LA EEFOEME EN ANGLETERRE
. ^"J" j que l'Eglise de Rome n'est pas une véritable Eglise." La vérité de cette assertion du savant Evêque déviendra évidente après qu'on aura examiné l'usage que Bossuet fait de cette allégation, que ** Rome n'est pas une véritable Eglise," dans son Histoire des Vacations, XV. p. 26, 27. — Voyez aussi Puller, Modération of the Church of England, chap. xvii. p. 454. " Casaubon a bien raison de dire qu'en refusant à l'Eglise de Rome une existence comme Eglise, on a beaucoup nui à la cause de la Réforme ; et je crois sincèrement •que l'opinion dans laquelle on entretient la plupart des membres de l'Eglise Romaine, que la religion des Protestants est une noihvelle religion, ne contribue pas peu h, créer la répugnance qu'ils ont ressentie pour elle jusqu'à ce jour."
^. Mais VOUS est41 possible de nous expliquer -comment elle pouvait être une Eglise dans les temps où elle était soumise au Pape ?
i^. Parce que, comme les Israélites, aussi Lien que les Juifs, avaient la Loi, et les Propliètes, et un sacerdoce dans les temps les plus mauvais, et étaient ainsi le peuple ^ de Dieu, comme nous l'avons vu, et qu'ils étaient reconnus comme tels par lui et par Notre - Seigneur Jésus-Christ ; comme les Eglises apostoliques et celles mentionnées dans l'Apocalypse, bien que souillées par diverses corruptions (voyez plus haut, p. 11), ne cessaient point pour cela d'être des Eglises, et que l'Ecriture Sainte leur donne le nom d'Eglises; de même, sous la papauté, l'Eglise d'Angleterre possédait, grâce à la miséricorde de Dieu, les qualités essentielles d'une Eglise^ bien qu'elles fussent grandement affectées et obscurcies. Elle avait les Sacrements Chrétiens, les Saintes Ecritures, une succession Apostolique de Ministres, l'Oraison Dominicale, les trois Symboles et les Dix Commandements,^ et elle était par conséquent une Eglise.
1 Hooker, Ecclesiastîcal Polity, liv. III. chap. i. 8—10. , <^"*J- ^'-
2 Les expressions des Eéformateurs à propos de ce point important, comme par exemple celles que Luther emploie, In S. Joann. c. xvi, et Contra Ânabaptistas, t. iv. p. 409, sont bien dignes de remarque. " Nos fatemur sub Papatu plurimum esse boni Christiani, imo omne bonum Ohristianum, atque etiam illinc ad nos advenisse ; quippe fatemur in Papatu veram esse Sacram Scripturam, verum Sacramentum Altaris, veras claves ad remissionem peccatorum, verum prsedicandi officium, verura Catechismum, ut sunt Oratio Dominica, Decem Praecepta, Articuli Fidei : dico insuper sub Papatu veram Christianitatem imo verum Christianitatis nucleum esse."
Voyez aussi Calvin, Inst. iv. 11, 12. ** Hine patet nos minime negare quin sub Eomani quoque Pontificis tyrannide Ecdedœ maneant." — Voyez aussi pour ce qui concerne les Réformateiirs Anglais, Neal, History of the Puritans, part. i. ch. iv. " Il était admis par les Réformateurs de la cour," [l'écrivain désigne sous ce titre l'Archevêque Parker, les Evoques Jewel, Grindal, &c.] "que l'Eglise de Rome était une véintable Eglise, bien que corrompue en quelques points de doctrine et de gouvernement ; que tous les actes de son ministère étaient valides, et que le Pape était un véritable Evêque de Rome, bien qu'il ne le fût pas [comme chef suprême] de l'Eglise Universelle." — Et enfin, Rome reçoit le titre d'Eglise dans les XXXIX Articles, Art. xix,, à propos de quoi le docteur Hey dit: "On reconnaît ici à l'Eglise de Rome Yessence d'une véritable Eglise." On the XXXIX Articles, IV. xix. 8, t. ii. p. 373. Ed. 1841. Et dans les Canons de 1603 (Canon 30), on lit : " Il s'en fallait tellement que l'Eglise d'Angleterre eût voulu abandonner et rejeter les Eglises d'Italie, de France, d'Espagne et d'Allemagne, ou d'autres Eglises semblables, dans toutes les choses qu'elles maintenaient et observaient, que, comme le reconnaît V Apologie de l'Eglise d'Angleterre, elle conserve avec respect les cérémonies qui ne nuisent point à l'Eglise de Dieu et qui ne choquent pas les esprits des hommes sérieux; et elle ne diffère desdites Eglises que dans les points particuliei-s par lesquels elles ont ellesmêmes dégénéré de leur pureté primitive, aussi bien que des Eglises apostoliques, d'où elles tirent leur origine."
