l'unité est une des meilleures. C'est un trop grand
Phil. i. 27. , ^ , ^ °
bien pour être acquis autrement que par une fervente combinaison de désir, de résolution et de sérieux efforts {airovhr}^). Mais nous ne pouvons pas supposer que ce soit une chose impossible à atteindre, car, s'il en était ainsi, l'Ecriture ne nous aurait pas ordonné de la garder. Ceux qui diffèrent doivent 1 Cor. m. 3. considérer les points qui sont cause qu'ils diffèrent, Ps. cxxxiu. sans perdre de vue le mal et le péché des disputes et les bienfaits de l'unité ; ils doivent donc travailler à mettre un terme aux opinions dans lesquelles ils Eph. iv. 2. diffèrent, selon le conseil de l'Apôtre, cherchant avec 1 Cor. i. 10. ardeur (trTrouêafovTeç) à garder V Unité de V Esprit dans le lien de la paix. Et encore : Je vous prie, mes
d'encoueagee la veaie fol 287
frères, au Nom de Notre- Seigneur Jésus- Christ, que
vous teniez tous un même langage, et quil ri y ait
point de divisions parmi vous, mais que vous soyez
parfaitement unis dans un même esprit et dans un
même sentiment [vo'l kuÏ yvcofiy) ; ne faisant rien
par contention, mais nayant qvLun seul sentiment,
poursuivant avec ardeur les choses qui mènent h la
paix, et par lesquelles nous pouvons nous édifier les
uns les autres.
^ Laud, Sermon sur Eph. iv. 3. *' Conservez donc l'unité de l'Esprit; mais sachez aussi, comme il suit dans le texte, que si vous voulez la conserver il faut travailler avec soin à la conserver. Car il n'est pas aussi facile qu'on le croit de conserver l'unité dans les grands corps ; c'est une œuvre qui exige beaucoup de travail et à'effwt^. Le mot du texte est airov^â.^ovTis ; étudiez, ayez soin de la garder. Saint Augustin traduit ce mot par satagentes, faites assez pour la garder : et celui qui fait assez, ne cesse d'agir que lorsqu'il l'a gardée. L'Apôtre est si explicite sur ce point, qu'il se sert de deux mots, montrant chacun un soin particulier pour l'unité ; car il ne dit pas simplement : Conservez-la ; ni simplement : Travaillez avec soin ; mais : Etudiez-Yoxis et travaillez h," la conserver. Eh bien, personne ne peut rien conserver, s'il n'est soigneux; et personne ne peut point travailler, s'il n'est studieux. Il n'est pas permis à tout honwie, dit saint Chrysostôme, de pouvoir conserver Vunité. Et le mot implique un effort qui se hâte de conserver : et en vérité on ne doit pas perdre de temps pour accomplir cette œuvre."
(^, Mais si ceux qui diffèrent sont sincères dans leur opposition, sont-ils responsables de leurs opinions, si elles sont erronées ?
<Cl. Certainement ils le sont. Dieu nous a nonseulement donné une conscience, mais il nous a encore donné sa loi pour la régler. On ne doit pas, en vérité, supposer que tout homme soit coupable parce qu'il est sincère, ni qu'il puisse être innocent, sans sincérité ; mais la sincérité dans l'erreur peut
Part, iii.^ procéder, et généralement elle procède de mauvaises habitudes morales ; elle est souvent le résultat de la
s. Jean, xvi. négligence, et de notre inattention à l'égard de la loi
^Pîj ^^^^- ^- de Dieu, et de la résistance que nous opposons à sa grâce, c'est-à-dire qu'elle procède d'un esprit et d'une pratique défendus et condamnés par Dieu, et qui ne peuvent produire de bons fruits ; et par conséquent ce n'est ni la conscience ni la bonne intention seules qui peuvent nous donner une assurance bien fondée d'être pardonnes et acceptés de Dieu.
