‹ Théologie pastoraleChapitre 192 sur 209 · QUESTIONS · texte numérisé non relu

QUESTIONS

A. Combien y a-t-il d'œuvres de miséricorde corporelles?

B. Il y en a sept: la première..., la seconde..., la troisième, etc.

C. Quelle est celle que j'ai expliquée aujourd'hui? B. La septième : « Ensevelir les morts. »

A. Cette œuvre est-elle agréable à Dieu?

B. Oui, quand on la fait dans de bonnes intentions.

A. Qu'est-ce que cela veut dire : dans de bonnes intentions ?

B. Tout ce qui se fait dans la charité et par la charité est fait dans de bonnes intentions, a dit monsieur le Curé.

A. Dieu nous a-t-il fait comprendre par quelque histoire que cette œuvre de miséricorde lui est agréable ?

B. Il l'a fait par l'histoire de Tobie.

A. Que s'est-il donc passé?

B. L'Ange de Dieu lui fit beaucoup de bien, ainsi qu'à son fils; et comme il partait, il ajouta encore ces mots : « Lorsque vous priiez avec larmes, que vous ensevelissiez les morts,» etc.

A. Mais puisqu aujourd'hui il y a partout des hommes chargés de cette fonction, que reste-t-il encore à faire ?

B. Nous pouvons accompagner le corps du défunt.

A. A quoi bon accompagner ce cadavre? Pourquoi cela? i*. C'est afin, afin...

A. C'est pour réveiller notre foi en la vie éternelle, et pour exciter notre charité à prier pour l'âme du défunt.

B. Je comprends maintenant, nous devons regarder le mort

dans le blanc des yeux, et pénétrer jusqu'au cœur de la vie éternelle, disait mon grand-père.

A. Oui, alors Fesprit de Dieu nous inspirera des pensées toutes célestes, n'est-il pas vrai ?

B. Je ne saurais l'exprimer, mais j'ai le mot sur la langue.

A. Je veux vous aider. N'est-il pas vrai que dans un enterrement il y a un prêtre, qu'on porte une croix, qu'on met le défunt dans une terre bénie, que le prêtre jette de la terre sur le défunt, en disant : « Souviens-toi, ô homme, que lu es poussière, » qu'il fait le signe de la croix sur la tombe? Eh bien, que penser en voyant tout cela ?

B. Nous devons penser que l'Église nous aime, puisqu'elle envoie les prêtres baptiser les enfants et enterrer les morts ; que nous appartenons tous à Jésus-Christ; que nous recevons tous de lui la vie et la résurrection. On porte la croix en tête du convoi, pour indiquer que nous devons respecter notre corps et considérer nos membres comme un sanctuaire qu'il faut préserver de tout péché. Le corps des chrétiens est mis dans une terre bénie pour exciter et fortifier encore davantage le respect des chrétiens pour leur corps, pour nous faire comprendre que nous sommes tous de la poussière et que nous retournerons en poussière ; que nous n'avons aucun motif de nous élever au. dessus des autres ; que nos corps s'en iront en pourriture pour ressusciter un jour plus magnifiques; que le cimetière est vraiment le champ de Dieu, puisqu'il y sème les corps des hommes pour les moissonner à la fin du monde (1).

A. N'est-il pas vrai qu'on perdrait le goût du péché, si l'on se représentait tout cela vivement à la pensée ?

B. Sûrement; si l'on y pouvait toujours penser; mais le moyen d'y penser toujours !

A. Il faut que Dieu l'écrive dans l'âme avec de grandes lettres, alors on ne l'oubliera pas si facilement.

'à (4) Cette réponse n'a pu être faite par B d'une manière aussi précise; il a fallu l'aider a plusieurs reprises pour lui en arracher seulement quelques parties.

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2?. 0 divin Écrivain ! Gravez-la aussi dans mon cœur, cette vérité !

A. Pense-t-on aussi au défunt quand on accompagne son cadavre ?

B. Oui, on pense à lui et on prie pour lui.

A. Cette prière n'est-elle pas superflue?

B. Pas plus que les miséricordes de Dieu.

A. Cette prière n'est-elle pas inutile?

B. Ce que fait la charité n'est pas inutile.

A. Comment cela?

B. Les hommes les plus pieux sont rarement tout-à-fait purs; et il faut l'être tout-à-fait pour voir Dieu dans sa pureté, et c'est l'esprit de Dieu qui purifie.

A. Nous pouvons donc recommander à Jésus-Christ l'âme du défunt?

B. La parole de charité ne se perd pas dans le royaume de la charité, disait un jour à l'école M. le vicaire.

A. Mais on peut aussi prier à la maison?

B. Oui, monsieur.

A. Par conséquent on n'a pas besoin d'aller à l'enterrement ?

A. Ce n'est pas à dire qu'il ne faille pas y aller ; car la tombe, le corps du défunt, la prière du prêtre, l'exemple des autres chrétiens font une impression particulière, qu'on n'éprouve pas à la maison. Et puis, la charité aime à accompagner le défunt, à prier sur sa tombe, ce qui n'empêche pas de le faire aussi chez soi.

REMARQUES SUR CE CATÉCHISME

4° Le catéchiste commencera ou finira en expliquant d'une manière précise en quoi les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles sont agréables à Dieu; par conséquent il dira que tout ce qui se fait dans la foi et dans la charité est agréable à Dieu.

Dans la foi, c'est-à-dire en croyant que c'est la volonté du Seigneur que telle action faite par amour de Dieu et du prochain

soit une bonne action. Celui qui aime Dieu en Dieu, l'aime aussi dans son prochain, et celui qui aime Dieu dans son prochain, donne à manger à ceux qui ont faim, à boire à ceux qui ont soif, des vêtements à ceux qui n'en ont point, etc.

2° On indiquera aussi que la charité chrétienne, outre l'ensevelissement des morts, a encore un champ très-vaste pour exercer cette œuvre de miséricorde. Ainsi, quand le défunt ne laisse aucune fortune pour payer les frais d'enterrement, le pasteur n'est pas moins obligé de lui rendre les derniers devoirs avec la même charité qu'il le ferait pour les personnes les plus favorisées de la fortune.

3° Le catéchiste, principalement dans les villes, ne doit pas passer sous silence ce qui est évident aux yeux de tous, c'està-dire, que la vanité et l'amour-propre se montrent jusque dans les cercueils et les habits de deuil.

4° 11 ne sera pas hors d'à-propos, comme l'aura fait sans doute l'auteur de cette instruction, de terminer par une exhortation chaleureuse à la jeunesse. Par exemple:

» Cette instruction, mes chers amis, vous apprend deux choses : la première, quelles doivent être les pensées de votre âme quand vous assistez à un enterrement, et la seconde, comment vous y devez prier. — Vous devez méditer sur la résurrection et la vie éternelle qui s'élèvent derrière le spectre de la mort; vous devez recommander aux miséricordes de Dieu ceux qui se sont endormis dans le Seigneur. Après ce pieux service rendu aux morts, Dieu en Jésus-Christ, la vie éternelle, doivent vous être plus chers qu'auparavant. Vous devez être fortifiés dans la foi et dans la charité. Vous devez y avoir renouvelé les promesses sacrées que vous avez faites à Dieu, et vous en devez être sortis avec une plus vive horreur du péché, afin qu'un jour, quand on vous portera vous-mêmes dans la tombe, les pieuses âmes qui vous accompagneront en pleurant votre perte puissent se dire les unes aux autres : « Plaise à Dieu que nous vivions aussi saintement que lui, afin que notre mort ressemble à la sienne ! »

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