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ttaviens'v'',.
SONNET
Ton orgueil peut durer au plus deux ou trois ans; Après, cette beauté ne sera plus si vive : Tu verras que ta flamme alors sera tardive, Et que tu deviendras l'objet desTmédisants.
Tu seras le refus de tous les courtisans, Les plus sots laisseront ta passion oisive. Et tes désirs bonteux, d'une amitié lascive. Tenteront un valet à force de présents.
Tu chercheras à qui te donner pour maîtresse , On craindra ton abord, on fuira ta caresse ; Un chacun de partout te donnera congé.
Tu reviendras à moi : je n'en ferai nul compte; ?
Tu pleureras d'amour : ie rirai de ta honte.
Lors, tu seras punie, et je serai venge.
SONNET
'autre jour, inspiré d'une divine flamme, ij'entrai dedans un temple, où, tout religieux,
LLEGIES ET SONNETS
lv\aniin:iiit ilc prrs mes actes vicieux,
Un repentir profond fait soupirer mou Ame.
Tandis qu'A mon secours tous les Dieux je réclame, Je vois venir Pliilis. Ouand j'apen^us ses yeux, Je m'écriai tout haut : Ce sont ici mes Dieux ; Ce temple et cet autel appartient à ma dame.
Les Dieux, injuriés de ce crime d'amour, Conspirent par venc^eancc à me ravir le jour; Mais que sans plus larder leur tlamme me confonde!
O mort I quand lu voudras, je suis prêt à partir, Car je suis assuré que je mourrai martyr Pour avoir adoré le plus bel œil du monde.
SONNET
Si quelquefois Amour permet que je respire. Et que pour un moment j'écoule ma raison, Mon esprit aussitôt pense à ma guérison, Tâchant de m'affranchir de ce fâcheux empire.
Il est vrai que mon mal ne peut devenir pire. Qu'un esclave seroit honteux de ma prison.
Et que les plus damnés, à ma comparaison, Trouveroient justement des matières pour rire.
Cloris, d'un œil riant et d'un cœur sans remords, Me tient dans les tourments pires que mille morts, Sans espoir que jamais sa cruauté s'amende.
Hélas ! après avoir à mes douleurs songé, Je voudrois me résoudre à demander congé; Mais j'ai peur d'obtenir le don que je demande.