‹ Theophilus anglicanusChapitre 50 sur 91 · L'EGLISE D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

L'EGLISE D'ANGLETERRE

Dominorum meorum (Imperatorum) pietati cœlitus data est. Ego indignus famulus vester."

* Hooker, Ecclesiastical PoliLy, liv. VIIL chap. vi. 13.

^, Et par le fait Augustin semble-t-il aussi avoir été placé en Angleterre par le Eoi Ethelbert, et non par l'Evêque de Eome ?

1^. Oui, certainement. Ethelbert lui donna la permission^ de débarquer et de prêcher dans son royaume. Le fait qu'il fut placé à Cantorbéry est une preuve de l'exercice de la puissance royale ; car Ethelbert le plaça à Cantorbéry, comme étant la métropole civile de son royaume, et non à Londres,*'^ selon que Grégoire l'avait désiré ; et Ethelbert dota les cathédrales de Cantorbéry, de Londres et de Rochester, qui étaient les seuls sièges épiscopaux fondés ou restaurés en Angleterre du vivant de saint Augustin.

^ Bède, ii. p. 1. " Ut Augustinus in urbe Régis sedem Episcopatûs acceperit." — i. p. 25. " Rex Edelherthus in Cantio potentissimus, qui ad confinium usque Humbri fluminis maximi fines imperii tetenderat .... dédit eis mansionem in civitate Dorovernensi [c'est-à-dire Cantorbéry], quse imperii sui totius erat metropolis. Et locum sedis in Doroverniâ metropoli suâ donavit." — Voyez aussi ii. p. 3. " Rex Edelberthus fecit in civitate Londinià Ecclesiam sancti Pauli Apostoli, in quâ locum sedis Episcopalis Mellitus et successores ejus haberent." — De même, à, Rochester : " Rex Edelbertus Ecclesiam B. Andreae Apostoli fecit, qui etiam Episcopis utriusqiie hujus Ecclesiœ dona multa, sicut et Dorovernensis, ohtulit, sed et territoria ac possessiones in usum eorum qui erant cum Episcopis adjecit." — Du vivant d'Augustin on ne fonda d'autre siège que ces trois, savoir Cantorbéry, Londres, Rochester ; et en comparant le compte-rendu de Bède avec la lettre de Grégoire, citée dans la note suivante, on verra que ce fut Ethelbert qui plaça et dota les Evêques Anglais, et non Grégoire. Ethelbert agit sous ce rapport indépendamment de Grégoire, et en réalité contrairement aux plans que ce dernier avait conçus pour régler le

gouvernement extérieur de l'Eglise.— Comp. Stillingfleet, On tîie Chap. TTI. true Antiquity of London, p. 550, et Codex Diplomat. Anglo- Saxonum, p. i. et suiv.

Bilson, The true différence between Christian Suhjection and Unchristian Rébellion, p. 57. " Ceux qui vinrent [avec saint Augustin de la part de Grégoire] ne voulurent ni pénétrer sur cette terre, ni y prêcher sans l'autorisation expresse du roi."

Bramhall, Just Vindication of the Church of England. Œuvres, t. i. p. 132. " Lorsque Augustin arriva en Angleterre, il resta d'abord dans l'île de Thanet, jusqu'à ce que le bon plaisir du Roi lui fût connu ; et il n'oflfrit point de prêcher en Kent, jusqu'à ce que le Roi lui eût accordé l'autorisation de prêcher, à lui et à ses com pagnons, dans ses états. (Bède, Hist. Ecoles. Ang. lib. i. c. 25.) De sorte que non-seulement leur juridiction, mais même l'exercice de leurs fonctions pastorales dans ce royaume, fut l'effet de la permission et de l'autorité du roi." — Voyez aussi t. ii. p. 133.

2 S. Gregor. lib. xi, p. 1163. Ep. Ixv, (à Augustin). "Per loca singula duodecim Episcopos ordines, qui tua3* ditioni subjaceaut : quatenus Londoniensis civitatis Episcopus semper in posterum à Synode propriâ debeat consecrari, atque honoris Pallium ab hâc sanctâ et apostolicâ, cui auctore Deo deservio, sede percipiat, ad Eboracam verè civitatem te volumus Episcopum mittere, quem ipse judicaveris ordinandum ; ita ut si eadem civitas cum finitimis locis verbum Dei receperit, ipse quoque duodecim Episcopos ordinet, et Metropolitani honore perfruatur : quia ei quoque, si vita cornes fuerit, Pallium tribuere Domino favente disponimus, quem tamen tuae Fraternitatis volumus disposition! subjacere. Post obitum verô tuum ita Episcopis quos ordinaverit prœsit, ut Londoniensis Episcopi nullo modo ditioni subjaceat. Sit vero iuter Londoniœ

* Sur ce point Haute-Serre, Canoniste de Toulouse, s'exprime ainsi : *' Anglis recens conversis ad fidem, prsedicante Augustino et sociis, Gregorius duas metropolitanas sedes constituit in Britanniâ, unam Londini, alteram Eboraci : ita ut per singulas métropoles ordinarentur duodecim episcopi : de quo Beda, lib. i. cap. 29. Sed postquam Cantuaria, quœ erat caput regni Cantii et sedes regia, ab Ethelberto Rege concessa est Augustino, qui sedem sibi et successoribus suis hic locavit, ibique diem obiit et sepultus est — , Metropolitica dignitas, quœ a Gregorio statuta fuerat Londini, Cantuariam translata est, ut patet ex Kenulfi Eegis Merciorum ad Léon. III. Pontificem, quae est apud Wilhelmum Malmesbur. De Regum Angliœ Gestis, lib. i. cap. 4."

