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COMMENCEMENT D'UNE SYMBOLIQUE POUR LES ENFANTS

Soir : Ne louez pas la beauté du jour avant d'être arrivé au soir : l'essentiel, pour les enfants vertueux, est qu'ils restent ce qu'ils sont.

Arbre : Quand l'arbre planté dans le jardin ne porte pas de fruits, les parents le coupent et il faut qu'il sorte du jardin. Il en est de même du jeune homme qui n'a rien appris dans sa jeunesse ; on ne saurait l'employer à rien ; chacun est content de pouvoir s'en débarrasser.

Montagne : Il est plus facile de descendre la montagne que de la monter. C'est ainsi qu'il est plus facile d'accorder aux cinq sens ce qu'ils veulent que de le leur refuser. Et pourtant, il faut bien gravir la montagne si l'on veut atteindre le sommet. De même, il faut se refuser une foule d'agréments, si l'on veut devenir bon et vertueux.

Fontaine : L'eau fraîche d'une fontaine vaut mieux que le réservoir de pierre ou de bois qui la renferme. De même, les hommes valent mieux que leurs habits. Le réservoir ne rend pas l'eau fraîche meilleure : pareillement, un bel habit ne rend l'homme ni plus habile, ni plus pieux, ni plus aimable.

Surplis : Le surplis que je porte sur le corps, ce n'est pas le prêtre lui-même : c'est ainsi que l'extérieur n'est jamais l'intérieur, que la chose n'est jamais la personne, etc.

Tache d'encre : On ne saurait laver avec de l'encre une tache d'encre qu'on a sur la figure; il faut de l'eau propre : c'est pourquoi, si vous voulez devenir vertueux, attachez-vous aux bons et non aux méchants. L'encre noire noircit; les mauvaises sociétés rendent mauvais.

Buisson d'épines : Les buissons d'épines ne portent point de pommes : jeunesse passée dans l'oisiveté ne porte point les fruits de la vertu dans un âge plus avancé.

Glace : Souvent la glace se rompt sous les pieds de celui qui s'amuse à patiner : c'est ainsi que les plaisirs, ceux-là même où nous nous croyons le plus en sûreté, sont souvent accompagnés de grands dangers.

Aune : L'eau de la mer ne saurait se mesurer à Faune : nulle intelligence humaine ne saurait calculer les innombrables bienfaits du Seigneur. L'aune n'est pas faite pour mesurer l'eaù : l'intelligence humaine n'est pas faite pour comprendre toute la bonté de Dieu.

Ane : Un âne, quelque quantité d'argent qu'il porte, est toujours un âne : c'est ainsi que la richesse ne donne ni de l'intelligence à ceux qui n'en ont point, ni de la vertu aux hommes vicieux, ni de la valeur à l'homme.

Girouette : La girouette qui est sur le toit tourne au gré du vent : c'est ainsi que le cœur, quand on ne veille pas sur lui, se tourne tantôt de ci, tantôt de là, suivant qu'il est attiré par le charme du plaisir ; aujourd'hui il hait, demain il aime ; il est inconstant et s'agite sans relâche, jusqu'à ce qu'il trouve son repos en Dieu.

Champ : Celui qui ne sème point ne saurait moissonner : de même, si vous n'apprenez rien dans votre jeunesse, vous ne serez bons à rien dans votre vieillesse.

Feu : Le feu vous brûlera certainement la main, si vous la tenez au feu : c'est ainsi que vous ne manquerez pas de pécher, si vous vous exposez à quelque vive tentation.

Etincelle : Voyez comme les étincelles disparaissent vite d'un papier brûlé; le papier et les étincelles ne durent qu'un instant : ainsi en est-il des biens de la terre ; ils fuyent comme l'éclair.

Echeveau : Quand votre sœur veut mettre en ordre un écheveau de fil, elle ne fera que l'enchevêtrer davantage, si elle se presse trop et devient impatiente : c'est ainsi que le défaut de patience et le trop de promptitude ne font qu'aggraver toute espèce de mal .

Echafaudage : On n'enlève pas un échafaudage avant que la la maison soit terminée : c'est] ainsi que les enfants ne doi-

vent quitter l'école que lorsqu'ils ont appris le nécessaire, et même un peu au delà.

Gants : Les mains valent mieux que les gants les plus riches; la santé vaut mieux que Fargentetles habits. La couverture est faite pour le corps, et non le corps pour la couverture.

