JUSTE INTERPRETATION
Part. I. ^ Voyez aussi ses paroles plus haut, p. 70.
2 S. Optât. Âdv. Parmen. v. 2. — S. August. In Psalm. xxL 30. — Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. II. chap. vii. 7. — Laud, Conférence wiih Fisher, sect. xxvi. p. 163. " A. C. voudrait savoir ce qu'il yak faire pour donner l'unité à une Eglise divisée sur des doctrines de foi, lorsque ce remède ne peut s'obtenir au moyen d'un Concile Général. * Certes Jésus-Christ, Notre-Seigneur, dit-il, nous a fourni quelque règle, quelque juge, dans les cas de cette nature, pour nous procurer l'imité et la certitude de croyance.' C'est aussi mon opinion ; car il nous a laissé une règle infaillible, l'Ecriture, et celle-ci par les passages manifestes qu'elle renferme (qui n'exigent ni dispute, ni juge extérieur) est capable de fixer l'unité et la certitude de croyance, dans les choses nécessaires au salut ; et, dans les non necessariis, dans celles et par rapport à celles qui n'y sont pas nécessaires, il ne devrait pas y avoir de dispute capable d'amener une séparation."
(!R. Mais l'Ecriture, quoique étant un juge visible et infaillible, n'est pas un Juge vivant, et n'est-il pas nécessaire qu'il y ait un seul juge vivant ?
î^, Jésus-Christ connaît mieux que personne ce qui est nécessaire à son Eglise ; et il n'en a jamais nommé aucun.
^. Comment le prouvez-vous ?
ÎÊl» S'il y avait jamais eu un juge vivant, il aurait dû avoir existé au temps des Apôtres ; et ceux-ci n'auraient jamais convoqué un Concile^ à Jérusalem, si Act. XV. 6, 7. un homme vivant quelconque, et spécialement si quelqu'un personnellement présent parmi eux, lorsqu'ils le convoquèrent, avait possédé l'autorité nécessaire pour décider de la controverse qui avait été l'occasion de sa convocation. Il est absurde de s'imaginer que les Evêques eussent été exposés à la peine de venir des régions les plus éloignées de la Chrétienté pour se réunir en Synodes de l'Eglise, en plusieurs endroits différents, à plusieurs époques différentes, dans les
âges primitifs de l'Eglise, si l'Eglise avait eu quelque £ll^;J!Ii" connaissance d'une personne reconnue comme un Juge vivant infaillible, existant en un seul endroit.^
1 Laud, Conférence with Fisher, sect. xxvi. p. 161. "Enfin, pour décider des controverses qui s'élèvent dans l'Eglise, voici un juge visible et infaillible, mais non vivant, et ce juge c'est l'Ecriture se prononçant par l'Eglise ; et voilà un juge visible et vivant, mais non infaillible, et ce juge c'est un Concile Général convoqué légitimement et procédant de même."
^ Voyez plus loin, Part. ii. chap. ix.
^. Mais dans les cas où l'on ne peut convoquer de Conciles Généraux, comment doit-on décider les questions controversées, et faire les réformes nécessaires dans l'Eglise, puisque ce ne peut être par un juge vivant ?
M. Que chaque Eglise Nationale se tienne le plus près possible de la Loi de Dieu ;'^ et, en quoi que ce soit qu'elle ait pu s'égarer — quoi que puissent faire à'autres Eglises — qu'eZ/e s'amende elle-même^ Et si, après tout, des controverses s'élevaient, si des défauts existaient dans son sein, — ce qui, sans aucun doute, arrivera toujours plus ou moins dans chaque partie voyez piu» de l'Eglise visible, jusqu'au grand Jour, dans lequel p. 10—19. le Fils de V Homme enverra ses Anges, oui arra^Jieront s. Mattii.
7 77 ' P xiii. 41.
de son royaume tous tes scandâtes et ceux qui font r iniquité, — de telles choses doivent être considérées par ses membres comme ayant leur utilité spéciale pour les faire croître eux-mêmes en grâce. Il faut quil 1 cor, xi. 19. y ait des hérésies, afin que ceux qui sont dignes d'être approuvés soient reconnus. Elles doivent être considérées comme propres à éprouver^ notre foi, à nous exciter à la vigilance, au jeûne et à la prière, à exercer nos
78 INTEEPEETATION DE LA PAEOLE DE DIEU.
Part. T. espérances et nos désirs Chrétiens, nous appelant à posséder nos âmes dans la patience. Elles doivent nous faire détourner les yeux des disputes, de la confusion, des imperfections et des calamités qui régnent actuellement dans l'Eglise militante sur la terre, pour les reporter sur la paix, l'ordre, la beauté et la félicité qui seront le partage de l'Eglise glorifiée dans les Cieux.
