DES EREEUES DANS L'EGLISE
professio fidei et sacramentorum communîcatio. Ex quo fit iit Chap. V. quidam sint de anima et de corpore Ecclesise, et proinde uniti Christo Capiti interius et exterius, et taies sunt perfectlssimè de Ecclesiâ, sunt enim quasi membra viva in corpore : rursum aliqui sunt de anima et non de corpore, ut catechumeni et excommunicati, si fidem et caritatem habeant. Denique aliqui sunt de corpore et non de anima, ut qui nullam habeant internam virtutem et tamen spe aut timoré aliquo profiteantur fidem, et in sacramentis communicent, et taies sunt sicut capilli aut ungues aut mali kumores in corpore liumano"
Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. III. cliap. i. 7. " S'ils sont Chrétiens par profession extérieure, ils sont de l'Eglise visible de Jésus-Christ ; oui, bien qu'ils soient des idolâtres impies, des hérétiques méchants, des personnes dignes d'être excommuniées, et même chassées pour improbité notoire." — Ihid. 8. "Ils peuvent être du corps visible de l'Eglise, et souvent ils le sont sous le rapport des principales parties de leur profession extérieure, tandis qu'ils sont des sujets de profonde exécration aux yeux de la partie pure de l'Eglise visible sous le rapport de quelques parties de leur profession même," — Ibid. 11. " Nous devons reconnaître que les hérétiques eux-mêmes forment une partie, bien qu'une partie mutilée de l'Eglise visible." — Ibid. 10. " U excommunication ne nous exclut pas radicalement de l'Eglise visible, mais seulement de la communication avec elle dans les devoirs sacrés." — Ibid. 12. " Là où l'incrédulité avérée existe, il ne saurait y avoir d'Eglise visible de Jésus-Christ : il peut y en avoir là où manque la pure croyance."
^ S. August. In Ps. liv. *' In multis erat mecum : Baptismum habebamus utrique, Evangelium utrique legebamus : erant in eo mecum : in schismate non mecum, in hseresi non mecum. Sed in his paucis in quibus non mecum non prosunt multa in quibus mecum. Etenim videte, fratres, quam multa enarravit apostolus Paulus (1 Cor. xiii.) ; unum dixit [caritatem] si defuerit, frustra sunt illa."
* Crakanthorpe, Def. Eccl. Angl. p. 83.
' S. Hieron. Ephes. i. " Dominus noster, cum sit Caput Ecclesise, habet membra eos omnes qui in Ecclesiâ congregantur tam sanctos quam peccatores, sed sanctos voluntate peccatores necessitate sibi conjunctos."
(Bl. Quels sont les devoirs auxquels sont astreints les membres fidèles de l'Eglise envers les hérétiques et les schismatiques ?
50 PEIVILEGES DANS L'EGLISE.
N__i^!îl-ly î^. Il est de leur devoir de sentir une profonde afiliction à leur égard; d'agir envers eux dans un esprit de charité, sans cependant communiquer avec eux dans aucun acte d'hérésie ni de schisme, sans les y encourager, sans les flatter dans leurs erreurs, sans traiter cette question légèrement, mais de dire charitablement la vérité sur leur péché et son danger ; de prier pour eux ; de leur oôrir des conseils, de leur faire des exhortations ; et d'employer tous les moyens praticables pour les amener à jouir de ces bienfaits spirituels^ qui sont promis à ceux qui aiment la paix
riST'''' ^^ l'Eglise, et qui vivent ensemble dans l'unité.
1 S. August. In S. Joann. Tract, xxxiii. 8. " Accipimus ergo et nos Spiritvim Sanctum, si amamus Ecclesiam, si charitate compaginamur, si catholico nomine et fide gaudemus. Credamus, fratres, quantum quisque amat Ecclesiam Christi, tantum habet Spiritum Sanctum." — Voyez aussi Clem. Alex. Stromat. vii. § ^xv. Sur les moyens de V Unité.
CHAPITEE VI.
Parole de Dieu. — L'Eglise doit être son témoin et sa gardienne.
®. Quels privilèges les membres de l'Eglise dérivent-ils de Dieu, par l'entremise de l'Eglise ? 1 s. Pier. i. 3Cl. D'abord, la Parole de Dieu pure et entière.
S. jacq. i. ^. Comment la Parole de Dieu est-eUe reçue par ' ' *' ' le canal de l'Eglise ?
3^, De même que les deux tables de la Loi furent
consignées à l'Arche par le commandement de Dieu, .^°*^' ^'^
de même, en vertu de sa divine volonté, les deux
Testaments sont confiés à l'Eglise,^ qui est établie oeut. x. 2.
témoin, gardienne et interprète des Saintes Ecritures,
ce qui fait que saint Paul l'appelle arvXoç koX 1 Tim. iii.
éBpaicù/jLa T^ç ak7j6eia<s, la colonne et le fondement de
la vérité.
' Bacon, Confession of Faith, Œuvres, t. iii. p. 124. Ed. 1778. " L'Eglise est comme l'Arche, où les Tables du premier Testament étaient gardées et conservées." — Voyez aussi t. v. p. 530. De Ecclesiâ et Scripturis. " Contradictiones linguarum ubique occurrunt extra tabernaculum Dei. Quare quocuuque te verteris, exitum controversiarum non reperies nisi hue te receperis."
®. Comment l'Eglise est-elle le témoin et la gardienne des Saintes Ecritures ?
1^. 1] Ancien Testament est reçu par nous de l'Eglise des Juifs, auxquels les oracles de Dieu furent confiés, qui reçurent les paroles de vie pour nous^ les is»- vm. 20. donner, par qui elles étaient lues dès les temps anciens Act. vu. ss;
. ^ xiii. 14, 15,
dans les synagogues tous les jours de Sahhat ; et ils 27 ; xv. 21. les remirent pures et entières entre les mains de l'Eglise Chrétienne. Ceci nous est connu par les faits suivants : les Juifs, étant dispersés dans toutes les parties du monde, n'auraient jamais pu s' entendre '^ pour apporter des changements dans leurs Livres Sacrés, quand même ils en auraient éprouvé le désir, ce qui était si loin de leur pensée, " qu'ils auraient mieux aimé souffrir mille morts," ^ que de permettre qu'on y fît la moindre altération ; et chaque verset et chaque lettre du texte sacré étaient scrupuleusement enregistrés dans leur Masora^ D'ailleurs, Notre-Seigneur, en adressant des reproches aux scribes et aux docteurs de la Loi, ne les accuse^ e2
Part. I. ^ jamais du péché de corrompre les Livres de la Loi, ce qu'il n'aurait pas manqué de faire, s'ils en avaient été coupables ; et le Seigneur et les Apôtres citent les Ecritures de l'Ancien Testament, telles qu'elles existaient alors chez les Juifs, et telles qu'elles existent encore parmi nous qui les avons reçues d'eux.
1 s. August. t. îi. 610; iv. 501, 760; v. 47; viii. 391. "Judaei Librarii, Capsarii, et Scriniarii Christianorum, iis sparsi per orbem terrarum, quomodo servi, Sacros Codices portant." — S. Chrysost. t. i. p. 631. Ed. Savile.
