SEPAREE DE L'EGLISE CATHOLIQUE
bullarum, deinde vim, modo apertam, modo occultam adhibuit ; ǰ^^- "^^^^ proditorea nefarios suscepti hic parricidii manifestos gremio suc excepit, et nunc cùm maxime fovet ; sententiam ex eâdem caussâ passos martyribus adscribit, et eorum innocentiam contra divina omnia humanaque jura quotidie propugnat. Ipse Cardinalis Bellarminus nuper, ut Regem serenissimum alliceret, istud miras efficaciae ad persuadendum argumentum adhibuit, ' Angliœ regnum ad Papam pertinere ; et Regem Angliœ Romani Pontifie is etiam in temporalihus esse stibditum, atque feudatarium.' Omitto alias et Régis et Ecclesise Anglicause, quà veteres, quà novas querelaa, minime hoc loco commemorandas." — Voyez plus haut, p. 165. — Pour de plus amples détails sur le parallèle de la doctrine Romaine et de celle des Donatistes, voyez Bramhall, t. ii. p. 106.
6 Firmilien (dans saint Cyprien, JSp. p. 228), Evêque de Césarée en Cappadoce, s'adresse ainsi au Pape Etienne, lorsque celui-ci eut excommunié les Eglises d'Asie et d'Afrique : " Lites quantas parasti per Ecclesias mundi ! Peccatum quàm magnum tibi exaggei'âsti quando te à tôt gregibus scidisti ! Excidisti enim te ipsum. Noli te fallere. Siquidem ille est verè schismaticus, qui se b, communione Ecclesiasticse unitatis Apostatam fecerit."
^. Mais peut-on dire que l'Eglise d'Angleterre communie avec le monde entier, ce qui est, selon le" passage cité de saint Augustin, la pierre de touche d'une véritable Eglise? N'est-elle pas une EgHse isolée? et une telle communion universelle ne se trouve-t-elle pas plutôt dans TEgiise de Eome, que chez toute autre Eglise ?
1^ Comme nous l'avons déjà constaté, l'Eglise d'Angleterre communie par la foi et la prière avec le monde entier. Si elle ne remplit pas envers les autres Eglises tous les offices pratiques de communion, qu'une Eglise pouvait observer à l'égard d'une autre du temps de saint Augustin, nous devons faire * attention que les difficultés de communion actuelle sont aujourd'hui bien plus grandes qu'à l'époque où la Chrétienté presque tout entière se trouvait sous
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Part. II.
un seul gouvernement impérial, et où les membres des Eglises d'Europe, d'Asie et d'Afrique étaient citoyens du mîme pays et professaient la mJeme foi, parlant seulement une ou deux langues, tandis que maintenant que l'Empire Eomain a été dissous, il y a dans l'Europe seule trente différents royaumes et états, où l'on compte presque autant de langues que de pays.^
Nous devons d'ailleurs nous rappeler que la chose v^yMpius^* 1^ pl^s Catholique de toutes, c'est la Vérité ;^ et si haut, p. 5, l'Eglise d'Angleterre est fermement attachée à la 1 s. Jean, y^pi^^^ gHg gg^ uuie à l'Eglise Catholique. 8i nous marchons dans la lumière, nous avons communion les uns avec les autres. Il ne faut pas non plus perdre de vue que la véritable communion Catholique est une communion qui s'étend au passé, aussi bien qu'au présent ; et l'Eglise d'Angleterre communie, par la doctrine, les ordres et les Sacrements, avec l'Eglise Catholique depuis le commencement, et ainsi elle communie avec l'Eglise primitive et apostolique de Rome f tandis que l'Eglise Eomaine actuelle, par ses doctrines et ses pratiques nouvelles et corrompues, et en faisant de ces doctrines et de ces pratiques une condition de communion avec elle, s'est, par la même, mise en dehors de la communion avec la Vérité, avec YEglise Catholique actuelle, avec son premier état Catholique, et avec le Chef suprême de l'Eglise, notre Bienheureux Seigneur et Sauveur, s. Jean, xiv. Jésus-Christ, qui est le Chemin, la Vérité et la Vie.
1 Casaubon, Eyist. p. 492-3, col. 1. ''Distractionem Imperii distractio Ecclesise Catholicse est secuta ; et illa omnia paullatim cessarunt, quae mode dicebamus conservandee unioni, et communioni
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exteriori corporis Catholici apprime serviisse." — Voyez encore Chap. IX. Casaubon, Exe. Bar. xvi. p. 637.
