LA NATURE ET LA GRACE
« Mon fils , observez avec soin les mouvements de la nature et de la grâce, parce qu'ils sont très-subtils et tout à fait con-
traires, et qu'à peine peuvent-ils être discernés, si ce n'est par un homme spirituel et éclairé intérieurement.
Tous désirent véritablement le bien, et se le proposent pour but dans leurs actions et dans leurs paroles ; c'est ce qui fait qu'il y en a beaucoup de trompés par l'apparence du bien.
La nature est artificieuse ; elle en attire plusieurs, et elle les fait tomber dans ses filets et les trompe; elle n'a jamais pour fin qu'elle même, mais la grâce marche avec simplicité; elle évite la moindre apparence du mal; elle ne tend point de pièges; elle fait toutes choses purement pour Dieu, en qui elle met son repos comme en sa fin dernière.
La nature souffre à regret de mourir, d'être gênée , domptée, abaissée, et elle ne se met pas volontiers sous le joug. La grâce, au contraire, s'applique à se mortifier, elle résiste à la sensualité, elle cherche à être assujettie, elle veut être vaincue, et ne désire point de jouir de sa propre liberté. Elle aime à être retenue sous la discipline, elle ne demande point à dominer, mais à être, à vivre et à demeurer sous la dépendance de Dieu ; et elle est prête à se soumettre humblement à toute humaine créature (I Pierre, i, \ 3), pour l'amour de lui.
La nature travaille pour son intérêt, et considère quel profit elle tirera des autres. Mais la grâce n'examine point ce qui lui est utile et commode, mais plutôt ce qui peut servir à plusieurs.
La nature est bien aise d'être honorée et respectée. Mais la grâce attribue fidèlement à Dieu tout l'honneur et toute la gloire.
La nature craint la confusion et le mépris. Mais la grâce met sa joie à souffrir des opprobres pour le nom de Jésus-Christ. (Act.,\, 41.)
La nature aime l'oisiveté et le repos du corps. Mais la grâce ne peut demeurer sans rien faire, et elle embrasse volontiers le travail.
La nature cherche à se procurer ce qui est curieux et bien, et elle abhorre ce qui est vil et grossier. Mais la grâce se plaît aux choses simples et basses; elle ne méprise point ce qui est rude, et se couvre sans peine de vieux haillons.
La nature a égard aux choses temporelles ; elle se réjouit d'un gain terrestre, elle s'attriste des pertes, elle s'irrite de la moindre parole injurieuse. Mais la grâce considère ce qui est éternel, et ne s'arrête point aux choses du temps; elle ne se trouble point de leur perte, et ne s'aigrit point pour des paroles trop dures, parce qu'elle a mis son trésor et sa joie dans le ciel, où rien ne périt.
La nature est avide, et reçoit plus volontiers qu'elle ne donne ; elle aime ce qui lui est propre et particulier. Mais la grâce est charitable, et communique ce qu'elle a; elle ne veut rien de singulier, elle se contente de peu, et juge que c'est un plus grand bonheur de donner que de recevoir. (Act., xx, 35.)
La nature a du penchant pour les créatures, pour sa propre chair, pour les vanités et les conversations. Mais la grâce porte à Dieu et à la vertu, elle renonce aux créatures, elle fuit le monde, elle hait les désirs de la chair ; elle retranche toutes les allées et les venues, et rougit de paraître en public.
La-nature est bien aise d'avoir quelque consolation au dehors pour contenter ses sens. Mais la grâce cherche à se consoler en Dieu seul, et à mettre sa joie dans le souverain bien par-dessus toutes les choses visibles.
La nature fait tout par intérêt et pour sa commodité particulière ; elle ne sait rien faire gratuitement ; mais elle espère tirer du bien qu'elle fait un même bien ou un plus grand, ou des louanges ou des faveurs, et elle désire que l'on fasse grand cas de ce qu'elle fait et de ce qu'elle donne.
La grâce, au contraire, ne cherche nul avantage temporel; elle ne demande en retour d'autre récompense que Dieu seul, et ne souhaite rien des choses nécessaires à la vie qu'autant qu'elles lui peuvent servir à acquérir les éternelles.
La nature se fait un plaisir d'avoir un grand nombre d'amis et de parents; elle se glorifie d'un poste honorable et de sa naissance ; elle est complaisante envers les grands ; elle flatte les riches; elle applaudit à ses semblables.
Mais la grâce aime jusqu'à ses ennemis; la quantité des amis
ne lui donne point de vanité ; elle n'estime ni le rang, ni l'origine, à moins qu'il ne s'y rencontre une plus grande vertu. Elle favorise plutôt le pauvre que le riche ; elle compatit plus à l'innocent qu'à celui qui a du pouvoir ; elle se plaît avec les personnes amies de la vertu, et nullement avec les trompeurs. Elle exhorte toujours les bons à avoir de l'émulation pour les dons les plus excellents (I Cor., xn, 38), et à se conformer au Fils de Dieu par la pratique des vertus.
