essai d'un sermon populaire
« Chers habitants des campagnes! je veux aujourd'hui vous indiquer quelques-uns des moyens les plus simples pour être
toujours contents de vous-même, ou du moins pour l'être toujours du bon Dieu.
« Vous récitez bien souvent le Notre Père, et pourtant vous êtes loin d'être toujours joyeux et satisfaits.
« Eh bien , je suis d'avis que si vous récitiez le Notre Père comme il faut, vous seriez toujours contents et heureux.
« Mais, direz-vous, le moyen de réciter le Notre Père de manière à être toujours content du bon Dieu ?
« Je réponds : Gela n'est pas un art bien difficile. — Sans doute, direz-vous, quand on Ta appris. — Or, c'est précisément ce que nous voulons apprendre. — Mais comment direz- vous encore. — Je le répète : Ce n'est pas chose très- difficile que d'être toujours content du bon Dieu; mais, pour y réussir, il faut y aller sérieusement; il faut le vouloir, et le vouloir de tout cœur, et alors on l'apprend insensiblement.
« N'est-il pas vrai qu'il y a trois états où l'homme peut se trouver ? Tantôt nous sommes joyeux , tantôt nous souffrons, tantôt nous sommes entre les deux, c'est-à-dire sans souffrances et sans plaisir particulier.
« Or, voici ce que je dis : Si vous saviez bien réciter le Notre Père, le courage ne vous manquerait dans aucun de ces états, et vous seriez toujours contents du bon Dieu. Vous vous accommoderiez parfaitement de vos joies et de vos souffrances, et vous supporteriez très-bien de n'être ni tout-à-fait joyeux ni tout-àfait souffrants.