2 S. August. De Civ. Dei, xv. 13.
s Philo, Ap. Euseb. Prœp. Evang. viii. 6. — Josephus, Apud Euseb. iii. 9.
* Hottinger, Thésaurus, p. 138.
5 S. Hieron, In Esai. vi. " Nunquam Dominus et Apostoli, qui caetera crimina arguunt in Scribis et Pharisseis, de hoc crimine, quod erat maximum, reticuissent."
Cosin, Scholastical Hktory of the Canon of ihe Scriptures, p. 11, 98. Ed. 1672. — Wordsworth, On the Canon of the Scriptures and on the Apocrypha. 2* éd. Londres, 1851.
^. Quel a été ensuite l'office de l'Eglise Chrétienne à l'égard du Nouveau Testament ?
i^. De nous le transmettre à nous aussi, ainsi que l'Ancien Testament, d'âge en âge, et tel qu'il fut écrit à l'origine.
Ces écrits, tels que nous les possédons maintenant, sont les mêmes que lorsqu'ils furent dès le premier ahord donnés au monde, et cela nous est connu par le fait qu'ils ont été publiquement reçus par des Synodes de l'Eglise ; ^ qu'ils ont été lus ouvertement, Col. iv. 16. immédiatement après leur publication, dans des as-
1 Thess V X -i.
27. ' ■ semblées de l'Eglise en plusieurs endroits très-éloignés les uns des autres ; qu'ils ont été traduits de bonne heure en différentes langues'^ à l'usage de diverses
PAEOLE DE DIEU. 53
Eglises, lesquelles versions ainsi faites se trouvent ch^p. vi. coïncider avec le texte actuel ; qu'ils se font remarquer par un style particulier, du Grec mêlé de tournures Hébraïques et Syriaques ;^ et que les Pères de l'Eglise, dans toutes les parties du monde, à commencer par les Apôtres eux-mêmes, ont renvoyé à ces Livres, qu'ils les ont cités et commentés sans J/-,?^^'^- '"• s'écarter d'une manière importante du texte des copies qui nous ont été transmises.
^ Canon Ix. Concil. Laodicenum (tenu environ 352 ans après Jésus-Christ), p. 79, éd. Bruns, comparé avec le Sixième Article de l'Eglise d'Angleterre : les deux catalogues coïncident, à l'exception de l'Apocalypse (voyez b, ce sujet Concil. Tolet. iv. can. 16 ; Cosin, Scholastical History of the Canon of the Scriphires, p. 56, 58 ; et Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. xx. 4, avec la note de M. Keble, Ed. Oxford, 1841), qui ne se trouve pas dans le premier; et le Livre de Baruch. (qui cependant n'est pas dans l'ancienne Version Latine, Labbe, Concil. i. p. 1521 — voyez à cet égard Cosin, idem, p. 53, 58), qui n'est pas reçu comme canonique dans le dernier. —Voyez aussi le très-ancien Fragmcntum de Canone SJS. Scripturarum du Nouveau Testament dans Routh, Reliquiœ Sacrœ, t. iv. p. 3 — 5, avec les notes de l'Editeur ; et sur l'histoire du Canon du Nouveau Testament, voyez Kirchhoffer, Qiiellensammlung , Zurich, 1842 ; et Wordsworth, On the Canon. Ed. 1851.
S. Cyril. Cateches. iv. n. xxii. p. 66.
S. Cyril. Cateches. iv. xxxv. " vpbs ra àiroKpvcpa /nrj^eu exe koivSv ' ravras fj.6vas fieXéra {Plfi\ovs) (nrovSaicûs &s eV 'EKKXrjaia àvayiyvcixTKonev iro\v aov ^povifJidciTepoi ^(xav oi 'ATrâaroXoi, Kaï oî àpxaîoL 'EiriffKoiroi oi rris 'EKKArjcrias Trpoa-TdTai oî ravras irapahéurcs, (TV ovv réKVov rris 'EKK\T](Tias tav /XTJ irapaxàpam roiis Oea-fiovs."
S. August. Fpist. xciii. p. 369. " Canonica Scriptura tôt linguarum litteris et ordine et successione celebrationis Ecclesiasticse custoditur."
2 S. August, Contra Faust, xxxii. c. 16. " Corrumpi Scripturse non possunt, quia sunt in manihus omnium Christianorum : et quisquis hoc primitus ausus esset, multorum cod.icum vetustiorum «ollatione conf utaretur ; maxime quia non unâ linguâ sed multis ,continetur Scriptura."
Part. I. g^ Chrysost. In S. Joann. i. parle ainsi de certaines traductions qui existaient de son temps : " 'S.vpoi /col At7u7rTtot koL "ivZoï koX népaai T6 Koi Aîdioires koÏ ^vpla tOvi) erçpa, eîs ri\v éavrûv yXwTTav fJL€rafia\6pT€S rà irapà tovtov {iva'y'yi\i(nov) ilaax^évTa 56yfj.ara ifiaBov."
S. August. Contra Faust, xiii. ''NostrorumLibrorum Auctoritas tôt Gentium consensîone, per successiones Apostolorum, Episcoporum Conciliorumque roboratur." 3 Paley, Evidences of Christianity, chap. ix.
®. Comment savons-nous que les Livres du Nouveau Testament sont authentiques, c'est-à-dire écrits par les personnes dont ils portent le nom ?
31^. Par le témoignage de l'Eglise, qui les reçut comme tels, et collectivement dans les Conciles Généraux, et séparément dans différentes parties du monde éloignées les unes des autres, et qui les lut publiquement dans les assemblées Chrétiennes, comme étant les œuvres de tels écrivains, depuis le premier moment de leur apparition.^
^ Origen. et S. Ambros. In S. Luc. init. — Tertullian. Contra Marcion. iv. 5. "Auctoritas Ecclesiarum Apostolicarum patrocinatur Evangeliis, quse proinde per illas et secundum illas habemus."
Laud, Conférence with Fisher, sect. 16, p. 87. Oxford, 1840. " Il est aussi moralement évident que saint Matthieu et saint Paul ont écrit l'Evangile et les Epîtres qui portent leurs noms, qu'il est certain que Cicéron et Sénèque sont les auteurs des œuvres qui leur sont attribuées." — Voyez Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. cbap. xxii. 2 ; Kaye, Tertullian, p. 300 — 304 ; et Blunt, History of the Christian Church during the Three First Centuries, chap. ix. London, 1856.
^. Avons-nous ensuite des témoignages de l'Eglise
qui prouvent que ces écrits sont inspirés, c'est-à-dire
qu'ils sont la Parole de Dieu ?
1 s. Jean, 3^. Oui ; l'Eglisc Primitive, qui était douée du
1 Cor. xii. pouvoir surnaturcl d'éprouver et de discerner les
PAEOLE DE DIEU. 65
esprits, qui eut aussi les meilleures occasions natu- .^"^^- ^^-^ relies de s'assurer de la vérité, et qui vit les miracles 2 s. Jean, 7.
2 s Pier. iii
par lesquels leurs auteurs établirent leurs titres 15, 'le. * à l'inspiration,^ les reçut partout et les lut publiquement comme étant inspirés, tandis qu'elle rejeta d'autres écrits qui prétendaient faussement à ce titre, et excommunia ceux» qui les avaient publiés.^
1 s. August. De Doct. Christ, ii. 13.
