CHAPITRE III
Du choix et de la disposition des matériaux d'an sermon.
51 . Celui qui est arrivé à la contemplation lumineuse de la vérité, et aperçoit clairement ce qui est exposé à ses regards , celui-là, de même qu'il peut se dispenser de chercher, peut se dispenser de choisir et d'ordonner les matériaux d'un sermon ; sa pensée éclatante se produira d'elle-même en une parole vivante, et le tout invisible de ses conceptions se manifestera sous la forme visible de l'exposition. Mais le commençant, qui est encore préoccupé de la recherche des matériaux, a besoin, lui, de savoir choisir et ordonner.
Le choix des matériaux d'un sermon ne saurait être réglé par aucune loi autre que celle-ci :
Les matériaux d'un sermon doivent toujours être :
i. Une vérité ;
ti. Une vérité religieuse;
m. Une vérité claire, dans le but
iv. D'éclaircir, de prouver , de développer, d'exposer l'importance et la vérité du sujet;
v. Une vérité qui se rattache sans effort aux autres matériaux du ser mo
vi. Une vérité qui ne dépasse pas les capacités intellectuelles du peuple, et
vu. Une vérité qui soit adaptée aux besoins de la foule, aux circonstances de temps, de lieu, etc.
En d'autres termes : tout ce que dit le prédicateur est-il, oui ou non, vérité et clarté, est-il propre à édifier le peuple chrétien ? Telle est la loi qui doit présider aussi bien au choix du sujet qu'à celui des matériaux d'un discours.
52. L'ordre, c'est-à-dire l'unité qui règne dans tout le discours et en relie tous les membres en un tout unique, se révèle :
\ . Dans la division fondamentale de la pensée dominante ;
2. Dans la subdivision de chacune des parties, quand cette division est réclamée par le but qu'on se propose ;
3. Dans l'enchaînement des pensées particulières, enchaînement qui consiste à leur donner dans l'ensemble, comme dans chacune des parties du discours, la place qui leur convient.