^. Vous voulez donc dire que nous ne devons dériver aucune assurance de notre conscience, simplement en tant que conscience, et que nous n'avons pas le droit de présumer que ses inspirations ne nous exposent point au châtiment, uniquement parce qu'elles sont sincères ?
l^, Oui.^ Les Juifs, même lorsqu'ils mirent à mort notre bienheureux Seigneur, pensaient qu'ils rendaient service à la cause de Dieu. Toutes les
^ly'!^^^'^' voies de Vhomme lui semblent jpures, dit Salomon,
mais cest Dieu qui plse les esprits ; et encore : Il y
a telle voie qui semble droite h Vhomme ; mais dont
Vissue est la voie de la mort.
^ XXXIX Articles. Art. xviii. " On doit considérer comme anathèmes ceux qui osent dire que tout homme sera sauvé par la loi ou la secte dont il fait profession, pourvu qu'il soit diligent à régler sa vie selon cette loi et la lumière naturelle." — Voyez aussi Art. xiii. et Law, Letters to Hoadly, p. 331 — 334, et p. 570, dans le Scholar Armed, t. i. Of Sincerity and Private Judgment.
^. Dans quels cas pouvons-nous donc invoquer notre conscience comme justifiant notre pratique ? 1^» Lorsque notre conscience est droite, c'est-à-dire Act. XXIV. lorsqu'elle est réglée par la loi de Dieu ; ou, en
d'encoueagee la vraie foi. 289
d'autres mots, lorsque nous avons employé tous les .^^l' "^ moyens en notre pouvoir pour réformer ce que notre îgT'S". 9 f ' conscience entretient d'erroné, pour l'instruire sur les ^^' ^' points où elle est dans l'ignorance, et la rendre conforme à la raison et à la Eeligion, là où elle est réfractaire.^
1 Canons de 1603. Canon Ivii. "Nous requérons et nous sommons chaque personne qui a été trempée, comme nous l'avons déjà dit, de réformer son obstination, et de se soumettre à l'ordre de l'Eglise ; et si quelques-unes refusent de réformer leur erreur et leur pratique illégitime" &c.
Hooker, Préface de V Ecclesiastical Polity, vi. 6 ; plus haut, p. 41. — Idem. liv. IV. chap. x. 1. " Le remède le plus efficace pour guérir leur affliction ne consiste pas à enlever les choses qui les affligent, mais à chcçnger leur propre persuasion à leur égard." — Voyez également Sanderson, Sermons, iv. § 24, 29. — Notes dans les Christian Institutes, t. iv. p. 417, 511 — 513, 607 — C09. — Voyez aussi plus loin, Part, iv, chap. ii.
^. Mais, si l'on échoue en s'efforçant d'arriver à l'unité, doit-on cependant professer une forme quelconque de religion ?
M. Il y a, comme nous l'avons montré (p. 30 — 33), itne vraie foi, et uTie seulement ; et il n'est pas moins nécessaire aux nations de recevoir, il ne leur importe pas moins de professer une vraie foi, qu'il ne l'est pour les individus} Ces paroles : Jusquà quand f ^"^^^ hoiterez-vous des deux côtés? ne furent pas adressées par le Prophète de Dieu aux particuliers, mais à un Etat. Un mélange de religions existant dans un état fut dénoncé par Dieu comme un péché national, à propos des gens de Cutha, d'Ava, de Sépharvaïm et l^^^^ ^^" des autres habitants des villes Samaritaines, ^e?w^ Lé^5t xS qui sacrifie à tout autre Dieu quau Seigneur, «era oj^ijj jj détruit. Dieu déclare qu'il retranchera tous ceux ^^^^' ^^"'
iii. 15.