Chien : Quand le chien mord son maître, il reçoit des coups; et quand Fenfant afflige son père, il ne mérite pas mieux. Car de même que le chien est pour garder son maître, de même Fenfant est là pour être la joie de ses parents, de ses frères et de ses connaissances.

Citrouille : Si vous découpez des lettres sur une citrouille, vous les verrez croître avec cette citrouille : il en faut dire autant, mes chers enfants, de ce que vous apprenez étant jeunes.

Déjeuner : Le matin vous recevez à déjeuner, le soir à souper; chaque chose a son temps.

Mère : L'enfant dort tranquille sur le sein de sa mère : de même Fhomme, qui s'abandonne à Dieu, repose en paix dans le sein de FAmour éternel.

Écriture : Il ne suffit pas d'écrire le mot pain dans votre livre pour vous faire passer la faim : c'est ainsi qu'il ne vous sert de rien de prononcer ces belles paroles : a Je veux travailler, » si vous ne travaillez pas réellement.

Fruits : a. Les fruits n'ont de goût que lorsqu'ils sont mûrs; b. Il faut attendre longtemps avant qu'ils le soient ; c. Chaque jour on approche davantage de la maturité : c'est ainsi, mes enfants, que vous ne ferez véritablement la joie de vos bons parents que lorsqu'ils verront que, par votre application au travail et votre obéissance, vous approchez du temps de la maturité : c'est ainsi que vous n'apprendrez que peu à peu ce qui vous est nécessaire, et qu'au lieu de croire que vous comprenez déjà tout, vous devez vous appliquer à faire journellement de nouveaux progrès.

Orgue : L'orgue est toujours à l'église ; il contribue à embellir le culte, il vous accompagne quand, avant le catéchisme ou le sermon, vous chantez le Veniy sancteSpiritus, etc.; et ce-

pendant on ne peut pas dire de l'orgue qu'il est pieux , qu'il prie bien ; car il ne fait pas cela de lui-même, il ne sait pas même ce qu'il fait, n'ayant ni sentiment ni intelligence : et c'est ainsi , mes enfants, qu'il ne vous sert de rien d'être à l'église et de réciter de bouche toutes sortes de belles prières, si votre esprit n'y est pas et si votre cœur n'y prend aucune part.

Charrue : Ni la charrue ne sert de rien au paysan s'il ne s'en sert pas pour labourer ses champs, ni le blé s'il ne le sème pas : de même, ni l'école ne sert de rien aux enfants si les enfants n'y vont pas; ni l'église s'ils n'y prient pas; ni les livres s'ils ne les lisent pas.

Pluie : Le bon Dieu envoie la pluie aux bons comme aux méchants : par conséquent vous devez souhaiter, et, si vous le pouvez, faire du bien aux gens vertueux comme aux impies.

Rose : La rose ne tarde pas à se faner : ainsi en est-il des années de la jeunesse.

Sable : Ce que le sable est pour l'œil, le péché l'est pour la conscience.

Enseigne d'auberge : De ce que l'aubergiste a une belle enseigne, il ne s'ensuit pas que son vin et sa bière soient meilleurs. Les belles paroles ne font rien. L'homme le plus vertueux n'est pas celui qui parle le mieux. Tout dépend de ce que l'on est et de ce que l'on fait; être bon et faire le bien : voilà l'essentiel.

Boule de neige : De même qu'une boule de neige augmente insensiblement de volume à mesure qu'elle roule; de même l'habileté dans le mal ou dans le bien augmente à proportion qu'on fait le bien ou le mal.

Sens : L'œil est bon ; mais de ce que votre œil vous rend tous les services possibles, vous ne pouvez pas vous passer de votre pied pour marcher. Le pied n'est pas méprisable, parce qu'il n'est pas l'œil. C'est ainsi que nous ne devons mépriser aucun homme, parce qu'il est plus faible, plus petit, plus pauvre que nous. Car il faut qu'il y ait dans le monde des faibles et des forts, des petits et des grands, des riches et des pauvres.

Paille : Quand on vanne le blé, tout ce qui est paille s'envole; il n'y a que le blé qui reste : c'est ainsi que les saintes joies de l'homme vertueux ont de la durée, tandis que les plaisirs des pécheurs n'ont qu'un instant.

Cheval de bois : Il y a quelques années, vous preniez plaisir à être assis sur votre cheval de bois, tandis que maintenant vous seriez tout honteux d'être condamné pour quelque faute à vous asseoir devant vos condisciples sur un pareil cheval. Eh bien, voilà pourtant l'état où vous vous trouvez, chaque fois qu'au lieu de travailler, de prier, d'étudier, vous vous amusez à causer, à rire, à pousser votre voisin, etc. Celui qui ne fait pas ce qu'il doit est assis sur un cheval de bois.