Ruffin. Jn Symbol, p. 26, ad cale. Cyprian. Ed. Fell. " Novi et Veteris Instrumenti Volumina, quse secundum majorum traditionem per Ipsum Spiritum Sanctum inspirata creduntur et Ecclesiis Christi tradita, competens videtur in hoc loco évident! numéro, sicut ex patrum monumentis accepimus, designare." — Il donne ensuite le catalogue.
Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. xxii. 2. "Si nous comptons avec juste raison sur des choses qui nous sont attestées par les dépositions d'un petit nombre d'hommes, pouvons-nous supposer que les esprits des hommes ne se sentent pas très-fortement émus en entrant pour la première fois à l'école de Jésus-Christ, oui, et grandement confirmés dans leur croyance pendant tout le reste de leur vie, lorsqu'ils considèrent Vaccord général de toutes les Eglises du monde servant de témoignage à l'autorité sacrée de l'Ecriture, depuis le premier instant de sa publication jusqu'au jour, jusqu'à l'heure où' nous vivons?" — Voyez aussi liv. II. chap. iv. 2.
2 Bingham, Origines Ecclesiasticœ, XVII. v. 18.
(B.. Pouvons-nous appuyer sur d'autres bases notre croyance que la Bible est la Parole de Dieu ?
id. Oui ; nous en avons des preuves internes, aussi 1 cor. x. 15;
, . ,, xi. 13.
bien que d externes. s. luc, xu.
Tx- , 56,57.
Dieu nous donne la raison et la grâce; l'Eglise nous prépare, nous prédispose et nous engage à cette croyance par son autorité, et en nous montrant qu'elle est confirmée par le témoignage de tous les âges successifs, même depuis le temps des Apôtres et des Evangélistes, qui par eux-mêmes étaient incompétents
5Q PEIVILEGES DANS L'EGLISE.
^^^J- ^- . pour écrire et faire ce qu'ils ont écrit et fait ; et dont la vie, les actions et les souffrances, avec les effets qui en ont résulté, prouvent qu'ils n'ont pu être ni trompeurs ni trompés sur ce sujet.
Ceci est la preuve externe.
Et ensuite, par la grâce de l'Esprit de Dieu, l'Ecriture elle-même, par sa propre puissance, sa pureté morale, sa divine beauté, Tharmonie et l'unité merveilleuses de toutes ses parties (pendant une période de plusieurs milliers d'années), et par l'accomplissement de ses prophéties, nous confirme, nous établit et nous fixe dans la croyance de ce que l'Eglise a attesté auparavant.
Et ceci est la preuve interne que la Bible est la Parole de Dieu.^
' Hooker, Ecdesiastical Polity, liv. III. chap. viii. 14. "Nous savons tous par expérience que le premier motif extérieur qui conduit les hommes à estimer ainsi l'Ecriture, c'est l'autorité de VEglise de Jésus-Christ ; ensuite, plus nous consacrons de temps à lire et à écouter ses mystères, plus nous trouvons que la chose elle-même répond à l'opinion que nous en avions conçue ; de sorte que le premier motif, qui d'abord exerçait une influence supérieure dans notre esprit, devient encore bien plus puissant, lorsque la chose elle-même nous a fourni de nouvelles raisons." Voyez aussi liv. I. chap. xiv. 1. — Laud, Conférence with Fisher, sect. 16, p. 69.
^. Comment l'Eglise emploie-t-elle l'Ecriture, dont elle est le témoin et la gardienne, en nous enseignant la véritable foi ?
i^. Par son langage et par sa pratique, en sa propre personne et en celle de nos parents et de nos maîtres, qui agissent en la prenant pour guide et avec son autorité, elle nous invite et elle nous conduit par la main vers Jésus-Christ, à qui elle est soumise,
PAEOLE DE DIEU. 57
qu'elle écoute, qu'elle adore, et à qui elle obéit, ch^p. vi.
comme étant son Epoux, son Chef, son Maître, et Eph. v. 24.
son Sauveur ; elle nous instruit dans sa volonté, elle
nous invite à écouter sa doctrine, telle qu'il nous
l'a révélée dans la Sainte Ecriture, dont elle est le
témoin et la srardienne, et ensuite la doctrine elle- s. Luc, i. 70.
° . s. Jean, ixvi.
même finit par nous persuader , nous convaincre, nous 13. affermir et nous fixer dans la Eoi, par l'influence du 21.' Saint-Esprit, dont l'Ecriture est la parole, au moyen de sa vérité et de sa puissance inhérentes. L'Eglise, comme la Vierge Marie à Cana, nous dit : Faites tout s. Jean, ii.
ce quil vous dira. Semblable à la sœur de Lazare, s.' Luc, x. 39.
elle s'assied aux pieds de Jésus-Christ, et elle écoute
ses paroles. Elle remplit pour nous le rôle de la
femme Samaritaine, qui conduisit ses amis à Jésus- s. Jean, iv.
Christ ; à propos desquels nous lisons qu'ils crurent
d abord en lui à cause de ce qu'eZZe leur avait dit ;
mais lorsqu'il eut resté deux jours avec eux, et
qu'ils l'eurent entendu, ils crurent à cause de sa
propre parole, et ils dirent à la femme, comme nous
disons maintenant à l'Eglise : A présent nous croyons: s. Jean, iv.
mais ce n est plus (ovKéTù) à cause de ce que tu nous as
dit; car nous V avons entendu nous-mêmes, et nous
savons que cest lui qui est véritablement le Christ, le
Sauveur du monde .^
^ S. August. In S. Joann. iv. '' Hommes, illa muliere, hoc est Ecclesiâ, annuntiante, ad Christum veuiunt, credunt per istam famam : manet Christus apud eos biduo, et multo plures et firmius in eum credunt quoniam vere ipse est Salvator Mundi." — Voyez aussi Field, Of the Church, p. 355. — Jo. Gerhard, De Ecclesiâ, t. v. p. 299—318.
®. Quelles conséquences déduisons-nous donc de l'Ecriture à l'égard de l'Eglise ?
1^. Jésiis-Christ, en nous parlant dans la Sainte Ecriture, nous apprend laquelle est sa véritable Eglise. In Sacro Godice Ipsum Caput ostendit nohis corpus suum. L'Eglise nous montre l'Ecriture par son ministère ; l'Ecriture nous montre l'Eglise par Jésus- Christ lui-même.^
* S. August. De Unit. Ecclesiœ, c. 4, et c. 16. " Ecclesiam corpus Christi sicut ipsum Caput in ipsis Scripturis debemus agnoscere." — Voyez plus haut, chap. iv. — S. August. De Symb. ad Catechum. iv, c. 13. "Scripturae sunt tabulas matrimoniales Christi et Sponsae ejus quge est Ecclesia."
Laud, Conférence with Fisher, sect. 19, p. 103. "Après avoir étémus, préparés et induits par la tradition [de l'Eglise, à croire que l'Ecriture est la Parole de Dieu], nous résolvons notre foi dans la Parole écrite et en Dieu qui nous l'a donnée ; dans laquelle nous trouvons matériellement, bien que ce ne soit pas en termes exprès, la tradition même qui nous y a conduits. Et ainsi nous sommes certains, par autorité divine, que nous sommes dans le chemin, parce qu'à la fin nous trouvons que là se trouve véritablement le chemin." — Carleton, Contra Trident, p. 162.
