LA REFOEME EN ANGLETERRE
part.h. y Eglise ;'' elle y constate que les trois Symboles,"' Art. viii. qui ont toujours été adoptés par l'Eglise Catholique depuis qu'ils ont été formulés, "doivent être reçus et crus dans leur entier." Elle rejette la coutume Art. xxiv. de la prière publique faite dans une langue qui n'est point comprise par le peuple, comme " en opposition manifeste avec la Parole de Dieu, et avec la coutume de V Eglise primitive,'' De même, dans son Ordinal,^ •ses Homélies et ses Canons, elle en appelle aux *' anciens auteurs,'' aux " anciens canons',' aux " anciens Pères," et aux "anciens décrets" de l'Eglise. Elle est prête à se soumettre au jugement des premiers et des meilleurs âges de l'Eglise.^ Mais, au contraire, l'Eglise de Eome, en plusieurs occasions, et spécialement au Concile de Trente qui se tint au seizième siècle (1545 — 63), bravant la prohibition du troisième Concile* Général (celui d'Ephèse), a imposé Douze nouveaux Articles de foi ^ (qu'elle ne prétend point baser sur la Sainte Ecriture), auxquels on doit croire sous peine de damnation, d'après l'autorité de ce Concile, qui fut non-canonique ^ dans sa convocation, illégal dans sa convention, et noncatholique dans sa constitution ; et ainsi elle s'arroge le pouvoir de publier un quintum Evangelium, ou plutôt, comme on peut le dire en toute vérité, elle se reconnaît coupable d'imposer au monde une religion nouvelle, et d'être, en ce point, une Eglise nouvelle.
1 XXXIX Articles, Art. \i ; Art. viii ; Art. xxiv.
^ Préface de V Ordinal, en 1552. — Voyez le passage cité plus loin, p. 221, et VOffice pour le Sacre des Evêques. " Mon frère, comme les Saintes Ecritures et les anciens Canons nous commandent," &c.
Homilies, passim. Comme spécimen, voyez VHomélie contre le Péril de l'Idolâtrie, Part. IL p. 178. *'I1 sera déclaré que cette
vérité et cette doctrine .... étaient crues et enseignées par les Chap. V. anciens saints Pères, et par les plus anciens savants Docteurs, et reçues dans l'ancienne Eglise Primitive, qui était exempte de toute corruption et pleine de pureté ; et cette déclaration devra ressortir des écrits des saints Docteurs susnommés et de leurs anciennes Histoires Ecclésiastiques."
Canons de 1603. On lit dans le Canon 31 : " Comme les anciens Pères de l'Eglise, agissant conformément aux exemples des Apôtres, décidèrent, &c., nous, en suivant leur saint et religieux exemple, nous constituons et décrétons," &c. — Canon 32. " Selon le jugement des anciens Pères et la pratique de l'Eglise primitive, nous ordonnons," &c. — Canon 33. " Il a été depuis longtemps statué par plusieurs décrets des anciens Pères, que, &c. D'accord avec leur exemple, nous ordonnons," &c. — Canon 60. " Attendu qu'il a été la covJ,ume solennelle, ancienne et louable dans l'Eglise de Dieu, continuée depuis le temps des Apôtres, que, &c. nous voulons et statuons," &c.
3 Le Roi Jacques I®*", aidé par l'Evêque Andrewes et Isaac Casaubon, s'adressant au Cardinal Perron, a fait une exposition claire et énergique de la doctrine de l'Eglise d'Angleterre fondée sur les Ecritures et la foi Primitive et Catholique (Casaubon, Epist. p. 493). Voici ce qu'il en dit (voyez phis haut, p. 200, 202, et plus loin, p. 232) : '' Beatus Chrysostomus, cum alibi, tum ex professo in Homiliâ, in Acta, xxxiii. tractans illam qusestionem. Que pacto vera Ecclesia intei- plures societates, quœ hoc sibi nomen vindicant, possit discerni? duo docet esse instrumenta judicandi et qusestionis hujus decidendse ; prim6 quidem Verbum Dei, tum autem antiquitatem doctrinœ, non ab aliquo recentiore excogitatse, sed ab ipso Ecclesise nascentis jyrincipio semper cognitse. Hsec duo KpiTT^pia Eex cum Ecclesia Anglicana totâ voluntate amplectens pronuntiat eam demum se doctrinam pro verâ simul et necessariâ ad salutem agnoscere, quse e fonte Scripturse Sacrœ manans per consensum Ecclesiœ veteris, ceu per canalem, ad hsec tempora fuerit derivata." — P. 498, "Rex igitur et Ecclesia Anglicana, quatuor prima Concilia œcumenica quum admittant, eo ipso satis déclarant, verse ac légitimée Ecclesiœ tempus non includere se uno aut altero demum seculo ; verùm multô longius producere, et Marciani Imperatoris, sub quo Chalcedonense coucilium est cele-
bratum, tempus complecti Primitivœ Ecclesiœ testimonio et
pondère sublato, controversias hodiernas finem nunquam to kut* àvQpdïtrovs accepturas, neque ullâ disputatione fore terminandas, ultro Serenissimus Eex agnoscit, Dogmata fidei, et quicquid ad
212 LA EEFOEME EN ANGLETEEEE
Part. II.^ salutem necessarium meretur credi, è solâ Scripturâ sacra peti debere, neque à quorumvis mortalium auctoritate pendere, sed è Verbo Dei duntaxat, quo suam Ipse nobis voluntatem per Spiritum Sanctum declaravit. Patrihus enim et Ecclesiœ veteri Fidei Articulos eliciendi è Sacra Scripturâ, et explicandi, jus fuisse; novos articulas comminiscendi nullum jus fuisse. Isto posito fundamento et Tj7 deovyçvcrTca paginse sua majestas manebit sarta, tecta; et piis Patribus quae debetur reverentia prœstabitur. Hoc voluisse omnes veteris Ecclesiœ Doctores facile potest ex eorum scriptis demonstrari.