La nature se plaint bientôt de ce qui lui manque et de ce qui lui fait peine. La grâce supporte constamment la pauvreté.
La nature rapporte tout à elle-même ; c'est pour elle qu'elle combat et qu'elle dispute. La grâce , au contraire , ramène à Dieu toutes choses, comme à la source d'où elles découlent. Elle ne s'attribue aucun bien, elle ne présume de rien avec orgueil, elle ne conteste point et ne préfère point son avis à celui des autres ; mais elle soumet tous ses sentiments et toutes ses lumières à la sagesse éternelle et au jugement de Dieu.
La nature souhaite de savoir des secrets, et d'entendre des nouvelles, elle aime à paraître au dehors, et à éprouver plusieurs choses par les sens ; elle cherche à se faire connaître, et à faire ce qui attire des louanges et de l'admiration.
Mais la grâce ne se met point en peine d'apprendre des choses nouvelles et curieuses, parce que tout cela vient de la corruption du vieil homme, n'y ayant rien de nouveau et de stable sur la terre. » [Imitation, livr. m, ch. 44.)
La connaissance profonde de la nature humaine et de tout ce que l'Écriture nomme « la chair et l'esprit, » que révèle cette exposition, doit faire l'étonnement et la honte de tous ceux qui, tout en s'adonnant sincèrement à l'étude de l'Écriture , n'ont pas encore pu, malgré toute la tension de leur esprit, découvrir le germe de corruption si profondément enraciné dans la nature humaine.
29. Quatrième condition. — Celui qui se livre à V étude pratique de l'Ecriture doit être dirigé et soutenu par l'amour et par le goût de la vérité. — Le désir de la perfection et l'amour de la vérité
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ne sauraient être séparés dans la méditation de l'Écriture. Car le désir de la perfection donne au cœur les dispositions dont il doit être a nimé, et l'amour de la vérité prépare l'intelligence. Quand l'œil veut voir les choses autrement qu'elles ne sont, il no manque jamais de les trouver telles qu'il les souhaite ; et quand l'intelligence veut découvrir dans les choses des rapports autres que ceux qui existent , elle ne manque pas d'y réussir. Ainsi donc, l'amour de la vérité et le goût de la vérité sont aussi indispensables que le désir de la perfection à celui qui étudie l'Écriture. Le désir de la perfection sans le goût de la vérité ne produit que de pieuses boutades, et donne plus de sentiment à la dévotion que de vérité à la pensée.
C'est le désir de la perfection sans le goût de la vérité qui a produit tant de méditations religieuses qui se lisent dans une foule d'ouvrages, de commentaires, de sermons, de livres de piété, et qui révoltent tellement les intelligences saines, qu'elles ne peuvent s'empêcher de les repousser avec dégoût. La passion de l'étude sans le désir de la perfection dégénère en raffinements, en subtilités, en contestations stériles, qui ne donnent rien à l'intelligence , et n'enlèvent que trop au cœur. Ainsi donc, il est nécessaire que l'amour de la vérité accompagne le désir de la perfection, si l'on veut donner à l'étude une sage et solide direction. Celui qui cherche dans le nouveau Testament autre chose que la vérité, et la vérité qui perfectionne la vie, celui-là cherche en vain. Celui qui étudie le nouveau dans un autre but que celui de chercher la vérité, celui-là travaille en vain. Amour de la vérité ! il n'y a que les âmes d'élite qui aient appris à vous connaître, et cela par leur propre expérience ; vous n'habitez que dans les cœurs purs, comme tout ce qui vient du ciel !