^. Quel nom l'Eglise a-t-elle donné aux écrits qu'elle a reçus comme étant inspirés ?
3^» Elle les a appelés Canoniques.^
1 Ruffin. In Symbol, ad cale. Cypriani. " Hsec sunt quœ Patres intra Canonem concluserunt, ex quibus fidei nostrae assertiones constare voluerunt."
S. August. De Doct. Christ, lib. iv. t. iii. p. 113. "Canonem in auctoritatis arce salubriter collocatiun." — In S. Joann. cxii. " Libri, quos in auctoritatem Canonicam recipit Ecclesia." Voyez aussi t. ii. p. 285—287.
XXXIX Articles, Art. vi. " Livres canoniques, — sur l'autorité desquels il n'y a jamais eu de doute dans V Eglise." " Nous recevons tous les Livres du Nouveau Testament, comme ils sont reçus communément."
®» Quelles sont la dérivation et la signification de ce mot?
1^. Ce mot vient du Grec, Kav(ûv, rlgle ; et les >^11^:JZ: Ecritures Canoniques sont celles qui servent de règle à la foi et à la pratique Chrétiennes.
^. Comment l'Eglise primitive appelait-elle les Livres rejetés ?
3^, Apocryphes}
^ Bingham, Origines Ecclesiasticœ, X. i. 7 ; XIV. iii, 15.
(B,» D'où ce mot est-il dérivé, et quelle en est la signification ?
<Cl. Il est formé des mots Grecs «tto, de, et KpvTrrœ, cacher; et l'on s'en servait généralement pour désigner ces Livres qui étaient conservés à part, et qu'on ne lisait pas dans l'Eglise.^
1 Kuffin. In Synibol. Apostol. 38, apud Cyprian. p. 26. Ed. Fell, ad fin. " Cœteras Scripturas [outre les Livres qui sont canoniques et ecclésiastiques] Apocryphas nominarunt, quas in Ecclesiis legi noluerunt."
^» Comment se fait-il donc que la majorité des Livres (sept sur douze), qui sont appelés apocryphes dans notre Bible Anglaise, soient lus dans l'Eglise d'Angleterre ?
3^. Ces Livres, ainsi lus, n'étaient pas communément appelés apocryphes par l'ancienne Eglise, mais ecclésiastiques} et on les lisait dans l'Eglise Chrétienne {Ecclesîa) (mais non dans les Synagogues des Juifs), " pour en tirer des modèles de conduite et des " règles pour les mœurs, mais non pour établir aucune '' doctrine f^ quelques auteurs même, dans un sens restreint, leur donnent quelquefois le nom de canoniques,^ comme se trouvant dans le Canon ou Catalogue Sacré de certaines Eglises ; et il ne faut pas les confondre avec ceux qui étaient appelés apocryphes
Part. I.
dans les temps primitifs, et qui n'étaient ni reçus ni lus par l'Eglise.
1 Ruffin. In Symbol, c. 38. " Alii libri sunt qui non Canonici sed Ecclesiastici a majoribus appellati sunt, ut est Sapientia Salomonis, et alla Sapientia quœ dicitur Filii Sirach [ce qui fait qu'on l'appelle maintenant nar' è^ox^v JEcclesiasticus'], qui liber apud Latinos hoc ipso generali vocabulo Ecclesiasticus vocatur, quo non auctor libelli sed scriptursB qualitas cognominata est. Ejusdem ordinis est libellus Tobiœ et Judith et Machabœorum libri — quœ omnia legi quidem in Ecclesiis voluerunt, non tamen proferri ad auctoritatem ex his fidei confirmandam." — Comp. Cosin, Canon of ihe Scriptures, p. 57, et S. Athanas. ibid. p. 58, où il établit une distinction entre lealivrea ApocrypJies et leBh.Yrea Ecclésiastiques, r à àir6Kpv<pa oUre iv To7s KavoviKols ofjre àv rois èKK\r](ria(TT ikoÎs àpidfieîrai,
Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. xx. 7 — 10. " Nous lisons dans nos Eglises certains livres outre l'Ecriture, cependant nous ne les lisons pas comme étant l'Ecriture." — Pearson, Yind. Ignat. t. i. p. 41. — Bull, Defensw) Fidei Nicenœ, I, iL 3. — Routh, Eeliquiœ Sacrœ, t. i. p. 251.
* S. Hieron. Frœf. ad lïb. Salomonis. *' Ad œdificationem plebis, non ad auctoritatem dogmatum."
XXXIX Articles, Art. vi. — Voyez sur ce sujet Beveridge, t. i. p. 274.
3 Cosin, Canon of the Scriptures, p. 104. — Jewel, Œuvres, p. 197, 198. Ed. in fol.
®. Dans quelle langue les Livres Canoniques ontils été écrits ?
îKl. Ceux de l'Ancien Testament en Hébreu ; ceux du Nouveau Testament en Grec.
^» Toute version ou traduction des Ecritures doitelle être reçue avec la même autorité que Toriginal.
3^1. 'Non certainement. Toute version des Ecritures, et comme version et comme l'œuvre de l'homme, doit céder le pas à la Parole originale de Dieu.^ Le courant humain ne saurait s'élever à la hauteur de la source Divine.^
^ S. August. De Doctr. Christ, il. 16. "Latinse linguœ homines duabus aliis.ad Scripturarum divinarum cognitionem opus habent,
Hébrœâ scilicet et Grœcâ, ut ad exemplaria prœcedentia recuiratur, Chap^ vil si quam dubitationem attulerit Latinorum interpretum infinita varietas : et (ii. 22) Latinis quibuslibet emendandis Grœci adhibeantur, in quibus LXXII Interpretum^ quod ad Vêtus Testamentum attinet, excellit auctoritas." Conformément à cette assertion on peut, jvisqu'à un certain point, établir une distinction en faveur de la version des Septante, comme s'élevant en quelque sorte presque à l'autorité d'un texte, à cause de l'usage que le Saint-Esprit en a fait dans le Nouveau Testament." — Voyez Pocock, Life, p. 307 — 321 ; Pearson, Mînor Works, t. ii. p. 246, 259, 264, 265 ; Walton, Prolegomena, ix ; et Grinfield, Apology for the LXX, p, 140.
^ S. Hieron. Ad Damas. " Ad Hebraicam linguam tanquam ad fontem revertendum in Vetere Testament© ." S. Hieron. Prœf. ad IV Evangelia. "In Novo Testamento ad Grsecam originem revertendum."— Voyez aussi son Epître Ad Lucin, Bœt., et surtout son Epître Ad Suniam, ii. p. 627, sur les deux éditions des Septante.
Reformatio Legum Ecoles. De Fide Cathol. c. 12. "Cseterum in lectione D. Scripturarum, si quse occurrerint ambigua vel obscura in Vetere Testamento, earum interpretatio ex fonte Hehraicœ veritatis petatur : in Novo autem Gi'œci codices consulantur."
