DE LA SUCCESSION DES SAINTS OEDEES
Part. TI.^ 3 Grabe, Ad S. Irm. iii. xxxii. " Ante consecrationem, veluti primitias creaturarum, in recognitionem supremi ejus super universa domini."— P. 323—328, et p. 396. "Hoc est" (dit Grotius, Armot. in Cassand. Art. x. p. 620), " quod dicitur in Liturgiis : TiJ 5o è/c t£p 2«i'."
^ S. August, De Civ. Dei, x, p. 6. " In sacramento altaris, Ecclesia, in eâ re qnam offert, ipsa offertur," — Grotius, iv. p. 620. " Tertium sacrificium est quod facit Ecclesia offerens corpus Christi, quod est Ipsa, ut loquitur Augustinus. Offerunt enini fidèles suum corpus et sauguinem Deo, parati, si res ita tulerit, pro Ejus gloriâ vitam profundere. Sic Abraham dicitur filium obtulisse defunctione cordis, ut explicat Salrianus."
5 S. Chrysost. In Hebr. Hom. xvii. ^^ fmXkov àvânv-naiv èpya- ^dfjLçda 6 va- la s." — S. August. Contr. Faust, xx. c. 18. "Peracti sacrificii memoriam célébrant." — Laud, Conférence with Fisher, sect. ii. p. 35. " Dans l'Eucharistie nous offrons à Dieu trois sacrifices ; l'un par le prêtre seulement ; c'est le sacrifice commémoratif de la mort de Jésus-Christ, représenté par le pain rompu et par le vin versé; un autre par le prêtre et le peuple conjointement ; c'est le sacrifice des louanges et des actions de grâces pour tous les bienfaits et toutes les grâces que nous recevons par la mort précieuse de Jésus-Christ ; le troisième par chaque homme en particulier pour lui-même; et c'est le sacrifice que fait chaque homme de son corps et de son âme à ♦ Jésus-Christ, pour le servir dans l'un et dans l'autre pendant tout le
reste de sa vie."
A l'égard de la véritable nature du "Sacrifice Eucharistique," voyez aussi le Sermon d'Audrewes, Of the Worshipping of Imaginations, Œuvres, t. v. p. 67. Oxford, 1842 ; Bramhall, Œuvres, t. ii. p. 276, et t. V. p. 221 ; la Préface de Van-Mildert aux Œuvres de Waterland, t. i. p. 267—276 ; Waterland, Œuvres, t. vii. p. 349 et t. viii. p. 161 (lequel regarde le " sacrifice non-sanglant" comme un sacrifice du cœur) ; Grotius, dans Cassand. Art. x, p. 620 ; BuU, Corruptions of the Church of Rome, in Answer to the Bishop of Meaux's Queries, sect. iii. t. ii. p. 251, 252 ; et Nelson, Life of Bishop Bull, p. 414, 416. Oxford, 1846.
l'église d'angleteeee non coupable de schisme. 231
Chap. VII.
CHAPITEE VII.
l'église d'angleteeee ne fut pas coupable du
SCHISME QUI EXISTE ENTEE ELLE ET l'ÉGLISE DE EOME.
^. L'une des marques de la véritable Eglise c'est s. Matth, y, d'être toujours visible. On s'est donc demandé : L'Eglise Protestante d'Angleterre était-elle visible avant la Eéforme ? et, s'il en est autrement, peut-elle être une véritable Eglise ?
il. Oui (comme nous l'avons déjà constaté, chap. i. — ^vi.), l'Eglise d'Angleterre a toujours été visible depuis le temps des Apôtres, non pas à la vérité comme Protestante, mais comme brandie de l'Eglise Catholique. Un homme est un homme, et un homme visible, même lorsqu'il est en proie à une cruelle maladie. Job était visiblement Job quand il était couvert de plaies. C'est ainsi que l'Eglise d'Angleterre était visible dans les temps les plus malheureux. Elle était visible dans ses églises, dans son ministère consax3ré et dans ses assemblées religieuses ; elle était visible dans les saints Sacrements, dans les Saintes Ecritures, dans le Décalogue, dans l'Oraison Dominicale et dans les Symboles qu'elle conserva^ même aux époques les plus désastreuses ; elle était visible dans les flammes qui consumèrent ses martyrs, qui souffrirent pour la VÉEITÉ.
^ Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. III. chap. i. 8 — 10. — Yoyez plus haut, chap. v. p. 200—221.
232 l'église d'angleteeke
^^'''^; ^^'' ^. Mais si TEglise d'Angleterre était encore une Eglise pendant la période papale, ne fut-elle pas coupable du péché de schisme en se séparant de l'Eglise de Eome ?
îd» Le schisme est une séparation volontaire (Part. i. Voyez plus p. 45). L'Edisc d'Auojleterre ne s'est iamais séparée
loin, p. 240. -«^ '' o o J r
volontairement d'aucune Eglise Chrétienne/ et n'a jamais établi aucune division dans l'Eglise Universelle ; il est vrai qu'elle s'est purifiée des er7'eurs, des icsurpatîons et de& corruptions Romaines; mais elle ne s'est pas séparée de l'Eglise Catholique, pas même de Y Eglise de Eome.''
^ Voyez le langage que l'Eglise elle-même tient sur ce sujet dans ses Canons de 1603, Canon 30, cité plus haut, p. 207.
Hooker, Ecdesiastical Polity, liv. IIL chap. i. 10. "Nous espérons que nous réformer, si nous nous sommes jamais égarés, ce n'est point nous séparer de l'Eglise dont nous formions partie auparavant."
