‹ Théologie pastoraleChapitre 67 sur 209 · SUR LE SAINT-ESPRIT · texte numérisé non relu

SUR LE SAINT-ESPRIT

8. Qu'une âme habite dans le corps, c'est ce que prouve la vie du corps ; que le Saint-Esprit habite dans l'âme , c'est ce que prouve la vie spirituelle de l'âme. L'une se manifeste par le mouvement du corps; l'autre, parla charité, l'humilité et toutes les autres vertus (S. Bernard.).

9. Le Saint-Esprit nous est apparu sous la figure du feu et de la colombe, parce qu'il communique une simplicité de colombe et un zèle de feu à tous ceux qu'il remplit ; une douceur paisible envers les personnes , et un zèle infatigable pour le bien (Greg. Max.).

sur la pénitence.

40. Si vous ne voulez faire pénitence que lorsque vous ne pourrez plus pécher , c'est le péché qui vous abandonnera, et non pas vous qui abandonnerez le péché (S. Aug.).

\ \ . L'impossibilité de pécher n'appartient qu'à Dieu seul ; se corriger de ses fautes est le fait du sage (S. Ambros.).

42. Plus les larmes de votre repentir seront chaudes, plus vous approcherez de la face de la vérité. Votre conscience souillée doit être régénérée par le baptême de larmes, afin qu'elle puisse contempler de nouveau la lumière de la bonté intérieure (Greg. Max.).

43. N'oublions pas , si nous commettons la faute d'imposer au pécheur une pénitence trop légère, qu'il vaut mieux avoir

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à rendre compte à Dieu pour cause de miséricorde que pour cause de sévérité. Quand le père de famille est généreux , l'intendant ne doit pas être avare ;. et quand le Seigneur est indulgent, pourquoi le prêtre serait-il sévère (S. Chrysostom.) ?

Quand les Pères renferment une mine si précieuse, n'est-ce pas un sujet de douleur profonde pour Fami sincère de la vérité de voir que les uns en font si peu de cas, et que les autres n'en extrayent que ce qu'il y a de moins bon ?

§ VI. — Réflexions sur le premier chapitre de la première épitre de saint Ignace a l'Église de Smyrne.

Ignace , qui s'appelle aussi le représentant de Dieu , souhaite à l'Église de Dieu le Père et de son bien- aimé Fils, Jésus-Christ, cette Église que sa miséricorde a enrichie de tous les dons de sa grâce , à laquelle il a donné la plénitude de la foi et de la charité, qu'il n'a laissé manquer d'aucun don spirituel, qui est digne de Dieu et féconde en saints, toutes sorîes de bénédictions dans l'Esprit immaculé et dans le Verbe de Dieu.

« Je rends grâces à Dieu et à Jésus-Christ de vous avoir rendus si sages; car j'ai reconnu que vous êtes parfaits — dans l'immobilité de la foi ; que vous êtes en quelque sorte attachés de corps et d'esprit à la croix de Jésus-Christ, fondés dans la charité par le sang de Jésus-Christ; que vous êtes fermement convaincus en ce qui concerne notre Seigneur, qui est vraiment de la race de David selon la chair, et Fils de Dieu selon la volonté et la vertu de Dieu; qui est vraiment né d'une vierge, a été baptisé par Jean , afin que toute justice s'accomplît par lui ; a été véritablement percé de clous dans sa chair sous Ponce-Pilate et Hérode le Tétrarque; dont nous sommes le fruit en vertu de sa passion divine et sainte, afin de donner à toujours, par sa résurrection, un signe à ses saints et à ses fidèles, soit parmi les Juifs, soit parmi les païens, dans le seul corps de son Église. »

Les perles de l'antiquité chrétienne , je veux dire les lettres de saint Ignace , respirent toutes l'esprit de saint Paul , comme on le voit dès le début de sa lettre à l'Église de Smyrne. Ignace

salue cette Église comme saint Paul saluait les communauté! chrétiennes auxquelles il écrivait. On connaît l'homme à son salut et à ses souhaits. Ce devait être une joie profonde pour le père d'une telle communauté de penser à elle. Une triple richesse composait sa fortune et était la marque à laquelle on la reconnaissait. Cette communauté vraiment apostolique était riche en foi , riche en charité , riche en toute espèce de dons. Où est la communauté de Jésus-Christ, là est Jésus-Christ ; et là où est Jésus-Christ, là est son esprit, esprit inépuisable en toutes sortes de dons célestes. A une telle communauté on ne pouvait et Ton ne devait souhaiter que la continuation des prospérités dont elle avait la plénitude ; on ne pouvait lui souhaiter que les biens que peut goûter une âme pure et éclairée.

Ignace rend grâces au Seigneur, comme saint Paul, pour tout le bien qu'il en a reçu, et, comme saint Paul, il loue les chrétiens dans lesquels il le trouve. Ce bien, c'est la vraie sagesse, la sagesse chrétienne ; celui qui la possède est cloué à la croix de son Maître; il offre au Père son âme et son corps ; il est fondé dans la charité par le sang de Jésus- Christ ; il aime quiconque s'immole pour lui ; il est fermement convaincu que le Fils de Dieu et des hommes est mort pour nous. En d'autres termes : Celui qui possède la sagesse chrétienne, possède la foi en Jésus-Christ, la charité envers Jésus- Christ, et la patience divine qui, pour la vérité, se laisse clouer sur la croix avec Jésus-Christ.

