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saurait être raisonnable de vouloir en désirer mainte

SUPEEMATIE DANS LE EOYAUME-UNI. 267

nant l'application, après que le inonde a eu une triste ■^"^^- ^^-^ expérience de sa tendance à engendrer la discorde au lieu de nous procurer la ^aix, et dans les affaires spirituelles et dans les affaires temporelles.

^. Sous quels rapports cette tendance s'est-elle manifestée ?

^. La prétention à une souveraineté spirituelle universelle conduit naturellement à celle de la suprématie séculière, qui est en vérité essentielle pour rendre la première raisonnable : et le fait nous a montré et nous montre que, en dépit de la Eaison Ig^-jJ!®^- ^'• et de l'Ecriture, l'Evêque de Eome, sous le prétexte, ^^^l^^^^^l^^ d'abord, d'une suprématie spirituelle, et, ensuite, d'une chap.iv.etv. suprématie temporelle, réclame le droit de déposer^ voyez plus les princes, de disposer de leurs états, et d'imposer 236-238. à leurs sujets des serments incompatibles avec les devoirs auxquels ils sont tenus envers leur souverain'^ légitime, et qui même y sont contraires ; et i s. Pier. ii. qu'ainsi il fait tout ce qui est en son pouvoir pour annuler les obligations de l'obéissance civile, et pour dissoudre les liens de la société civile.^

^ Card. Bellarm. De Rom. Pontif. lib. v. c. 7. " Omnium consensu Ihœretici Principes possunt et debent privari suo dominio."

Selon les expressions de la bulle par laquelle Grégoire VII ■déposa Henri IV, le Pape prétend au droit de in terra Imperia, Régna, PHncipatus, et omnium hominum possessiones pro mentis tollere unicuique et concedere. — Quant aux conséquences politiques de ces principes, voyez Barlow, Popery dangerous to Protestant Kings, p. 82—109 ; et son Brutum Fulmen, p. 9 — 12, 174.

Grégoire VII, Hildebrand, a été canonisé, et, le jour de sa fête, on le loue ainsi dans la Leçon du Jour d'avoir déposé Henri IV : " Contra Henrici Imperatoris impies conatus fortis per omnia athleta impavidus permansit, seque pro muro domui Israël ponere non timuit; eundem Henricum fidelium communione regnoque fprivavit." — Ce Service a été autorisé par le Pape Benoît XIH, la

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Part. II. 25 Septembre, 1728, et on peut le voir dans le Bréviaire de Paris de ' " ' 1842, p. 676.

^ Phelan et O'Sullivan, Digest of Evidence on the State of Ireland, part. ii. p. 21. " Les Evêques Catholiques Romains sont Pairs de la création du Souverain Pontife, qui prétend être Seigneur féodal suprême partout où il a une hiérarchie d'Evêques ou de Vicaires Apostoliques."

Magee, Digest of Evidence on Ireland, 1826, p. 12. Ce prélat dit : " Je ne puis m'expliquer comment les chefs de l'Eglise Catholique Romaine, sous un Roi Protestant, peuvent garder d'une manière conséquente le serment de fidélité qu'ils prêtent au Souverain. Je suis incapable de concilier le serment le plus solennel que prête un Evêque Catholique Romain à Voccasion de sa nomination, avec Vobéissance qu'il doit à son Souverain. Il me semble qu'il y a là une oMigation aussi profonde que celle qui peut être produite par le sentiment du Christianisme en état de guerre avec Tohligation civile. Je ne puis trouver dans ce serment ni réserve ni limite d'aucune nature." — P. 13. " Si cette influence perturbatrice exercée sur V Evêque est transmise jusqu'au Prêtre, soit par la nature de son serment, soit par toute autre voie, il est inutile de dire, d'après le contact intime et influent qui s'établit entre le Prêtre officiant et la population Catholique Romaine du pays, quel doit être l'efîet produit en général sur la fidélité que le sujet doit au Souverain." — Les Editeurs du Digeste disent, p. 16: "Comme les clauses du serment qui précèdent étaient autant d'agressions successives contre l'honneur de la Couronne et la liberté du sujet, de même la dernière phrase, au lieu d'adoucir les obligations qu'elles imposent, les rend encore plus rigoureuses. Elle récapitule virtuellement les engagements précédents ; elle déclare que tout ce qui s'y trouve contenu, le vasselage féodal de l'Evêque, la suprématie royale de son seigneur, et le devoir d'étendre indéfiniment la domination de la Papauté, sera maintenu plus inviolablement que jamais ; et elle conclut en faisant abjurer k la personne tout droit par lequel son propre Souverain prétendrait enfreindre ces prérogatives du Souverain Universel." Somme toute, nous pouvons donc nous demander, avec le docteur O'Connor, Columbanus, iii. p. 160 : " Comment peut-on concilier le serment de l'Evêque avec le serment de fidélité civile, qui exclut tout pouvoir temporel indirect du Pape dans ce royaume ? "