Bramhall, Replication to the Bishop of Chalcedon. Œuvres, t. ii. p. 39. "Nous n'avons pas quitté Y Eglise Romaine dans les points
essentiels Nous conservons mot pour mot le même Symbole, et
nous lui donnons le même sens, par lequel tous les Pères primitifs furent sauvés, lequel ils considéraient comme si bien suffisant que, dans un Concile Général (Concile d'Ephèse, tenu en 431, part. ii. Voyez plus act. vi. cap. 7. Labbe, Goncil. iii. p. 689, A), ils défendirent à toutes 212. ' ^ ' ^^^ personnes, aux Evêques et aux Clercs, sous peine de déposition, et aux laïques sous peine d'anathème, d'en composer ou d'en imposer un autre aux personnes converties du Paganisme ou du Judaïsme au Christianisme. Nous conservons les mêmes Sacrements et la même discipline qu'ils avaient; nous dérivons d'eux nos Ordres Sacrés en ligne directe. Ce n'est pas nous qui avons abandonné Yessence de l'Eglise Romaine moderne, en en retranchant quelque chose, mais ce sont les Romanistes qui ont abandonné Vancienne Eglise Romaine, en y ajoutant quelque chose. Ne pouvons-nous renoncer à leur nouveau Symbole, à moins de renoncer aussi à leur ancienne Foi?" — Voyez aussi Bramhall, t. ii. p. 200.
2 Casaubon, Epistolœ, p. 483. Roterodami, 1709. " Ecclesiam enim Anglicanam ade6 non descivisse à fide veteris Ecclesise Catholic83, quam veneretur et suspicit, ut ne à fide quidem Romance
Ecclesise desciverit, quatenus illa cum vetere Catholicâ consentit. F^^^' ^^^\. Si quaeritur successio personarum, in promptu sunt nomina Episcoporum et séries à primo nusquam interrupta. Si successio doctrinae, agite, periculum facite." — Voyez plus haut, chap. iv. et vi, et plus loin, chap. viii. — Voyez aussi Bilson, Perpétuai Government of Chrisfs Church, chap. 15.
^, Quelle nouvelle preuve pouvez-vous nous donner à cet égard ?
<Cl. L'aveu et la pratique des Papes et des Catholiques Eomains eux-mêmes. La doctrine et la discipline de l'Eglise d'Angleterre se trouvent dans son Livre des Prières Publiques. Eli bien, les Papes de Eome, Paul IV et Pie IV, offrirent d'approuver ce^ Livre, si la Peine Elisabeth voulait reconnaître la suprématie du Pape ; et les Catholiques Eomains de nos royaumes se conformèrent généralement au culte de l'Eglise d'Angleterre pendant les dix premières années du règne ^ d'Elisabeth, époque après laquelle ils furent empêchés d'agir ainsi par la bulle de Pie V (en date du 23 Février 1559), qui excommunia cette Eeine.'*
1 Twisden, p. 175. — Bramhall, Œuvres, t. ii. p. 85. — Clarendon, Religion and Policy, p. 381.
2 Camden, Annal. 1570. — Sanders, De Schism. Angl. p. 292. Ed. 1588. — Andrewes, Tortura Torti, p. 130 — 132. Oxford, 1851.
Bramhall, Just Vindication of the Church of England. Œuvres, t. i. p. 248. " Pendant plusieurs années du règne de la Eeine Elisabeth, personne ne se fit connaître comme dissident en Angleterre ; ceux-là même qui étaient les plus chauds partisans des opinions Romaines continuèrent à fréquenter nos Eglises et nos assemblées publiques, et se joignirent à nous en participant aux mêmes prières et offices divins, sans aucun scrupule, jusqu'à l'époque où ils en furent empêchés par une bulle papale lancée dans l'intérêt de la cour Romaine."— Taylor, t. vii. p. 289, 290.— Bull, t. ii. p. 207.— Voyez les autorités citées dans les Christian Institutes, t. iv. p. 251,
234 l'église d'angleteeee
3^^T^JI^ Phelan, Church in Ireland, App, A. p. 215, et Palmer, Treatise on fke Church, t. i. p. 457.
^ JBullarium Etyinanum, viii. p. 98.
(B>* A quelle occasion l'Eglise d'Angleterre se sépara-t-elle des erreurs Eomaines ?
3R. D'abord, à cause des prétentions,^ des usurpations, des empiétements et des exactions injustes de l'Evêque de Eome à l'égard des investitures, des annates, du denier de saint Pierre, des huiles papales, des appels, &c. ; lesquelles prétentions avaient pour base de fausses Décrétales^ papales publiées par Denis le Petit au sixième siècle, et par Pseudo-Isidore au neuvième siècle, et le Décret de Gratien au douzième ; et elles étaient imposées avec une grande rigueur et une égale rapacité, contrairement à la raison, à la loi, aux coutumes et à de longues remontrances' souvent répétées ; secondement, à cause des principes de la politique mise en avant par le siège de Eome, et qui faisait aux souverains et aux gouvernements une nécessité de résister à sa domination dans l'intérêt de leur propre conservation ; troisièmement et surtout à cause de l'imposition de doctrines nouvelles et corrompues faite par Y Eglise de Eome^ comme étant nécessaires au salut et comme conditions de communion avec elle.
^ Twisden, p. 117, 134, 176, 179.— Bramhall, t. i. p. 149—151.— Bull, t. il. p. 207.— Stillingfleet, On Eccles. Jurisdict. p. 52 {Ecd. Cases, t. il.). — Palmer, Treatise on the Church, t. i. p. 434 — 439.