2 S. August. Quœst. in S. Matth. xi. " Boni Catholid sunt qui et fidem intégrant servant et bonos mores."
3 Twisden, Historical Vindication of tke Church of England in point of Schism, p. 126. " En somme, il est si absolument faux que l'Eglise d'Angleterre se soit séparée de V Eglise, qui est la colonne et le fondement de la Vérité, que, dans ma conviction, il est impossible de prouver qu'elle ait fait séparation même avec l'Eglise Romaine elle-même ; mais ayant déclaré, dans un Synode légitime, que certaines opinions professées par quelques personnes de sa communion n'étaient point des articles de foi, et ayant, selon les précédents remontant aux temps primitifs, et le pouvoir que Dieu avait placé en elle, réprimé des abus particuliers qui s'étaient glissés dans son sein, le Pape et ses adhérents jugèrent à propos de considérer ces faits comme un renoncement à la Foi ! Mais, comme le dit saint Augustin, dans une discussion entre lui et un Donatiste {Contr. lit. Petit, ii. 85) : Utrum schismatici nos simus, an vos, non ego, nec tu, sed Christus interrogetur." — Voyez aussi Bramhall, t. i. p. 257; t. ii. p. 61—63, 143.
OHAPITEE IX.
l'evêque de eome n'a aucune suprématie, ni spirituelle ni temporelle, dans le royaume- UNI.
(B,, Bien que l'Eglise d'Angleterre soit unie par l'origine, la doctrine et la discipline à l'Eglise Catholique, l'Evêque de Borne n'est-il pas cependant le successeur de saint Pierre? ISTotre-Seigneur ne lui a-t-il pas donné une suprématie universelle sur son Eglise? et l'Evêque de PvOme n' a-t-il pas, en conséquence, l'autorité sur l'Eglise d'Angleterre comme formant partie de l'Eglise Catholique ?
Zi^3^-IL 3^. Saint Pierre était Evêque d'Antioclie,i mais il est douteux qu'il ait été Evêque de Rome \^ et en supposant qu'il le fût, il est aussi très-douteux que l'Evêque de Eome hérite ^office de ce qui a été donné personnellement à saint Pierre (voyez plus loin, p. 257). Il est certain que Jésus-Christ ne donna point à saint Pierre un pouvoir prééminent au-dessus de ses frères dans l'apostolat, tel que l'Evêque de Eome^ le réclame aujourd'hui, mais, au contraire, que tous^ les Apôtres étaient égaux sous le rapport de la qualité de leur mission, de leur mandat, de leur pouvoir et de leur honneur.
1 Gieseler, Hùt. Eccl. § 70, note 6.
2 g iren. Ap. Euséb. Hùt. Eccles. v. c. 6. " &€iJ.e\icû(TavT€s /col oÎKoSofi-ncrai/Tes ot /MXKdpioi 'KirôaroXoi (saint Pierre et saint Paul) r-qv iKKX7}(Tlav (de Rome) Aivœ r-fiu rrjs eTrttr/coTrTj^ Keirovpyiav èv^x^i-pi'O'av.^^
Beveridge, dans son exposition du XXXVII* Art. donne de fortes preuves tendant à montrer que saint Pien-e n'a jamais été h, Rome en qualité d'Evêque de cette Eglise particulière, mais qu'il s'y est trouvé avec la même mission qu'avait saint Paul lorsqu'il était à Rome, c'est-à-dire comme Apôtre'' — Voyez aussi Gieseler, Eccl. Hist. § 68 et § 58, note 4 et 5 ; § 70, note 4 et 5,
^ Bramhall, Replication to the Bishop of Chalcedon, t. ii. p, 160. Les prétentions séculières ont déjà été mentionnées, p. 234 — 238 ; les prétentions spirituelles de la Papauté sont ainsi constatées par le Cardinal Bellarmin, De Rom. Pontifice, lib. ii. c. 2: "Episcopus Romanus in Monarchiâ Ecclesiasticâ Petro succedit." — C. 18. '* Habet potestatem constituendi et confirmandi Episcopos per totum Orhem ; item deponendi omnes Episcopos, et injuste depositos restituendi per totum Orbem." — C. 18. " Habet potestatem ferendi Icf/es et dispensandi per universam Ecclesiam." — C. 20. " Illi competit jus mittendi legatos ad alias Ecclesias, qui in ipsius nomine omnia administrent." — C. 21. " Ex quâvis Christiani Orbis parte légitime ad ipsum provocari potest ; ab ejus verô auctoritate nulla conceditv/r appellatio." — C. 31. *'Est Caput et Sponsus Ecclesiae." — Lib. iv. c. 16. " Habet potestatem ferendi leges quse conscientias obligent." — C. 24. " Omnis ordinaria Episcoporum potestas ab eo descendit."