Voyez aussi Barrow, Treatise on the Popé's Supremacy, p. 23. — Gibson, Codex, p. 117, et plus haut, p. 234—238.

^. Vous avez parlé des maux temporels engendrés

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par une telle souveraineté ; quels sont ceux qui en chap. ix.^ résultent sous le rapport spirituel ?

3^. Elle détruit 1 l'unité de l'Eglise, sous prétexte de la conserver. Elle prétend être un centre d'unité, mais elle est une source de confusion pour toute la Chrétienté. Elle rejette la sagesse, révoque les jugements et détruit l'autorité de l'Eglise Universelle, telle qu'elle est représentée par les Conciles'^ Généraux, en voyez plus

^ ^ -^ haut, p. 236,

prétendant annuler et abroger leurs décrets ; elle sar. prétend être infaillible, et non-seulement elle s'est gravement^ égarée, mais encore elle voudrait réduire l'Eglise à une nécessité perpétuelle de s égarer, en la soumettant à la volonté sans contrôle à'un seul homme; elle détruit l'ordre et la juridiction des Evêques^ en absorbant tout dans son propre pouvoir, et elle déshonore ainsi Jésus-Christ, de qui ils tiennent leur Gai. i.i; autorité, et elle prive les Apôtres de leur postérité et 2 cor. xi. 28. de leur succession légitimes ; faisant perdre ainsi à l'Eglise son caractère Apostolique pour la dénaturer en la marquant d'un caractère ^Dapal, et dégradant les Evoques en les abaissant au rang de ses vassaux, voyez plus

T ° ' haut, p. 188,

comme cela est évident d après le serment que le 189.237,238. Pape de Eome impose maintenant aux Evêques, lequel confirme pleinement le discours prophétique adressé par le Pape Grégoire 1^^ aux Evêques de voyez plus Grèce : Si unus universalis est, restât ut vos Episcopi 263. non sitis. [Epist. lib. v. 68, t. ii. p. 984.)

1 Laud, Sermons, p. 122. Ed. Lond. 1651. " Tandis qu'ils cherchent à attacher tous les Chrétiens à Rome par un précepte divin, leur ambition de la souveraineté est une des causes, et c'est la principale, qui font que Jérusalem, l'Eglise entière de Jésus-Christ, n'est pas aujourd'hui dans Vunité avec elle-même." — Ihid. p. 258. " Le Pape, que Bellarmin a fait entrer dans la définition de l'Eglise,

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Part. II- ^ afin qu'il y eût un Chef ministériel pour tout conserver dans l'Unité, est une cause aussi grande que toute autre, si ce n'est la plus grande, qui engendre la division qui règne dans la Chrétienté,"

2 Gard. Bellarm. De Rom. Pontif. lib. iv. c. 3. "Tota firmitas Conciliorum est à Pontifice." — Par la bulle, In Cœnâ Bomini, tous ceux qui osent en appeler du Pape à, un Concile sont sous sentence d'excommunication.