Horloge : Quand une horloge va bien, elle ne sonne jamais midi avant onze heures, ni onze heures avant dix heures : c'est ainsi que vous ne devez jamais demander de jouer avant d'avoir étudié, ni de manger avant d'avoir travaillé.

Père : Votre père ne vous donne pas une pierre quand vous lui demandez du pain : c'est ainsi que, si vous l'en priez, le Seigneur ne manquera pas de vous accorder toutes sortes de biens.

Houe de voiture : Le paysan ne saurait se servir d'une voiture qui a une roue cassée : le maître d'école ne saurait rien faire avec des enfants paresseux.

Branche : La petite branche qu'on arrache du noyer se sèche et ne porte plus de fruit : c'est ainsi, mes amis, que si vous ne restez pas fidèles à la doctrine, à l'exemple et à la grâce de Jésus- Christ, vous ne deviendrez jamais pieux et ne porterez jamais de bons fruits. Une branche séparée de l'arbre, ne tirant plus aucun suc de la terre, est condamnée à sécher, etc., etc. (Conf. Miller, L'art de catéchiser.)

20. En ce qui concerne la méthode d'enseigner et l'ordre qu'il y faut observer, le catéchiste jouit d'une pleine liberté. La simplicité, la clarté, la facilité de retenir, la brièveté sont les qualités qui constituent le meilleur mode d'enseignement pour les enfants. Toutes les doctrines du christianisme peuvent se rapporter

aux questions suivantes : 1° Qu'est-ce que le chrétien doit croire? 2° Que doit-il espérer ? 3° Que doit-il aimer, faire et omettre ? 4° Comment peut-il recevoir des forces d'en-haut et les employer à devenir pieux, bon et heureux? Tel est, à peu d'exceptions et de changements près, l'ordre le plus simple des cinq parties de notre petit catéchisme:

première partie : De la Foi ; deuxième partie : De V Espérance ; troisième partie : De la Charité ; quatrième partie : Du bien qu'il faut faire et du mal qu'il faut éviter, en d'autres termes : De la Justice chrétienne ; cinquième partie : Des Sacremen de la prière, de la grâce, etc .

Il est des catéchistes qui, aimant à traîner leur pesante érudition jusque dans la société des enfants, commencent par leur parler de la religion naturelle, rationnelle, puis de la religion chrétienne, et seulement ensuite de la religion catholique.

Sans rappeler ici que toute religion doit être surnaturelle quant au fond de sa doctrine, et positive quant à sa forme ; sans rappeler combien d'esprits ont perdu, dans la nature et dans la spéculation, la foi en Dieu et en la vie éternelle, et que c'est dans l'histoire des révélations divines que l'âme de l'enfant peut le plus facilement trouver son Dieu et l'adorer, je me contenterai de dire :

ce Si Jésus-Christ est notre salut et notre tout ; si, comme Loyos, il est lui-même la raison éternelle; s'il nous a lui-même interprêté le texte fondamental de la nature, et s'il nous a révélé ce qu'aucune nature, avec ses formes infinies, ni aucune intelligence et pensée humaine, avec ses opinions innombrables, ne peuvent nous faire connaître ; si ses doctrines, consignées dans l'Évangile, nous sont conservées dans le sein de l'Église ; si, pendant son séjour sur la terre, Jésus-Christ a si tendrement aimé les enfants qu'il les a nommés ses héritiers, pourquoi ne conduirions -nous pas tout d'abord dans les bras de leur Ami les bien- aimés de Jésus-Christ? Pourquoi ne voudrions-nous pas tout d'abord leur faire trouver Dieu en Jésus -Christ?

Sans doute que la nature est aussi une Bible pour les enfants ;

mais ils n'y comprendront rien s'ils n'y lisent pas avec les yeux de Jésus-Christ. Sans doute que Jésus-Christ lui-même nous a envoyés à l'école des fleurs et des petits oiseaux ; mais il faut que ce soit sa parole seule qui nous interprète le langage des fleurs et des oiseaux, si nous voulons y trouver Dieu. Sans doute que la nature doit être pour nous une image et un emblème de la vérité; mais il n'est pas moins vrai que c'est Jésus- Christ seul qui nous a révélé les conseils éternels de l'éternel Amour. Un sage catéchiste n'aura donc pas besoin de commencer par faire boire les enfants à la citerne entr'ouverte de la religion naturelle, avant de les conduire à la fontaine d'eau vive.

