‹ Théologie pastoraleChapitre 182 sur 209 · EXAMEN DES ENFANTS, PAR DES QUESTIONS ET DES SOUS-QUESTIONS · texte numérisé non relu

EXAMEN DES ENFANTS, PAR DES QUESTIONS ET DES SOUS-QUESTIONS

vin. Questionner les enfants, c'est, à proprement parler, les enfanter à la science en mettant à profit le fonds de leurs connaissances, de leurs idées et de leurs sentiments.

La vraie manière de questionner est la plus inconnue et en même temps la plus profitable ; on l'apprend par la lecture des ouvrages qui montrent d'une manière pratique les bons résultats des interrogations, et par l'exercice.

Parmi les écrits qui, à ma connaissance, méritent sous ce

rapport d'être recommandés, il y en a surtout deux : le premier est un ouvrage de l'antiquité, et a pour titre les faits mémorables de Socrate, par Xénophon ; le second est un ouvrage récent, imprimé à Salzbourg. Les essais que je donnerai plus loin devant expliquer ce que j'entends par « l'art de questionner, » je m'en tiendrai ici au strict nécessaire.

ix. Celui qui sait bien questionner fait surtout en sorte : a Que les enfants comprennent bien les questions. Car n'eussiez-vous devant vous que des Aristotes, s'ils ne comprenaient pas vos demandes, il leur serait impossible d'y faire une bonne réponse; cette remarque est surtout vraie quand il s'agit des enfants, b Celui qui sait bien questionner fait en sorte (au moins avec les jeunes enfants) que chaque question reçoive une réponse juste. Il est certaines questions qui peuvent être résolues par un oui ou par un non. c Celui qui sait bien questionner fait en sorte que dès le début de son instruction la question mette la réponse dans la bouche de l'élève, et rende impossible toute réponse saugrenue. Je dis, dès le début de l'instruction ; car peu à peu les questions doivent être faites de telle sorte qu'elles obligent à réfléchir, d Celui qui sait bien questionner tire les questions qui suivent une première réponse, moins de son propre fonds que de la réponse même qui a été faite; et, e il continue de questionner jusqu'à ce que la réponse soit satisfaisante, tout en ne perdant jamais de vue les capacités de l'enfant et l'importance de la doctrine.

49. Ce qui communique au récit et à l'interrogation du catéchiste une vie nouvelle, c'est le talent de savoir emprunter au monde des enfants les comparaisons qui s'adaptent le mieux à leur intelligence. Ce sont celles-là qu'on aime le mieux, qu'on comprend le plus facilement, qu'on entend le plus volontiers et que l'on conserve le plus longtemps; ce sont elles qui stimulent, attirent et forment le plus. Par les comparaisons, la nature devient une école pour les enfants, et tout ce qui les entoure se transforme pour leur cœur en une parole vivante. Heureux le jeune homme pour qui ce qui est visible devient une image de

l'Invisible, et à qui les choses extérieures font connaître les choses intérieures.

Page 1