‹ Theophilus anglicanusChapitre 47 sur 91 · XXI · texte numérisé non relu

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même promet une bénédiction spéciale aux prières ^^a. ivi. 7. publiques, en tant que distinguées des prières privées: Là où deux ou trois sont assemblés en mon Nom, je xViu^2o!* suis au milieu d'eux}

^ Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. Y. chap. xxiv; liv. Y. chap. xxv, " La Maison de Prière est un lieu embelli par le présence des puissances célestes ; là nous sommes assemblés, nous prions, nous chantons des hymnes à Dieu, tandis que ses Anges se mêlent à nous comme nos associés."

^. En quelle manière les formes déterminées des prières publiques sont-elles avantageuses ?

1^. Les formes déterminées de pures paroles, en tant que distinguées des prières improvisées, sont exemptes^ du danger d'offenser la Majesté de Dieu par des expressions irrévérentes et hors de propos, et par des "effusions sans suite et sans fin de prières mal " digérées, et d'avilir ainsi la partie la plus digne ^ du " devoir du Chrétien envers Dieu;'"^ elles sont formées selon le précepte* que le Dieu tout-puissant nous a donné dans l'Ancien Testament, et notre adorable Seigneur dans le Nouveau; elles communiquent la ferveur aux âmes tièdes, et mettent un frein au fana-

156 FORMES DETERMINEES

^J:!JJ__1/ tisme ; ce sont des professions publiques et solennelles de la véritable Eeligion, à laquelle elles donnent la vie et la vigueur ; elles maintiennent dans sa pureté

Rom. xii. 6. la pwportion de la foi, rrjv àvaXoyvav t^ç TriVreouç ; elles garantissent le Ministre du péril de l'orgueil, du péril d'exalter à tort une doctrine et de lui accorder une trop grande importance, d'en rabaisser une autre et de la négliger ; elles servent de type à la prédication, et de règle pour écouter ; elles unissent les cœurs et les voix des hommes Chrétiens et des assemblées Chrétiennes les uns avec les autres, avec les Saints qui ont quitté cette vie, et avec les Anges du Ciel ; elles offrent des manifestations publiques de charité Chrétienne envers ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas y prendre part ; elles servent à maintenir

haurp^^iS). l'^ïiité par l'harmonie et l'uniformité ; elles sont comme une ancre sacrée, au moyen de laquelle l'Eglise est mouillée en toute sécurité dans le port paisible de la vérité évangélique et de l'amour catholique.

1 Taylor, Œuvres, t. vii. p. 285—307.

2 Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. vL 1. " Le monde actuel ne nous offre rien de comparable aux devoirs publics de la Religion."

3 Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. xxv. 5. — Ihid. chap. XXV. 4. " Sans aucun doute Dieu a voulu, et nous devons le reconnaître comme l'œuvre de sa Providence et de ses soins particuliers, que l'Eglise ait toujours possédé une forme prescrite de la Prière Publique, qui, bien qu'elle ne soit la même ni en tout ni partout, conserve en général de l'analogie. ... Si l'on compare entre elles les liturgies de toutes les anciennes Eglises, on s'apercevra aisément que les prières publiques dans les Eglises parfaitement établies ne furent jamais l'expression volontaire de l'esprit improvisateur de l'homme." — Le Roi Charles I, Œuvres, Icôn Basiliké, chap. xvi. — Bull, Sermon sur 1 Tim. ii. 12. Œuvres, t. L p. 336. Oxford,

DES PEIEEES PUBLIQUES. 157

4 Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. Y. chap. xxvi. 2. ''Dieu lui- Chap. XVT. même composa pour ses Prêtres le discours même au moyen duquel ils furent chargés de bénir le peuple (Nomb. vi. 23) . . . Notre Sauveur Jésus-Christ nous a laissé une prière qui pût à la fois rester comme une partie de la Liturgie de l'Eglise, et servir de modèle pour composer avec efficacité toutes les autres prières."

