UN MOT SUR LA SCIENCE DE JÉSUS-CHRIST EN MATIÈRE D'ENSEIGNEMENT
Le meilleur système d'enseignement est celui qui est simple dans ses expressions, d'une intelligence facile, et qui néanmoins est riche et profond, vaste et élevé quant au fond et à la doctrine. Or, telles sont les qualités de l'enseignement du Sauveur. Sous une enveloppe simple, il cache un trésor de grandes vérités, et, en tête de la parabole, il place une inscription pleine de clarté et de précision.
Exemple emprunté à saint Chrysologue,
Les débuts du royaume que Jésus-Christ compare à un grain de sénevé, se trouvent dans les premières institutions de Dieu.
» Granum sinapis, hoc est regnum Dei, accepit homo Chris- » tus, quod semper habuit Deus Ghristus, misit in hortum suum, » idest, in Ecclesiam suam....Hortus estEvangelii vomere toto » orbe cultus, clausus stimulis disciplinai, ab omni pessimo gra- » mine Apostolorum labore purgatus, fidelium plantariis, liliis » Virginum, rosis Martyrum, Gonfessorum viriditate amœnus, » flagrans floribus sempiternis. . . Hoc itaque granum sinapis in » hortum suum misit Christus : id est, promissione regni sui, » quod radicatum est in Patriarchis,natum estinProphetis,crevit » in Apostolis, in Ecclesia fecit arborem magnam » (Serm. 98).
Ainsi, selon ce grand docteur, et selon tout chrétien éclairé, le royaume de Dieu parmi les hommes est :
Un arbre,
Qui a sa racine dans les Patriarches,
Qui germe dans les Prophètes,
Qui croît dans Jésus-Christ et ses Apôtres,
Qui se développe et répand son ombre dans les fidèles du nouveau Testament.
Voulez-vous donc voir de plus près le royaume de Dieu, cherchez-en les racines dans l'histoire des Patriarches, le germe vital dans Thistoire des Prophètes, Faccroissement dans l'histoire de Jésus-Christ et de ses délégués, le développement dans Thistoire de l'Église.
PARABOLE DU LEVAIN (Mtttth., XIII, 33).
La force du levain est celle-ci : Il agit invisiblement, secrètement; il pénètre dans les moindres parties; il entre peu à peu dans toute la masse ; il la rend égale ; mais il ne change point la nature de la farine : il ne fait que lui communiquer une aigreur générale, afin de lui donner du goût. — Ainsi en est-il de la force
du christianisme. Il agit en silence, sans bruit; il opère intérieurement et pénètre jusque dans les dernières profondeurs de l'homme ; il ne détruit pas la nature de l'homme, il la transforme à l'image de Dieu, et son action ne cesse que lorsque toute la masse est pénétrée de ce levain.
La force du christianisme se révèle dans tout bon chrétien. Tout chrétien digne de ce nom est un levain, et est mêlé par la main de Dieu à la masse des hommes faibles et méchants ; il opère dans la masse où il a été mêlé ; il opère secrètement, sans bruit; il opère intérieurement par ses enseignements, ses exemples, ses actes; et son action s'étend de plus en plus. Ceux-là donc qui opèrent ailleurs que là où ils sont, et qui, pour opérer, n'emploient pas la force qui leur a été donnée, ne sont pas des citoyens du royaume céleste ; ce sont des égoïstes, des serviteurs de leur volonté et de leurs caprices, défauts qui constituent l'essence même de Tanti-chrétien.
PARABOLE DES TALENTS (Matth., XXV, 4-31 .)
Il est hors de doute que dans cette parabole, comme dans celle des vierges, Jésus-Christ avait en vue son apparition future pour le jugement dernier ; par conséquent c'est à ce point de vue qu'il la faut considérer.
A un premier coup d'oeil jeté sur cette parabole, nous en découvrons les parties suivantes :
\° Le talent que le Maître confie à ses serviteurs; 2° l'emploi différent que ces serviteurs font de ce talent; 3° le compte que le Maître exige à son retour ; 4° la distribution des récompenses et des peines.