Pietro Soave, Storia di Concilio Tridenfino, lib. ii, p. 159. Ed. 1629. — Casaubon, Exerc. Baron, xiii. p. 243. — Bentley, Sermon upon Popery, preached at Cambridge, November 5, 1715, t. iii. p. 247. Ed. Dyce, London, 1838. — Le sujet qui forme l'objet de ce Chapitre a été traité plus au long dans le Volume de l'Auteur qui a pour titre : On the Canon of the Scrijotures, 1851.
CHAPITEE YII.
Juste Interprétation de la Parole de Dieu.
^. Yons avez dit que l'Eglise est Ymterprlte de la Parole de Dieu ; comment en est-il ainsi ?
1^, D'abord, et cela négativement, comme n'étant pas législatrice; c'est-à-dire non législativement, mais judiciairement — non en faisant des lois, mais en expliquant et en déclarant celles que Dieu a promul-
62 JUSTE INTERPEETATION
Part. I. g^^gg j^]2e n'a aucune puissance contre la vérité, 2 Cor. xiii. 8. mais pouv la vérité, et elle ne peut " expliquer un " passage de l'Ecriture de manière à le mettre en con- " tradiction avec un autre." L'Ecriture est notre seule Eègle de Foi. L'Eglise nous aide à appliquer just&ment la règle. On doit avec raison considérer comme vraies^ les interprétations de doctrine de la Parole de Dieu, qui ont été généralement déclarées et reçues par l'Eglise Universelle depuis le commencement, et constatées en partie d'après les Symboles, les Confessions de Foi, les Liturgies et la pratique de l'Eglise, en partie d'après les commentaires sur l'Ecriture, et en partie d'après l'exposition des théologiens et des prédicateurs les plus éminents ; et celles qui sont nouvelles peuvent être présumées comme étant fausses : Id vertus quod prius, îd prîus quod ah initio?'
1 XXXIX Articles, Art. xx. — André wes, Pattern of Catechistical Doctrine, Decalogue, p. 54 — 56.
2 TertuUian. Contra Marcion. iv. 5.
Bull, Œuvres, t. ii. p. 238. Oxford, 1827. «L'Eglise Catholique primitive doit être le type d'après lequel il faut juger de l'orthodoxie et de la pureté de toutes les autres Eglises successives, selon l'excellente règle de TertuUien.''
TertuUian. Prœscript. Hœret. c. 21. " Constat omnem doctrinam quœ cum Ecclesiis Apostolicis matricibus et originalibus fide conspiret, veritati esse deputandam sine dubio tenentem quod Ecclesise ab Apostolis, Apostoli a Christo, Christus a Deo accepit ; omnem vero doctrinam de mendacio prsejudicandam, quse sapiat contra veritatem Ecclesiarum et Christi et Dei."
Le Roi Charles I, Fifth Paper to Mr. Anderson. " Voici ma conclusion : bien que je n'aie jamais considéré aucune autorité comme étant égale à celle des Ecritures, cependant je pense que l'accord unanime des Pères et la pratique vm,iver selle de V Eglise primitive sont les interprètes les meilleurs et les plus authentiques de la Parole de Dieu."
Sanderson, De Obligatione Conscientiœ, Prœlectiones decem, p. 79. " Admonendi estis, judicio et praxi universalis Ecclesiœ in Sacrarum
Literarum Interpretatione plurimum deferri oportere." — Voyez plus Chap. VIT. loin les citations empruntées à l'Archevêque Wake, à l'Evêque Stillingfleet, et au Docteur Waterland.
^. Mais si ce que vous venez de dire est exact, ne pourrait-on pas nous objecter que notre foi se base non sur l'autorité de la Bible, mais sur celle de l'Eglise ?
3^. Non. L'Eglise et la Bible viennent Tune et Vautre de Dieu ; l'une est le Eoyaume de Dieu, l'autre est sa Parole. Dès les premiers faits qui nous sont connus, nous trouvons l'Eglise tenant la Sainte Ecriture entre ses mains, et établie par Dieu pour nous la transmettre et nous en expliquer le sens. L'Eglise nous parle par l'effet d'un ministère, la Bible s'adresse à nous en vertu d'une autorité.^
1 Jo. Gerhard, De Ecclesîâ, p. 318. " Utrumque est res Dei, Ecclesia et Scriptura. Ecclesia est regnum dei, Scriptura est verbum Dei. Regnum Dei administratur per verbum Dei. Verbum Dei auctoritatem habet in Ecclesiam, et in filios Dei, non autem illi auctoritatem liabent in Scripturam sive Dei sapientiam : mutuas sibi opéras prsestant Ecclesia et Scriptura, sed auctoritas est Scripturœ, ministerium ver6 Ecclesiae."
^. L'Eglise ne nous impose donc, par sa propre autorité, aucun article de foi comme étant nécessaire au salut ?
<Cl» Non. L'Eglise nous fait connaître la sagesse ep^- iii.:.io
o *=• Jer. xxm.
de Dieu, si diverse dans ses opérations ; mais elle ^^^^ . ^ n'ose rien enseigner, comme nécessaire au salut, en ^p^- "• 20. dehors de ce qu'elle a reçu de Jésus-Cbrist et de ses Apôtres, et qui est contenu dans la Parole écrite ; elle n'a pas pour objet de dominer sur notre foi, mais de 2 cor. i. 24. contribuer à notre joie}
1 XXXIX Articles, Art. xx. " L'Eglise a le pouvoir d'instituer des rites ou des cérémonies, et elle possède l'autorité dans les con-
64 JUSTE INTERPEETATION
Part. I. ^ troverses relatives à la foi; néanmoins l'Eglise n'a le droit d'ordonner aucune chose qui soit contraire à la Parole écrite de Dieu ; elle ne doit pas non plus expliquer un passage de l'Ecriture de manière à le mettre en contradiction avec un autre. C'est pourquoi, bien que l'Eglise soit le témoin et la gardienne des Saintes Ecritures, cependant comme elle ne doit rien prescrire qui leur soit contraire, de même elle ne doit non plus rien imposer en dehors . de ces Ecritures, en le faisant considérer comme nécessaire au salut." — Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. xxi. 2. " Nous n'avons d'autre Parole de Dieu que l'Ecriture."
Voyez aussi Art. vi. et plus loin, Part. ii. chap. v. depuis le milieu jusqu'à la fin.
^. Puisque la Parole de Dieu n'est pas facilement comprise de tous, en tous lieux, et d'après sa propre nature et d'après la nature de l'homme, et puisque l'homme est sujet à oublier et à négliger ce qu'il comprend, quelles ordonnances l'Eglise possède-t-elle pour l'exposer et l'inculquer d'une manière perpétuelle ?
jd. Le Catéchisme, ou instruction orale (/tar?}- XV^''^^) P^r demandes et réponses, et la prédication Héb.vi.1,2. publique.
s. Luc, i. 4. ^ ^
^ Andrewes, Pattem of Catechistical Doctrine, p. 4.
^, Quel est le sujet du Catéchisme dans l'Eglise Chrétienne ?
H» D'abord, le Symbole des Apôtres ; secondement, les Dix Commandements ; troisièmement, l'Oraison Dominicale ; quatrièmement, les deux Sacrements.
^» Qu'est-ce que nous y apprenons ?
1S-» Le Symbole^ nous enseigne les credenda, c'està-dire ce que nous devons croire; le Décalogue, les agenda, ou ce que nous devons faire; l'Oraison Dominicale, les petenda ou postulanda, ce que nous
devons demander dans nos j)rwres ; dans les Sacre- > "'^'j '>
nients, nous avons les adhibenda, ou moyens à employer pour croître en grâce.
