I. LE TALENT QUE LE MAITRE CONFIE A SES SERVITEURS
\ . Tous les dons du corps et de Famé, toutes les forces et tous les moyens de faire le bien et de devenir bon qui sout en notre pouvoir, sont un capital reçu de la main du Père céleste, et dont nous devons faire le meilleur usage.
2. Ce capital est distribué inégalement. L'un a reçu cinq talents, Fautre deux, celui-ci un seulement. Quelle diversité dans le royaume de Dieu !
3. Ce capital, chacun Ta reçu avec l'invitation de l'augmenter, de le faire fructifier : « Trafiquez avec cet argent jusqu'à ce que je revienne. » Voilà donc en quoi consiste toute la volonté de Dieu : il veut que nous n'enfouissions pas les dons que nous avons reçus, mais plutôt que nous en obtenions de nouveaux par le bon usage de ceux que nous avons déjà. Quelle unité dans le royaume de Dieu !
4. Les capacités que nous avons acquises par notre application personnelle sont, de même que les dons extraordinaires, un capital que nous ne devons employer qu'à de bonnes fins.
5. Tous les dons sont un bien qui nous a été confié, dont nous ne sommes que les administrateurs, et de l'emploi duquel nous devrons rendre compte.
6. Pluralité de talents; pluralité de serviteurs; un seul Maître ! Celui qui a davantage l'a reçu du même Maître qui a moins donné à un autre. Que personne donc ne jette sur autrui un regard dédaigneux ; que personne ne méprise son prochain : nous sommes tous des serviteurs.
7. Tout ce que nous avons de bon, nous l'avons reçu; c'est un don qui nous a été fait. Cette considération est bien propre à étouffer l'orgueil, puisqu'elle nous montre que tous les dons viennent d'un seul et unique Seigneur.
8. L'inégalité dans la dispensation des dons se révèle aussi dans l'Église de Jésus-Christ; « car, dit saint Paul, comme dans un seul corps nous avons plusieurs membres, et que tous ces membres n'ont pas la même fonction ; ainsi, en Jésus-Christ, nous ne formons qu'un seul corps » [Rom., xn, 4).