De là vient encore que depuis des siècles, parmi tant d'hommes qui lisent dans le nouveau Testament, il y en a si peu qui y voient ce qui s'y trouve. Celui-ci ne cherche dans le nouveau Testament que des preuves à l'appui de son école ; il les découvre parce qu'il les cherche, et non parce qu'elles s'y trouvent. Celui-là ne cherche dans le nouveau Testament qu'une division
habite pour son sermon du dimanche, ou une allusion pour une fête d'anniversaire, une pensée ingénieuse pour une épitaphe, une devise pour charmer ses loisirs, et il y trouve ce qu'il cherche, parce qu'il l'a cherché. Un troisième cherche dans le nouveau Testament des arguments pour des matières qui ne rentrent pas dans le cercle des connaissances d'un chrétien, des réponses aux questions des curieux sur l'avenir, sur l'époque plus ou moins éloignée du dernier jugement, ou des éclaircissements sur des mystères impénétrables; et il les trouve parce qu'il les cherche, bien qu'il y ait précisément le contraire. Un quatrième cherche à découvrir dans le nouveau Testament des indices qui tendent à établir que Jésus a appris en Egypte la philosophie morale et la médecine, et il les trouve parce qu'il les cherche, bien qu'il n'y ait pas une syllabe sur ce sujet. Un cinquième ne cherche dans le nouveau Testament que des passages qui puissent s'harmoniser avec le nouveau système de morale qu'il vient de fabriquer, et il trouve ce qu'il cherche, c'est-à-dire non-seulement la compatibilité de son système avec l'Écriture, mais encore son système même. Un sixième cherche dans le nouveau Testament des raisons pour prouver non-seulement que Jésus-Christ n'a pas opéré de miracles, mais encore qu'il a combattu la croyance aux miracles comme étant un préjugé el une superstition; et ces raisons, il les trouve parce qu'il les cherche, bien que le contraire soit écrit formellement à chaque page. Un septième lecteur cherche dans l'Écriture sainte de la métaphysique, de la physique, et même de l'alchimie 0 mes amis, ne demandez pas au soleil ce qu'il ne saurait donner, mais contentez- vous de ce qu'il donne ! Il éclaire la terre de ses rayons, mais il n'allumera pas votre lampe de nuit. Réchauffez-vous au soleil, c'est pour cela qu'il luit et répand de la chaleur !
Nous épuiserions l'alphabet, si nous voulions citer les noms des lecteurs qui, cherchant dans le nouveau Testament autre chose que ce qui s'y trouve, y trouvent toute autre chose que ce qui y est.
L'amour de la vérité met fin à toutes ces recherches qui man-
quent leur but ; il veut voir ce qui est sans s'inquiéter de ce que c'est; il ne trouve que la pure vérité, parce qu'il ne veut voir qu'elle. Pour la trouver, cette pure vérité, il nous faut oublier pour quelque temps les commentaires arbitraires de certains écrivains, qui peut-être sont devenus pour nous une nécessité, et que nous nous sommes habitués à prendre pour le sens de l'Écriture; il nous faut avoir en quelque sorte la force de les détruire, afin que ce soit le passage même de l'Écriture qui nous parle, et non pas son interprétation.
Il arrive au lecteur qui n'a pas l'amour de la vérité ce qui arrive à l'auditeur dépourvu de ce même amour. Si je me laisse dominer par le désir de n'entendre de la bouche du narrateur que tel récit et non pas tel autre, je prêterai à ses paroles un sens tout autre que celui qu'il a voulu leur donner, et je ne pourrai pas dire : « Il m'a raconté telle chose; » mais je devrai dire : « Je désirais entendre de lui telle chose , et comme je le désirais, il me semble que je l'ai réellement entendue. » Ainsi en est-il du lecteur, et de lui surtout. Car si le défaut d'amour de la vérité fait que je ne comprends pas la personne qui me parle, qui se tient devant moi, qui parle non-seulement par ses paroles, mais encore par ses gestes, son regard, son attitude, son accent , à plus forte raison ne comprendrai-je pas la lettre morte, à laquelle manquent tous les moyens de persuasion d'un orateur, surtout quand je voudrai ne pas comprendre !
30. Cinquième condition. — Celui qui se livre à l'étude pratique de la Bible doit être exempt des préjugés qui tuent, ou du moins paralysent V édification. — Nous voulons en nommer quelques-uns, et les exposer dans toute leur nudité.
Premier préjugé.
Pourquoi tant s'inquiéter du sens de l'expression , puisque tout dépend d'une signification cachée ?
Il y beaucoup de vrai au fond de ce préjugé. Qu'il ne faille pas s'en tenir à la lettre, mais pénétrer jusqu'à l'essence de
l'Écriture, cela est vrai ; qu'il ne faille pas s'inquiéter du sens de la lettre, cela est faux. Que le sens profond repose dans les entrailles de l'Écriture, et que la perle ne surnage pas à la surface, cela est vrai ; qu'il faille la pêcher, cette perle, par des explications secrètes et arbitraires, cela est faux. Que l'esprit de l'Écriture soit un mystère pour la plupart des chrétiens, comme la seconde naissance en était un pour Nicodème, cela est vrai; qu'il soit permis de crucifier la lettre de l'Écriture, afin de pouvoir découvrir partout cet esprit, cela est faux.
Benxlcmo préjugé
77 n'est malheureusement que trop vrai que le nouveau Testament n'a été écrit que pour les premiers chrétiens.