3 Le Pape Grégoire I®'", ii. p. 771. *' Cùm fortasse is in errore périt, qui Universalis dicitur, nullus jam Episcopus remansisse in statu Veritatis invenitur."— Pour l'énumération des erreurs et des opinions hérétiques maintenues à difiérentes époques par des Evêques de Eome, voyez Gerhard, V. p. 407. " E Papis, Zephyrinus fuit Montanista, Marcellinus idololatra, Liberius et Félix Ariani. Anastasius communicavit cum Photino, Vigilius fuit Eutychianus, Honorius Monothelita." — Comparez aussi Barrow, Treatise on the PopésSuprentacy, p. 266; Bingham, Origines Ecclesiasticœ, XVI. i. 14; Routh, Script. Ecoles, t. ii. p. 512 — 516 ; et même Bossuet dans sa Défense de la Déclaration ; et Abrégé chronologique d'Histoire Ecclésiastique, t. i. p. 342. Ed. Paris, 1768. "L'illustre M. Bossuet donne à c^ scandale du Pape Zosime le nom de chute terrible (casus gravis), de même qu'à celui qu'avoit auparavant causé le Pape Libère." — Quant au Pape Libère, qui souscrivit à deux formules sémiariennes, en 358, voyez Gieseler, Eccl. Eist. § 83, note 6. — Les Papes Zéphyrin et Callixte sont accusés d'avoir encouragé l'hérésie Noétienne par l'auteur des Philosophumena que l'on vient de découvrir, lib. ix, — Voyez l'ouvrage de l'Auteur du présent écrit : St. Hippolytus and the Church of Rome. Lond. 1853.

^ Bramhall, Just Vindication of the Church of England. Œuvres, t. i. p. 252, 253. "Bien que les Papes n'abolissent pas l'ordre des Evêques ni l'Episcopat, en théorie, ils limitent le pouvoir des Evêques à leur plaisir, en fait, par des exemptions et des réserves, en se considérant comme Evêques de chaque siège particulier du monde, pendant qu'il est vacant, en se faisant la source de toute juridiction épiscopale, qui selon eux est fondée dans les lois du Pape, parce qu'elle fut déléguée au reste des Apôtres seulement pour la durée de leur vie, tandis qu'elle résidait uniquement dans saint Pierre comme Ordinaire, pour descendre de lui à ses successeurs, les Evêques de Rome, et être accordée par eux à d'autres Evêques en qualité de leurs Vicaires et coadjuteurs, reçus par eux poiu- remplir quelque partie de leur charge. (Bellarmin. De Rom. Pontif. lib. i. c. 11. lib. iv. ce. 22, 24, 25.) Dans ce cas le Pape doit être l'Evêque Universel ou Unique du monde; le don de lier et

de délier vient de lui, et non du Christ ; et tous les Apôtres, à l'ex- Chap. IX. ception de saint Pierre, se trouvent sans successeurs dans la juridiction épiscopale. Ceci n'est autre chose que fouler aux pieds l'Episcopat, dissoudre les liens primitifs de l'unité primitive, abolir la discipline instituée par Jésus-Christ, et enlever la ligne de la succession Apostolique." — Voyez encore Bramhall, t. i. p. 189. — Casaubon, Exerc. Baron, xiv. — Bellarm. De Rom. Pontif. iv. xxiv. — Barrow, cité dans les Christian Institutes, t. iv. p. 93. — Keble, Préface à son édition des Œuvres de Hooker, I. Ix. *' Ajoutez à ceci ce que la Papauté avait fait et faisait tous les jours pour affaiblir toute idée d'autorité indépendante chez les Evêques, et dont on peut voir le développement complet dans la manière d'agir du parti Italien au Concile de Trente."

La Papauté résout dans elle-même tout pouvoir d'ordre, comme cela ressort clairement du PontiUcale Eomanum, p. 87. Ed. Rom. 1818. " Antequam obtinuerit quis Pallium, licet sit consecratus, non sortitur nomen Patriarchœ aut Primatis aut Archiepiscopi, et non licet ei Episcopos consecrare, nec convocare concilium, nec Chrisma conficere, neque Ecclesias dedicare, nec Clericos ordinare."

®. Mais comment peut-on conserver l'unité de l'Eglise, puisqu'elle ne peut pas se réaliser par les prétentions du Pape ?