PAETIE IL IBz la i3ranc!)e anglicane tit VE^list OPatSoltQue.

CHAPITEE I.

ÉGLISE d' ANGLETERRE. SON ORIGINE.

.^^^^•"•, ^. Les Pères Chrétiens comparent l'Eglise Catholique à la mer/ comme étant répandue sur le monde entier ; comme étant une ainsi que la mer ; comme portant un seul nom, celui d'Eglise Catholique ; et comme renfermant en soi plusieurs Eglises Catholiques avec des noms différents, de même que TOcéan contient dans son sein des mers et des baies diverses ; — ^l'Eglise d'Angleterre est-elle une de ces Eglises ? m. Oui.

^ s. Theophil. Antioch. Autolyc. ii, p. 14,

Voyez la belle comparaison de saint Ambroise, Hexaëm. iii. p. 5. " Bene Mari plerumque comparatur Ecclesia," &c.

S. Ambros. De Benedict. Patriarch. lib. i. cap. 5. " Ecclesia, spectans Haereticorum procellas et naufragia Judaeomm, tanquam Portus salutis, quœ expansis bracbiis in gremiiim tranquillitatis suae vocet périclitantes, locum fidse stationis ostendens. Ecclesise igitur in hoc sseculo tamquam Portus maritimi per littora diffusi occurrunt laborantibus, dicentes esse credentibus refugium prseparatum, quo ventis quassata navigia possint subducere."

EGLISE D'ANGLETEEEE. SON OEIGINE. 159

Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. III. cliap. i, 14. " Comme la Chap. I. mer dans son étendue générale est une, bien que cependant elle ait des noms divers dans ses divers parages, de même l'Eglise Catholique est aussi divisée en un certain nombre de sociétés distinctes, chacune desquelles s'appelle en soi Eglise."

^. Comment prouvez-vous qu'elle constitue une partie de l'Eglise Catholique ?

<Cl. En faisant observer qu'elle est unie à cette dernière par son origine, sa doctrine et son gouvernement.

^. Comment lui est-elle unie sous le rapport de Y origine ?

3R» Au moyen de la succession non-interrompue de ses Evêques et Pasteurs, par lesquels elle fait remonter son origine^ jusqu'aux Apôtres, dont quelques-uns ont, d'après le témoignage de l'iiistoire, prêché l'Evangile dans les îles Britanniques.

^ Tertullian. Prœscr. Hœret. c. 20. " Omne genus ad Originem suam censeatur necesse est. Itaque tôt et tantse Ecclesiae Una est Illa ab Apostolis Prima, ex quâ Omnes. Sic omnes Prima et Apostolica, dum una omnes probant unitatem."

Fbid. *' Apostoli Ecclesias condiderunt a quibus traducem fidei et semina doctrinse cseterte Ecclesiœ mutuatae sunt et quotidie mutuantur ut Ecclesiœ fiant, ac per hoc Apostolicœ deputantur, ut soboles Ecclesiarum Apostolicarum."

Voyez plus loin, Part. ii. chap. vi. De la Succession ApostoHque dans l'Eglise d'Angleterre.

^. Vous dites que l'Eglise d'Angleterre a été fondée dans les temps apostoliques ; comment concilier cette assertion avec l'opinion que l'on exprime quelquefois, et qui assure que ses habitants furent pour la première fois convertis au Christianisme par saint Augustin, qui fut envoyé de Eome à cet effet par le Pape Grégoire I, vers la fin du sixième siècle (en l'an de grâce 596) ?

Part. II.

160 EGLISE D'ANGLETEEEE.

31. Saint Augustin convertit les habitants Saxons d'une partie de l'Angleterre^ (Kent), lesquels avaient envaM cette région et dépossédé les anciens habitants Bretons ; mais ils retomhèrent dans les erreurs du jpaganisme un peu plus de vingt ans après l'arrivée de saint Augustin f et il y avait en Angleterre des Evêques Chrétiens plusieurs siècles avant la venue de saint Augustin.'