Ignace, comme saint Paul, base ses exhortations sur l'histoire de Jésus- Christ. Il ne trouve presque pas d'autre mot que celui de Jésus, et de Jésus né de la race de David, baptisé par Jean, crucifié sous Pilate et Hérode , ressuscité des morts. — Ignace annonce, comme saint Paul, le sublime dessein de Dieu le Père, qui est la réunion , par Jésus-Christ , dans le seul corps de son Église , des Juifs et des païens. Sans doute qu'un cœur froid et insensible pourrait réciter ces passages des lettres de saint Ignace sans en avoir l'esprit ; mais quiconque vit, souffre et meurt, comme saint Ignace , pour son maître ; quiconque n'a d'autre

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royaume en vue que le royaume de Dieu, et n'a au cœur d'autre désir que de consacrer ses paroles , ses actions et son sang à l'extension de ce royaume , n'a pas besoin d'emprunter les belles paroles des lettres d'un apôtre. Ces paroles-là, il suffisait à saint Ignace de les puiser dans son cœur apostolique. Dans son cœur vivaient le mépris des choses de la terre et le sens des choses divines : voilà ce qui lui inspirait les lettres qu'il écrivait aux communautés , et lui suggérait les plus belles paroles qui aient jamais coulé d'un cœur humain sur la langue ou sur la plume :

« Je suis le froment de Dieu ; Je suis moulu par la dent des animaux, Afin d'être transformé en un pain digne de Jésus-Christ. »

Quiconque a ce sens-là et marche ainsi au-devant de la mort, ne saurait jouer avec les mots. Ce qu'il dit et écrit est : Vérité.

§ VII. — Remarques importantes des saints Pères sur l'histoire de la transfiguration de Jésus-Christ, augmentées d'observations nouvelles puisées dans la réflexion individuelle.

A. Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et se transfigura en leur présence.

i. Il se choisit trois témoins, ses disciples les plus intimes, sans néanmoins repousser les autres. La vérité devait, cette fois encore, subsister dans trois bouches différentes. Non quasi cœteros reprobans, sed quoniam in tribus testibus stabit omne verbum. (Tertull., de Prœscript., cap. 22.)

h. Nous n'agissons'pas contre l'esprit du christianisme, quand parmi des frères auxquels nous devons le même amour, nous donnons à ceux qui sont plus capables, plus de confiance, plus d'autorité qu'aux autres.

On donne davantage à ceux qui sont plus aptes à recevoir.

B. Jésus fut transfigura. Sa face avait l'éclat du soleil, et ses vêtements la blancheur de la neige.

m. Cet éclat jaillissait en partie de la plénitude de la Divinité, et en partie de la félicité de l'âme qui débordait dans le corps.

De l'éclat de la figure vous pouvez conclure à la splendeur intérieure de l'âme, et de celle-ci aux effusions de l'élément divin.

iv. Cette transfiguration répandait de l'éclat sur la figure du Sauveur; mais elle lui laissait ses traits caractéristiques. Transfiguratio splendorem addidit, faciem subtraxit. Le bonheur ne détruit pas notre nature, mais il l'élève. « Non substantia tollitur, sedgloria mutatur. » (Hieron., cap. 17, inMatth.)

v. Cette transfiguration devait donner aux disciples des idées plus complètes et un avant-goût plus parfait de la magnificence du royaume de Jésus ; car leurs idées étaient encore trop grossières et trop terrestres.

vi. Cette transfiguration devait contribuer à adoucir pour les disciples le scandale de la mort future de leur maître, et en même temps nous donner une image de la gloire réservée aux justes, gloire dont Jésus-Christ a dit lui-même : « Ils brilleront comme le soleil dans le royaume de mon Père. » Non minore providentia spes sanctœ Ecclesiœ fundatur, ut totum Christi corpus agnosceret, quali esset commutatione donandum, ut ejus sibi honoris consortium membra promitterent, qui in capite prœfulsistet. (Léo, serm. 94.)

vu. Cette transfiguration montrait que Jésus était le Fils engendré de Dieu, et était une nouvelle preuve de la vérité de la religion chrétienne; c'était un fait sur lequel s'appuyait saint Pierre, un fait dont saint Jean disait : « Nous avons vu sa gloire, comme la gloire du Fils du Père ;» un fait qui fut raconté en détail par les Évangélistes saint Marc, saint Matthieu et saint Luc. La vérité du christianisme reçut , dans la transfiguration de son Fondateur, une quatrième preuve ; les trois autres, celles de la divinité de la doctrine, de la divinité des miracles et de la divinité de la vie, avaient déjà été données.

vin. Cette transfiguration devait fortifier la patience des apôtres et les préparer aux souffrances qui les attendaient. Pia provisions factum est contemplatione semper manentis gaudii ad brève tempus delibata, fortius adversa tolerarent. (Bed., in Matth.)

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ix. Cette transfiguration indiquait que Jésus était la vraie lumière du monde, comme il s'appelait lui-même, le Fils de Dieu, qui est tout lumière. Dieu est la lumière : le Fils de Dieu est la lumière de la lumière.

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