3^. Saint Paul nous le dit : Il y a un seul Corjjs Eph. iv. et un seul Esprit,, comme aussi vous êtes ajppelés dans une seule espérance de votre vocation ; un seul Seigneur, une seule Foi, un seul Baptême ; un seul Dieu et Père de nous tous} Il n'ajoute point : Un seul Chef Visible. Que tous les membres de l'Eglise Catholique soient unis dans un même esprit et dans un i cor. i. lo. même jugement, qu'ils marchent d'après la même règle, voyez plus" ayant les mêmes sentiments ; qu'ils soient unis dans 20. ' ' ' la même Foi, dans les mêmes Sacrements, dans la même discipline et dans le même gouvernement Apos- s. Matth. totiques ; qu ils communient les uns avec les autres Act. xv. 2, au moyen de leurs Evêques légitimes, dans des Conciles Nationaux et Généraux, selon l'institution de

272 l'eveque de eome n'a aucune

Zl^^lLL Jésus-Christ, et la pratique primitive universelle ; que tous, chacun dans sa propre sphère, tâchent de conserver V unité de V Esprit dans le lien de la paix ; et ils jouiront alors du bienfait de Y Unité Chrétienne primitive. Mais ils ne parviendront jamais à cette Unité, en se soumettant à un seul chef suprême visible, qui était entièrement inconnu à l'Eglise primitive ; et surtout ils ne peuvent point l'acquérir, en se soumettant à un chef suprême visible qui renverse l'ancienne foi au moyen d'un nouveau Symbole, qui mutile les Sacrements, détruit le gouvernement Apostolique, méprise l'autorité de l'Eglise dans ses Synodes ; et qui, après avoir ainsi dissous les liens de l'Unité, exige une soumission implicite à toutes ces innovations et infractions, comme une condition essentielle de communion avec lui, comme prouvant qu'on est membre de l'Eglise, et comme étant nécessaire au salut.^ (Voyez plus haut sur cette question. Part. i. chap. ii. et Part. i. chap. ix. à la fin.)

1 s. August. In Epist. S. Joann. vi. " In uno corpore sumus ; Unum Caput habemus in Cœlo." — Tertullian. De Prœscript. c, 10. " Communicatio pacis, appellatio fratemitatis, contesseratio hospitalitatis." — Voyez la Prière pour l'Unité, dans le Service du vingt Juin, jour du l'avènement au trône de sa Majesté la Eeine Victoria.

^ Rainolds, Conférence with Hart, p. 206. Ed. 1598. "Dieu dans sa sagesse a confié la suprématie de jugement, non pas au souverain pouvoir d'un seul, mais aux soins communs de plusieurs. Car lorsqu'une controverse se fut élevée dans l'Eglise d'Antioche, à propos de l'observation de la loi de Moïse (Act. xv. 2), il fut résolu que Paul, et Bamabas, et certains autres d'entre eux monteraient à Jérusalem, pour consulter les Apôtres et les Prêtres sur cette question. De sorte que par leur commun décret la controverse fut terminée, la vérité de la foi conservée, et la paix maintenue dans l'Eglise. D'après cet exemple, les Evêques qui succédèrent

aux Apôtres se réunirent dans des assemblées de ce genre dans des Chap. IX. circonstances de la même nature. (Eusèb. Hist. Eccles. v. p. 14, 21, 22 ; vii. p. 26, 28, &c.) C'est ainsi que les Apôtres et les hommes Apostoliques prévinrent les schismes. Leur sagesse n'aboutit pas au gouvernement d'un seul juge suprême." — Voyez aussi Bilson, Christian Subjection, p. 305. — Hooker, Ecdesiastical Polity, liv. I. chap. X. 14 ; IV. xiii. 8 ; VIII. iii. 6.

Carleton, De Ecclesiâ, p. 234 — 242. "Multi Episcopi unum Episcopatum constituunt." — Bramhall, t. ii. p. 320, 615. Sur les Conciles comme moyens d'Unité. — Barrow, Unity of the Churck, vi. p. 534—548.

