‹ Théophile Gautier et l'EspagneChapitre 6 sur 79 · LA PLACE QUE TIENT L'ESPAGNE DANS L'ŒUVRE DE GAUTIER · texte numérisé non relu

LA PLACE QUE TIENT L'ESPAGNE DANS L'ŒUVRE DE GAUTIER

paru chez Michel-Lévy en 1865, c’est-à-dire vingt-cinq ans après le premier voyage de 1840.

Outre ces principaux ouvrages, nous trouvons dans Tableaux à la plume, une magistrale étude de l’art espagnol, la peinture tenant une grande place dans son œuvre; le chapitre s’intitule Le Musée Espagnol et va de la page 93 à la page 114; il avait d’abord paru en feuilletons dans la Presse des 27 et 28 août 1850. — Le même livre contient un autre chapitre : Les cinq nouveaux tableaux espagnols du Musée du Louvre, de la page 147 à la page 157, et qui avait paru dans le Moniteur universel du 3 août 1858; et un troisième chapitre : Une esquisse deVelasquez, de la page 215 à la page 228, paru dans le Monileur universel du 2 janvier 1862; nous utilisons ici l’édition Charpentier de 1880.

Dans Les Beaux-Arts en Europe, un article sur l’art espagnol, deuxième série, p. 229.

Dans Le Guide de l'amateur au Musée du Louvre, la place faite aux peintres espagnols est encore plus grande. Nous trouvons trois articles : Les Généralités sur l’école espagnole, pages 112 à 118; l’article sur Velasquez, pages 252 à 280; l’article sur Murillo, pages 280 à 303.

Dans Fusains el Eaux-fortes, un article sur les danseurs espagnols : Dolores el Camprubi, pages 91 à 95.

Dans La Peau de Chagrin, un article sur la Tauromachie, page 361.

Ajoutons enfin un drame signé Gautier et Siradin : Un voyage en Espagne.

Mais outre ces ouvrages, dans lesquels il est directement question de l'Espagne, dans presque tous les livres de Gautier l'Espagne «est invisible et présente ».

Tout la lui rappelle, et à propos de tout, il cite un souvenir espagnol. Les réminiscences espagnoles abondent dans ses ouvrages, et nous allons tâächer de passer en revue quelquesunes des plus significatives.

Rappel des mœurs espagnoles

Un trait caractéristique lui rappelle les mœurs espagnoles; s’il voit sur sa route d'étranges barques, il écrit :

« Nous nous rappelons avoir vu à Cadix des barques portant à leur avant deux grands yeux peints, qui, avec le taille-mer pour nez, dessinaient une espèce de visage humain (1). »

En effet nous trouvons dans Militona :

« Ces petites barques, qui ont un œil ouvert peint de chaque côté de leur taille-mer, ce qui donne à leur proue une apparence de visage humain des plus singulières (2). »

Un bruit métallique frappe-t-il, à Malte, son oreille? c’est le tambour de basque de Grenade (3). Un joli pied surpris au passage lui rappelle les pieds divins des Espagnoles, des manolas de Madrid, ou des cigareras de Séville avec leurs souliers de satin (4).

Il retrouve partout le caractère espagnol :

« Chirriguirri vint au-devant de ses hôtes et mit son logis à la disposition des voyageurs avec une emphase qui sentait le voisinage de l'Espagne (5). »

Même les animaux essaient de boire à la régalade, comme un paysan d’Espagne (6).

S'il assiste à une fête en Suisse, son esprit franchit les monts; ainsi, à la fête des vignerons à Vevey, il croit être en Espagne, à la barrera d’une course de taureaux (7).

Tout lui est prétexte à comparaison avec les mœurs espagnoles : :

« L'amour se fait à l’espagnole; la galanterie a ce caractère de pué-

rilité gigantesque qui distingue le commerce amoureux delà les Pyrénées (8). »

Il rencontre à Londres une vieille mendiante ; immédiatement d’autres mendiants pittoresques se dressent devant ses regards :

‘ «J'ai étudié de près la gueuserie espagnole, et j'ai souvent été accosté par des sorcières qui ont posé pour les Caprices de Goya;

(1) Caprices et Zigzags, p. 337.

(2) Militona, p. 172.

(3) Constantinople, p. 11.

(4) La Croix de Berny, p. 77.

(5) Capitaine Fracasse, p. 86.

(6) La Nature chez elle, p. 192.

(7) Vacances du lundi, p. 65.

(8) Les Grotesques, article sur Scudéry, p. 297.

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