Part. III. ^-j^- y^^^^ plusieurs autels pour pêcher, et qui adorent 2oTxxiïÏ3; ^^ Seigiieur et jurent par lui, et jurent aussi par juff.'vi. 10. Melchoin, c'est-à-dire qui combinent de fausses reli- 2 coî" vi. u. gions avec la vérité. Il s'est révélé comme un Dieu jaloux^ c'est-à-dire comme un Dieu qui ne veut point souffrir de rival dans le culte qui lui est dû ; qui veut être adoré en vérité; et qui n'épargnera point ceux qui joignent l'erreur et la corruption à la pureté de sa foi et de son culte. Les divisions religieuses, les compromis religieux et Yindifférence religieuse sont un péché ; et l'on ne peut remédier à aucun de ces péchés que si tous les membres de la société possèdent un fervent désir de partager la profession 'ferme et zélée de la seule vraie Foi ; il est du devoir d'une nation, et spécialement de ceux qui sont revêtus d'autorité, s'ils espèrent échapper au courroux de Dieu et recevoir sa bénédiction, de seconder et d'encourager tous ceux qui désirent et qui s'efforcent d'atteindre ce but, d'avancer et de maintenir l'unité nationale dans la vraie religion, par des actes nationaux, et de s'abstenir de tout ce qui a une tendance contraire.
1 Bîlson, Clirutmn Subjection, p. 29. "Je suis convaincu qu'il ne saurait convenir aux devoirs d'un Pi-ince de renverser le décret divin : Tu adoreras le Seigneur ton I>ieu, et tu ne serviras que lui seul (S. Matth. iv. 10), en établissant deux Religions dans un seul Royaume."
2 Bacon, De Unitate Ecclesiœ, ni. " Inter attributa Veri Dei pohitur, quod sit Deus zelotypus (Exod. xx. 5 ; xxii. 20 ; xxiv. 14), itaque cultus ejus non ferc mixturam" — Andrewes, On the Decalogue, p. 101. — Voyez saint Augustin, Sermon x. sur le Jugement de Salomon (1 Rois, iii. 16—28).
^. Mais n'est-il pas injuste 'de lever des impôts sur ceux qui diffèrent de sentiment avec une Eglise,
d'encoueager la veaie fol 291
Chap. II.
pour la dotation et l'extension de ce qu'ils désapprouvent ?
^. Le Dieu tout-puissant n'en a pas jugé ainsi, lorsqu'il a commandé qu'on établît- un entretien Exod. xxx. régulier dans Israël (où l'on trouvait plusieurs adora- Deut.xii.i9;
^ ^ ^ ^ xiv. 29.
teurs des veaux de Jéroboam et de Baal), pour 2 chr»n.
^ ^ xxxi. 4.
pourvoir aux besoins des Prêtres et du Temple. Si Mai. iii. 10. chaque homme devait être imposé seulement pour ce qu'il approuve, il n'y aurait point de revenu de l'Etat. Plusieurs personnes (les Quakers par exemple) ont des scrupules religieux contre la guerre ; est-il donc injuste qu'ils soient imposés pour l'entretien de l'armée et de la flotte ? Non. Salus populi suprema lex. De même, une nation ne doit souffrir ni perte ni faiblesse à l'égard de son armée ni de sa flotte spirituelles, l'Eglise, parce que plusieurs personnes n'approuvent pas ses doctrines.
(Bl> Comment cela ressort-il de la nature des impôts ?
3^. Les impôts sont payés par les sujets, comme une marque de soumission au pouvoir civil, et pour lui procurer les moyens de protéger leurs personnes et leur propriété, et comme une rémunération de ses services pour agir ainsi ;• mais les impôts n'obligent pas le pouvoir civil à propager les opinions de ceux qui les paient, ou à ne pas propager celles qu'ils désapprouvent. Jésus-Christ ordonna aux Juifs de payer le tribut à Tibère, qui certes ne propageait pas le Judaïsme, mais le paganisme ; et saint Paul ordonna aux Chrétiens de payer le tribut à Néron, qui persécutait le Christianisme; et la raison qu'il en donne, c'est que le pouvoir impérial était le ministre u 2
Part. III. ^q Dieu, Veillant à la conservation de la paix. Puisqu' aussi l'unité de la Eeligion préserve grandement la paix publique et privée, le pouvoir civil agit injustement envers ceux qui paient les impôts, et contrairement à son devoir à leur égard, s'il en- , courage la diversité des religions, et s'il ne maintient pas l'unité dans la vérité.
