‹ Theophilus anglicanusChapitre 41 sur 91 · DE L'EPISCOPAT · texte numérisé non relu

DE L'EPISCOPAT

que répiscopat est d'institution Divine, et que l'Eglise . ^"^^- ^l'a considéré comme possédant une autorité inviolable. Exitus variasse dehuerat error ; cœterùm quod apud multos unum mvemtur, non est erratum sed traditum ; et îd Dominicum est et verum quod prius traditum, id extraneum et falsum quod posterius iramissum'^

^ Coke, ^' Consuetudo optimus legum interpres. Contemporanea expositio optima."

2 Bilson, Perpétuai Government of Chris f s Church, chap. xiii. p. 348. Oxford, 1842. "On ne peut montrer avant notre époque aucun exemple qui prouve que l'Eglise de Jésus-Christ ait jamais eu, en aucun lieu, en aucun temps, depuis la mort des Apôtres, une autre forme de gouvernement que celle des Evêques se succédant et gouvernant aussi bien les Prêtres que les fidèles qui vivaient sous leur direction."

Hooker, Ecclesiastical Polity, Préface, chap. iv. 1. " Nous vous demandons de trouver une seule Eglise sur la surface de la terre entière, qui n'ait pas été régie par le gouvernement épiscopal depuis l'époque à laquelle les bienheureux Apôtres vivaient ici bas." — Voyez aussi Andrewes, Worshipping of Imaginations, p. 32.

Laud, Sermon iii. " Ils voudraient avoir la parité ; pas d'Evêque, pas de gouverneur, mais un consistoire paroissial. Cette parité ne fut jamais léguée à l'Eglise de Jésus-Christ. Il laissa des Apôtres, et des Disciples qui leur étaient soumis. Elle n'a jamais été en usage dans l'Eglise. Jamais Eglise ne s'est trouvée en aucun lieu, sans Evêque, excepté dans ces derniers temps." — Grotius, t. iv. p. 273. "Episcopatus est ab Ecclesiâ Universali receptus ; initium habuit ab Apostolicis temporibus, et divino judicio est approbatus." — Y oyez plus haut, p. 99, et plus loin, p. 111.

3 Tertullian. Prœsc. Hœret. c. 28 et 31 ; Adv. Marcion. iv. 5.

^. L'Eglise paraît-elle avoir eu une autre forme de gouvernement dans quelqu'une des Eglises Apostoliques ?

îK.. Non. Nous n avons j^as une telle coutume^ n i cor. xi. le les Eglises de Dieu non plus. Dans tous les cas où il existe des catalogues^ de gouverneurs d'Eglise, la série des pasteurs remonte jusqu'à l'origine par des gouver-

Pabt.

lOé INSTITUTION DIVINE

l'^ neurs individuels et successifs (et non par plusieurs gouverneurs égaux, coexistants et contemporains), le premier d'entre eux étant quelque Apôtre ou quelque disciple des Apôtres ; et, comme nous Tavons déjà dit, il n'y a pas un seul exemple d'une Eglise sans Evêque pendant les quinze siècles qui ont suivi la venus de Jésus- Christ

i S. Iren. iii. 3.— Euseb. ffisf. Ecoles. III. 4. 10; V. 5, 22, 24; VII. 32. — Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. VII. chap. v. 9. — Bilson, Perpétuai Government of ChrisCs Church, chap. xiii. p. 334 — 340. — Binghatn, Origines Eccledasticœ, II. 1, 3, 4.

^. Quelle nouvelle preuve l'ancienne pratique nous donne-t-elle de l'institution divine de l'épiscopat ?

1^, Il est un fait qui tend fortement à la confirmer ; c'est que non- seulement les Catholiques, mais encore les hérétiques et les schismatiques^ différant de l'EgKse et les uns des autres sous plusieurs autres rapports, ont tous été d'accord pour reconnaître la nécessité du gouvernement épiscopal, avec une seule exception, celle d'Aérius^ (de Sébaste, ville de Pont), au quatrième siècle, lequel, à cause de cette circonstance, ainsi que pour d'autres raisons, est placé par les Pères de l'Eglise au nombre des hérétiques, et dont la doctrine sur ce point fut condamnée par l'Eglise comme sacrilège.^

1 Pearson, Vind. Ignat. c. 13.

2 S. August. De Hœres. § 53. " Aerius dicebat Presbyterum ab Episcopo nullâ dififerentiâ debere discerni."

Barrow, Serm. Ivi. Œuvres, t. iii. p. 277. Ed. Oxford. *' Tous les Ariens, Macédoniens, Novatiens, Donatistes, maintinrent la distinction des ordres ecclésiastiques, et la soumission du clergé inférieur envers ses Evêques ; et cette distinction n'a jamais été mise en question que par Aérius qui trouva bien peu de partisans de son hétérodoxie."

