‹ Théologie pastoraleChapitre 195 sur 209 · C. L'envie, c'est être envieux · texte numérisé non relu

C. L'envie, c'est être envieux

A . Être envieux pourquoi ?

C. C'est être triste parce qu'il arrive du bien aux autres. A. Et?

C. Et c'est être bien aise quand il leur arrive du mal. A. Pouvez-vous en donner un exemple?

C (hésite).

Rosine : J'en sais un.

A. Voyons!

R. Il y avait une fois un paysan qui avait un beau bétail, et

de grands champs, et de beaux blés, et il avait beaucoup d'argent, et il avait de bons domestiques, et il était bien vu de M. le curé et du seigneur. Voyant et entendant cela, le voisin en eut mal au cœur et se dit tout bas : Je voudrais que ce paysan n'eût pas un si beau bétail, de si beaux champs, de si bons domestiques, je voudrais que M. le curé et M... fussent en colère contre lui. — Ce voisin était envieux.

A. Et qu'arriva-t-il encore?

R. Voici ce qui arriva. La peste fit périr son bétail, la grêle détruisit ses champs de blé, son domestique lui vola son argent, le feu brûla sa maison. Ayant vu et entendu cela, le voisin se dit tout bas : C'est bien fait! et il en fut bien aise. — Il était envieux.

A. Vous contez à merveille, Rosine. Mais suffit-il de savoir ce que c'est que l'envie? — Non, non, mes chers enfants; il faut encore s'en préserver, et quand vous sentez l'envie se remuer en vous, vous devez l'étouffer. Faire le bien et éviter le mal : voilà la véritable science.

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