2 Buddeus, Isagoge, 1. 1 p. 757, 759, 763. — Labbe, Concil. t. i. p. 78. — Fleury, Discours IV sur l'Histoire Ecclésiastique, p. 159, 290. — Gieseler, Eccl. Hist. Div. ii. § 20. — Puetter, Historical Development of the Constitution of the German Empire. Traduction de Dornford, t, i. p. 79. " Les savants avaient eu la coutume de s'occuper a
recueillir les décrets des anciens synodes de l'Eglise, et quelquefois Chap^VIL les lettres des Evêques de Kome. Un certain Denis le Petit avait publié une collection de ce genre à Rome vers l'année 526, depuis le Pontificat de Sirice en 385, jusqu'à celui d'Anastase en 498. Isidore, Evêque de Séville en Espagne, qui mourut en 636, avait fait une pareille collection. Vers le milieu du neuvième siècle, un imposteur se servit du nom d'Isidore pour favoriser la circulation \
d'une collection qu'il avait fabriquée, et qui, à ce qu'il prétendait, renfermait les lettres de certains Evêques de Rome à partir de l'année 93. Les sujets de ces lettres tendaient principalement à prouver que l'Evêque de Rome était le successeur de l'Apôtre Pierre, que les clefs du Ciel étaient entre ses mains, et que les fondements de l'Eglise reposaient sur lui ; que tous les Archevêques et Evêques étaient les sujets du Pape, de qui ils dérivaient tout le pouvoir dont ils jouissaient ; qu'il avait pour prérogative d'excommunier les rois et les princes, et de les déclarer incapables de régner. Les décrets des Conciles furent altérés ; non moins de cinquante faux décrets furent ajoutés à ceux du Concile de Nicée, et le sens d'autres passages, qui plaçaient les Patriarches d'Alexandrie et de Constantiuople sur le mêm« pied que l'Evêque de Rome, fut renversé par l'insertion de la négative. Les auteurs de cette fraude réussirent à répandre cette collection, et on finit par la considérer si généralement comme authentique, que la plus grande partie ea fut adoptée dans le Code papal, qui est encore la source du Droit Ecclésiastique Catholique RomaÀn; des nations entières et des Conciles Généraux de l'Eglise ne purent résister aux conséquences de la Collection d'Isidore, dont le caractère bâtard fut pour la première fois révélé au monde par les théologiens qui compilèrent un ouvrage plein de recherches sur l'histoire ecclésiastique, appelé Centuries de Magd-ehourg, vers le milieu du seizième siècle. L'établissement des principes d'Isidore était réservé à un homme qui les porta même bien au delà de leur but primitif. Ce fut l'objet d'Hildebrand, en qualité de conseiller des Papes, jusqu'à ce qu'il montât sur le trône pontifical sous le nom de Grégoire VIL" — Quant à la formation du Droit Canon, voyez la note dans Wordsworth, Ecclesiastical Biography, t. i. p. 129, et la Préface de Burn, Ecclesiastical Law.
^ Bilson, Christian Subjection, part i. p. 105.
* Voyez plus haut, p. 208—212, et plus loin, p. 236—238.
Bramhall, t. ii. p. 56, 199, 200.
^. Voulez-vous mentionner quelques-uns des plus essentiels des principes de la politique de Kome l
Part. II.
236 L'EGLISE D'ANGLETEEEE
il. L'Evêque de Eome, dans ses ordonnances^ publiques, qui n'ont jamais été révoquées jusqu'à ce jour, prétendait au pouvoir de détrôner les Eois, de disposer de leurs Eoyaumes, d'empêcher les ecclésiastiques de prêter le serment de fidélité, et de dégager tous les sujets de l'obligation que de tels serments leur imposent à l'égard de leurs Souverains^ légitimes.
1 Voici les déclarations du Siège papal à l'égard de ses propres pouvoirs; elles sont toutes tirées du Droit Canon approuvé et publié par son autorité (jussu). Yoyez la bulle du Pape Grégoire XIII, qui précède le Droit Canon.
BEvêgue de Rome a le pouv&ir de délier les sujets du Serment de fidélité quHls ont prêté à leurs Rois.
Décret, il Pars. Causa xv. Qu. vi. Gratian, " A fidelitatia juramento Eomanus Pontifex nonnullos absolvit cum aliquos b, suâ dignitate deponit."
Les Serments de fidélité, s'ils sont contraires aux intérêts de V Eglise de Rome, doivent être considérés comme des parjures.
Le Pape Grégoire IX. Décret, lib. ii. Tit. xxiv. De jurejurando.
Innocent III. Ibid. Tit. xxvii. Circa a.d. 1204. "Non juramenta sed perjuria potius sunt dicenda quse contra utilitatem Ecclesiasticam attentantur."
Le Serment de fidélité ne peut être imposé aux ecclésiastiques Romains.
Le Pape Innocent IIL Ihid. Tit. xxiv. Circa a.d. 1216. "Nimis de jure divino quidam laici usurpare nituntur cùm viros Ecclesiasticos ad prœstandum sibi fidelitatis juramenta compellunt. Sacri concilii (Lateranen&is) auctoritate prohibemus ne taies Clerici personis secularibus prœstare cogantur hujusraodi juramenta."
Le Serment de fidélité contre le siège de Rorm, ou contre l'intérêt particulier des ecclésiastiques Romains, n'est pas obligatoire. Le Pape Honorius III. Ibid. Tit. xxiv. " Princeps Antiochenus timens conspirationes aliquas fieri contra eum, à vobis juramentum extorsit, qu6d contra ipsum non essetis. Interpretatione congruâ declaramus vos juram£nto hujusmodi non teneri quin pro juribus et
honoribus ipsius Ecclesise ac etiam specialihus vestns légitimé defen- Chap. VTI. dendis contra ipsum piincipem stare libère valeatis."
L'Evêque de Rome a le pouvoir de déposer les Rois, même pour des raisons privées, et de délier les soldats de leurs Serments. Le Pape Grégoire IIL a.D. 1080. Ibid. " Alius Romanus Pontifex, Zacharias scilicet, Regem Francorum non tam pro suis iniquitatibus quàm pro eo quod tantœ potestati erat inutilis, regno deposuit, omnesque Francigenas à juramento fidelitatis quod illi fecerant absolvit. Quod etiam ex auctoritate frequenti agit sancta Ecclesia, cùm milites absolvit à vinculo juramenti." Voyez aussi le Pape Grégoire VII, apud Thom. Aquin, Secunda Secundse, Qu. xii. Art. 2.
Le pouvoir Papal est universellement supérieur au pouvoir Royal.