D'ailleurs, les dissidents sont des Chrétiens, et, comme tels, ils doivent désirer le maintien et l'extension du Christianisme ; et ils ne peuvent supposer, ou du moins ils ne pourront jamais prouver, qu'une nation puisse espérer de jouir de la paix et de la prospérité, sans encourager la Eeligion. Le dissident peut personnellement préférer sa propre forme de culte à celle de l'Eglise, cependant puisqu'il s'accorde avec l'Eglise sur plusieurs points et peut-être sur le plus grand nombre, et qu'il diffère tout autant ou davantage des dissidents d'autres dénominations que de l'Eglise, et puisque l'Eglise est établie, il doit, par amour pour la paix et l'unité, désirer sa prospérité. Il peut souhaiter que les points particuliers sur lesquels il diffère de l'Eglise soient autrement qu'ils ne sont dans l'Eglise ; mais comment peut-il désirer que ces points sur lesquels il s'accorde avec elle, et qui font qu'en vertu de cet accord il est, sous leur rapport, membre de l'Eglise, ne soient pas maintenus dans l'Eglise, ou que l'on dote la division au lieu de l'unité ?
(Bl, Mais l'Etat ne peut-il pas en toute justice encourager différentes formes de Eeligion ?
i^. Où doit-il s'arrêter, si une fois il commence à agir ainsi? TJllusneexcludetjurgia finis? D'aillem'S,
d'encouragée la vraie foi. 293
en dotant plusieurs formes de religion, il n'en doterait .^"^^•^^•, virtuellement aucune. Il se priverait de son seul pur appui, celui de la Religion. Il n'encouragerait ' pas la Eeligion, mais l'indifférence en matière de Eeligion. Il ferait naître dans l'esprit du peuple l'opinion dangereuse que toutes les Religions, quelque différentes qu'elles soient, sont également vraies et par conséquent également fausses ; il propagerait ainsi l'incrédulité, et il hâterait sa propre dissolution. Mais non ; le devoir de l'Etat consiste à distinguer et à maintenir la véritable forme de la religion ; et s'il travaille à cette œuvre avec fermeté et zèle, les différences et les difficultés religieuses, qui proviennent principalement de la négligence de ce devoir, disparaîtront par la grâce de Dieu.
^. L'Ecriture nous donne-t-elle quelques règles applicables à des cas de cette nature, où régnent des différences religieuses ?
■ H. Durant le ministère de Jésus-Christ et de ses Apôtres, aucun Etat, aucun pouvoir gouvernant n'était devenu Chrétien ; mais saint Paul écrivant à des sociétés Chrétiennes, dont quelques membres différaient les uns des autres en matière d'opinions religieuses, ne leur enseigne point qu'à cause de ce fait elles ne doivent maintenir aucune forme, ni des formes différentes de croyance religieuse ; mais, au \^°^- '^^'• contraire, il les exhorte toutes h rester fermes dans la seule vraie foi, à ne pas se laisser corrompre en se détournant de la simplicité, ou sincérité (airXôrrjTos;) 2^l:^\?3 qui est en Jésus- Christ, et de se confirmer, elles et ^p*'- ^^- *^' les autres, dans la vraie foi, en disant la vérité en charité.
Part. III.
1 Thess. V,
(B.. Mais la société ne peut-elle pas se tromper dans sa croyance religieuse ?
1^. Elle le peut, aussi bien qu'un individu ; cependant la possibilité où elle est de commettre une erreur ne sera jamais une excuse pour qu'un Etat, pas plus qu'un individu, ne professe aucune croyance, mais elle doit le rendre soigneux à éprouver la vérité et à s'y attacher fortement ; à acheter la vérité à tout prix, Prov. xxiii. et à ne Za vendre k aucun prix.