Epiphan. De Hçereticis, § 66 ou § 76.

DE l'episcopat. 1Q5

3 Le Concile Général de Chalcédoine déclara, can. 39 : '"EttIckottov Chap. X. €Îs Upea^vrépov fia6fx.àu (j>4p€iv îepoavXia iffriu." — Comp. Andrewea^ dans les Christian Institutea, t. iiL p. 234, et Hooker, EcclesiasticaZ Polity, liv. VII. chap. ix.

^. De quelles expressions Hooker se sert-il pour conclure son argumentation sur ce sujet ?

3^. " Ne craignons pas, dit-il, d'être hardis et " péremptoires en déclarant que, s'il y a quelque chose " de divin dans le gouvernement de l'Eglise, certes la " première institution des Evêques est venue du Ciel, " de Dieu même ; le Saint-Espeit en fut l'Auteur."*

1 Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. VII. chap. vi. 1. Comp, liv. VIL chap. i. 4. — Ajoutez à ceci le sommaire de l'argumentation du docteur Isaac Barrow. " ha, pratique générale primitive des Chrétiens vient de la manière la plus concluante à l'appui de l'Ecriture, et elle l'interprète en faveur de cette distinction [du gouvernement épiscopal] ; car comment imaginer autrement que toutes les Eglises fondées par les Apôtres en divers endroits très-éloignés les uns des autres et n'ayant entre eux aucun rapport, à Jérusalem, à Antioche, à AlexandHe, à Ephèse, à Corinthe, h, Rome, aient pu s'entendre sans délai pour reconnaître ce gouvernement et le mettre en usage ? Comment aurait-il pu se former sans une ligue visible, comment aurait-il pu se glisser dans l'Eglise sans un notable bruit, comment aurait-il pu être admis sans une vive opposition, s'il n'avait pas existé à l'origine dans les Eglises fondées par les Apôtres ? Comment supposer que dans ces temps de persécutions terribles dirigées principalement contre les Evêques — à une époque où l'éminence parmi les Chrétiens apportait avec elle une bien faible récompense, et exposait à des dangers extrêmes ; où. celui qui courait après l'éminence allait audevant du péril et des douleurs, de la torture et de la ruine — l'ambition de s'élever d'une manière irrégulière au-dessus de ses frères pût régner si généralement parmi les plus capables et les meilleurs d'entre les Chrétiens ? Comment ces fameux martyrs de la vérité Chrétienne auraient-ils pu être les uns assez déraisonnables pour viser, et les autres assez irrésolus pour coder à des empiétements aussi nuisibles ? et comment tous les saints Pères, personnes d'une sagesse et d'une intégrité si renommées et si estimées, auraient-ils pu êti-e aveugles au point de ne pas s'apercevoir d'une telle corruption, ou assez méchants pour l'encourager? Comment, en effet,

Part. I,

l'Eglise de Dieu tout entière aurait-elle pu avoir la faiblesse de l'approuver en théorie, et la bassesse d'en tolérer la pratique ? En résumé, comment concevoir que les meilleurs monuments de l'antiquité depuis le commencement — les Actes, les Epîtres, les Histoires, les Commentaires, les écrits de toute nature dus à la plume de nos bienheureux Martyrs et des plus saints Confesseurs de notre foi — aient pu s'entendre pour nous tromper, eux qui ne parlent que d'Evêques, de longs catalogues, de longues listes d'Evêques qui se succèdent dans telle et telle ville ; d'Evêques combattant pour la foi contre des idolâtres païens et des hérétiques qui corrompaient la doctrine Chrétienne ; d'Evêques tantôt préchant, tantôt établissant notre religion par leurs travaux, leurs souffrances, et l'arrosant de leur sang?" Serm. xxiv. Œuvres, t. iii, p. 273. Ed. in-folio, London, 1686. — Voyez aussi la dissertation Latine de Barrow (iv. 18) : Rejectio regiminis Episcopalis, ubi habentur orthodoxi et legitimi Episcopi, facit propriè schisma mortale. — Voyez également Pearson, Minor Theological WorJcs, t. L p. 271—286. Oxford, 1844.

Chillingvsrorth, Apostolical Institution of Episcopacy demonstrated (dans les Christian Institutes, t. iii. p. 210, 214).

[' CHAPITEE XL

FONCTIONS DES ÉVÉQUES.