* Voyez plus haut, Hooker, p. 23.
* Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. III. chap. i. 10. " C'est pourquoi l'éloignement manifesté par l'Eglise de Rome pour se réformer ne doit pas nous empêcher de remplir notre devoir envers Dieu ; car le désir de rester en conformité avec elle ne pourrait nous servir d'excuse si nous ne remplissions pas ce devoir."
Laud, Conférence with Fisher, sect. xxiv. p. 123. " N'était-il pas juste que Juda se réformât, lorsque Israël refusa de l'imiter ? Certes c'était juste, ou autrement le prophète me trompe lorsqu'il dit
Osée, iv. 15. expressément : Si tu pèches, 0 Israël, au moins que Juda ne se rende point coupable. Et saint Jérôme en fait l'application à ce même péché particulier d'hérésie et d'erreur dans la religion."
^ Laud, Conférence with Fisher, sect. xxvi. p. 176, 177. "Lorsqu'un Concile Général ne peut pas se former, l'Eglise doit prier qu'il puisse se réunir, et attendre jusqu'à ce que la chose soit possible ; ou bien elle doit se réformer per partes, par des Synodes nationaux ou provinciaizx (comme nous l'avons déjà dit). Et dans l'intervalle il convient peu à A. C. ou à tout Chrétien de s'en prendre à la sagesse de Jésus-Christ, si Celui-ci n'a pas établi la voie qu'ils croient propre à régler les différends qui s'élèvent dans l'Eglise ; ou bien si, pour le péché ou l'épreuve de l'Eglise, le moyen de les terminer est plus
1 Cor. xi. 19. incertain qu'ils ne le voudraient, afi^i que ceux qui sont dignes d'être approuvés soient reconnus." — Voyez Waterland, t. v. p. 321.
ADMINISTEATION DES SACKEMENTS. 79
CHAPITEE VIII.
DES PEIVILÉGES DANS L'ÉGLISE. — DUE ADMINISTEATION DES SACEEMENTS PAE UN MINISTÈEE LÉGITIME.
^. Quels autres privilèges recevons-nous de Dieu ^^^^'V^\par l'intermédiaire de l'Eglise ?
H. Les Sacrements du Baptême et de l'Eucha- s. Matth.
T-T 7 • xxviii. 19.
nstie, qui sont les symbola et les characteres ILcdesiœ s.Marc.xvi. visibles, — les signes, les marques et les liens de l'Eglise s- i-uc, xxu. Chrétienne.^ Act. ii. 42.
1 Cor. XI. 24.
^ S. August, Contra Faustum, xix. 11. " In nullum nomen religionis sive verse sive falsse coagulari hommes possunt nisi aliquo signaculorum vel sacramentorum visihilium consortio colligantur." — S. August. Contra Parmen, ii. c. 13, De Catechiz. Rudïbus. "Sacramenta signacula rerum divinarum visibilia in qmbus res ipsae invisibiles honorantur." — S. BasU. Homil. xiii.
^. Pourquoi l'administration et la réception des Sacrements sont-eUes nécessaires ?
îKl. Parce qu'il a plu à Dieu, dans sa sagesse et sa miséricorde infinies envers nous, de les instituer comme des rites fédéraux par lesquels la nouvelle alliance se trouve ratifiée en notre faveur ; d'en faire 1 cor. xii.
des instruments de notre incorporatioji, union, vie et x. le, 17. progrès dans le Corps de Jésus-Clirist ; parce qu'il les a constitués comme le moyen propre et efficace de nous communiquer sa grâce, son pardon et ses bienfaits, comme le moyen de calmer notre conscience, d'éclairer notre esprit, et de garder notre âme et notre corps ; parce qu'il en a fait aussi les souvenirs de son amour passé, les gages de son amour s. Jean, iii. présent, et les arrhes de son amour futur envers tous vïTss, se.
80 ADMINISTEATION DES SACREMENTS
Part. I. qq^^x qxù. les reçoivent dignement ; parce qu'il les a xVl*Î6?' institués pour être des symholes et des signes visibles qui établissent une distinction entre les membres de Jésus-Christ et tous ceux qui ne l'adorent pas comme leur Seigneur, par lesquels ceux-là montrent leur amour mutuel en lui, s'édifient ainsi les uns les autres, et fortifient l'unité du corps en habitant ensemble en Jésus-Christ ; et enfin parce que notre Sauveur Jésus-Christ lui-même a déclaré qu'ils sont nécessaires au saluO
1 Hugo, De Sacramentis, lib. i. cap. 5. " Institutio sacramentorum, quantum ad Deum auctorem, dîspensationis est ; quantum vero ad hominem obedientem, necessitatis : quoniam in potestate Dei est prœter ista hominem salvare ; sed in potestate hominis non est sine istis ad salutem pervenire."
Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. Ivii. 4. " Ce n'est pas ordinairement la volonté de Dieu de nous accorder la grâce des Sacrements autrement que par les Sacrements ; d'ailleurs ceux qui reçoivent cette grâce par les Sacrements ou avec les Sacrements, la tiennent de lui, et non de ces derniers. Car on peut appliquer aux Sacrements avec la même vérité ce que la Sagesse de Salomon Sag. xvi. 7. observe dans le serpent d'airain : Celui qui regardait le seipent âJ airain n'était pas guéri par ce qu'il voyait, mais par vous, 0 Sauveur de tous les hommes." Ihid. 5. '' L'usage des Sacrements est dans nos mains, l'effet en est dans les siennes." — Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. Ix. 4. " Si Jésus-Christ lui-même, qui donne le salut, exige le Baptême, ce n'est pas à nous, qui cherchons le salut, à lui demander si les hommes non-baptisés peuvent être sauvés, mais à faire sérieusement ce qui est exigé, et à craindre religieusement le danger qui peut s'élever pour nous si nous n'avons pas reçu le Baptême." — Voyez aussi les considérations importantes dues à Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. VI. chap. vi. 10.
^. Par qui les Sacrements sont-ils administrés ? S.Jean, XX. î^» Par dcs personnes légitimement appelées et s.Matth. envoyées à cet effet.^
xxviii. 19.
1 XXXIX Articles, Art. xxiii.
^. Par quel nom distingue-t-on les Ministres des ^°*^;^"/' Sacrements de ceux à qui ils les administrent ?
3R. On les appelle KkrjpLKol, clerîôi, clercs ou clergé ; et ils se trouvent distingués ainsi des autres membres de l'Eglise, que l'on nomme Xaof; ou laïques.^
1 S. Clemens, Ep. ad Cor. i. 40.— De Marca, Dissertatio de discrimine laicwum et clericorum (dans l'Appendice à sa Concordia), p. 84.
^, Quelle est l'origine de ces mots ?
<K,» Le Clergé a reçu son nom ^e /cX^/)oç/ lot ou portion, parce que ses membres sont assignés ou consacrés à Dieu, ou parce que Dieu et son Eglise forment leur lot et leur héritage ; et les laïques'"^ de l'Eglise Chrétienne sont ainsi nommés, comme étant la nation choisie et le peuple particulier de Dieu.
1 Suidas, *' KXyjpos, rh (Tvffrr]fia t<2u ZiaKovuu koX irpeff^vrépcov."
S. Hieron. Âd Nepotian. De vitâ Clericorum. " Propterea vocanttir Clerici vel quia de sorte sunt Domini vel quia Dominus sors, id est pars, Clericorum est."
S. Chrysost. In Act. Apost. i. 17, 18. "*'EAax€ ràv KXijpov rris SiaKoyias ravTrjs' KXijpov Se avTov KaAeî SeiKvî/s rijs tov 0eoû Xdpnos rà irâv %v, KoL àvafxtixvficrKCûV aÔToùs rûv vaXamv, oti ô 0eàs avrovs è KXTfpwaaTo KaOdirep toÙs Aev'iras." — Voyez aussi In Act. i. 26. " iSwKav K\r]povs avrœv, Kaï €Tr€(rej/ ô K\i]pos èirl Mardlav."
Nom. xviii. 24. Vers. LXXII. " êyè rj ficpis <rov Kal i] KK-npovofila (TOV." Dans les temps anciens, le mot KA-npiKo] s'appliquait quelquefois aux Ministres inférieurs, tandis que les supérieurs étaient appelés îepeîs.
