SUR JEAN MICHEL SA1LER. XV
Dieu nous vient visiter, et, quand il faut pleurer, regarder le ciel à travers ses larmes; laisser la tempête mugir au dehors et ne point lui permettre de pénétrer ; aimer à s'égayer extérieurement, pour empêcher que les entraxes (du corps et de l'âme) ne s'endurcissent ; puis," dans son cabinet, entrer en compte avec soi-même et avec Celui qui parle sans témoin, voit sans œil, soutient sans bras et aime sans cœur ; être simple avec les simples, prudent avec les fourbes, ouvert avec les bons, circonspect avec les renards ; ne pas sacrifier aux puissants le plus petit grain d'encens, et ne point permettre que ni les grands, ni les petits nous en offrent ; ne point semer d'épines, et ne point faire attention aux piqûres que nous font celles que d'autres ont semées ; faire l'aumône aux chrétiens, aux juifs et aux païens, et aimer Jésus-Christ comme saint Paul Ta aimé... ; faire cela fidèlement, sans néanmoins se croire suffisamment bon, mais en se frappant la poitrine, c'est là assurément la meilleure sagesse qu'il puisse y avoir sur la terre : quant à la meilleure qui soit au ciel, c'est au ciel même à nous l'apprendre. »
Sailer mourut comme il avait vécu. Il s'endormit dans le sentiment de la présence de Dieu, le 20 mai 1 832, entouré de ses parents et amis , et muni des sacrements des mourants. Sa tombe se trouve dans la magnifique cathédrale de Ratisbonne, où s'élève un mausolée digne de cet homme illustre.
v Breslau, en la fête de V Epiphanie, 1852.
MËLCHIOR,