez envoyé, o

Celui qui ne reconnaît pas et n'honore pas en Jésus-Christ l'Envoyé de Dieu, le Fils de Dieu, celui-là ne le connaît point.

412 TÎÏKOT.OGTE PASTORAT/F.

Car c'est là ce qui constitue sa dignité; ses paroles sont des paroles de Dieu ; ses actions sont des actions de Dieu : voilà le sceau de sa dignité de Docteur.

g. L'histoire de la résurrection de Lazare nous montre que Jésus-Christ a voulu prouver sa mission, sa dignité, sa qualité d'Envoyé de Dieu. En preuve que c'est le Père qui l'a envoyé, il le remercie publiquement, il proclame hautement qu'il l'a exaucé. — Pour en donner une preuve sensible, il appelle Lazare du tombeau; Lazare sort, et à cause de ce fait divin plusieurs croient en lui .

Ces paroles : « Sortez dehors, et il sortit, » rappellent ces autres paroles de la création : « Qu'il soit ! Et il fut. » — Maintenant, je crois ce que disaient saint Jean et saint Paul, que « tout a été créé par lui. » Celui qui a dit à ce qui n'était pas : « Sois! » pouvait bien dire à ce qui était mort : « Sois vivant! »

h. L'histoire de la résurrection de Lazare nous montre dans Jésus-Christ le Bienfaiteur des hommes.

Ses actes ne sont pas seulement des preuves de sa mission divine; il sont aussi des preuves de sa bienfaisance. Dieu est charité; la charité est apparue en Jésus-Christ; la charité est bienfaisante.

t. L'histoire de la résurrection de Lazare nous montre dans Jésus-Christ le juge, le vivilicateur, le promoteur, le rémunérateur de la foi.

« Je me réjouis pour l'amour de vous de ce que je n'étais pas là, afin que vous croyiez. — Croyez-vous ? — Ne vous ai-je pas dit que si vous croyez vous verrez la gloire de Dieu? J'ai dit cela à cause du peuple, afin qu'ils croient que c'est Vous qui m'avez envoyé. »

Comme une poule invite et presse ses poussins à se rassembler sous ses ailes protectrices, ainsi Jésus-Christ invite et sollicite ses disciples à croire, afin de pouvoir les tenir dans ses bras et les sauver. Touchant empressement! Voudrions-nous encore résister à son amour ?

Comme Jésus-Christ nous apparaît sous un aspect bien diffé-

rent quand nous le considérons tel que nous le montrent ses actes ! Les hommes de bien se disent en les voyant : « Voilà comment un jour il se manifestera en nous ! »

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