21 . 1° Comme l'amour de Dieu renferme nécessairement l'obéissance à la loi sainte aussi bien que toutes les autres vertus ; 2° comme l'amour de Dieu a dans l'amour des enfants pour leurs parents un touchant analogue, puisqu'il se trouve dans le cercle habituel des enfants; 3° comme ce sont les premières impressions qui durent le plus longtemps, le catéchiste devra profiter de toutes les occasions pour éveiller le sentiment de l'amour de Dieu. Et puisque le Dieu inaccessible nous est devenu accessible en Jésus-Christ, il devra s'efforcer de développer et de fortifier le sentiment de la reconnaissance envers Jésus-Christ. Ce chemin, que la Bible suit avec les hommes, le catéchiste le doit suivre avec ses élèves.

22. Pour le même motif, le catéchiste doit juger inutile de parler devant les enfants un langage différent de celui de l'Evangile, se contentant de bien leur éclaircir les idées figuratives de Jésus-Christ, et d'en rendre le précieux contenu cher à leur cœur sensible.

Un exemple : Jésus-Christ est appelé successivement dans l'Ecriture sainte, la pierre angulaire, la vigne, l'agneau, le pasteur, le semeur, l'homme qui a le van à la main, la voie, le but, la lumière qui éclaire tout homme venant au monde, le pain vivant descendu du ciel, etc. Or, il est très -facile d'expliquer aux enfants ce que signifient, prises dans leur sens

naturel, les expressions pierre angulaire, vigne, agneau, semeur, pasteur, chemin, but, lumière, pain, etc.; ou plutôt il est superflu de vouloir éclaircir ce qui est clair de soi, puisque tout cela leur est expliqué par ce qu'ils ont vu autrefois, et parce qu'ils voient tous les jours. Il ne lui sera pas difficile de faire comprendre dans quel sens élevé Jésus-Christ est agneau, pasteur, lumière, pain, pierre angulaire, vigne, voie, semeur et maître de la moisson... Lorsque la divinité a été si rapprochée de nous, lorsqu'elle nous est devenue si visible par Jésus-Christ, pourquoi voudrions-nous l'éloigner du cœur des hommes, et la leur rendre inaccessible, invisible ?

Ainsi donc, au lieu de négliger à dessein dans l'enseignement public ces sortes d'expressions qui caractérisent si bien les grandes vérités d'où dépend le salut du monde, comme quelques-uns croient devoir le faire, il faut les employer à l'usage qu'en fait la Bible elle-même, c'est-à-dire à propager la connaissance et l'amour de la vérité, je veux dire de Jésus-Christ; ces expressions renferment un sens profond, facile à expliquer et à retenir.

23. Afin de se conformer encore davantage aux capacités et aux connaissances déjà acquises des enfants, le catéchiste partagera les enfants en plusieurs classes, et donnera à chacune l'enseignement qui lui convient. De même qu'il y a une différence entre le lait et la nourriture solide; de même il en existe une entre les enfants qui ont besoin de lait, et les personnes d'un âge mûr, à qui il faut une nourriture plus forte.

Si l'on partage les élèves en trois classes, on pourra présenter à la première quelques doctrines élémentaires sur Dieu, sur notre Sauveur, sur la crainte de Dieu, la prière, l'obéissance, etc.; à la seconde classe, les plus excellentes vérités tant dogmatiques que morales, entremêlées de courtes sentences tirées de l'Écriture sainte ; à la troisième, les vérités complètes de la religion ramenées à un tout facile à retenir, avec application à l'âme et à la vie humaines.

Si on les partage en deux classes, le catéchiste fera en sorte

que les élèves apprennent dans la seconde à connaître avec plus de détails, plus complètement et avec plus d'ensemble ce qu'ils auront appris dans la première.

Remarque. — Sous ce rapport, le catéchisme, qui[ sans cela consistait simplement à expliquer la religion aux enfants sous forme de questions et de réponses, a reçu une signification plus étendue, puisqu'il a dû s'adapter aux différentes classes. De là la distinction de petit et de grand catéchisme.

24. Le catéchiste bannit, autant que possible, de l'enseignement des enfants, tout ce qui pourrait être désagréable. Car ce qui est fastidieux dans l'enseignement éloigne de la religion, et fait que l'on confond celle-ci avec les expressions choquantes sous lesquelles on l'annonce.

Parmi les choses désagréables aux enfants, il faut compter : \ . La durée trop longue du catéchisme ;

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