Le Pape Grégoire IX. Décret, lib. i. Tit. xxxiii. — Le Pape Innocent III. A.D. 1198. "Nosse debueras quod fecit Deus duo magna luminaria in firmamento cœli. Ad firmamentum igitur cœli, hoc est universalis Ecclesiœ, fecit Deus duo magna luminaria, id est duas instituit dignitates, quse sunt Pontificialis autoritas et Regalis potestas. Sed illa quœ prseest diebus, id est spiritualibus, major est, quae vero carnalibus, minor; ut quanta inter solem et lunam, tanta inter Pontifices et Reges dififerentia cognoscatur."
La soumission au Pontife Romain est nécessaire au salut
Le Pape Boniface VIII. Extrav. Com. lib. i. Tit. viii. Circa an. 1302. (Bulle TJnam Sanctam.) " Uterque gladius est in potestate Ecclesiae, spiritalis scilicet gladius et materialis. De Ecclesia et Ecclesiasticâ potestate verificatur vaticinium Hieremiœ, (Hier, i.) Ecce constitui Te hodie super génies et régna. Et autem hsec auctoritas non humana sed potius divina, ore divino Petro data, sibique suisque successoribus, in ipso quem confessus fuit, Petrâ firmata. . Porro suhesse Romano Pontifici, omni humanœ creaturœ declaramus, dicimus, definimus, et pronuntiamus omnino esse de necessitate salutis."
^ Les prétentions séculières de la Papauté sont ainsi énoncées par le Cardinal Bellarmin, De Pontifice Romano, v. c. 6. " Pontifex ut Pontifex etsi non habet ullam merè temporalem potestatem, tamen habet in ordine ad bonum spirituale, [et qui peut en être juge sinon lui?] summam potestatem disponendi de temporalibus rébus omniura Christianorum." Cependant, malgré l'énormité de ces pré-* tentions, souvenons-nous que le Pape Sixte-Quint mit l'ouvrage de Bellarmin au nombre des livres prohibés, à cause de la réserve m ordine ad spiritualia.
238 l'église D'ANGLETERRE
T*^^"-, Homïlies, p. 540. Ed. 1822. «L'Evêque de Rome n'étant, par l'ordre contenu dans la Parole de Dieu, que l'Evêque de cette Eglise et de ce diocèse, prétendait être non-seulement le chef de l'Eglise tout entière dispersée dans le monde, mais encore le seigneur de tous les royaumes du monde, comme cela est expressément déclaré dans le livre de son propre droit canon"
Townson, Œuvres, t. ii. p. 252. Ed. London, 1810. " Ceci est déclaré avec une grande solennité du haut du portique de l'Eglise de Saint-Pierre, en présence d'une nombreuse assemblée, au couronnement du Pape; au moment où un Cardinal-Diacre lui ayant ôté la mitre de la tête, un autre y place la triple couronne, et dit : Âccipe Tiaram tribus coronis omatam, et scias te esse Patrem Principum et Pegum, Rectorem orhis, In terra Vicarium Salvatoris nostri Jesu Christi." — Voyez aussi Leslie, Case Stated, p. 75.
Laud, Conférence with Fisher, sect. 25, p. 150, note. "Dans un Synode tenu à Rome, vers l'année 1076, le Pape Grégoire VII établit certaines brèves conclusions, au nombre de vingt-sept, qui servent presque complètement de base à la grandeur de la papauté. Ces conclusions sont nommées dictatus Papœ, et elles sont comptées par Baronius en 1076, num. 31, 32, &c. Mais il m'est impossible de dire avec certitude si cette dictature se présenta alors pour la pi'emière fois dans l'Eglise."
Voici les plus importantes de ces propositions :
*' Quod solus Rom. pontifex jure dicatur universalis." — " Quod solius Papse pedes omnes Principes deosculentur," — "Quod liceat illi Imperatores deponere." — " Quod nuUa Synodus absque prœcepto ejus débet Generalis vocari." — " Quod nullum Capitulum, nullusque Liber Canonicus habeatur absque illius auctoritate." — " Quod sententia illius à nullo débet retractari, et ipse omnium solus retractare potest." — " Quod Rom. Ecclesia nunquam erravit, nec in perpetuum, Scripturâ testante, errabit." — " Quod Rom. Pontifex, si canonicè fuerit ordinatus, meritis B. Pétri indubitanter efficitur sanctus." — " Quod à fidelitate iniquorum subditos potest absolvere." — Voyez Casaubon, Exe. Baron, xv. p. â73.
^. Mais ces griefs étaient-ils de natnre à concerner Y Eglise, ainsi que Y Etat d'Angleterre 1
IR. Oui certainement; ils concernaient l'une et
* l'autre ; et toute remontrance faite contre eux était
traitée par l'Evêque de Eome de résistance opposée à
son autorité spirituelle, et dénoncée par lui comme
une hérésie roi en dehors de ces griefs, il en existait .^"'^'j^"; d'autres purement spirituels.
(B.. Quels étaient ces griefs ?
i^. Divers Articles de doctrine promulgués par l'Evêque de Eome.
^» Spécifiez-les.
3^» En 606, le Pape Boniface III demanda que l'Evêque de Eome fût reconnu par la Chrétienté comme Episco^us Epîscoporum ou JSvêque Universel ; en 787, le Pape Adrien V^ ordonna qu'on adorât les images ; en 1302, le Pape Boniface VIII ^ décréta que la soumission au Pape était nécessaire au salut; en 1516, Léon X décréta que le Pape était supérieur à tous les Conciles Généraux'^ de T Eglise.