^ Bramhall, Just Vindication of the Church of England. Œuvres, t. i. p. 266—8. Oxford, 1842.

2 Churton, Early English Church, chap. i. ii.

Voyez aussi Brief Account, in the forni of a chronicle, of the Scottish and Italian Missions ta the Anglo-Saxons, par le Rév. D.-I. Heath. London, 1845, p. 4.

^ Gildas, Britannus Sapiens (sseculi vi*^), De Excid. Brit. § 8. Ed. Stevenson. Yoyez plus loin, p. 163.

Crakanthorpe, Defensio Ecclesiœ Anglicanes, p. 25. "Amplificavit Augustinus inter Anglos Ecclesiam, nonfundavit."

(B.* Quelle preuve en avez-vous ?

H. Eusèbe^ affirme que quelques-uns des Apôtres passèrent dans la Grande-Bretagne. Tertullien, qui vivait dans le second siècle après la naissance de Jésus-Christ, parle de Britannorum inaccessa Romanis loca, Christo vero subdita. Origène, qui vivait dans le siècle suivant, fait mention de la Grande-Bretagne reconnaissant le culte du vrai Dieu. Et saint Alban souârit le martyre, sous le règne de Dioclétien, en l'an de grâce 305, près de trois cents ans avant l'arrivée de saint Augustin.

1 Euseb. Prœp. Evang. iii. p. 7. — TertuUian. Cont. Judœos, c. vii. — Origen. Hom. in Ezék. iv ; In S. Luc. i. Hom. 6. — Voyez aussi S. Chrysost. t. ii. p. 499 ; v. p. 919 ; vi. p. 638 ; viii. p. 8. Ed. Savile. — Bède, i. p. 6.

(&,, Puis donc qu'il y avait des Chrétiens en Angle-

SON OEIGINE. 161

terre même à partir des temps apostoliques, pouvezvoTis de plus montrer qu'il s'y trouvait des Evêques Chrétiens ?

i^. Oui ; d'abord, cela résulte nécessairement de la nature même du sujet. Ecdesia in Episcopo, telle était la devise du Christianisme primitif, ainsi que celle-ci: Uht Ecdesia, ïM Episcopus} A cette époque on ne pouvait pas concevoir une Eglise sans Evêque.^

^ S. Ignat. Ad Trall. vii; Ad Phil. iv; Ad Smyrn. vii.

S. Cyprian. Ep. m, p. 168. Ed. Fell. " Scire debes Episcopum in Ecclesiâ esse, et Ecclesiam in Episcopo ; et si qui cum Episcopo non sunt, in Ecclesiâ non esse."

^ Grabe, Ad S. Irenœum, p. 199. — Casaubon, Exerc. Baron, p. 307-8. Ed. 1654.— Voyez plus haut. Part. i. chap. x.

(Bl, Possédons-nous d'autres preuves qui établissent l'existence d'Evêques Bretons à une époque antérieure à celle de l'arrivée de saint Augustin ?

3R. Oui. Des Evêques Bretons assistèrent aux premiers Conciles de l'Eglise ; à celui d'Arles^ qui fut tenu en l'an de grâce 314, époque à laquelle il existait trois Métropolitains dans la Grande-Bretagne, de même qu'on y comptait trois Provinces, l'une Maxima Caesariensis, l'autre Britannia Prima, la troisième Britannia Secunda; le siège du Métropolitain de la première étant à York ; celui de la seconde, à Londres ; celui de la troisième, à Caerléon-sur-Uske dans le Monmouthshire. Il s'en trouvait encore au Concile de Sardique^ en 347, et probablement aussi à celui de Eimini^ en 359 ; et nous savons qu'il existait sept Evêques Bretons et un Archevêque Breton quand saint Augustin débarqua en Angleterre.*

1 Concil. Arelat. Labbe, i. p. 1430. (Contra Donatistas, Concilium M

Chap. I.

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