^. Cette possibilité de se tromper ne doit-elle pas rendre une société charitable envers ceux qui professent des opinions différentes des siennes en matière de Eeligion ?
s. Luc, xiv. 3Cl. Certainement ; c'est pourquoi elle doit s'abstenir Apoc. iii.9. d'employer le glaive civil pour imposer les opinions^ Rom. xvi. religieuses ; mais elle doit ramener ceux qui s'égai^im. vi. rent,^ en leur montrant, en favorisant et en encou- 2 s. Jean, ragcaut ce qui est vrai, et en s'abstenant d'accorder son aide- ou sa protection à ce qui est faux.
1 Tertullian. Ad Scapulam, 2. " Religionis non est religionem cogère." — S. August<.ii. 403, 404. {Epist. c.) — Lactant. Div. Inst. V. 20. "Defendenda religio est non occidendo sed moriendo. Religio cogi non potest. Verbis potius quàm verberibus res agenda est."
^ Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V, chap. Ixviii. 7.
^. Y a-t-il quelque exception à cette règle de tolérance ?
?s"pier^u ^' Lorsque des opinions, qui se donnent le nom Exod xxii ^® religieuses, conduisent à des pratiques qui tendent à produire un scandale public, à renverser l'ordre, à détruire la fidélité à l'Etat, et à dissoudre la société, alors on peut faire, avec juste raison, de ces pratiques l'objet de la répression et des châtiments civils.^
d'encoueager la veaie foi. 295
1 Barlow, Case of a Toleration, p. 30. Ed. 1692. vf^lljlli/
<Bt* Mais si la société, agissant comme JEtat, touche aux matières religieuses, n'est-il pas à craindre qu'elle ne s'ingère dans des sujets qu'elle devrait traiter en qualité d'Eglise, et non en qualité d'Etat ?
3^. Ceci, sans aucun doute, peut arriver ; mais nous devons nous rappeler qu'il n'y a rien qui ressemble à un gouvernement parfait en ce monde, et ce qui s'oppose à une telle déviation, c'est le fait que le Clergé est membre de la société en tant Ezéch. xxii.
^ ° 26; xliv. 23.
qu'Etat,^ et que le Clergé a reçu de Dieu l'ordre «• Matth. d'enseimer la différence qui existe entre le sacré S:.^,^.'''^^
o ^ ^ xu. 17.
et le profane ; et les autorités civiles doivent bien s- Luc, xx. considérer le péché et le danger de s'immiscer d'une manière profane dans les choses sacrées. Mais, bien que de tels résultats puissent se présenter, il serait contraire au devoir du patriote, du sujet loyal et du Chrétien, de désirer, à cause de cela, que l'Etat ne possédât point le pouvoir d'exercer la plus noble de ses fonctions, celle d'avancer la gloire de DiEU ; et quoique, selon la prudence et la charité Chré- \^Jf^^. tiennes, les individus doivent renoncer à l'usa^çe des P^rt. iy.
^ o cnap. 11.
choses indifférentes, non ordonnées publiquement, ^ Rois, xviii. lorsqu'il y a grande probabilité de leur abus, et f^^^- ^"* lorsque cet abus est difficile^ à redresser ; cependant, pj^s'hâut. dans le cas où il en résulterait un bien public positif, p- ^^^' ^''^' il serait contraire à la sagesse et à la charité de permettre que le danger de son abus nous fît oublier et abandonner Yusage légitime important du maintien du Christianisme par l'Etat ; nous devons plutôt nous efforcer de faire disj>araître Yahus, afin de confirmer et d'étendre Yusage.
Part, iti. i Gibson, Codex, p. 1—20.
2 Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. Ixv. 12 — 17.
