‹ Théophile Gautier et l'EspagneChapitre 15 sur 79 · LE DÉPART VERS L'ANDALOUSIE L'ANDALOUSIE · texte numérisé non relu

LE DÉPART VERS L'ANDALOUSIE L'ANDALOUSIE

Départ pour Malaga — Alhama — Velez:-Malaga — Malaga. Départ de Malaga vers Cordoue — Ecija — Cordoue. Départ de Cordoue — second passage à Ecija.

La route vers Séville — Séville.

Cadix — Puerto-Santa-Maria — Jeres — Gibraltar.

LA ROUTE VERS MALAGA (page 21 du carnet)

Cosario Lanza.

Un cosario est un conducteur de caravane, celui qui mena Gautier avait nom Lanza; il était remarquable par la richesse de ses habits.

Clair de lune, ânes portant des chaudrons faisant de la musique.

Il n’est plus question de ces chaudrons dans la red ton définitive, mais le pittoresque du voyage y est largement décrit.

Casin, joli torrent traversé à gué.

De quelques pouces de profondeur, ajoute-t-il dans le Voyage; le rio Cacin descend de la Sierra de Almijara, à travers un terrain aride et montueux planté d’oliviers; le village du même nom, Cacin est insignifiant.

Alhama. Rochers. Chaleur atroce. Profondeurs énormes avec des moulins et un torrent au fond. Grands arbres. Plages avec aqueducs en arcade. Pour pavé la roche même ciselée en rainures pour ne pas glisser. Quelques traces arabes çà et là.

C’est une aire de faucon, dit-il dans le Voyage. Alhama, dans la province de Murcie, est une ville très pittoresque au pied d'une colline calcaire et sur un rocher appelé Cerro del Castillo, dépendant de la sierra Tejada. Cette situation explique les dalles de pavé que signale Gautier, et qui existent d’ailleurs dans d’autres villes d'Espagne.

Alhama possède quelques restes de l’époque romaine, entre autres une forteresse et cet aqueduc que Gautier a vus.

Cette chaleur atroce est une de celles qui l’ont en Espagne le plus éprouvé, avec le soleil de Tolède et d’Ecija : « étendus sur le carreau de notre chambre, nous y dessinions notre empreinte en plaques de sueur », écrit-il dans le Voyage. Le climat d’Alhama est un des plus secs d’Andalousie, un des plus sains aussi : on raconte que le terrible choléra de 1834 n’y parut pas.

Mangé des zimbos, espèce de figues à piquants. Ce sont des figues de Barbarie.

Beaucoup de croix : « aqui murio de managrada »; un vrai camposanto.

VELEZ-MALAGA — MALAGA (page 21)

Arrivés à Velez-Malaga à onze heures. — Chemin dans une plaine caillouteuse d'un caractère étrange, ruisseaux 5 à 6 pieds de profondeur, roseaux gigantesques, trois croix au même endroit.

La description du Voyage reproduit à peu près les mêmes termes: le pays est très pittoresque, la route monte et descend de 100 mètres à 300 et même à 600 mètres d’altitude à travers la Sierra.

Quant aux croix, nous y reviendrons au chapitre des Brigands.

L'arrivée à Velez-Malaga fut très joyeuse si nous en croyons le Voyage.

Velez-Malaga est à une demi-lieue de la mer en bas d'une petite colline d’où coule un rio.

Toute la population de Velez-Malaga était en train de danser la cachucha (une jota aragonesa). Les demoiselles chantaient dans les maisons, les novios applaudissaient dans la rue.

Je reviendrai sur la question des danses au chapitre des Mœurs; ces quelques notes du carnet sur la gaieté de Velez- Malaga se retrouvent dans le Voyage; cette gaieté nous frappe

encore, cent ans après Gautier, et existait avant lui; elle a déridé jusqu’à Swinburne.

Mais Gautier n'oublie tout de même pas qu'il y a mal dîné (1).

Parti à trois heures du matin. Temps couvert. La mer. Chemin de sable, hautes falaises, montées, descentes, maisons avec des toits plats. Une treille par devant soutenue par deux piliers carrés et un pylône au milieu. Cactus énormes, raquettes, 5 voiles sur la mer. Un aloëès en fleurs, un palmier, jardin, des enfants tout nus; des cactus, des aloës, des palmiers d'un côté, et de l’autre des frênes. Maisons de chaux avec des vignes. Troncs de cactus semblables à des vertèbres de baleine et des tronçons de boa.

Cette description est celle de la route de Velez-Malaga à Malaga ; elle donne lieu à de très pittoresques pages du Voyage; ce qui l’étonne, c’est d’une part le mélange de végétation de plusieurs zones; des arbres du Nord, comme le frêne, se mêlent à la flore africaine; on rencontre parfois aussi des bouleaux; et par ailleurs les cactus et les aloès enchantent son amour de l’exotisme :

Des aloès énormes agitant leur coutelas, des gigantesques cactus aux palettes vert-de-grises, aux tronçons difformes, se tordent hideusement comme des boas monstrueux, comme des échines de cachalots échoués.

Les produits du sol dans cette province de Malaga ont fait

l’admiration de tous les voyageurs, il serait fastidieux de les citer.

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