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CHAPITRE III

Sur l'amélioration «les catéchismes.

Les améliorations plaisent à tous les esprits qui, soit qu'ils en aient ou non la conscience, ont suffisamment l'amour du bien

pour aspirer à quelque chose de mieux, pourvu que ces améliorations soient réelles, et qu'elles se révèlent comme telles.

Sans vouloir traiter à fond des mérites que doit posséder celui qui veut se vouer à une pareille tâche, j'essaierai seulement d'indiquer les talents que doit avoir celui qui la veut tenter avec succès.

L'auteur d'un catéchisme ne devrait pas être dépourvu :

\ ° Des connaissances philosophiques nécessaires pour entrevoir le mieux qu'on peut obtenir au moyen d'un catéchisme. Le meilleur catéchisme ne saurait être autre chose qu'un Manuel des éléments de la religion, mis entre les mains des ignorants, c'est-à-dire un petit livre contenant :

a Les vérités fondamentales de la religion;

b Exposées aussi simplement, aussi brièvement, aussi clairement qu'il est nécessaire pour des ignorants ;

c Aussi complètement qu'il est nécessaire pour qu'il n'y manque aucune vérité fondamentale ;

d Un petit livre rédigé sous forme de questions et de réponses, pour être employé journellement dans les églises, dans les familles et dans les écoles.

La parole vivante, et plus encore l'exemple vivant du maître, doivent vivifier l'élément inerte, afin de communiquer aux auditeurs une science vivante. Or, ce qui est en la puissance de la parole vivante, de l'exemple vivant, et plus encore de l'esprit vivant de vérité, nul catéchisme ne le peut obtenir; il ne faut l'exiger d'aucun.

Ce n'est pas sans motif que j'insiste sur ce point. Les clameurs qui retentissent de toutes parts en faveur d'un nouveau catéchisme ne prouvent que trop clairement que ceux qui s'associent à ces rumeurs donnent trop d'importance à la forme et trop peu à la parole vivante, à l'exemple vivant, à l'esprit vivant de vérité.

L'auteur de ce catéchisme ne devrait pas être dépourvu :

2° Des connaissances historiques nécessaires pour apprécier le bien déjà produit et les lacunes qui doivent être comblées. Sans ces connaissances, il arrivera qu'un zèle aveugle pour les

améliorations foulera aux pieds le bien qui existe déjà, et remplacera ce qui est défectueux par quelque chose de plus défectueux ou de moins bien que ce qui aura été éliminé.

Ce correcteur ne devrait pas être dépourvu :

3° D'une âme ayant le vif sentiment de la religion et animée d'une sainte ardeur pour en agrandir les limites. En effet, celui pour qui certaines choses offrent plus d'attrait que la religion, et qui, en la propageant, se cherche plutôt lui-même qu'il ne cherche la religion, celui-là ne pourra guère réussir qu'à souiller les choses saintes en les maniant avec des mains impures, et à imprimer à son nouveau catéchisme le sceau de son ergoterie et de son orgueil.

Ce correcteur du catéchisme ne devrait pas être dépourvu :

4° Du rare talent de savoir conserver le bien qui existe déjà, et de le reproduire de telle sorte que les choses anciennes y paraissent sans leurs défauts antérieurs, et les nouvelles sans les défauts qui n'y étaient pas encore.

Pour faciliter cette œuvre d'amélioration du catéchisme, je veux montrer ce qu'il y a de bon dans le petit catéchisme de Pierre Ganisius.

Un examen impartial de cet ouvrage donne comme incontestables les résultats suivants :

\ ° Le contenu en est suffisamment négatif; car il épargne aux jeunes intelligences un triple tourment :

La casuistique,

La scolastique,

La froideur et la sécheresse de l'exposition.

Le contenu en est suffisamment positif; car on y trouve les éléments du Christianisme, la Foi, l'Espérance, la Charité, la Justice chrétienne.

2° La forme en est proportionnée à l'intelligence des enfants; car elle rend le fond intelligible et facile à retenir; elle est arithmétique, et tout s'y peut compter sur les doigts.

Ce catéchisme comprend cinq chapitres. Le premier renferme les douze articles du symbole; le second, les sept sacrements;

le troisième, les dix commandements de Dieu et de l'Église; le quatrième, les sept demandes du Pater. Le cinquième embrasse deux doctrines : la doctrine du mal qu'il faut éviter, et la doctrine du bien qu'il faut pratiquer. Dans la doctrine du mal on trouve : les sept pécbés capitaux, les six péchés contre le Saint- Esprit, les quatre péchés qui crient vengeance au ciel, et les neuf péchés d'autrui. La doctrine du bien contient les trois sortes de bonnes œuvres, les sept œuvres de miséricorde spirituelles, les huit béatitudes, les trois conseils évangéliques. Le tout se termine par les quatre fins dernières de l'homme.

Je me souviens encore avec quelle facilité, lorsque j'étais enfant, j'appris et retins tout le catéchisme. La raison en est que, pouvant tout compter sur mes doigts, tout se précisait et se gravait dans ma mémoire au moyen des chiffres.

3° L'ordre dans lequel se succèdent les cinq chapitres ne mérite pas, en soi, d'être rejeté.

Chapitres i et n. Delà Foi et des Sacrements;

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