" Cui jam nota non sunt verba aurea Basilii Magni, in libelle De Fide 1 c. 2. ^avepà eKirrcccris iriffTçws, ^ àdiT^lv ri rcSv yeypafxixéucev, ^ iTreKTayeiv rwv fi^ y^ypa/M/xéifcov."
^ Concil. Général. Labbe, iii. p. 619, a. voyez plus loin, p. 232. " âpiffev 7] ayia ff^voZos kripav iricriv fj.rid€v\ é^çîuai Trpo(r<p€peiv ^ cvvTiOivai irapà t^v ôpiadelcTav vapà rwv àyiwv irarépœy rêv èv rfj UiKala (TvvaxQévrwv (rbv àylcj) irvevfxaTi" — et il anathëmatise tous ceux qui osent agir ainsi.
5 Laud, Conférence witJi Fisher, sect. 38, p. 287, note. Oxford, 1839. " Le Concile de Trente, ayant ajouté douze nouveaux Ai-ticles au Symbole, en parle ainsi : Jïœc est vera Catholica Fides, extra quam nemo salvus esse potest." (Bulla Pii IV. super Forma Juramenti Prof. Fid. in fine Conc. Tridentini.)
Barrow, Treatise on the Pope's Supremacy, p. 290. *' Le nouveau Symbole de Pie IV [c'est-à-dire du Concile de Trente] contient les nouveautés et les hétérodoxies suivantes :
*' 1. Sept Sacrements. 2. Doctrine de Trente sur la Justification et le Péché Originel. 3. Sacrifice propitiatoire de la Messe. 4. Transsubstantiation. 5. Communion sous une seule espèce. 6. Purgatoire. 7. Invocation des Saints. 8. Vénération des Reliques. 9. Adoration des Images. 10. L'Eglise Romaine considérée comme la Mère et la Maîtresse de toutes les Eglises. 11. Serment d'obéissance au Pape. 12. Réception des décrets de tous les Synodes et de celui de Trente."
Le Serment déclare : " Hanc veram Catholicam Fidem, extra quam nemo salvus esse potest — voveo spondeo et juro." — a.d. 1564. Ce Serment doit êtx-e prêté par tous les Prêtres Romains, laïques et séculiers, et par tous les membres des ordres monastiques, professeurs et gradués. Libri Symbol. Eccl. Cath. i. p. 98; ii. p. 317.
^ XXXIX Articles, Art. xxi. "Les Conciles" Généi-aux ne peuvent être convoqués sans l'ordre ni contre la volonté des Souverains."
Laud, Conférence with Fisher, sect. 27, 28, 29. " Le Concile de Chap. V». Trente w'était pas légal sous le rapport des conditions qui doivent être nécessairement observées dans un Concile Général. D'abord la convocation n'en était pas légale, et la présidence ne l'était pas davantage, et par conséquent l'ordre synodique n'y fut point observé ; car il ne saurait y avoir de Concile Général sans convocation ni présidence impériales ou royales.— Sa. constitution était entachée de partialité ; il s'y trouvait un plus grand nombre d'Evêques Italiens que de ceux de tout le reste de la Chrétienté ; et dans quelques" séances on compta à peine quarante ou cinquante Evêques présents." — Voyez aussi Bramhall, Just Vindication of the Church of England. Œuvres, t. i. p. 258, 259, et note, ainsi que Casaubon, Exe. Baron, xv. p. 214.
^» Mais ces "douze articles du Concile de Trente ne peuvent-ils pas se défendre d'une manière semblable à celle que nous venons d'alléguer en faveur des Trente-neuf Articles ? N'e peut-on pas dire qu'ils ne sont aussi que déclaratifs, et que, bien qviénoncês pour la première fois à ce Concile, ils avaient été crus par l'Eglise Catholique depuis le commencement ?
iR. C'est, en effet, ce qui a été dit, mais il est écrit dans la Bible que les Saintes Eceituees sont 2 Tim. lii. les choses qui peuvent {jà ^vvàfjbevd) rendre les hommes 1 s. Pier. iv. sages jpour le salut; que si quelqu'un parle, quil parle selon les oracles de Dieu; et que celui qui interprète {irpo(f)t]r€vwv), interprète selon la proportion Rom. xn. 6. de la foi ; que la foi fut donnée aux saints UNE FOIS s. Jude, 3. POUE TOUTES {aira^) ; que nous devons garder fermement la formule des saines paroles, et que, si un homme, ou même un Ange du Ciel, nous prêche quelque chose en dehors (irap' 0) de ce que les Apôtres ont annoncé, et que' les Eglises Apostoliques cai. i. 9. ont reçu, qu'il soit anathème ; et il est impossible de croire que l'Eglise ait cru depuis le commencement