2 Bilson, Perpétuai Government of Christ' s Church, chap. x. p. 202. Ed. Oxford, 1842. " Et ainsi les érudits savent que le mot Xaès, d'où laïque est dérivé, signifie le peuple particulier du Seigneur ; et cette distinction entre le peuple et le prêtre n'est ni profane ni étrangère aux Ecritures. Tel sera, dit Isaïe, le prêtre que le peuple. Isa. xxiv. 2. Ainsi parle Osée. Jérémie, de son côté, divise l'Eglise en prophète, ?én*xxiii^' prêtre et peuple. Quant au terme de Clergé, Jérôme dit : ' C'est H; xxvi. 7. * pourquoi on appelle les Ministres de l'Eglise Clergé ou Clercs,
82 ADMmiSTEATION DES SACEEMENTS
^ Part. I. ^ ' goit parce qu'ils sont la part du Seigneur (pour servir l'Eglise de
* Jésus- Christ), soit parce que le Seigneur est leur part et leur lot
* (pour vivre des choses qui sont dédiées au Seigneur).' '*
^, Mais comment cette assertion de la nécessité d'une vocation et d'une ordination de personnes spéciales s'accorde-t-elle avec les expressions que saint Pierre adresse à des assemblées religieuses tout en- 1 s. Pier. ii. tûres .* Vous êtes la race choîsîey le sacerdoce royal ; et Apoc. i. 6. avec celles de saint Jean : Il nous a faits rois et j>rêtres de notre Dieu ?
Ces mots ne semblent-ils pas donner à entendre que tous les Chrétiens sont prêtres de Dieu ?
1^, Il en est ainsi dans un certain sens. Tous les hommes, et spécialement ceux qui jouissent de l'autorité et qui se trouvent dans des positions éminentes, comme les rois, les nobles, les magistrats, les hommes d'Etat, les législateurs, les poëtes, les pères et les mères, peuvent s'appeler prêtres de Dieu,^ comme étant consacrés à son service. Selon les expressions de saint Augustin:^ "Les Chrétiens, soit laïques, " soit ecclésiastiques, sont prêtres, car ils sont tous " membres du seul Grand Prêtre, Jésus-Christ. Ils " sont un saint temple de Dieu, et leurs âmes sont " ses autels, sur lesquels ils lui font des sacrifices." Mais cependant le ministère spécial de la Parole de Dieu et des Sacrements est confié à certaines personnes, qui ont à cause de cela, dans l'Ecriture, des Act. xiii. 2. désignations particulières, comme étant mises à part GÈi^vi 6 P°^^' l'œuvre à laquelle elles sont appelées f c'est de Î2^ïr^* ^' ^^ ^^^ viennent les devoirs relatifs du Clergé et des rTim"v?% laïques qui leur sont enjoints dans de nombreux pas- Héb. xiii. 7, sageg (jeg Livres Saints, spécialement dans les Epîtres
de saint Paul à Timothée et à Tite ; et Ecclesia non est, ^flI;Z^* dit saint Jérôme, quœ non hahet Saceedotes.* Jésus- |ct. xx. 28. Christ n'a pas donné tous les hommes, mais seulement ^^^ quelques-uns pour être Apôtres, quelques-uns pour être Prophètes, pour l'œuvre du ministère, dit saint Paul ; et il demande : Tous sont-ils Apôtres ? tous sont-ils Jg^^Jj^^jg Prophètes ? tous sont-ils Docteurs f Non ; chacun dans l'ordre qui lui est propre. Et saint Jacques n'aurait pas enjoint d'aller appeler les Prêtres, si f;."'^^'^'^- ^' chacun était Prêtre.
Par une telle interprétation générale des expressions de saint Pierre et de saint Jean, prises au pied de la lettre, tous les degrés, civils aussi bien qu'ecclésiastiques, seraient confondus ; car alors chacun serait non-seulement Prêtre, mais chacun serait aussi Koi. Au contraire, l'expression est elle-même un témoignage et une preuve que les Prêtres spéciaux, aussi bien que les Eois spéciaux, sont désignés par Dieu ; et la véritable signification est que les Chrétiens doivent être distingués, dans les choses spirituelles, du reste du monde, comme les Eois et les Prêtres, chacun dans sa fonction respective, sont distingués de ceux qui ne sont pas tenus à leurs devoirs particuliers.
1 S. August. In Joan. Evang. Tract, li. " Cum ergo auditis, fratres, Dominum dicentem, Uhi ego suni, iïlic et minister meus erit; ^. Jea», xii. nolite tantummodo bonos Episcopos et Olericos cogitare. Etiam vos ' pro modo vestro ministrate Christo, bene vivendo, eleemosynas faciendo, nomen doctrinamque ejus quibus potueritis prœdicando ; ut unusqmsque etiam pater-familias hoc nomine agnoscat paternum affectum suse familise se debere. Pro Christo et pro vitâ seternâ suos omnes admoneat, doceat, hortetur, corripiat ; impendat benevolentiam, exerceat disciplinam ; ita in domo suâ ecclesiasticum et quodammodo Episcopale implebit officium, ministrans Christo, ut in 8cternum sit cum Ipso." — Voyez aussi S. August. Sermon, xciv. G 2