TROISIÈME CLASSE D'EXERCICES
38. Si les exercices précédents réclament principalement l'attention de celui qui étudie l'Écriture, ceux qui suivent demandent
surtout sa fidélité ; mais tous ont cela de commun quïls préparent et développent l'intelligence , et en conservent les facultés au moyen de la pratique. Parmi ces exercices, les principaux sont :
4. La prière. Il faut aller chercher à sa source la lumière dont nous avons besoin pour découvrir la volonté de Dieu. L'union entre Dieu et l'homme ne saurait être rétablie que par la prière. Et qu'est-ce que la révélation de Dieu aux hommes sans l'union entre Dieu et l'homme ? Un pur assemblage de mots, et non une révélation.
5. La lecture ou la méditation fréquente des passages de l'Écriture sur lesquels on s'est exercé. Car tout ce qui n'est pas nôtre, tout ce qui ne s'est pas identifié en quelque sorte avec nous , ne saurait être durable ; aucune pensée ne restera en nous , si elle n'y est pas fixée par la méditation, ou du moins si elle n'y est pas renouvelée par de puissants souvenirs. La parole de Dieu doit être notre nourriture lorsque nous nous levons, notre chant quand nous travaillons , notre bâton quand nous voyageons à travers les âpres sentiers de la vie, notre glaive dans le combat, notre coussin dans le repos, notre vie dans la mort.
3. D'humbles entretiens avec des hommes religieux et bien pensants, sur les différentes questions qui intéressent l'humanité. Les bonnes conversations éveillent les bons sentiments , et pénètrent le cœur et la vie de l'esprit qui anime les enseignements de l'Écriture.
4. Les souffrances supportées avec un courage persévérant sont une clef mystérieuse pour arriver à la connaissance des voies secrètes de la Providence.
5. La transcription de nos principales réflexions et de nos principaux sentiments pendant la lecture de l'Écriture. C'est là un* sorte de journal religieux contenant l'expression de nos pensées et de nos idées ; mais journal destiné à notre cœur et non pas à la publicité.
6. La révision, aux heures de loisir, des remarques que nous avons faites antérieurement.
THÉOLOGIE PASTORALE. ! • j I
7. V étude continuelle des analogies qui existent entre la nature et la Bible, entre la tradition et la Bible, entre la raison et la Bible.
8. Un zèle ardent à détruire sans pitié tout ce qu'il peut y avoir de rude , de grossier, d'inconvenant , de despotique , de prétentieux dans notre manière de penser, dans nos jugements, dans notre langage, dans nos mœurs, dans notre extérieur ; car rien ne s'oppose plus à l'intelligence du sens de l'Écriture qu'une trop grande différence entre la manière de penser et de vivre de l'observateur, et entre le fond et l'esprit de l'Écriture. L'ergoterie , ce despotisme de l'opinion , et cette sévérité de langage avec laquelle des savants jugent, ou plutôt condamnent un autre savant; en un mot, la souveraineté de l'égoïsme, sont directement opposées à la sagesse de l'Écriture , par conséquent empêchent d'en pénétrer le sens.