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Part. TI.^ q^ Eboracœ civitatis Episcopos in posterum honoris ista distinctio, ut ipse prior habeatur qui priùs fuerit ordinatus."

Le lecteur aura observé qu'il semble d'après le passage ci-dessus, selon le plan qui y est spécifié, qu'il devait y avoir vingt-quatre sièges érigés en Angleterre ; et à cette époque il existait déjà huit sièges dans le pays de Galles ; de sorte que le nombre des Evoques en Angleterre et dans le pays de Galles, en l'an 600, devait s'élever à trente-deux. — Voyez aussi Bingham, Origines Ecclesiasticœ, plus haut, p. 163.

Mason, De Ministerio, iv. c. xvL

^. Eéservant donc aux Evêques Bretons leur juridiction, dans leurs propres limites, vous considérez Augustin et ses successeurs comme occupant la place des anciens Métropolitains et Patriarches d'Angleterre, et succédant aux privilèges qui leur étaient assurés par les canons de l'Eglise ?

IK-. Oui,^ autant que cela était permis par le pouvoir gouvernant ; et puisqu'on ne peut prétendre qu'aucun acte d'un Concile général ni provincial, accompli canoniquement avec le consentement du Souverain, et accueilli volontiers et en fait par la nation en général, ait jamais placé l'Angleterre dans le patriarcat de Eome, dans lequel elle ne se trouva jamais avant le débarquement d'Augustin, l'usurpation ultérieure des droits métropolitains et patriarcaux du Primat Anglais, dont TEvêque de Eome se rendit coupable, est une invasion de la prérogative royale, une agression contre les droits et les libertés du peuple Anglais, une infraction aux canons de l'Eglise Universelle,^ et une violation du précepte de l'Ecriture Deut. xxvii. contre celui qui déplace les bornes de la propriété de son voisin.

^ Vita S. Augustini Archiepiscopi (vid. Lanf ranci Opéra, Venet. 1745, p. 329). " Augustinus, trausfretato sequore [après sa con-

haut, p. 170,

sécrationà Arles], accepte Apostolatu b, Douiso pHmarium Anglicsd Chap. III. genti retulit Patriarchatum et Patriarchale patrocinium."

2 Non-seulement de ceux du Concile d'Ephèse, mais encore de ceux qui, comme les Décréta Nicœna, Clericos et Episcopos suis Métropolitanis apertissimè commiserunt. — Syn. Âfr. in Ep. ad P. Cœlestin. — Concil. Constant, can. 2, 4, 6. — Chalced. c. 8, 17. — Milev. c. 22.

^. Le Patriarche de Eome ne peut donc pas réclamer de juridiction sur le Patriarche d'Angleterre, sous le prétexte allégué de la mission et de l'ordination de saint Augustin ou de tout autre ?

îKl. Non ; tous les Patriarches sont indépendants les uns des autres (p. 120) ; et quant à ce prétexte d'ordination, l'Evêque de Kome pourrait tout aussi voyez plus bien réclamer une juridiction sur le Patriarche d'Alex- m. andrie et sur les Evêques et le Clergé du patriarcat de ce dernier, par la raison que saint Marc, premier Evêque d'Alexandrie, avait été envoyé en Egypte par saint Pierre, que sur le Patriarche d'Angleterre^ (et le Pape Urbain II reconnut l'Archevêque de Cantorbéry comme tel) et sur son patriarcat, à cause de la mission d'Augustin due à Grégoire.

1 Twisden, Historical Vindication of the Church of England in point of Schism, p. 18. "Après que Cantorbéry eût été érigé en archevêché, l'*Evêque de ce siège fut considéré quasi alterius orhis Papa, comme Urbain II le nommait (Guillaume de Malms. De Gestis Pontif. Angl. i; Eadmer, ii. p. 52); et c'est pourquoi nos écrivains l'appellent fréquemment : Princeps episcoporum Angliœ, Pontifex summus, Patriarcha Primas, et son siégé : Cathedra Patrîarchatûs Anglorum." — Voyez plus haut, Laud, Conférence witk Fisher, Part. ii. chap. ii, p. 168.

^» En parlant ainsi, vous ne prétendez pas rabaisser les travaux de saint Grégoire ni ceux de saint Augustin lorsqu'ils propagèrent le Christianisme en Angleterre ?

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