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SENS DE CETTE PARABOLE, CONSIDÉRÉE DANS SON ENSEMBLE

Dès les temps les plus reculés, Dieu avait choisi le peuple d'Israël pour son peuple, et l'y avait préparé par une foule d'institutions. Par l'organe d'Abraham, de Moïse, des Prophètes, de saint Jean et même de son propre Fils, il l'a invité et même en quelque sorte forcé de travailler dans les plantations de son royaume divin, et de propager dans le monde la connaissance du seul vrai Dieu et de ses salutaires conseils. La récompense, c'était la promesse de cette bénédiction immense qui devait se répandre sur le monde par le Messie et avec le Messie, ainsi que la jouissance réelle de cette bénédiction ici-bas, jusqu'à ce que vînt la fin de ce grand jour, où la récompense serait distribuée dans la plus abondante mesure.

Outre ces premiers invités, les païens seront encore appelés dans la plénitude des temps par les Apôtres à entrer dans la communauté des enfants de Dieu. A eux aussi a été annoncée cette heureuse nouvelle qu'ils pourront recevoir par Jésus-Christ la rémission de leurs péchés et le salut éternel, s'ils croie ut sincèrement en lui, et accomplissent la volonté de son Père.

Ce que les Juifs ne pouvaient supporter, c'est qu'eux, qui des-

cendaient d'Abraham, fussent placés au même niveau que les païens. Ils disaient hautement : « A quoi sert à nos pères et à nous d'avoir porté le poids de la loi mosaïque, si, dans le royaume de Dieu, nous n'avons aucun avantage sur les païens? »

Ce préjugé, ces sentiments exclusifs et jaloux s'étaient si profondément enracinés dans quelques-uns que, ne voulant pas souffrir les païens à côté d'eux, ils allèrent jusqu'à refuser d'embrasser l'Évangile lorsqu'il leur fut annoncé pour la première fois; et c'est ainsi que déjà se réalisaient ces paroles : « Les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers, » puisque quelques-uns des Juifs, appelés tout d'abord, ne voulurent point entrer dans la communauté de Jésus-Christ, tandis que les païens s'y précipitèrent en foule.

Cependant, cette parole : « Les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers, » prise dans le sens le plus magnifique et dans toute sa plénitude, ne s'accomplira qu'au jour de la régénération universelle de toutes choses, alors qu'un grand nombre de païens, tardivement appelés, brilleront parmi les élus de Dieu, et seront placés aux premières places, à côté d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, et qu'un grand nombre de ceux qui auront été appelés de bonne heure, se voyant repoussés de ce royaume, comprendront qu'ils sont réellement les derniers.

Un petit nombre parmi les Israélites qui furent appelés de bonne heure s'étant rendus à l'invitation, cette incrédulité des Juifs révèle clairement le sens de cette maxime : « Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. »

Les Israélites qui se rendirent à l'appel étaient effectivement peu nombreux, si on les compare à la multitude de ceux qui se montrèrent revêches et opiniâtres. Il y avait donc parmi les Israélites beaucoup d'appelés et peu d'élus. Cette parole de Notre- Seigneur, vérifiée d'abord chez les Israélites, s'est réalisée plus tard chez les païens. Beaucoup d'appelés, peu d'élus ! Et plût à Dieu qu'aujourd'hui encore elle ne se réalisât pas chez les chrétiens !

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