DIEU NOUS CONNAIT PARFAITEMENT
Dieu nous connaît parfaitement. « Je sais , mon Dieu, que vous sondez les cœurs. » Quelle grande vérité ! quand on l'approfondit bien. Il ne connaît pas seulement les actions que nous{\) cachons dans les ténèbres, et que nous savons soustraire aux regards du monde entier ; son
t. Ce ton est celui de l'exposition et de l'enseignement fait avec solennité. Souvent il importe que le prédi-
œil, qui voit tout, pénètre encore jusqu'au plus intime de notre âme, et il juge infailliblement (2) de l'état où elle se trouve.
Cela ne saurait être difficile a celui qui a donné l'être aux Ames humaines, qui maintenant encore les soutient de sa force, qui, par conséquent, ne saurait ignorer aucun des mobiles, si petit qu'il soit, qui en produit les opérations (3). Nous voyons ici la distance infinie qui sépare de ses créatures le Créateur éternel de toutes choses. Les hommes voient ce qui est devant leurs yeux ; mais le Seigneur voit jusque dans le cœur, et, par un regard immédiat (4), pénètre jusqu'à la source première et intime des pensées. Cette vue de Dieu est bien différente de ce que nous appelons notre connaissance du cœur humain, laquelle ne repose que sur des présomptions et des conclusions tirées de certains faits extérieurs et accessibles aux regards ; connaissance que la perspicacité et l'expérience peuvent considérablement agrandir, mais qui n'en reste pas moins sujette a l'incertitude et a Terreur (5). Dieu, au contraire , dont le mode de connaissance (6) s'élève infiniment au-dessus de la science des créatures les plus clairvoyantes, a le privilège de lire dans les âmes des hommes, et de les apercevoir telles qu'elles sont. «Vous seul, dit avec raison Salomon , connaissez le cœur de tous les enfants des hommes. »
Dieu sonde le cœur ; il voit si ses sentiments intérieurs sont d'accord avec les belles manifestations de l'extérieur. Quand nous lui offrons publiquement les témoignages de notre respect, quand nous lui témoignons de bouche notre reconnaissance, notre dépendance, notre confiance, il sait , en toute certitude, si nous ressentons effectivement dans notre âme ces sentiments que doivent nous inspirer la grandeur et la bonté de notre Créateur et de notre Père éternel ; ou si toutes ces manifestations ne sont pas plutôt le résultat d'une habitude traditionnelle , voire même l'œuvre de l'hypocrisie et de la dissimulation, ayant sa source dans le désir de nous donner aux yeux d'autrui les apparences d'une piété tout à fait étrangère a notre âme (7) .
Théol. past. I.
cateur remplace nous par vous, qui est plus direct et plus saisissant.
2. Jugement infaillible. Expression exacte au point de vue de la logique, mais trop en dehors des idées du peuple.
3. Force, mobiles, opérations , sont des expressions ontologiques trop savantes pour le peuple, quand elles ne sont pas éclaircies parce qui précède ou ce qui suit.
4. « Regard immédiat , source première et intime des pensées, » malgré ce que ces termes ont d'expressif, sont encore plus scientifiques que populaires.
5. Pures abstractions psychologiques. « Sujettes à l'incertitude et à l'erreur, conclusions et présomptions tirées de faits extérieurs, »
sont des expressions trop inconnues à une intelligence inculte.