^ Hooker, Ecclesiastical Polity, liv, V. cliap. xviii. 3.
(^, En quoi consiste la Prédication ?
<Cl. A lire^ et à expliquer^ en public les Saintes
Ecritures.
1 Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. xix. 1 ; liv. V. chap. xxi. 4, 5. — Taylor, Holy lÂving, chap. iv. § 4.
2 Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. xxii.
^. A qui Jésus-Christ a-t-il confié le ministère de ces ordonnances 1
îd. ISTotre-Seigneur commanda à ses Apôtres d'aller xxvm"Î9 et d^ enseigner toutes les nations : disant : Comme mon |j *^^*"' **• Père ma envoyé^ je vous envoie aussi de même ; et l'^^j^^'ao encore : Voici, je suis toujours avec vous jusqua la fin du monde. Ses Apôtres envoyèrent d'autres hommes, comme Jésus-Christ les avait envoyés eux-mêmes, et avec le même mandat, leur ordonnant de confier leur doctrine en dépôt à des hommes fidèles qui soient i Tim. li. 2. eux-mêmes capables de V enseigner aux autres. Ainsi Jésus-Christ a pourvu son Eglise de pasteurs et de docteurs permanents, héréditaires et successifs ; et ceux-ci, qui tiennent des Apôtres le modèle des saines instructions, et qui dérivent leur mandat sans solution de continuité de Jésus-Christ lui-même par ces y?yez piu»
^ loin, chap.
derniers et par leurs successeurs, sont autorisés à ^"^• enseigner et à expliquer la Parole de Dieu.^
1 S. Iran. iv. 45, p. 345. Ed. Grabe. '^ Ibi discere oportet veritatem apud quos est ab Apostolis Ecclesise successio, et id quod est sanum et irreprobabile conversationis et inadulteratum et incorruptibile sermonis constat."
t)b JUSTE INTEEPEETATION
Part. I. ^ g^ i^en. iv. 63. "Agnitio vera {yvûa-is àXrjdrjs) est Apostolorum doctrina, et antiquus Ecclesiœ status, in universo mundo, et character corporis Christi secundum successiones Episcoporum, quibus illi [Apostoli] eam quae in unoquoque loco est Ecclesiam tradiderunt." — Comp. v. 20.
Tertullian. Prœscr. Hœr. c. 21. ''Âlii non sunt recipiendi Praedicatores quam quos Christus instituit." — Ihid. c. 19. " Ubi veritas et disciplines et fidei, illic veritas Scripturarum et Expositionum." — Voyez plus loin, Part. ii. chap. vi.
(B,» Cette méthode, qui consiste à enseigner par des moyens humains, est-elle en harmonie avec le cours ordinaire des dispensations de Dieu ?
i^. Oui. Non-seulement Dieu donna une Loi aux Deut.iv. Juifs, mais il nomma une succession de personnes xxxiû 1 P^^^ ^^ ^^^® ^^^ interprètes et les Ministres. A la conversion de saint Paul, Jésus-Christ lui envoya Ananias. L'Ange envoya Philippe, l'Evangéliste, pour instruire l'Ethiopien. Corneille reçut dans un Rom. X. 17, j,^^g Tordre de faire venir saint Pierre.^ La foi vient de ce quon entend; et Von entend parce quon a prêché la Parole de Dieu. — Et comment les hommes en entendront-ils parler, s il ny a personne qui le leur prêche f Ordinairement Dieu instruit l'esprit des hommes, comme il guérit leur corps, au moyen d'autres
Voyez plus hoTTITTIPR.^ loin, Part. i.
1 S. August. De Doctrina Christianâ, lib. 1. (Paris, 1836, t. iii. p. 16, 16.) " Imo vero et quod per hominem discendum est, sine superbiâ discat : et per quem docetur alius, sine superbiâ et sine invidiâ tradat quod accepit : neque tentemus Eum cvd credidimus, ne talibus Inimici versutiis et perversitate decepti, ad ipsum quoque audiendum Evangelium atque discendum nolimus ire in Ecclesias, aut Codicem légère, aut legentem prœdicantemque hominem audire ; et exspectemus rapi usque in tertium cœlum, sive in corpore, sive 2 Cor. xii. 2. extra corpus, sicut dicit Apostolus, et ibi audire ineflfabilia verba, quœ non licet homini loqui, aut ibi videre Dominum Jesum Christum, et ab Illo potius quam ab hominibus audire evangelium.
Lévit, X. 11 Act. ix. 10 — 18; viii.
" Caveamus taies tentationes superhiasimas et periculosissimas, Chap. Vfl magisque cogitemus et ipsiim Apostolum Paulum, licet divinâ et cœlesti voce prostratum et instructum, ad hominem tamen missum Act. ix. 6, esse, ut sacramenta perciperet, atque copularetur Ecclesise : et centurionem Cornelium, quamvis exauditas orationes ejus eleemosynasque respectas ei angélus nuntiaverit, Petro tamen traditum Act. x. 5. imbuendum ; per quem non solum sacramenta perciperet, sed etiam quid credendum, qnid sperandura, quid diligendum esset, audiret. Et poterant utique omuià per angelum fieri, sed abjecta esset kumana conditio, si per hommes hominibus Deus verbum suum ministrare noUe videretur." — Comp. S. August. Prolog, lib. i. De Civ. Dei, p. 131.
2 S. August. De Doct. Christ, p. 131. "Sicut enim corporis medicamenta, quse hominibus ab hominibus adhibentur, non nisi eis prosunt quibus Deus operatur salutem, qui et sine illis mederi potest, cum sine Ipso illa non possint, et tamen adhibentur ; et si hoc of&ciose fiât, inter opéra misericordise vel beneficentise deputatur, ita et adjumenta doctrinee tune prosunt animae adhibita per hominem, cum Deus operatur ut prosint, qui potuit Evangelium dare homini, etiam non ab hominibus, neque per hominem."
^. Quels sont les avantages qui résultent de cet arrangement ?
I^» Il "sert à humilier l'orgueil de l'homme, qui "voudrait ne rien devoir à aucun autre qu'à lui- " même."^ Il tend à propager la charité d'homme à homme, par un échange mutuel de bienfaits.^ Il con- i.cor. i. 21 descend à notre faiblesse, il éprouve notre obéissance. Il est une preuve de la vérité et de l'efficacité de l'Evangile, qui est confié à des vases de terre, afin que 2 cor. iv. 7. tous puissent voir que sa grande puissance doit être attribuée à Dieu, et non pas à nous.
^ Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. Ixxvi. 9.
2 S. August. loc. cit. iv. lib, i. c. 6. " Ipsa Charitas quœ sibi invicem homines nodo charitatis astringit, non haberet aditum refundendorum et quasi miscendorum sibimet animorum, si homines per homines nihil discerent."
<^, Mais puisque ceux qui sont autorisés à exposer F 2
68 JUSTE INTERPEETATION
^*V' ^'^ la Parole de Dieu soDt des hommes, et par conséquent sujets à se tromper, pourquoi devons-nous écouter l'exposition qu'ils nous en font ?