©♦ Lorsque vous dites que les Evêques sont les successeurs des Apôtres, pretendez-vous qu'ils leur succèdent dans foutes leurs fonctions Apostoliques ?

3^. Non. Quelques-unes des fonctions des Apôtres étaient ordinaires et permanentes de leur nature, comme celles qui consistaient à prêclier,i à administrer les Sacrements, à paître le troupeau de Jésus- Christ, à s'appliquer à la lecture, aux exhortations, à la doctrine, à exercer la discipline, à juger des controverses, à conférer les uns avec les autres dans

les Conciles et les Synodes, à confirmer les personnes vîlll^;:^!: baptisées, à ordonner (Ka6icrTdvaL, ')(eLpoToveîv'^ et à diriger les ministres.

Mais quelques autres des fonctions des Apôtres étaient extraordinaires et temporaires, comme celles de guérir les malades et de chasser les démons, ainsi que la possession du don des langues.

Les Evêques succèdent aux Apôtres dans leurs fonctions ordinaires, mais non dans leurs fonctions extraordinaires^

* Bingham, Origines Ecdesiasticœ, ii. 3.

2 S. Chrysost. In TiL i. 5. "W Karaffri^a-ris Karà ir6\iv irpea^vrépovs — rwu iirKTKOTrœu \éy(a ràs x^ 'porov^os." — In Philip. i. 1. " oÙK àv irpçafivTepoi iirlaKOTrov èx^^por évtiffav."

Ammonius, Ad Act. Apost. xiv. 23. " ot irçpï Uav\ov èTricrKÔirosv eîxou à^iau, è^ ëv èx^^porévovv od jxôvov SiaKovovs dWà Kal irpçfffivripovs." — Il est dit de Timothée qu'il a reçu le X"pt<''A"* des Saints Ordres fiera iiridéaeûjs rwv x^^P^^ ''"''" irpea^vrepiov (1 Tim. iv. 14), mais 5ià rrjs èiridéa-ecas r<2v x^^P^^ ^® saint Paul, 2 Tim. i. 6.

3 Le Eoi Charles I. dans les Christian Institutes, t. iii. p. 220. " La mission confiée dans le but d'enseigner et de gouverner, au moins

dans sa substance, était ordinaire, et devait continuer jusqu'à la S. Matth. fin du monde, et par conséquent descendre nécessairement, et être ^fZ^oQ transmise par eux à d'autres, comme à leurs substituts et successeurs. Mais l'onction, qui leur permettait de remplir ces deux offices ou fonctions par l'efî'usion du Saint-Esprit qui leur donnait d'une manière si abondante la faculté des connaissances des langues, des miracles, des prophéties, de la guérison des malades, de l'infaillibilité de doctrine, du discernement des esprits, et d'autres de ce genre, était, en vérité, extraordinaire chez eux, et dans un autre petit nombre de personnes, bien qu'à un degré inférieur, selon qu'il parut bon à Dieu pour l'établissement des Eglises et la propagation de l'Evangile dans ces temps primitifs ; et en ceci — ce qui était en vérité extraordinaire chez eux — ils ne devaient pas nécessairement avoir des successeurs.

" Sa Majesté pense que le fait des Evêques succédant aux Apôtres eu ce qui dans leurs fonctions était ordinaire et perpétuel.

PAnr- J- ^ et la distinction des Evêques et des Prêtres telle que sa Majesté l'a exprimée auparavant, n'exigent pas une nouvelle confirmation de la part de l'Ecriture, aux yeux de ceux qui veulent aussi faire usage de leur raison ; ce qu'ils sont forcés de faire en interprétant l'Ecriture dans toute autre occasion."

Carleton, De Eccledâ, cap. xi. p. 278. " Extraordmaria Apostolorum potestas cum ipsis finem habuit ; ordinaria vero Episcopis commendata fuit, atque in illis permansit."

^. Vous parlez d' Ordinatîons — entendez-vous dire que personne excepté les Evêques ne peut conférer les Ordres Sacrés ?

M. Oui " Il n'y a que les Evêques^ qui puissent " ordonner, à moins que ce ne soit dans des cas d'une " nécessité absolue ;" et toutes les autres ordinations, faites par des Prêtres ou par toute autre personne, ont toujours été considérées comme nulles aux yeux de l'Eglise.'*

^ Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. VIL chap, xiv. 11..