^. Vous parlez de l'Eglise d'Angleterre comme existant avant le papisme, et comme professant l'ancienne foi; mais ne s'appelle-t-elle pas Eglise
ii. chap. i.
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Zl^l^^JL/ Protestante f et est-il dans ce cas logique de dire qu'elle est j)lus ancienne que le papisme, tandis que le Protestantisme est une renonciation au papisme ; et comment alors peut-elle être unie par la doctrine à l'Eglise Catholique ?
Voyez plus
|iaut,^Part. ^, L Eglisc d Angleterre, en tant qu Eglise, est aussi ancienne que le Christianisme. Son Protestantisme est en vérité d'une date comparativement récente, et cela par une bonne raison, parce que les erreurs et les corruptions Eomaines, contre lesquelles elle proteste, sont récentes: mais le fait est que, comme l'Eglise Universelle, dans le but de maintenir sa catholicité, fit acte de protestation dans les quatre premiers Conciles Généraux ; comme elle agit à Nicée contre Thérésie d'Arius, et à Constantinople contre Macédonius ; comme elle protesta à Ephèse contre Nestorius, et à Chalcédoine contre Eutychès ; ainsi l'Eglise d'Angleterre devint protestante^ à l'époque de la Eéformation, afin de pouvoir être plus véritablement et plus purement Catholique ; et, quant à ce qui concerne les erreurs papales, si Eome veut devenir véritablement Catholique, alors, mais alors seulement, l'Eglise d'Angleterre cessera d'être Protestante.
1 Laud, Conférence with Fislier, sect. 21, p. 111. " Les Protestants ne durent pas leur nom à une protestation contre V Eglise de Rome, mais à une protestation (et cela lorsque tout aiitre moyen eût été inutile) contre ses erreurs et ses superstitions. Délivrez-en l'Eglise de Rome, et notre protestation cesse, et là séparation également." — "Voilà où s'arrête l'Archevêque ; et on peut ajouter que si Eome voulait devenir Catholique, le Papisme n'existerait plus ; car, comme Grotius le fait observer, Epist. p. 5 : " Ferme verum est quod quidam magni nominis theologi prodiderunt, omnia quae vera 8unt, et quge nos credimus etiam à Papistis agnosci; sed addi
insuper falsa alia quorum quaedam sunt talia ut cum primis illis Chap. V,
additis veris nequeanfc consistere. Unde sequitur, redactâ Reli-
gione ad ea in quge omnes Ecclesiœ omnium temporum consen-
tiunt, collahi Papismnm, ut qui conflatus sit exprivatis opinionibus."
— Voyez aussi Andrewes, Responsio ad Gard. Bellarmin. cap. L
Burke, Œuvres, t. v. p. 180. " Nous sommes Protestants par zèle, et non par indifférence."
^, Mais on dit : Est-ce que les Trente-neuf Articles ne contiennent pas l'exposition des doctrines de l'Eglise d'Angleterre, et ces Articles ne furent-ils pas formulés, tels qu'ils existent aujourd'hui, dans l'année 1562? Or, s'il en est ainsi, où était la foi de l'Eglise d'Angleterre avant cette époque ? et si elle ne possédait point d'Articles de Foi, comment pou* vait-eUe être une Eglise? et par conséquent être unie en doctrine avec l'Eglise Catholique ?
<Cl. Nous pourrions répondre à ces questions en demandant à notre tour: Où était la foi de l'Eglise ' Universelle de Jésus-Ghrist avant l'année 325, époque à laquelle fut promulgué le Symbole de Nicée? Elle était dans les Saintes Ecritures, telles que l'Eglise les avait interprétées depuis le commencement. De sorte que l'Eglise d'Angleterre ne professe ni plus ni moins que la Foi donnée aux saints une s. jude, 3. foîs pour toutes (aTraf). On ne trouve point dans les Trente-neuf Articles la promulgation de choses nouvelles en fait de doctrine, ils ne sont qu'une i Tim. vi. déclaration de ce qui est ancien. L'Eglise d'Angleterre y affirme que la Sainte Eceituee ^ " renferme Art. vi. tout ce qui est nécessaire au salut," et que,, par la Sainte Ecriture, elle entend " ces Livres canoniques dont l'autorité n'a jamais été révoquée en doute dans Art. vi.