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Révélation et lois consignées dans l'histoire

C'est là ce que montre, avec la dernière évidence, l'idée fondamentale du Christianisme, si souvent rappelée :

Dieu manifesté dans le Christ est le salut du monde.

Cette idée embrasse toutes les doctrines dogmatiques, toutes les doctrines morales et tous les faits du Christianisme.

Sans doute qu'en exposant ce tout unique on peut mettre plus ou moins en relief tantôt le côté dogmatique, tantôt le côté moral, tantôt le côté historique; cela ne préjudicieen rien à l'unité. Au reste, la loi de son ministère apprendra à chaque prédicateur à remonter de la morale au dogme, à descendre du dogme à la morale, et à faire ressortir l'un et l'autre au moyen de l'histoire. Et ici nous ne pouvons nous empêcher de dire ce qui, malgré nous, revient à notre pensée : c'est qu'il n'y a pas de pauvreté égale à celle d'un prédicateur de pure morale auquel il n'est jamais donné de remonter aux choses positives et d'éclairer son sujet à la lumière de l'histoire sacrée. Il semble qu'il soit devenu tout-à-coup incrédule aux vérités dogmatiques et historiques, et que cette double incrédulité l'ait rabaissé au niveau d'un prédicateur de pure morale.

§ IV. — Sur un texte donné.

45. Quand nous avons à prêcher sur un texte donné, il s'agit ou de bien comprendre ce que le texte énonce clairement ou indique d'une manière obscure, et de nous éclairer delà lumière qu'il renferme, ou bien de le placer, à l'aide de la méditation, dans un jour lumineux pour nous.

46. Pour bien saisir ce que le texte énonce clairement ou ne fait qu'indiquer d'une manière obscure, nous devons le considérer comme une sorte de section conique, et le ranger d'abord dans la place qu'il doit occuper dans le cône. La liaison, la connexité qui existe entre ce texte, ceux qui précèdent et ceux qui suivent, nous en expliquera presque toujours assez clairement le sens. Si le contexte n'offre pas une matière convenable pour un sermon , nous devons rattacher ce texte à l'idée fondamentale du Christianisme ; ce rapprochement nous fournira les plus beaux et les plus riches matériaux d'un sermon.

47. Si le texte est par lui-même suffisamment fécond, la réflexion et la comparaison sont inutiles ; il suffit d'extraire, d'énoncer, de développer ce qu'il renferme. Ainsi, ce beau passage de saint Jacques (5-8) 4 : « Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, » etc., renferme, outre une foule d'autres, les pensées suivantes :

Dieu est la Sagesse même ;

Dieu donne la sagesse ;

Dieu donne la sagesse à celui qui la demande avec foi.

Il n'est pas nécessaire d'avoir une grande habitude de l'exercice de la réflexion pour trouver ce qu'il y a de fécond dans ces pensées : Dieu est la source de la sagesse ; la source coule avec abondance ; celui qui prie avec foi ne demande pas en vain la sagesse. Si Dieu est la sagesse, et si c'est lui qui la donne, je sais ou la trouver ; par conséquent, tous ceux qui ne la trouvent pas en Dieu ne la cherchent pas en son véritable lieu. Si on la donne à la prière faite avec foi, je sais comment la trouver; et tous ceux qui ne la demandent pas, ou la demandent sans avoir

la foi, ne la cherchent pas de la bonne manière. Si la sagesse se trouve en Dieu, le cœur de celui qui la cherche doit se diriger vers Dieu; et si elle est accordée à la foi, la direction vers Dieu doit consister dans la foi et dans la confiance. Ici se manifestent les deux grandes illusions des faux sages, qui , ne poursuivant que la science , manquent la sagesse : ou ils ne cherchent pas la sagesse en Dieu, ou bien ils ne prennent pas pour y arriver la voie de la confiance. 48. Si un texte nous paraît sec et stérile, il nous suffira : \° Ou de le rattacher à l'idée fondamentale du Christianisme; 2° Ou de le mettre en rapport avec d'autres passages significatifs ;

3° Ou de tirer de la connexion qui existe entre lui et d'autres passages qui précèdent ou qui suivent, une vérité importante ;

4° Ou enfin de prendre occasion de ce texte pour passer à un sujet plus fécond.

Ici la question peut s'agrandir : Comment, quand le sujet d'un sermon (avec ou sans texte) nous paraît sans valeur, et Test réellement, peut-on le rendre important et fécond ? La réponse à cette question a déjà été donnée : on le rattachera à Fidée fondamentale du Christianisme, et à toutes les doctrines inépuisables qu'elle renferme. Ces doctrines, quoique déjà énoncées sous le n° 1 \ , nous allons les répéter ici, en tenant compte de la question que nous venons de poser.

\° Dieu seul est bon; il exerce sur nous une justice souverainement équitable : il est le Père de tous ; il est amour et veut que tous les hommes soient sauvés.

2° L'homme est dans un état de déchéance ; mais il possède les moyens de recouvrer sa primitive grandeur, s'il ne repousse pas aveuglément les secours divins qui lui sont offerts de toutes parts.

3° Jésus- Christ, hors duquel il n'y a point de salut, et en qui se trouve tout notre salut, est notre sagesse, notre sainteté, notre félicité. C'est lui qui rend pur, saint, sage et heureux.