^ Léo M. Ep. 88. *' Nunquam auditum est quod Presbyteri Presbytères aut Diaconos nedum Episcopos ordinaverint"

Carleton, De Consensu Ecclesiœ contra Tridentinos, ii. p. 277. *' Si omnia Ecclesise ssecula lustremus ab Apostolis usque ad Patrum nostrorum memoriam, non alla ordinandi ratio invenitur nisi per Episcopos." — Saravia, De Div. Minist. Grad. p. 33. — Bilson, Perpétuai Government of Chrisfs Church, chap. xiii. p. 321.

Pearson, Minor Theological Worhs, t. ii. p. 75, Oxford, 1844. " Per traditionem Apostolicam tota ordinandi potestas in Episcopis resedit ; nulli alii xinquam in Novo Testamento indulta est ; nulli in vetere Ecclesiâ permissa." — Voyez aussi Letter on Promiscuous Ordinations, Ihid. t. ii. p. 232 — 237.

Potter, On Church Government, p. 285. " L'opinion professée sur ce sujet par l'Eglise primitive ne sera plus l'objet d'un doute, si nous comparons le jugement prononcé à l'occasion d'Hiérax, qui fut ordonné par un certain Coluthus, simple Prêtre, avec celui qui concerne les prêtres ordonnés par Mélèce, Evêque schismatique. Ces derniers, ayant été ordonnés par une personne qui avait un caractère épiscopal, furent reconnus prêtres sans être ordonnés de nouveau ; tandis qu'Hiérax, ayant reçu les ordres de la part d'un

homme qui n'avait pas le pouvoir de les conférer, fut considéré . l" \ comme un simple laïque. Ceci ressort des Epîtres synodiques des Evêques d'Egypte, de la Thebaïde, de la Lybie et de la Pentapole."

Voyez à ce sujet Cabassut, Concilia, cap, xi. p. 44. " Osius Alexandrise Concilium indixit, cujus meminit Athanasius, A-pol. 2, vocatque générale Concilium, meminit ejus Socrates, iii. 5. — Addit Athanasius in eâ synodo Coluthum Preshyterum Alexandrinum, eo quod episcopus non esset, munus tamen episcopale obire et ordinare clericos attentasset, fuisse redactum in ordinem." — Ihid. cap. ii. p. 18. " Synodus Alexandrin a synodicam (epistolam) Bcripsit ad Julium Romœ episcopum, ca3terosque omnes orbis Christian! prsesules, quam integram epistolam refert Athanasius; ea fidem facit Ischyram ne preshyterum quidem esse sed îaicum, quippe qui a Colutho manuum suscepisset ordinationem, qui non erat Episcopus sed Presbytère

Yoilà pourquoi l'Eglise d'Angleterre a décrété dans son Ordinal, " que personne ne sera considéré ni compté comme légitime Evêque, Prêtre, ou Diacre dans sa communion, et qu'il ne lui sera permis d'y exercer aucune desdites fonctions, à moins qu'il n'ait reçu auparavant le sacre ou l'ordination episcopale."

Streitwolf, " Lihri Symbolici in Catechism." Conc. Trid. c. vii. p. 442. " Efciam schismaticis atque hœreticis persuasum fuisse solas ordinationes ab episcopis factas ratas esse deducitur ex iis, quse Comel. P. de Novatiano tradit in Ep. Ap. Euseb. Uist. Eccles. vi. 43." Et l'Eglise Grecque condamna d'une manière expresse l'opinion qui prétend que les ordinations faites par d'autres que les Evêques sont valides, dans le Synodus Hierosolymitana, 1672, p. 436-7. Ed. Kimmel, 1843.

(B>, En maintenant la nécessité du gouvernement épiscopal, ne sommes-nous pas coupables de manque de charité lorsque nous condamnons ceux qui ne Vont point?

î^. Veritas est maxîma caeitas ; la vérité est la plus grande charité. Ce n'est point faire preuve de charité que de conniver à l'-erreur et de supprimer la vérité ; mais d'est faire preuve de charité que de tâcher de dissiper l'erreur, et de maintenir et de communiquer la vérité. C'est pourquoi si nous

Part. I.

, jouissons du gouvernement épiscopal, il est de notre devoir d'en remercier Dieu ; et de le prier afin que ceux qui ne le possèdent point, soit par nécessité^ réelle ou supposée, inadvertence, indifférence ou de propos délibéré, puissent et veuillent enfin le recevoir ; et nous sommes tenus, autant que cela nous est possible, à être prêts à favoriser et à encourager une telle œuvre ^ et à en avoir le désir.'

' Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. III. chap. xi. 14. — Bramhall, Replication to the Bishop of Chalcedon, Œuvres, t. ii. p. 70. Oxford,

Comp. Note dans les Christian Institutes, t. iii. p. 258.