1 Le Pape Boniface VIII, Extravag. Commun. 1, viii. p. 1. " Qui in Potestate Pétri temporalem esse gladium negat, maie verbum attendit Domini proferentis : Couverte gladium tuum in vaginam. — Porro subesse Romano Pontifici, omni humanœ creaturœ declaramus, dicimus, definimus, et pronuntiamus omnino esse de necessitate salutis" Dat. Laterani, Pont. Nost. Ao. viii. Décrétai, p. 1160, Ed. Lips. 1839." — Apropos de quoi le Cardinal Baronius [Annal, anno 1303, § 14) dit : " Hîec Bonifacius, oui assentiuntur omnes nisi qui dissidio ab Ecclesiâ excidit ; " et sa constitution fut confirmée par le Pape Léon X. Concil. Lateran. Sess. ii. tom. xiv. p. 309, Labbe. " Christus . . Petrum ejusque suceessores vicarios suos instituit, quibus ex libri Regum testimonio ita obedire necesse est, ut, qui non ohedierit, morte moriatur." Et la Bulle in Cœnâ Domini (que le Pape Jules II déclara, en 1511, d'obligation universelle) anathématise tous ceux qui en appellent du Pape à un Concile Général.
2 Crakanthorpe, Defens. Eccl. Angl. p. 20, 87.— Brarnhall, i. p. 247, 249, 257.— Bull, t. ii. p. 248, 273.
^. Mais quoique ces principes fussent nouveaux et faux, et qu'ils eussent été condamnés par l'Eglise dans ses Conciles/ bien qu'ils eussent été rejetés
240 L'EGLISE D'ANGLETEERE
Part. II.
même par des Papes ^ de Eome, cependant puisqu'une
Eglise peut se tromper, et néanmoins être encore une
chlVv Eglise, comme nous l'avons déjà vu, le maintien de
chap. V ^^^ erreurs rendait-il tout rapport avec l'Eglise de
Eome impossible ?
i^. Pas absolument en elles-mêmes, et c'est pourquoi l'Eglise d'Angleterre, bien qu'elle ne pût communier avec celle de Eome dans ces erreurs,^ et qu'elle fût tenue à se réformer,^ quelle que fût la conduite de Eome, ne se sépara point cependant de Eome en ces points où celle-ci conservait la vérité; nam, comme le dit Luther, Christum propter diaholum non deseri debere; et, en reconnaissant son baptême et ses ordres sacrés, notre Eglise communie encore avec elle (voyez plus haut, p. 227 ; plus loin, p. 241), en ces points où l'Eglise de Eome commimie encore avec Jésus-Christ. Cependant l'Eglise de Eome ne montra aucune disposition à se réformer, ni même à tolérer la communion avec elle-m^me à des conditions bibliques ; elle ne se contenta point ^avancer ces erreurs, mais elle voulut en imposer la croyance à tous comme une condition indispensable de communion avec elle, et comme étant nécessaire au salut ; elle persécuta, excommunia, condamna et anathématisa comme hérétiques ceux qui ne pouvaient pas y croire, ainsi qu'elle le fait encore de nos jours ; et de la sorte la séparation qui eut lieu et qui existe toujours fut occasionnée et est encore causée, non par l'Eglise d'Angleterre, mais par celle de Eome,* qui, pour ces raisons, est si éloignée d'être, comme elle le prétend, un centre d'unité spirituelle, qu'elle est plutôt la cause du malheureux schisme qui déchire la Chrétienté.
^ Le culte des images fut condamné par le Concile de Franc- Chap. VII. fort; les principes d'Hildebrand, par les Conciles de Mayence, de Worms et par d'autres ; ceux de Léon, par les Conciles de Constance et de Bâle ; et ils avaient déjà été condamnés par quelquesuns des Papes eux-mêmes. Le Pape Grégoire-le-Grand, Epist. ii. p. 62, dit : " Regia Fotestas cœlitus est Imperatori super omnes homines data," — Bpist. vii. p. 3. "Ab imaginum adoratione prohibeat, et zelum eorum laudet qui nihil manufactum adorare volunt." — In EzecMel i. Hom. 9. "In volumine sacro scripta sunt et continentur omnia quae erudiunt." — Son opinion sur le titre dUEpiscopus Episcoporuin est citée plus loin, cli. ix.
2 Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. IIL chap. i. 10. " Nous n'osons pas communier avec Rome, sous le rapport de ses diverses abominations grossières et affligeantes ; cependant, touchant les principales parties de la vérité Chrétienne qu'elle continue encore h, professer, nous reconnaissons avec joie qu'elle fait partie de la famille de Jésus-Christ." — Bramhall, Replication to the Bishop of Chalcedon. Œuvres, t. ii. p. 35, 39, 41.
3 Laud, Conférence with Fisher, sect. 24, p. 123. "N'était-il pas légitime que Juda se réformât, lorsque Israël refusait de suivre son exemple? Certes c'était légitime, ou autrement le Prophète (Osée, iv. 15) me trompe, quand il dit : Si tu pèches, 0 Israël, au moins que Juda ne se rende point coupable" — Voyez aussi Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. IIL chap, i. 10.
■4 Sanderson, Serm. XI, sur Cor. x. 23, p, 9. Ed. Lond. 1674. " Les Evêques de Rome, en imposant leurs propres inventions en matière de foi et de mœurs, et en ayant la prétention de les faire adopter sous peine de damnation, devinrent les auteurs et sont encore les continuateurs du plus grand schisme qui ait jamais existé . dans l'Eglise de Jésus-Christ."
^, Quand est-ce que Eome imposa ces articles ■comme conditions de communion avec elle-même ?
^. Dans plusieurs occasions, mais spécialement et avec plus d'insistance au Concile de Trente, Concile illégal, non-catholique et non-canonique,^ où elle anatliématisa tous ceux qui ne croyaient pas à ces articles nouveaux, étrangers et contraires aux Ecritures,^ et à d'autres d'une même nature, comme étant nécessaires au salut, en vertu de sa propre autorité,
Part. II.
242 L'EGLISE d'aNGLETEERE
1 Bulla PU IV, Condl. Trident, p. 209, 210. Lips. 1837.— Quant au véritable caractère de ce Concile, voyez plus haut, Laud, p. 208—210.
« Voyez plus haut. Part ii. chap. v. p. 207, 208.
®. Ceci était une dénonciation générale; mais n'est-elle pas allée plus loin dans sa conduite à l'égard de l'Eglise d! Angleterre ?