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4° Le Saint-Esprit habite dans les enfants de Dieu. Il nous donne et entretient en nous les forces divines; il nous apprend à nous attacher par la foi aux choses divines et éternelles, à les conserver avec confiance, à les reproduire avec amour ; et c'est ainsi que peu à peu nous nous transformons à l'image de Dieu. 5° L'Église de Jésus-Christ, sainte, catholique, apostolique, fondée sur le roc de Pierre, combat dans ce monde et triomphe dans l'autre.

6° L'amour saint, reconnaissant, prêt à tout sacrifier, transforme le doit et le il faut de la loi en une joyeuse obéissance.

7° La charité qui souffre avec le prochain se réjouit avec lui; la charité qui tour à tour parle et se tait, la charité active et dévouée pour le prochain est un écoulement de la plénitude de l'amour que Ton a pour Dieu.

8° La vie présente est un voyage vers une vie meilleure, un pèlerinage de la foi vers le pays de la vision bienheureuse, une vie de combat contre le péché, et une vie de foi en Celui qui est mort pour nous.

9° Sort des bons et des méchants en ce monde et dans l'autre : le bon grain et l'ivraie croissent ensemble jusqu'au jour de la séparation.

Toute vérité qui sera mêlée à ces grandes et intéressantes doctrines acquerra de la valeur et deviendra féconde pour quiconque, ayant l'idée et le sentiment des grandes choses, saura les mettre en lumière.

49. Souvent on célèbre l'anniversaire d'un personnage sur lequel l'histoire ne nous a transmis aucun renseignement certain, ce qui jette dans l'embarras un orateur encore novice. Eh bien, la connaissance de l'esprit, du Christianisme met fin à toutes ces perplexités et autres semblables. Car, celui qui porte en luimême le trésor divin, en saura toujours tirer parti, quel que soit le vase où il le doive déposer. Celui pour qui Jésus-Christ est tout l'annoncera en toute circonstance, et ne verra dans les différentes conjonctures où il se trouvera qu'une invitation à « édifier le peuple dans la foi » qui sanctifie et qui sauve.

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Quelqu'un devait prêcher le jour de la Sainte-Anne devant des religieuses chargées de l'éducation des filles. Ce sujet était en apparence stérile ; mais l'orateur chrétien sut, même en cette circonstance, trouver moyen d'annoncer Jésus-Christ et son Évangile.

« L'anniversaire de la mère de Marie , connue scus le nom de sainte Anne, a été institué dans de pieuses intentions.

« Il est permis de croire qu'il arriva pour l'institution de cette fête ce qui arrive quand on apprend à connaître le fils unique d'une honne famille et qu'on veut se familiariser avec lui. On ne se contente pas d'apprendre à le connaître. « Mon ami, lui dit-on, il faut aussi que je connaisse votre mère ; » et si l'on entend dire que sa grand-mère vit encore, on veut aussi la voir. Ce fils est cause que sa mère et sa grand-mère me sont plus chères et m'intéressent davantage.

Il en est de même de nous autres chrétiens par rapport à Notre-Seigneur Jésus-Christ. 11 n'y a pas que sa personne , digne de tous nos respects et de toutes nos adorations, et dont mes lèvres souillées par le péché ne sont pas dignes de prononcer le nom, qui intéresse notre piété : tout ce qui le concerne et le touche provoque notre amour. Et voilà pourquoi Marie, qui est sa Mère, nous est particulièrement chère. Elle a été choisie entre des milliers de femmes pour être sa Mère. Voilà pourquoi encore nous nous intéressons non-seulement à Marie, mais encore à sa mère, puisqu'elle la touche de si près dans la généalogie de Notre- Seigneur, etc. Et puis, quand nous réfléchissons combien la sainte Vierge était pleine de crainte de Dieu et d'innocence, il nous vient tout naturellement à la pensée qu'elle devait avoir une mère pieuse, et nous en concluons que cette mère a nécessairement donné à sa fille une bonne éducation.

i La fête qui nous rassemble aujourd'hui sera donc pour nous un jour de bénédiction, si nous prenons la pieuse résolution de consacrer tous nos soins à donner à la jeunesse une éducation pieuse et chrétienne, et si nous nous affermissons de plus en plus dans ce dessein. Ce devoir concerne non-seulement

les parents, les maîtres et maîtresses , mais encore tous les hommes. Tous doivent contribuer en paroles et en actions à ce que la jeunesse soit élevée dans la crainte de Dieu, c'est-àdire pour le Seigneur. De cette manière, l'anniversaire que nous célébrons sera pour nous une occasion de nous rapprocher davantage de Jésus- Christ.... J'affirme donc : 1°que tout homme ayant atteint l'usage de raison et vivant au milieu des hommes, peut contribuer pour quelque chose à ce que la jeunesse soit élevée dans la crainte de Dieu, élevée pour le Seigneur : il y peut contribuer par ses paroles, par ses exemples, par ses avertissements, par ses prières ; et j'affirme 2° que chacun est obligé d'y contribuer. L'orateur chrétien considérant toutes les fêtes, toutes les institutions ecclésiastiques, dans leurs rapports avec le Christianisme et l'esprit du Christianisme, sait toujours parler de ce qu'il y a de plus important.

50. Les matériaux trouvés, il s'agit de choisir et de disposer ceux qui peuvent être mis à profit.

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