^. Quels sont les usages dans le cas actuel ? 3^. L'Etat, en faisant profession publique de la vraie Foi Chrétienne dans ses actes nationaux ; en zach.iv. mêlant les prières, les services religieux et les sacrements à l'accomplissement de ses devoirs civils ; i^or.ix. gj^ soutenant la discipline morale et religieuse 1 Tim. V. 18. jg l'Eglise, en ce qui regarde lé Clergé et les laïques ; en donnant une nouvelle vigueur aux lois ecclésiastiques ; en donnant une validité légale à la division du pays en diocèses, arcliidiaconés et •paroisses, selon les besoins croissants de la population ; en pourvoyant à l'érection, à la réparation et à la dotation des Eglises et des écoles ;^ en conservant l'usage d'une Liturgie pure et uniforme, et d'une instiTiction d'accord avec l'Ecriture, dans les Eglises et les Chapelles du pays ; en assurant au Clergé des revenus compétents ; en assignant aux Evêques une place dans les Cours et les Parlements \^ en nommant des Ministres pieux, instruits et fidèles ; confère de grands bienfaits, à la fois spirituels et temporels, à toutes les classes de la société. Il fait circuler dans le corps entier la vie religieuse, et le maintient dans la paix et l'unité ; il préserve la nation du fanatisme Beut. xxxii. d'un côté, et de l'incrédulité de l'autre ; en donnant à s.Matth. la religion la dignité extérieure, il préserve le riche s. Luc, iv. du dancfer de la mépriser ; en la dotant, il pourvoit
14; vii. 22. ° ^ ' ^
S. jacq. ii. 3. à la prédicatlou régulière, solennelle et franche de
Michée, iv. ^ o >
"• la Parole, et à la l'administration convenable des
Sacrements ; et il assure au riche et au pauvre la surveillance pastorale et les consolations de la Eeli-
d'encoueager la veaie foi. 297
gion ; enfin, il se consacre^ au Dieu tout-puissant, et fait descendre la bénédiction divine sur toutes ses entreprises.
^ Voyez S. Hieron. In Zech. viii. sur l'érection d'Eglises expensis reipuUicœ.— Gerhard, De Magistratu Politico, vi. 592. " Scholœ sunt seminaria ac plantaria Ecclesiae. Quemadmodum in corpore humano est suavissima venarum et arteriarum av^vyla sive combinatio, ita in corpore Christi mystico, Ecclesise in Scholœ pulcherrimâ quâdam harmoniâ sibi invicem sunt conjunctœ. De scholis igitur rectè instituendis Magistratus solicitus sit vel maxime."
2 Hooker, Ecclesiastical Folity, liv. VII. chap. xv. 8. " Que l'envie ne nous influence pas au point de nous faire considérer comme une tache, ce que, s'il se trouve en nous une étincelle de jugement solide ou de conscience religieuse, nous devons, de toute nécessité, reconnaître comme l'un des principaux ornements de notre pays, en vertu des anciennes lois duquel le Clergé, étant regardé comme le premier des trois Etats du Royaume, lesquels dans leur ensemble forment le corps entier de notre nation, sous un chef et gouverneur suprême, a, dans tous les temps, joui d'un pouvoir proportionné à sa dignité dans les affaires importantes du pays ; les rois sages et vertueux se prêtant avec la meilleure grâce à ce rôle, par l'effet de leur révérence à l'égard du Très-Haut ; à moins que leurs premières assemblées civiles n'eussent été ornées sous ce rapport de la flamme de l'héritage sanctifié du sacerdoce, comme, pour ainsi dire, d'une espèce de présence divine, autant que cela pouvait se faire sans nuire d'une manière notable à ses fonctions célestes, elles n'auraient pu se considérer comme ayant montré envers Dieu l'affection la plus respectueuse."
Laud, Ânswer to the Lord Say's Speech ar/ainst the Biskops. Remains, t. ii. part. 2. p. 1—21. Ed. in-fol. 1700. " Les Evêques d'Angleterre, sans aucune exception, ont toujours eu leurs sièges dans le Parlement, la plus haute Cour de Judicature, depuis que l'Angleterre possède des Parlements." — Voyez Gibson, Codex, p. 125, note w, et p. 128. — Christian Institutes, t. iv. p. 661.