<H. Oui. En 1535, le Pape Paul III excommunia le gouverneur suprême de l'Eglise d'Angleterre, Henri VIII,^ défendit à ses sujets de lui obéir, ordonna à ses nobles de se révolter contre lui, et à tous les Evêques et pasteurs de quitter l'Angleterre, après l'avoir d'abord mise en interdit. En 1558,^ Paul IV excommunia et priva de leurs royaumes TOUS les princes hérétiques, et présents et h venir. Il envoya dans la même année un message menaçant à la Peine Elisabeth.' En 1570,' Pie V, qui fut canonisé comme Saint par l'Eglise de Eome en 1712, fulmina une bulle dénonçant et détrônant la Peine Elisabeth, et ordonnant à ses sujets de s'insurger contre elle. Cette bulle fut renouvelée par Grégoire XIII en 1S80, et par Sixte-Quint en 1587. Paul V, par son bref du 1^' Octobre 1606, et Urbain YIII, par sa buUe datée du 30 Mai 1626, défendirent à tous les sujets Anglais professant la religion Catholique Eomaine de prêter le serment de fidélité à leur Souverain légitime, comme étant une chose nuisible à \àFoi Catholique ; en 1671, Clément X excommunia et anathématisa les membres de toutes les Eglises Protestantes, par une bulle ratifiée et renouvelée expressément par plus de vingt Papes, et qu'on lut tous les ans le Jeudi-Saint^ à Eome jusqu'en 17-10,
et laquelle est encore en pleine vigueur.^ Le serment 5^""^'; ^": que tous les Evêques Catholiques Eomains prêtent aujourd'hui au Pape, lors de leur consécration, contient la clause suivante : Hœreticos omnes, schismatïcoSj et rebelles eidem Domino nostro \Papœ\ vel successoribus pro posse, persequar et impugnabo.® C'est pourquoi, à l'égard de la séparation de Eome, l'Eglise d'Angleterre non schisma fecît sed patitur /' et ses membres peuvent bien dire, avec Jewel : ^ Non tam discessimus, quàm ejecti sumus ; et avec le Eoi Jacques 1®*^ : Nonfugîmus, sedfugamur?
1 Bullarium Romanum, vi. p. 129.
* Bullar. Rom. vi. p. 355.
Pietro Soave, Storia di Concil. Tnd. lib. v. p. 420. Ed. 1629. " Il Papa rispose (alla Regina) che quel Regno (d'Inghilterra) era feiido délia sede Apostolica; cli'era stata una grand' audacia dell* haver assonto il nome ed il govemo senza lui'*
3 Bull. Rom. vii. p. 99.
4 Appelée à cause de cela la Bulle In Cœnâ Domini, Bull. Rom. v..p. 319 ; xxi. p. 95. Pour l'histoire de cette Bulle, voyez Fleury, Histoire Ecclésiastique, xxxiv. p. 532, an, 1568. "Quelques-uns ont cru qu'elle commença à paroître en 1420. D'autres la font remonter à Clément V, et même au pontificat de Boniface VII, élu en 1224. Jules II statua en 1511 qu'elle obligeait partout."
Yoyez aussi, sur cette Bulle, Leslie, Case Stated, Lond. 1714, Appendice, où. la Bulle se trouve imprimée. Voyez encore H. Warton, Tracts, et les détails complets donnés dans les Lihri Symholici Eccl. Cath. p. xcix. Ed. Steitwolf, Gott. 1838.
^ Le Cardinal Erskine (Promotore délia Fede, ed Uditore del Papa), dans sa lettre h, Sir J.-C. Hippisley, Août 1793, dit : " Cette bulle, bien qu'on n'observe plus maintenant la formalité de sa publication, est néanmoins implicitement en vigueur dans toute son étendue, et elle est également observée dans tous les cas où il n'y a point d'empêchement à, l'exercice de l'autorité du Pape, On doit par conséquent la considérer comme une déclaration publique qui a pour but de réserver les droits du Pape," — Voyez Report of Committee on Roman Catholic Suhjecfs.
^ On passe cette clause sous silence dans quelques pays, où le E 2
244 l'église D'ANGLETERRE N'A JAMAIS ETE
Part. 11.^ pouvoir civil ne veut point permettre qu'il en soit question, mais elle se trouve dans le Pontifical Romain, p. 63. Ed. Rom. 1818. — Voyez aussi Mendham, Life and Pontificate of Pius F, p. 281. Lond. 1832.
'' Laud, Conférence with Fisher, sect. 21, p. 109, 110. " Je n'ai jamais dit ni pensé que les Protestants fussent les auteurs de cette séparation. C'est vous qui êtes la cause du schisme ; car vous nous rejetâtes loin de vous, parce que nous invoquions la vérité et demandions la réforme des abus. Un schisme doit être le fait de ceux qui en sont la cause. Le malheur a été prononcé par la bouche du Christ contre celui qui commet l'offense, mais contre celui qui la reçoit, jamais. (S. Matth. xviii. 7.) Les Protestants ne se sont pas séparés de Rome, car la séparation est un acte volontaire."
Laud, Sermons, p. 19. Ed. 1651. "L'Eglise de Rome nous accuse d'avoir fait cette brèche à la paix en nous séparant d'elle ; mais nous disons, et cela avec juste raison, que la brèche vint d'elle, lorsqu'elle se sépara non-seulement de la vérité contestable, mais encore de la véHtê évidente. Ce n'est pas nous qui avons renoncé à l'Eglise, c'est elle qui a renoncé à la vérité. Qu'elle rentre dans cette vérité primitive, et notre querelle cesse." — Voyez aussi Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. III. chap. i. 10. — Sanderson, Last Will and Testament, dans sa vie par Isaac Walton : " Je suis parfaitement certain q\ie le schisme dont les Papistes nous accusent doit leur être très-justement attribué."
^ Jewel, Apol. iv.
