DE LA SUCCESSION DES SAINTS CEDEES
Part. II.
été conférés, à un mandat émané d'un homme, quel qu'il puisse être. C'est pourquoi, elle est résolue, dans cette question, de " suivre la perfection de ceux qui ne l'aiment pas, plutôt que l'imperfection de ceux qu'elle aime.'"
* S. Augxist. In Joarmis Evang. Tract, v. p. 18. "Baptismum Christi das, ideo non post te baptizatur : post Joannem (Baptistam) ideo baptizatum est, quia non Christi baptismum dabat, sed sumn. Non ergo tu melior quàm Joannes : sed baptismus, qui per te datur, melior quàm Joannis. Ipse enim Christi est, iste autem Joannis. Et quod dabatur à Paulo, et quod dabatur à Petro, Christi erat : et si datum est à Judâ, Christi erat. Dédit Judas, et non baptizatum «st post Judam ; dédit Joannes, et baptizatum est post Joannem : quia si datus est à Judâ baptismus, Christi erat : qui autem h Joanne datus est, Joannis erat. Non Judam Joanni, sed baptismum Christi, etiam per Judœ manus datum, baptismo Joannis etiam per manus Joannis dato rectè prseponimus."
2 Voyez plus haut, p. 220.
' Hooker, Ecdesiastical Polity, liv. V. chap. xxviii. 1.
^. Mais se demande-t-on ; Puisqu'une Eglise ne peut exister sans un sacerdoce, ni un sacerdoce sans sacrifice, peut-on dire qu'il existe un sacrifice quelconque dans l'Eglise d'Angleterre ; et, dans le cas contraire, a-t-elle un véritable sacerdoce, et est-elle une véritable Eglise ?
i^. Il faut d'abord s'entendre clairement sur le sens de ce mot sacrifice. Un véritable sacrifice, dit saint Augustin,^ €st tout acte qui est accompli afin que nous puissions nous attacher fermement à Dieu, et qui lui est rapporté comme à notre souverain bien, dans lequel nous pouvons jouir d'une véritable félicité.
Héb. X. 26. L'Eglise d'Angleterre a, dans toute son intégrité, le sacrifice que l'Eglise Catholique possède, et elle n'ose point en posséder davantage. Dans son Office de la
Sainte Communion elle a un sacrificium peimitivum, K^fi^^ZL sacrifice dans lequel elle offre "des aumônes" et fait " des oblations," ^rimîtiœ, ou premiers fruits, de ses ^}^' iy.is. propres dons,^ à Dieu, comme le Créateur et le Dispensateur de tout ; elle a un sacrificium eucharisti- CUM, "sacrifice de louano^es et d'actions de grâces ;'* Ps.cxvi. 12.
-,-, ./> -.1-11 ^^^or. vi. 20;
elle a un sacrincium votivum, dans lequel le commu- xi. 23-26. niant s'offre lui-même, son " âme et son corps, pour Rom. xu. is, être un sacrifice raisonnable fait à Dieu," et dans is.Pier.ii.s lequel l'Eglise s'offre elle-même, elle qui est " le Corps mystique de Jésus-Christ," à Dieu;^ un sacrificium COMMEMORATIVUM, commémoratif de la mort et du sacrifice de Jésus-Christ ;* un sacrificium eepr^sen- TATIVUM, qui représente à Dieu et invoque auprès de lui les souffrances méritoires de Jésus-Christ ; un sacrificium IMPETEATIVUM, par lequel nous l'implorons pour qu'il nous accorde les bienfaits de la mort de Jésus-Christ ; elle a encore un sacrifix:,ium APPLICA- s. jean.w^i. TIVUM, qui les applique à celui qui communie digne- ~'' ' ment. Mais elle ri a point de sacrifixiium defectivum, dans lequel elle refuse le calice au communiant laïque ; ni, d'un autre côté, de sctjcrificium suppletivum pour uéb. vii. 27; compenser tous défauts supposés dans le grand Sacrifice unique offert une fois pour toutes pour les péchés du monde, sur la croix, par Celui qui reste Prêtre à Héb. vii. 15 jamais selon F ordre de Melchisédec.^
1 S. August. De Civ. Dei, x. p. 6. " Verum Sacrificium est omine opus quod agitur ut sancta societate inhœreamus Deo, relatum scilicet âd Illum finem boni, quo veraciter beati esse possimus." — Ibid. 5. "Illud quod ab omnibus appellatur sacrificium signum est veri sacrificii."
2 S. Hieron. Adv. Lucif. c. 8. "Ecclesia non est quae non habet Sacerdotes."