Gerhard, De Ecclesiâ, p. 372; vi. 183, 231.— Jr^ Smalcald. Art. X. ; et les paroles de Calvin, Inst. iv. 4. 1.

Les passages suivants renferment, sur ce sujet, le témoignage très-important de ceux qui ont écrit la Confession d'Augsbourg, à laquelle a souscrit Calvin lui-même. Ils montrent le désir qu'avaient les auteurs de conserver l'épiscopat dans les Eglises Eéformées étrangères. — Voyez De la Motte, Correspondance Fraternelle, p. 424, et Calvin, Œuvres, ix. p. 113.

Libri Symbolici Ecclesiœ Evangelicœ, &c. Lipsiœ, 1837, p. 204. — Apologia Confessionis, (a P. Melanchthon,) Art. vii. § 24. " Hac de re in hoc conventu sœpe testati sumus, nos summâ voluntate cupere conservare politiam Ecclesiasticani, et gradus in Ecclesiâ factos etiam humanâ auctoritate. Scimus enim bono et utili consilio a Patribus Ecclesiasticam disciplinam hoc modo, ut veteres canones describunt, constitutam esse. Sed Episcopi sacerdotes nostros aut cogunt hoc doctrinaD genus, quod confessi sumus, abjicere et damnare, aut nova et inauditâ crudelitate miseros et innocentes occidunt. Hae causse impediunt, quo minus agnoscant hos Episcopos nostri sacerdotes. Ita sœvitia Episcoporum in causa est, quare alicubi dissolvitur illa canonica politia, quam nos magnopere cupiebamus conservare. Ipsi viderint, quomodo ration em Deo reddituri sint, quod dissipant Ecclesiam.

" Porro hic iterum volumus testatum, nos libenter conservaturos esse Ecclesiasticam et Canonicam politiam, si modo Episcopi desinant in nostras Ecclesias saevire. Hœc nostra voluntas et coram Deo, et apud omnes génies, ad omnem posteritatem excusabit nos, ne nobis imputari possit quod Episcoporum auctoritas labefactatur, ubi

legerint atque audierint hommes, nos injustam ssevitiam Episco- Chap. XL porum deprecantes, nihil sequi impetrare potuisse."

Telle est la déclaration Luthérienne. Quant à celle des Arméniens, on peut avoir recours au langage de Grotius (voyez plus haut, p. 99, 103, et plus loin, Part. ii. chap. v.). Voici, de leur côté, comment s'expriment Calvin et Bèze :

Calvin, Epist. ad Cardinal. Sadolet. " Disciplinam, qualem habuit vêtus Ecclesia, nohis déesse non diffitemur — sed cujus erit œquitatis nos eversœ disciplinée ab iis accusari qui eam penitus sustulerunt ? Episcopatus a Deo profectus est ; Episcopi munus Dei authoritate constitutum est et legibus definitum." — Calvin, De Necessit. Reform. Ecoles. " Talem nobis hierarchiam si exhibeant in quâ sic emineant Episcopi ut Christo subesse non récusent, ut ab Illo tanquam ab unico Capite pendeant et ad Ipsum referantur; tum vero nullo non anathemate dignos fatear, si qui erunt, qui non eam revereantur, summâque obedientiâ observent." — Voyez aussi Strype, Life of Parler, anno 1560, t. i. p. 139, 140.

Beza, Ad Sarav. Tract, de Ministrorum Gradihus. "Si qui sunt qui omnem Episcoporum ordinem rejiciant, absit ut quisquam sanae mentis furorihus illorum assentiatur ! "

2 II faut espérer qu'il se trouvera de notre temps des hommes qui auront le désir et le pouvoir de mettre en pratique l'exhortation que Grotius adressait aux Eglises Eéformées de son époque. — Epist. p. 975. " Suaderem eis ut constituèrent inter se quosdam in eminentiore gradu ut Episcopos, et ut iis xcipoôeo-iai' sumerent ab Archiepiscopo Hiberno, qui ibi est, et ita ordinati ordinarent, deinde pastores cseteros, atque sic initium facerent redeundi ad mores et antiques et salutares ; quibus contemptis licentia invaluit pro novis opinionibus faciendi novas Ecclesias, quœ quid post aliquot annos crediturœ sint, nescimus."

Il serait superflu de remarquer que les tristes présages renfermés dans ces derniers mots ne se sont que trop complètement réalisés.

^ Voyez les désirs exprimés à cet égard par l'Archevêque Laud et les Evêques Andrewes et Sanderson, dans les Christian Institutes, t. iii. p. 261, 216.

CHAPITEE XII.

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