<IR. Parce qu'ils ont l'aide de l'instruction, de l'étude et de l'expérience qui sont l'apanage de leur profession; et parce que le public sait qu'ils ont donné leur iiom. xii. assentiment à certaines Confessions de Foi revêtues d'autorité, et qu'ils sont responsables de leur enseigneeSi'/^' ^^' ^^^^ public vis-à-vis de leurs supérieurs ecclésiasxxxiv'2'^o' *iQ.^6S ; parce qu'aussi il est de leur plus grand devoir, "l^-pigj;^^- de leur plus grand intérêt, d'éviter l'erreur et d'en- ^^' ^' seigner la vérité, puisqu'ï?^ veillent pour les âmes de
ceux qui les écoutent,. comme devant en rendre compte;'^ Act. XX. 28. et parce que ce sont des Ministres établis et ordonnés 2 Tim. i. 6. par Dicu pour cette chose même, et qu'ils ont reçu et rrim.iv. 13 reçoivent de lui la grâce et l'assistance Divines, pour s'acquitter de leurs fonctions que lui-même a instituées.
1 Barrow, On Obédience to owr Spiritual Guides and Govemoi's, Sermons Ivi. Ivii. Iviii. lix.
^. L'Ecriture renferme-t-elle quelque précepte direct, qui nous ordonne de chercher et de recevoir l'instruction de leur part ? s.^Marc, ^^ Oui. Jésus-Chiist Uur enjoint de prêclier / et
1x^6 ^'^^' ^^ ^^^^ enjoignant de prêcher, il nous enjoint de les 2Tim.iv. écoutcr. Lcs Uvves du Prêtre doivent garder Ja Mal. ii. 7. scicnce, et nous devons rechercher la loi de sa bouche;
Osée, IV. 4. ' ■^
S. Luc, X. 16. ^^^^g q2iil est le messager du Dieu des armées. D'un autre côté, la plus grande perversité est décrite en ces mots : Ton peuple est comme ceux qui disputent avec le Prêtre ; et Notre -Seigneur dit à ses Apôtres :
s Matth. X. Celui qui vous écoute m'écoute; et celui qui vous méprise, me méprise ; et celui qui me méprise, méprise
DE LA PAROLE DE DIEU. 6Si
Celui qui ma envoyé ; et Celui qui reçoit un prophète F"*^;^"'. en qualité de prophète, recevra une récompense de prophète}
^ Potter, Oii Church Government, chap. v. p. 221 — 240. Ed. 1724.
^, Mais les hommes autorisés à exposer la doctrine peuvent se tromper ; devons-nous alors les suivre dans leurs erreurs ?
i^. IN'on ; non pas lorsque nous savons qu'il en est ainsi. Notre-Seigneur nous a laissé la règle, ce que nous devons suivre, et ce que nous devons éviter. Il dit : Les Scribes et les Pharisiens sont assis (eKaOïcrav) sur la chaire de Moïse [c'est-à-dire enseignent la Loi^ à sa place] ; cest pourquoi tout ce quils [étant ainsi assis et enseignant] vous disent d'observer, faites-le et s. Matth. 1^ observez. Mais il dit aussi : Gardez-vous avec soin xvl è, 12.' du levain [c'est-à-dire de la fausse doctrine] des Pharisiens; ce qui signifie que nous devons suivre les docteurs autorisés''' en tant qu'ils instruisent par l'autorité Divine, et d'accord avec elle ; mais nous ne devons les suivre dans aucune erreur de doctrine. Il peut se trouver des docteurs qui n'observent pas fidèlement leurs engagements et leurs devoirs.
1 S. August. In S. Joann. Etang. Tract, xlvi. 6. " Multi quippe in Ecclesiâ cotnmotla terrena sectantes, Christum tameu prœdicant, et per eos vox Chriijti auditur : et sequuntur oves, non mercenarium, sed vocem Pastoris per mercenarium. Audite mercenarios ab Ipso Domino demonstratos : Scribœ, inquit, et Pharisœl cathedram Moysi sedent : quœ igitur dxcunt, facite; quœ autem faclunt, facere nolite. Quid aliud dixit, nisi, per mercenarios vocem Pastoins audite? Sedendo enim cathedram Moysi, legem Dei docent : ergo per illos Deus docet. Sua vero illi si veliut docere, nolite audire, nolite facere. Quod enim facit maie, non prsedicat de cathedra Christi • inde lœdit unde mala facit, non unde bona diclt."
Rainold, Conférence wlth Hart, 1598, p. 255—269.
^ Voyez plus loin. Part. iii. chap. iiû vers la fin.
70 JUSTE INTERPEETATION
.Part. I.
1 Thess. V.
®. Pouvons-nous donc juger par nous-mêmes s'ils sont dans l'erreur ; et dans le cas contraire à quelle épreuve, à quel type de doctrine devons-nous en appeler 1
3^» Nous devons éprouver toutes choses, et retenir ce
qui est hon, mais non compter sur notre propre raison
seule. La Sainte Ecriture, telle qu'elle a été reçue,
gardée et interprétée par l'Eglise Catholique depuis le
1 cor.ii u. commencement séZoTi la mesure de la foi, voilà la règle
Rom. xii. 6. i -, . .
et le tjrpe auxquels on doit rapporter tout enseignement, et contre lesquels personne ne doit être écouté, Gai. i. 8. non, pas même un Ange du Ciel. Et d'une manière subordonnée, et comme moyen d'expliquer l'Ecriture, l'accord de l'Eglise, se manifestant dans ses expositions publiques, ses Symboles,^ ses Conciles, ses Liturgies, ses Confessions et les écrits de ses anciens Evêques et Docteurs, ne doit jamais être perdu de vue.^
^ S. August. In S. Joann. Tract, xviii, " Neque natae haereses, nisi dum Scripturse bonse intelliguntur non benè ; " et ensuite il s'étend sur la nécessité d'interpréter les Ecritures "ad sanam regulam catholicam ; " " secundum sanam fidei regulam." — Voyez Reformatio Legum, i. 13. "Ne quid contra Symbola [les Symboles] aliquando interpretemur."
Barrow, iv. p. 29, sur la thèse: "Relaxatio fidei Trium Stmbo- LORUM admitti non potest, sine scandalo dato Apostasiae ab Ecclesiâ Universali."
^ Rainold, Conférence, p. 46. — Andrewes, On the Decalogue, p. 57.
Waterland, Œuvres, t. v. p. 265. On the Trinity, vii. The Use and Value of Ecclesiastical Antiquity. " On doit avoir un respect tout particulier pour les actes publics de l'ancienne Eglise se manifestant dans les Symboles employés dans le Baptême, et dans les censures dirigées contre les hérétiques. ... Il n'est aucunement probable qvHune Eglise tout entière quelconque appartenant à cette époque puisse être en désaccord avec la doctrine Apostolique dans des questions d'importance ; mais, moralement parlant, il est absurde de s'imaginer, que toutes les Eglises aient pu tomber dans la même
)rmr, et conspirer ensemble pour corrompre la doctrine de Jésus- F°^^' ^^^; Christ.— Bull, Def. Fid. Nie. i. 1. 9. "Religio mihi est eritque contra torrentem omnium Patrum S. Scripturas interpretari, ni si quando me argumenta cogunt evidentissima — quod nunquam eventurum credo."