Ce préjugé, d'origine moderne, pris dans sa signification rigoureuse, trouvera sans doute peu de partisans ; car il en est peu qui puissent supporter une assertion aussi absurde que celle-ci : « La Providence n'a pas voulu que les écrits du nouveau Testament pussent contribuer au progrès de la vertu et de la science dans des âges plus éloignés. » Quel estomac d'autruche il faudrait pour digérer des choses si indigestes ! Pris dans un sens moins strict, ce préjugé ne saurait trouver parmi les lecteurs qui pensent beaucoup de partisans ; car les motifs sur lesquels il repose sont trop manifestes pour pouvoir en aveugler un grand nombre. Ce préjugé se réduirait à dire : « Les écrivains du nouveau Testament ne pouvaient écrire que pour les besoins des chrétiens d'alors; ils ne pouvaient s'opposer qu'aux obstacles que rencontrait la vérité à cette époque ; ils ne pouvaient écrire que pour leur public. »
Celui qui veut voir ce. préjugé dans toute sa nudité doit séparer le vrai qui lui sert de fondement du faux qu'il énonce. Car telle est la nature du préjugé qu'il mêle et confond le vrai avec le faux; bien différent de l'amour de la vérité, qui unit ce qui doit l'être, et sépare ce qui est inconciliable.
Ainsi, il est vrai de dire que les écritures du nouveau Testa- Théol. past. I. 6
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ment ont été spécialement composées pour les contemporains de leurs auteurs : pour s'en convaincre, il suffit de se reporter au texte même, aux circonstances dans lesquelles elles ont été composées, aux enseignements spéciaux qu'elles renferment, et qui ont rapport au temps et aux lieux. Mais il n'est pas moins vrai que ce qu'elles contiennent d'essentiel, l'esprit du nouveau Testament, convient aux chrétiens de tous les âges.
Et premièrement , le nouveau Testament, dans ce qu'il renferme de plus essentiel, est destiné à tous les temps ; car il contient : 1° des faits d'une haute importance pour les hommes de tous les siècles, tels que les deux suivants : Dieu s'est révélé en Jésus-Christ et par Jésus-Christ dans toute la plénitude de sa divinité ; et : Dieu a fondé par Jésus-Christ un nouveau royaume, un royaume divin, qui s'étend jusqu'à l'éternité, jusqu'au ciel.
2° Il contient des promesses qui intéressent au plus haut degré l'humanité tout entière; telles sont, par exemple, les deux suivantes : Celui qui s'attache à Jésus-Christ de tout son cœur, recevra l'esprit de Dieu, et : Celui qui possède l'esprit de Jésus-Christ, reçoit de celui qui est la force même, la vertu de triompher du monde présent par l'avant-goût du monde futur ; il possède la liberté des enfants de Dieu, et ne forme plus qu'un avec Dieu.
3° Il contient des prescriptions, des lois morales, qui sont d'un haut intérêt pour l'humanité tout entière; par exemple ces deux commandements fondamentaux : la charité honore Dieu en lui et dans chaque homme ; Y humilité glorifie Dieu seul en toutes choses.
4° Il contient des modèles de sainteté qui présentent un grand intérêt pour tous les hommes sans exception; tels sont les deux suivants : Jésus-Christ s'est sacrifié pour l'humanité, et saint Paul pour l'Église de Jésus- Christ.
5° II contient une ftule de doctrines spéciales, dont le contenu intéresse vivement tous les hommes, et dont chacun peut constater la vérité dans son cœur, par exemple : Les cœurs pur
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voient Dieu, et : Ceux qui rétablissent la concorde et la paix entre des frères divisés, sont des fils de Dieu.
Deuxièmement, le nouveau Testament est, quant à son esprit, destiné à tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux.
Il importe certainement à tous les hommes de savoir que « Jésus-Christ est apparu sur la terre, qu'il a vécu comme homme au milieu des hommes, » et « qu'il est entré dans sa gloire pour réunir entre eux et réconcilier avec Dieu les hommes divisés entre eux et séparés de Dieu. *
C'est là, manifestement, l'esprit de Jésus-Christ, l'esprit de son Église, l'esprit du nouveau Testament. Qu'y a-t-il de vraiment intéressant pour les hommes, si cet esprit du nouveau Testament ne l'est pas?
Pfenniger, dans ses leçons philosophiques sur le nouveau Testament (1 vol., pag. 184), a encore donné une autre réfutation du préjugé dont nous venons de parler ; la voici :
« Ce qui est appuyé sur des motifs vrais et concerne la généralité des hommes, est vrai et reconnaissant pour tous ; cela soit dit pour les Juifs et surtout pour les Chrétiens. » Et il prouve, en faisant l'application de ce principe, ce qu'il y a d'universel, de vrai à tous les points de vue, dans les doctrines et les promesses qu'on trouve en saint Matthieu, chap. vi, touchant la prière, le jeûne, et la sollicitude paternelle de Dieu pour toutes les créatures, etc.