SUPEEMATIE DANS LE EOYAUME-UNI. 253
* S. Cyprian. De Unit. Ecclesiœ, p. 107. " Hoc erant cœteri Apos- Chap. IX.^ toli quod fuit Petrus; pari consortio pnediti et honoris et potestatis." — Casaubon, Exe. Bar. p. 662.
Barre w, Treatise on the Pope' s Supremacy, i. p. 57. — Bramhall, t. i. p. 153. " S'il s'agissait d'ordonner un nouvel Apôtre, ou d'établir Act. i. l'ordre du Diaconat, ou de déléguer des personnes convenables pour Act. vi. gouverner l'Eglise, comme Pierre et Jean, Judas et Silas, ou d'en- Act. viii. et tendre des informations contre saint Pierre lui-même, ou de déter- Act. xi, miner des questions plus importantes, telles que la vocation des Gentils, la circoncision ou la loi de Moïse, nous voyons que la suprématie résidait dans le Collé (je des Apôtres."
Taylor, Œuvres, t. x. p. 178.— Bull, t. ii. p. 295.
^. Mais saint Pierre ne parait-il pas dans la Sainte Ecriture comme prenant le pas sur les autres Apôtres, et parlant en leur nom ? et n'est-il pas désigné par des titres de dignité spéciaux dans les écrits des premiers Pères de l'Eglise ?
IX. Oui, il n'y a aucun doute à cet égard ; mais il en est de même de quelques autres Apôtres, et spécialement de saint Paul,^ qui avait le soin de toutes les 2 cor. xi. 28. Eglises. Mais il ne faut pas confondre la jprimautè avec la suprématie. Saint Pierre paraît souvent comme ayant la préséance d'ordre parmi ses frères, mais jamais comme supérieur en position au reste des Apôtres ; il était primus inter pares, et non summus supra inferiores.^
^ Ainsi saint Augustin, iii. p. 2313 dit, en parlant non de saint Pierre, mais de saint Paul : " Ipse Caput et Prînceps Apostolorum." — Il dit encore, x. p. 256 : " (Paulus) tanti Apostolatûs meruit principatum." — Saint Ambroise, De Sjnr. Sanct. ii. p. 13, s'exprime ainsi : " Nec Paulus inferior Petro ; — cum primo quoque facile conferendus et nulli secundus ; nam qui se imparem nescit, facit œqualem." — Comp. Theodoret. In Gai. ii. p. 6 — 14. — Noesselt. Corollar. Ad Prcef. t. iii. Ed. Halle. — De même Pierre de Cluny (a.d. 1147), Contr. Petroh. Bibl. Patr. Colon, xiii. p. 221-2, appelle saint Paul : "Summus post Christum Ecclesise Magister;" et c'est ainsi que saint Pierre et
Part. II.^ saint Paul sont tous deux appelés Kopv(f)a7oi dans la même phrase par Euthym. Zyg. Prœf. ad S. Luc: " Aovkûs navA-ij) t^ Kopv(l)ai<i) awap/xocrdels «al avviKZri{x.os, KaBdirep Brj Koi Uérpov rov Kopvcpalov MdpKos''' Et tous les Apôtres sont appelés Kopv<pa7oi par Théophylaete, In S. Luc, x. " fiipi^ffoixev ràs SuScKa vr^yàs rovs Kopv<paiovs \éy<t) Toiis SaSe/ca 'AiroffréKovs." — Voyez aussi Casaubon, Exerc. Baron. XV. p. 327-8 ; xvi. p. 658.
2 Potter, On Ckurch Government, chap. iii. p. 80, note.
Barrow, Treatise on the Popés Supremacy, p. 35, sur la question : Qu'était la primauté de saint Pierre ?
^. Que devons-nous donc dire des paroles que s. Matth. Jésus-Christ adressa à saint Pierre : Ft moi je te dis