JUSTE INTERPRETATION
®. Quelle conclusion déduisez-vous de ce que vous venez d'exposer ?
i^. Ces considérations montrent que les ouvrages des Pères ont droit à un grand respect, spécialement dans un sens négatif; j'entends que si une doctrine semble leur avoir été inconnue, ou être contraire à leur sens, tel qu'ils l'ont exprimé dans leurs écrits, on peut conclure en toute sécurité qu'une telle doctrine est nouvelle et qu'elle doit être rejetée comme fausse}
^ Waterland, Ihid. p. 275. " Cette voie négative d'argumentation est généralement permise, et c'est à peine si elle peut être un objet de controverse." — Stillingfleet, Rational Account, t. ii. p. 58, fait observer que c'est une prescription suffisante contre toute chose que l'on peut alléguer à propos de l'Ecriture, que si elle paraît contraire au sens de V Eglise Catholique depuis le commencement, on ne doit pas la considérer comme la véritable signification de l'Ecriture.
^. Mais les commentateurs modernes n'ont-ils pas des avantages spéciaux, que ne possédaient pas les anciens, et n'ont-ils pas, sous certains rapports, le droit de leur être préférés ?
îd. Les commentateurs modernes ont, sans aucun doute, certains avantages. Ils possèdent l'expérience du passé, qui peut leur montrer comment l'erreur a été réfutée par la vérité, qui a gagné en force et en clarté dans la lutte, car ex hœreticis, dit saint Augustin, asserta est Gatholica ;^ et ils peuvent ainsi apprendre à éviter l'erreur et à maintenir la vérité. Ils ont l'avantage de pouvoir profiter des découvertes de la science et des recherches faites sur la géographie et l'antiquité dans ces derniers temps.
Les interprètes anciens et les modernes ont leur utilité respective ; et à propos de deux bonnes choses
qui nous sont données par le Dieu tout-puissant pour 9"ap^ vu.
que nous nous en servions, il est malavisé de dire :
Ceci est pire que cela ; notre devoir consiste à lui Ecciésiastiq,
montrer notre reconnaissance de l'une et de l'autre
chose, et à nous en servir selon nos moyens et selon
l'occasion.
^ s. August. i. 1213—1215; iii. 2066; iv. 730, 732, 978, 1729; V. 412; vii. 858; viii. 392. Ed. Paris.— S. Chrysost. ii. 836. Ed. Savile. — Origen. Hom. 9 in Num. ii. p. 296.
^. Je conclus de ce que vous venez de dire que vous n'admettez pas qu'il existe un Juge quelconque vivant, visible, infaillible, dans les matières de Foi controversées ?
<Cl. Il y « dans les questions de ce genre un Juge visible et infaillible, et un seulement, savoir la Sainte EcEiTURE ; comme le dit saint Augustin :^ Scriptura sancta SOLA nescit fallere nec falli; et à cette règle, c'est-à-dire h la loi et au témoignage, tout appel dans Isa. vui. 20. de tels cas doit être fait, comme disaient saint Optât ^ et saint Augustin, dans leurs controverses avec les Donatistes : " Nous ne pouvons pas trouver de Juge sur la terre; nous devons en chercher un au Ciel ; mais pourquoi au Ciel, lorsque nous l'avons dans Y Evangile ? quid ad cœlum, quum Jiabemus in Evangelio ? Pourquoi disputons-nous ? Quare de hœreditate litigamus ? fratres sumus, quare contendimus ? Non sine Testamento dimisit nos Pater / sedet Christus in cœlo ; et contradicitur Testamento ejus — Aperi, legamus."
^ S. August. De Meritis, i. 22, comparé avec Epist Ixxxii. " Tainr tummodo scripturis liane debeo servitutem, quâ eas solas ita sequar ut conscriptores earum nihil in eis omnino errasse non dubitem."