^ Casaubon, Epist. p. 494. " Postremô addit Rex [Jacobus Primus] magnum se quidem orimen judicare, defectionem ab Ecclesiâ; sed huic crimini aflSnem se esse, aut Ecclesiam suam, penitùs pernegat : Non enim fugimus, aiebat ejus Majestas, sed fiigamur."
CHAPITEE VIII.
L'ÉGLISE D'ANGLETERRE N'a JAMAIS ÉTÉ SÉPARÉE
DE l'Église catholique.
^. Vous dites que l'Eglise d'Angleterre ne s'est jamais séparée de celle de Eome ; mais ne s'est-elle ,point séparée de V Eglise Universelle? — Et, comme
SEPAEEE DE l'EGLISE CATHOLIQUE. 245
saint Augustin le dit contre les schismatiques Dona- 9"AP.^vin. tistes : Ecclesia quœ non communicat cura omnibus gentibus, non est Ecclesia}
3^, L'Eglise d'Angleterre ne s'est jamais séparée (^aucune Eglise Catholique, et encore bien moins de ^Eglise Catholique ; au contraire, elle s'est réformée, afin de redevenir plus véritablement^ et plus purement Catholique, sous le rapport de la doctrine et sous celui de la discipline ; et elle est si éloignée de ne pas communier avec l'Eglise Catholique, qu'elle déclare qu' "à moins qu'un homme ne croie fidèle- symbole
^ ^ de saint
ment à la foi Catholique, il ne peut être sauve." Athanase. Elle reconnaît l'autorité de l'Eglise Catholique et elle Art xx. prie tous les jours pour sa prospérité ; elle ne croit à rien de ce que l'Eglise Catholique a rejeté, et ne rejette rien de ce à quoi l'Eglise Catholique croit ; elle est unie en foi, en espérance et en charité avec chacun de ses membres, sous Jésus-Christ, Chef de voyez plus l'Eglise ;^ elle admet le Baptême et les Ordres Sacrés ^^'^' de l'Eglise de Eome, et communie ainsi avec elle ;* et quant à la comparaison avec les Donatistes, l'exemple des Donatistes est suivi de près par Eome, qui limite exclusivement l'Eglise Catholique à son propre corps, qui réitère le Sacrement du Baptême,^ ainsi que les Ordres Sacrés, comme les Donatistes, et qui se sépare de l'Eglise Catholique, en faisant de nouveaux Articles de Eoi, s' excommuniant ainsi voyez plus en fait elle-même, tandis qu'elle excommunie les p- 209—211. autres^ en 'paroles.
^ S. August. iii. p. 2511 ; ix. p. 549.
^ Horn, Préface de sou Discourse at the Conférence at Westminster Ahbey, 1559; Strype, Annals, t. i. p. 11—465; Cardwell, Con-
246 L'EGLISE D'ANGLETEREE n'A JAMAIS ETE
Part. II.^ ferences, p. 55; Jewel, Âpol.'T^. 170, 1591. **' Accessimus quantum maxime potuimus ad Ecclesiam Apostolorum . . . Nec tantum doctrinam nostram sed etiam precum publicarum formam ad iUorum ritus direximus." — Voyez plus haut, Part. ii. chap. v.
Sur ce sujet, voyez la déclaration importante et ofi&cielle faite dans la lettre écrite, au nom de Henri VIII, par Tunstall, Evêque de Durham, au Cardinal Pôle, le 13 Juillet 1536. (Burnet, History ùf the Reformation, t. iii. part. ii. Records, No. 52, p. 163. Ed. Oxford, 1829.) ..." Vous présupposez que sa Majesté le Roi s'écarte de Vunité de l'Eglise de Jésus-Christ ; et qu'en assumant le titre de chef suprême de l'Eglise d'Angleterre, il entend séparer son Eglise d'Angleterre de l'unité du corps entier de la Chrétienté. . . .
" Son dessein et son intention sont uniquement de voir les lois du Dieu tout-puissant purement et sincèrement prêchées et enseignées, et la foi du Christ gardée et observée, sans tache, dans son royaume ; et non de se séparer, lui ni son royaume, d'une manière quelconque, de V unité de V Eglise Catholique de Jésus-Christ, mais de la garder et de Vohserver, en tout temps ; de délivrer son Eglise d'Angleterre de toute ancienne captivité, h, l'égard des pouvoirs étrangei-s, résultat d'une usurpation, pour la rétablir dans l'état Chrétien où. toutes les Eglises de tous les royaumes se trouvaient au commencement ; et d'abolir et de mettre clairement de côté ces usurpations que jusqu'ici les Evêques de Rome ont, par plusieurs moyens illégitimes, augmentées à leur grand avantage. De sorte que personne ne peut trouver justement à redire à la conduite du Roi, en voyant qu'il remet toutes choses en cet état, qui est en harmonie avec ces anciens décrets de l'Eglise, que .l'Evêque de Rome (au moment de sa nomination) professe solennellement d'observer lui-même. . . .
" Par lesquels [Conciles] vous auriez dû vous apercevoir que l'Eglise de Rome n'a jamais eu autrefois la suprématie, qu'elle a usurpée dans ces derniers temps. Et si vous venez k dire que ces passages de l'Evangile que vous alléguez dans votre livre, le prouvent, alors il faut que vous reconnaissiez aussi que le Concile de Nicée et d'autres Conciles se trompèrent, lorsqu'ils ordonnèrent le contraire. Les Apôtres également, dans leurs Canons, décidèrent que toute ordination de Prêtres, toute consécration d'Evêques et toute matière spirituelle devaient avoir lieu dans le Diocèse, ou au moins dans la Province où les parties résident. . . .
•' Eh bien, il n'est pas probable que les quatre principaux premiers Conciles Généraux eussent agi comme ils l'ont fait, si l'Evangile ou l'Ecriture avait prescrit le contraire. Et quoique, dans votre livre,
SEPAEEE DE l'EGLISE CATHOLIQUE. 247
vous invoquiez souvent la pratique ordinaire de l'Eglise, il est Chap. VIII. certain que, pendant plus de mille ans après la venue de Jésus- Christ, la coutume a été le contraire de celle qui est suivie aujourd'hui par l'Evêque de Rome, . . .