Patrick, Sermon sur la Fête de Saint Pierre, 1687, p. 69. "Le Saint-Esprit nous a dit qu'il n'y a qu'un seul Dieu, le Père duquel procèdent toutes choses, et nous sommes en lui ; et un seul Seigneur Jésus-Christ, par lequel sont toutes choses, et nous sommes par lui (1 Cor. viii. 6) ; et un seul Dieu et un seul Médiateur entre Dieu et les hommes, l'Homme Jésus-Christ, de sorte qu'avoir recours à tout autre, c'est tomber dans un schisme, et briser la communion de l'Eglise du Christ, comme l'ont fait les membres de l'Eglise de Rome, et sous ce rapport, et en changeant le gouvernement, la discipline et la foi de l'ancienne Eglise ; ils se sont séparés du reste du monde Chrétien, en usurpant une juridiction universelle, et par beaucoup d'autres actes, et ils ont ainsi bHsé cette charité qui donne la plus grande efficacité à nos prières."

Leslie, Case Stated, p. 208. Ed. 1714. "Cette suprématie universelle est purement imaginaire ; Jésus-Christ n'en a jamais fait mention, et elle n'a jamais existé eu fait. Et elle est si éloignée d'être le Centre de V Unité, que cette prétention seule a causé la grande brèche de l'Unité chez les Eglises Chrétiennes, et qu'elle la cause encore aujourd'hui : car c'est ce qui empêche les Evoques de la communion de Rome d'exercer l'autorité que Jésus-Christ leur a donnée sur leurs propres troupeaux, et que les Evoques de l'Eglise primitive exerçaient librement ; et qui, si elle leur était rendue, ouvrirait la voie de cette Communion Catholique dans laquelle consiste la véritable Unité de l'Eglise."

Bingham, Origines Ecclesiasticce, XVI. i. 14. " L'unité de l'Eglise avait des garanties suffisantes dans l'accord de toutes les Eglises dans la même foi, et dans l'obligation imposée au collège entier des Evêques, comme membres d'un seul épiscopat, de se prêter une assistance mutuelle en tout ce qui était nécessaire pour défendre la foi ou conserver l'unité de l'Eglise entière sous tous les rapports. C'était par ce moyen, et sans qu'il fût nécessaire de recourir b.

274 l'eveque de kome n'a aucune supkematie, etc.

Part. II.

aucun Chef unique, visible, établi, que jadis l'unité de l'Eglise était maintenue."

3 Concil. Lateran. sub Leone X. sess. 10. "De necessitate salutis est omnes Christi fidèles Romano Pontifici subesse, prout Divinse Scripturae et Sanctorum Patrum testimonio edocemur, et Constitutione Bonifacii Papae VIII quse incipit Unam Sanctum (quam) sacro praesenti Concilio approbante innovamus et approbamus."

Bramhall, Replication to the Biehop of Chalcedon, t. ii, p. 201. "Pie IV non-seulement enjoignit à tous les ecclésiastiques, séculiers et réguliers, de jurer son nouveau Symbole, mais il l'imposa à tous les Chrétiens comme veram fidem Catholicam, extra quam nemo salvus esse potest." {Buïla Pii IV, in Act. Concil. Trident. Labbe, Concil. xiv. p. 946, B.)

PAETIE III.

%'lE%\i%t ti^ûmltitxu lim% %z% ^Relations ODtbiles.

CHAPITEE I.

(B., Qu'enteNdez-vous par ces mots Eglise et Etat?

'M, Chez une nation Chrétienne, le terme d'Eglise représente la société dans sa capacité religieuse, l'Etat la représente dans sa capacité civile. L'Eglise et l'Etat sont duce formaliter, sed una onaterialiter • ce sont des noms différents du même corps politique/ comme Chrétien et Citoyen sont des noms différents d'un seul corps humain. — Et de même que le Christianisme d'un individu ne dépend pas de son état de citoyen, bien que son bonheur, en tant que Chrétien, dépende grandement de sa conduite en tant que citoyen, de même l'existence de la société, comme Eglise, ne dépend pas de sa constitution comme Etat, bien que son efficacité et sa prospérité comme Eglise soient grandement affectées par ses actes civils comme Etat.

Chap. I.