®. Yous parlez des Evêques et des Docteurs de l'ancienne Eglise; mais n'étaient-ils pas eux-mêmes sujets à tomber dans l'erreur ?
m.. Oui.
^. Sur quoi donc s'appuie-t-on pour professer une déférence spéciale en faveur de leurs opinions? et quelle est la nature de cette déférence ?
M, Notre premier acte de devoir envers eux est de ne pas chercher à les élever à un rang où ils n'ont pas eux-mêmes la prétention de se trouver/ c'est-à-dire au niveau des écrivains de la Sainte Ecriture. L'Ecriture seule^ ne peut ni tromper ni se tromper. Mais l'exposition de l'Ecriture due aux Pères possède, à. plusieurs titres, un droit à une révérence spéciale.
1 TertTillian. Adv. JJermogenem. " Non recipio quod extra Scripturam de tuo infers." — Voyez plus loin, Part. ii. chap. v. — Idem, De Came Christi, 2. '* Si Apostolicus es, cum Apostolis senti."
S. Basil. De Fide, c. 1. " <pavepà çKirruais iriar^tas, ^ àderûu ri Twu yeypafJLfiévwv, ^ iTreicrdyelv t»v jUi) y €y pafjLfx^ j/wv."
S. Hieron. Ad Theojjhilum. "Aliter habeo Apostolos, aliter reliquos tractatores, lllos semper vera dicere ; istos in quibusdam ut homines errare."
S. Aiigust. Epist. 82. Hieronymo. "Ego solis eis Scripturarum libris qui jam Canonici appellantur, didici hune timorem honoremque déferre, ut nuUum eorum auctorem scribendo aliquid errasse firmissimè credam. Alios autem ita lego, ut quantâlibet sanctitate doctrinâque prœpolleant, non ideo verum putem, quia ipsi ita senserunt, sed quia mihi vel per illos auctores Canonicos, vel ratione probabili, persuadere potuerunt." Voir aussi plus loin, p. 75.
2 TertuUian. Prœscrip. adv. Hœres. c. 3. " Non ex persouis probamus fidem, sed ex fide personas."
72 JUSTE INTEEPRETATION
^*"J- ^- , S. August. De Trinit. lib. iii. " Noli meis literis quasi Scripturis Canonicis inservîre. Noli meas literas ex tuâ opinione vel contentione, sed ex divinâ lectione vel inconcussâ ratione corrigere."
S. August. Contra Cresconium, lib. ii. cap. 31. "Nos nuUam facimus Cypriano injuriam, quum ejus quaslibet literas a Canonicâ divinarum Scripturarum auctoritate distinguimus. Neque enim sine causa tam salubri vigilantiâ Canon Ecclesiasticus constitutus est, ad quem certi prophetarum et Apostolorum libri pertinent, quos omnino judicare non audemus, et secundum quos de caeteris literis vel fidelium vel infidelium judi camus." — Voyez aussi Contra Donatistas, ii. c. 3.
®. Quels sont ces titres ?
iK. D'abord, ils vivaient à une époque qui a suivi immédiatement celle de Jésus-Christ lui-même et d( ses Apôtres ; ensuite, la langue maternelle de plusieurs d'entre eux était celle que les Evangélistes et les Apôtres eux-mêmes employèrent dans leurs écrits ; de plus, ils professaient une dévotion entière au ministère de la Parole ; ils possédaient aussi des dissertations religieuses et autres traités qui sont aujourd'hui perdus, et ils en faisaient usage ; de plus, ils se livraient ordinairement à des conférences mutuelles, et en public et en particulier ; ensuite, leur piété et leurs souffrances les sollicitaient et les forçaient à examiner la vérité, selon qu'ils estimaient leurs plus hauts intérêts, temporels et éternels ; ils sentaient un besoin spécial de la Grâce Divine, et des prières qui pouvaient la leur faire obtenir, et nous savons qu'elle a été répandue en abondance sur l'Eglise primitive ; ^ enfin leurs écrits ont été approuvés et sont considérés avec un grand respect par l'Eglise. ?.
^ Wake, Apostolical Fathers, c. x, p. 110. 1. "Ils étaient con- ? temporains des Apôtres et instruits par eux. 2. C'étaient des hommes d'un caractère éminent dans l'Eglise, et par conséquent ils
ne pouvaient ignorer ce qu'on y enseignait. 3. Ils étaient jaloux C«at.VIi.^
de conserver la doctrine de Jésus-Christ dans sa pureté, et de
combattre ceux qui travaillaient à la corrompre. 4. C'étaient des
hommes non-seulement d'une piété parfaite, mais d'un grand
courage et d'une grande fei'meté, et par conséquent tels, qu'on ne
saurait les soupçonner d'avoir eu le moindre dessein de prévariquer
sous ce rapport. 5. Ils étaient doués à un haut degré du Saint-
Espi'it, et, comme tels, ils ne pouvaient guère se tromper en ce
qu'ils présentaient comme l'Evangile de Jésus-Christ. 6. Leurs
écrits furent approuvés de l'Eglise à une époque où elle ne pouvait
se tromper dans son approbation sous ce rapport."
Waterland, On the Trinity, vii. The Use and Value of Ecclesîastical Antiqulty, Œuvres, t. v. p. 253 — 333 ; p. 260. 1. "Les anciens qui vécurent à l'époque la plus rapprochée des temps Apostoliques, nous sont de quelque utilité, considérés simplement comme écrivains contemporains, à cause de leur style et de leur phraséologie. . . 2. Les anciens Pères nous sont d'une nouvelle utilité en nous initiant à la connaissance des vieux rites et des vieilles coutumes, auxquels l'Ecriture fait allusion, et de la connaissance desquels la véritable interprétation de certaines phrases et idiomes de l'Ecriture peut dépendre. 3. Ils nous sont encore utiles en nous faisant pénétrer dans l'histoire de l'époque oh. les Livres Saints (je veux parler de ceux du Nouveau Testament) furent écrits .... 4. Les plus anciens Pères peuvent nous être excessivement utiles pour fixer le sens de l'Ecriture dans les passages controversés. Ceux qui vivaient au temps des Apôtres ou peu après pouvaient avoir retenu dans leur mémoire ce que les Apôtres eux-mêmes ou leurs successeurs immédiats
avaient dit sur tel et tel point Le court espace de temps qui les
séparait de l'origine du Christianisme, leur fidélité connue, et leurs admirables qualités, ordinaires et extraordinaires, ajoutent un grand poids à leur témoignage ou à leur doctrine, et en font une règle presque certaine d'interprétation dans les choses essentielles. ... Il est digne de remarque que les Pères du troisième et du quatrième siècle avaient l'avantage de posséder plusieurs écrits sur la doctrine des premiers âges, qui ont été perdus depuis ; c'est pourquoi leurs témoignages sont aussi d'un grand poids, et ils nous montrent une ligne de conduite, qui n'est pas h, dédaigner dans les choses d'importance. ... 5. Il existe encore une autre considération, qui tend aussi à fortifier la première, et qu'il ne faut nullement passer sous silence; je veux parler des charismata, dons extraordinaires, fréquents à cette époque, qui se fixaient visiblement dans et sur l'Eglise, et là seulement:'
Part.