" Et pour vous exprimer clairement ma façon de penser : certes quiconque cherchera, en s'appuyant sur la primauté de Pierre, qui consistait dans la prédication de la Parole de Dieu, à établir V autorité temporelle de l'Evêque de Rome, que ce dernier réclame aujourd'hui dans divers royaumes, à l'égard de choses mondaines si parfaitement temporelles, ne réussira pas mieux à les unir qu'à joindre la lumière avec les ténèbres, . . .
" C'est pourquoi, puisque sa Majesté le Roi s'efforce de réformer son royaume, et de ramener l'Eglise d'Angleterre à un état semblable à celui oîi ce royaume et tous les autres se trouvaient au commencement de la foi et pendant plusieurs siècles après ; »i quelques princes ou quelques royaumes ne veulent pas suivre son exemple, qu'ils agissent à leur guise ; le Roi ne fait qu'établir les lois qui existaient au commencement, et que les Evêques de Rome font profession d'observer. C'est powrquoi, ni VEvêque de Rome lui-même, ni aucun autre prince, ne devrait raisonnablement être mécontent de sa manière d'agir.'*
3 Casaubon, Epistolœ, p. 491. Roterodami, 1709. "Didicit Rex [il parle du Roi Jacques P'^] è lectione Sacrée Scripturœ (neque aliter Patres olim sentiebant ad imum omnes) veram et ovaiaiSi} Ecclesise formam esse, ut audiant oves Christi vocem sui Pastoris, et ut Sacramenta administrentur rite et légitimé, quomodo videlicet Apostoli prseiverunt, et qui illos proximè sunt secuti. Quae hâc ratione sunt institutae Ecclesise, necesse est ipsas multiplici cornmunione inter se esse devinctas. Uniuntur in capite suo Christo, qui est fons vitœ, in quo vivunt omnes, quos Pater elegit pretioso sanguine ipsius redimendos, et vitâ seternâ gratis douandos. Uniuntur unitate Jidei et doctrinœ, in iis utique capitibus, quse sunt ad salutem necessaria; uuica enim salutaris doctrina, unica in cœlos via. Uniuntur conjunctione animorum et verâ charitate charitatisque officiis, maxime autem precum mutuarum, Uuiunt\ir denique spei ejusdem communione, et promissse haereditatis exspectatione,"
^ Bramhall, Replication to the Bishop of Chalcedon. Œuvres, t. ii, p, 35.
^ Rebaptizare CatJiolicum, immanissimum scelus, dit saint Augustin, Ep. xxiii. Les sévères censures portées par l'Eglise contre la réitération du Baptême et des Ordres Sacrés, peuvent se voir dans Bingham, Origines Ecclesiasticœ, XIL v ; XIV. i. ivj XVII. v. 16.
Part. II.
248 L'EGLISE D'ANGLETEEEE N'A jamais ETE
Si l'on allègue -que la réitération du Baptême spécifiée dans le texte n'est pas toujours, strictement parlant, une réitération, parce qu'elle est, dans certains cas, accompagnée de la forme conditionnelle : Si non es baptizatus, &c., on peut répondre à cette allégation par le Catechismus Romanus lui-même {ex Decreto Concil. THd. PU Y. P. M. jussu editus), part. ii. chap. ii. ques. 56. On y verra que l'on ne doit pas employer la forme conditionnelle, excepté dans les cas où l'on a fait une enquête diligente, pour s'assurer si le baptême a déjà été administré ou non : " Alexandri Papse auctoritate in iUis tantum permittitur, de quibus re diligenter perqicisitâ dubium relinquitur an Baptismum rite susceperint. Aliter vero nv/nquam fas est, etiam cum adjunctione [c'est-à-dire de la forme conditi(vinelle] Baptismum alicui administrare." Telles sont les expressions du Catéchisme de Trente. Eh bien, il est décrété par le Concile de Trente, Sess. vii. De Bapt. iv. que " si quelqu'un dit que le baptême donné même par les hérétiques au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, avec l'intention de faire ce que l'Eglise fait, n'est pas un vrai baptême, qu'il soit anathème." Et cependant (comme cela est déclaré par le témoignage de l'Archevêque Magee, dans Phelan, Digest, t. i. p. 291), "le Clergé Romain de l'Irlande, dans plusieurs cas, administre une seconde fois le Baptême à ceux qui abandonnent le Protestantisme pour se conformer à sa communion ; " et le précepte suivant est donné au Clergé de France par le Vicaire-Général de l'un des Evêques (Dieulin, Guide des Curés, p. 624. 3^ éd. Lyon, 1844). " Le Protestantisme de nos jours ayant dégénéré en pur rationalisme, au point que la plupart de ses ministres ne croient ni à la Trinité ni à la Divinité de Jésus- Christ, on est fondé à craindre que, mettant leurs doctrines en pratique, ils n'altèrent la forme du Sacrement, et ne baptisent au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit; c'est pourquoi il est généralement prudent de réitérer le Sacrement de baptême aux hérétiques qui rentrent dans le sein de l'Eglise." La doctrine du Concile de Trente (Sess. vii.), qui affirme que l'intention du Ministre forme partie de \essence du Sacrement, semble rendre cette réitération nécessaire pour l'Eglise de Rome. — Voyez les perplexités des théologiens de Trente à ce sujet, constatées par Sarpi, liv. ii.
Casaubon, Epistolœ, p. 494, col. 2. " Et vêtus quidem Ecclesia, ut refractarios Donatistas ad suam communionem revocaret, etiam, commodis temporalibus Episcoporum resipiscentium, et aliorum quoque, admirabili charitate prospicere solita. Romana vero Ecclesia, ut gratiam cum Anglicanâ redintegraret, fulmina primo