Part. II T.^ i Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. VIII. chap. i. 5, et chap. iii. 6. " L'Eglise et l'Etat sont des noms qui signifient des choses réellement différentes, mais ces choses sont des accidents, et des accidents d'une nature telle qu'ils peuvent et doivent être toujours dans une harmonie intime sur le même svijet, dans un état ou royaume Chrétien libre, où un seul et même peuple forme l'Eglise et l'Etat." — Voyez, pour de plus amples détails, plus loin, chap. iii.

Laud, Sermons, 1651. Sermon sur le Ps. cxxii. 6, 7. " Lorsque vous vous asseyez pour délibérer, vous ne devez pas oublier l'Eglise ; et quand nous nous agenouillons pour prier, nous ne devons pas oublier l'Etat : l'une et l'autre ne sont qu'ime seule Jérusalem." — P. 9. " L'Etat et l'Eglise sont des corps collectifs, réunis de plusieurs en un seul ; et l'un et l'autre se touchent de si près, que les mêmes hommes qui sous le rajypori temporel composent VEtat, composent V Eglise sous le rapport spirituel. Ainsi un seul nom de la cité mère sert à l'un et à l'autre, qui sonb unis en un seul." — Il dit aussi, p. 35 : " Les mêmes hommes qui, à l'égard de la fidélité à leur Souverain, font YEtat, forment l'Eglise sous le rapport de la Foi."

Saravia, De Honore PrœsuUhus dehiio, p. 71. " Sunt qui Ecclesiam in Republicâ esse putant tanquam ejus sit quœdam pars, et qviod • Ipsa tota Respuhlica non sit Ecclesia. Vei'um hsec distinctio in Christiano populo locum non habet. Ubi totus aliquis populus nomen dédit Christo, et nemo illic sit qui Christi Baptismo non sit tinctus, Ecclesia est Respublica, et Respublica est externa et visibilis quaedam Ecclesia." — Voyez plus loin, Bramhall, p. 299.

Casaubon, De Lih. Eccles. ii. Ejnst. p. 176. " Ex eo tempore quando Christianismi professio vulgô fuit suscepta, qui Eempublicam constituebat populus idem etiam Ecclesia fuit."

G. I. Vossius, De Jure Magistratûs in Rébus Ecclesiasticis, p. 863. Ed. 1701. " Potestas eorum qui publicâ sunt vocatione instructi vel civilis est vel Ecclesiastica. CivUis procurât humanum bonuiu uti ivZaiixoviav ttoXitikt^v. Atque hoc respectu Societas hominuru non Ecclesia sed Respublica vocatur. Potestas verô Ecclesiastica procurât spirituale bonum uti beatitudinem cœlestem; atque eo respectu hsec ipsa Societas non jam Reipublicœ sed Ecclesiœ nomen obtinet."

Burke, Œuvres, t. x. p. 43. " Une alliance entre l'Eglise et l'Etat dans un pays Chrétien est, dans mon opinion, une spéculation oiseuse et imaginaire. Une alliance peut exister entre deux choses qui sont par leur nature distinctes et indépendantes, comme, par exemple, entre deux états souverains. Mais, dans un pays Chrétien, l'Eglise et l'Etat sont une seule et même chose. L'Eglise a toujours été

DEFINITION DE l'EGLISE ET DE l'eTAT. 277

divisée en deux parties, le clergé et les laïques ; les laïques en sont Chap. 1. aussi bien une partie intégrale essentielle, ils ont tout autant de devoirs et de ^jrmïegres que les membres du clergé, et ils ont leur part dans la règle, l'ordre et le gouvernement de l'Eglise,"

^. Vous dites qu'Eglise et Etat sont deux noms différents de la même chose ; et que les mêmes hommes qui sous le rapport spirituel forment Y Eglise comj)Osent Y Etat sous le rapport temporel ; pouvez-vous expliquer par quel procédé il arriva qu'il en fut ainsi ?

3^. Prenons, par exemple, la condition de l'empire Eomain au moment où le Christianisme commença à être prêché. L'Etat alors était païen, et les citoyens en étaient païens. L'Evangile prévalut ; plusieurs citoyens Eomains devinrent Chrétiens, et l'Emjîereur de Eome finit par professer la foi de Jésus-Christ. Eh bien, en embrassant le Christianisme, les citoyens ne perdirent aucun de leurs droits civils, pas plus que l'Empereur^ ne perdit ses droits impériaux ; mais ils apportèrent tous avec eux leurs fonctions et leurs privilèges séculiers dans leur nouvelle condition religieuse. C'est ainsi que YEtat Eomain devint une Eglise Chrétienne ; et il continua à être de cette manière pendant longtemps. Lorsque l'empire Eo- ' main fut morcelé en plusieurs nations, chaque nation devint non-seulement un Etat indépendant, mais encore une Eglise nationale. Chaque nation païenne qui aujourd'hui embrasse le Christianisme devient une Eglise delà même manière qu'il en arriva pour l'Etat Eomain. C'est ainsi que chaque nation Chrétienne est à la fois une Eglise et un Etat, selon les relations sous lesquelles on la considère ; non qu'elle

.^l^^:i!l; soit dans aucun cas une Eglise parfaite (car il n'existe point d'Eglise parfaite sur la teiTe), pas plus qu'elle ne soit un Etat j9ar^'/^, mais telle Eglise varie grandement en pureté par rapport à telle autre, et par rapport à elle-même à diverses époques.

1 D'un autre côté, l'Empereur acquit de nouveaux droits et fut appelé à remplir de nouveaux devoirs, comme Chef de la société, non-seulement en tant qu'Etat, mais encore en tant qu'Eglise ; ou comme l'Evêque Andrewes l'exprime, Tortura Torti, p. 377 : " Caesari, si Christianus fit, ut Constantino, idem juris in Ecclesiam est in Novo Testameuto quod in Vetere Josise fuit. Tum Reges Ecclesiœ gubernacula capessant cùm conversi ad fidem fuerint. Reddenda enim Cœsari quœ Cœsaris sunt. Csesaris sunt quœ Cœsari debentur. Debentur autem Caesari Christiano quaecunque olim à Populo Dei sub Veteri Lege Regibus suis officia vel débita vel persoluta sunt — non in Reg^ni rébus solîim sed etiam Ecclesiœ."

^. Mais une nation ne peut-elle pas se dépouiller

de son caractère religieux, et exister simplement dans

son caractère civil ?

îK,. Sans doute elle le peut de facto, en renonçant Prov. xiv. le Christianisme, et en retombant dans le paganisme Ps. xxxiii. et l'incrédulité ; mais aucune société,^ pas plus qu'au- Jl^cxxvii.i. cun individu, ne peut prospérer sans religion. Comme *"• ^^- le dit saint Augustin : Non aliunde heata Civitas,

aliunde homo ; et il ajoute : MaU vivitur uhi non de

Deo benè creditur.

1 Laud, Sermon sur Eph. iv. 3. p. 176. "L'unité est ce qui relie; et l'unité de l'Esprit, qui est l'unité de la Religion, est ce qui relie le plus étroitement. Et de peur de ne pouvoir pas relier assez étroitement, elle fait appel au lien de la paix ; de sorte que personne ne peut exhorter à l'unité de l'Eglise, ni y travailler, sans faire en même temps ses efibrts pour contribuer au bien de YEtat. . . . L'Unité qui n'est pas gardée dans l'Eglise l'est encore moins dans l'Etat. Et les schismes et les divisions de l'une causent et entretiennent dans l'autre toute désobéissance et toute séparation. Ainsi

l'exhortation de l'Apôtre [Eph. iv. 3] s'adresse directement à l'Eglise, Chap. I. ^ et par conséquent h, l'Etat."

®. Mais les anciennes Eépubliqnes n'ont-elles pas fleuri sans la religion ?

31^. JSTon ; si elles fleurirent, elles fleurirent ^ar la religion.^

1 Voyez sur ce sujet les nombreuses citations dues à Taylor, JRule of Conscience, iii. iii. Eègle iv.

®. Mais comment purent-elles fleurir par Vïdo-

I a trie ?

3^. ' Elles ne fleurirent point par l'idolâtrie, en tant qu idolâtrie ; mais elles fleurirent par elle, en tant qu'elle était une religion, opposée à l'athéisme ou absence de Religion.

Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. xii. 6 ; V. Ixxvi. 6.

^. Les sociétés civiles sont-elles donc tenues à maintenir la religion ?

iii. Oui ; et des hommes Chrétiens réunis dans oeut. xxvUi . cette société qu'on appelle un corps jpolitique, sont i sam. xii. tenus à maintenir la religion Chrétienne dans sa i^a. iii. lo.

° Voyez plus

vigueur et dans sa pureté, et cela comme étant leur ^as, chap. iv. affaire la plus importante.^

^ Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V, chap. i. 2. " Maintenir la Religion pure et sans tache, voilh, quel doit être l'objet des soins les plus importants qui concernent le régime public ; aussi bien sous le rapport de l'aide et de la protection que ceux qui servent Dieu reconnaisseût recevoir de sa main miséricordieuse, que sous celui de la vertu que la Religion possède de former toute espèce d'hommes, et de les rendre plus utiles au service public ; de mettre ceux qui gouvernent plus à raême d'exercer leur autorité avec conscience, et de rendre les inférieurs, par principe de conscience, mieux disposés

II l'obéissance." — Andrewes, Tortura Torti, p. 381. " Religionis cura non est regia tantum, sed in regiis prima.''

Part. III.^ Burke, Œuvres, t. x. p. 43. " La Religion est si loin, dans mon opinion, d'être en dehors de la sphère du devoir d'un magistrat Chrétien, qu'elle est, et qu'elle doit être, non-seul emerd l'objet de sa sollicitude, mais le principal objet de sa sollicitude ; parce qu'elle est l'un des grands liens de la société humaine ; et qu'elle a pour but le bien suprême, le dernier but, le dernier objet de l'homme lui-même."

^. Par quelle loi sont-elles ainsi unies ?

î^. Par la volonté du Dieu tout-puissant, qui a fait l'homme un être social, et dont la société humaine est rœuvre,^ qui veut non-seulement que l'homme existe, mais qu'il existe dans la condition la plus pa?-faite dont il est susceptible ; et puisque la Justice Prov. xiv. élevé une nation^ que " la Eeligion est la racine de chaque vertu," '^ et que la Eeligion Chrétienne est le fondement de toutes les vertus Chrétiennes ; la société est obligée à maintenir et à encourager par tous les moyens qui sont en son pouvoir Texercice et le bienêtre pw5fe ^i. 'privés de la Eeligion Chrétienne.

^ Burke, t. vi. p. 326. " Dieu veut que l'Etat existe." 2 Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. i.

^. Le devoir d'un pays envers lui-même, aussi

bien qu'envers Dieu, prescrit donc la même chose ?

Ps. cxxvii. 1; i^. Oui, certainement. Bienheureux et héni est le

Judith, V. peuple dont le Seigneur est le Dieu ; " toutes choses

xi. 10. ' entreprises religieusement ont une fin prospère ;"^ et

ce que le poëte païen dit à son propre pays, peut

s'adresser à tous les Etats et à tous les Eoyaumes :

Dis te minorent quod geris, imperas :

Hue omne principium, hue refer exitum ; Dî multa negleeti dederunt JSesperiœ mala luetuosœ.

(Hor. Carm. iii. 6. 5—8.)

1 Hooker, Ecclesiastlcal Polity, liv. V. chap. i. 2.— S. August. Civ. Chap. II. Dei, V. c. 24. — Coke, First Institute, 95. " Nuuquam res humanse succeduut, ubi negliguntur divinse." — Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. i. 4. "Lorsque les Rois d'Israël, pour améliorer leurs possessions terrestres (à ce qu'ils croyaient), négligèrent leur propre état spirituel et celui de leur peuple, ils apprirent, par vme triste expérience, qu'abandonner le Dieu du Ciel, c'est tomber sur la face de la terre dans tous les maux que des hommes privés de la grâce divine peuvent commettre ou supporter en l'absence de la protection céleste."

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