Burke, Eefiections on the Révolution in France. Œuvres, t. v. p. 195. " Tandis que nous pourvoyons d'abord aux besoins des pauvres, et cela avec une sollicitude paternelle, nous n'avons pas relégué la Religion, comme quelque chose que nous eussions honte de monti'er, dans des municipalités obscures ou de simples villages. Non ; nous voulons qu'elle élève sa tête mitrée dans les Cours et
Chap. II.
Part. Tll.^ jgg Parlements ; nous voulons qu'elle se mêle à la masse entière de la vie, et qu'elle s'unisse h, toutes les classes de la société."
^ Laud, Sermon sur le Ps. cxxii. 6, 7. ** L'Etat ne peut jouir d'une existence heureuse et bénie que par l'Eglise."
Le Lord-Chancelier Eldon, Letter to Rev. M. Surtees, Fév. 1825. "Mon opinion est que l'établissement de l'Eglise est conçu, non pour faire de l'Eglise un corps politique, mais dans le but de rendre l'Etat religieux ; qu'une Eglise établie, avec une tolérance éclairée, est aussi nécessaire à la paix de l'Etat qu'au maintien de la Religion, sans laquelle l'Etat ne peut jouir d'une paix solide."
Déclaration of the English Laity, en 1833. " Nous nous trouvons appelés, par les événements qui se passent tous les jours autour de nous, h, déclarer que nou« sommes fermement convaincus que la consécration de l'Etat par le maintien public de la Religion Chrétienne, est le premier et le plus important devoir d'un peuple Chrétien ; et que l'Eglise établie dans nos Royaumes, en répandant son influence sacrée et salutaire dans tous les ordres et toutes les classes, et dans chacun des- coins du pays, a été pendant plusieurs siècles le grand bienfait distinctif de notre patrie ; non moins que le moyen, sous la Divine Providence, de la prospérité nationale, que de la piété individuelle."
^. Et que concluez-vous de ceci à l'égard du devoir des individus ?
31 . Il est de leur devoir d'entretenir un esprit de concorde religieuse, et de s'abstenir de divisions religieuses, qui peuvent embarrasser ceux qui sont revêtus d'autorité dans l'accomplissement de ce haut et saint devoir qui a pour objet de maintenir l'unité religieuse ; et de les aider avec respect et reconnaissance dans tous leurs efforts qui tendent à la conserver.
l'église d'ANGLETEERE NOTEE MEEE SPIEITUELLE. 299
Chap. ITI.
CHAPITEE III.
DE l'Église d'angleteeee comme mèee spieituelle
(B,. Vous avez dit qu'une société Chrétienne porte ^"^^^'275 tantôt le nom d'Etat, tantôt le nom d'Eglise, selon les fonctions qu'elle exerce.
m. oui.1
1 Bramhall, Replkation to the Bishop of Chalcedon. Œuvres, t. ii. p. 182. " L'Eglise Anglaise et le Royaume Anglais sont une seule et même société d'hommes, différant, non réellement, mais rationnellement l'un de l'autre, sous le rapport de quelques relations distinctes." — Voyez plus haut, p. 275 — 277.
OR. Mais, quelque vraie que cette théorie puisse avoir été en Angleterre à une époque antérieure, par exemple aux quinzième, seizième et dix-septième siècles, n'est-il pas irrationnel de parler aujourd'hui de l'Eglise et de l'Etat, comme de dfeux noms appliqués à la même société, lorsqu'un grand nombre de personnes, des membres même de la. législature impériale^ n'appartiennent plus à l'Eglise, et qu'au contraire elles en sont séparées et qu'elles y sont hostiles ?
3^, Tous les hommes sont ou. Chrétiens ou non Chrétiens ; et tous les Chrétiens appartiennent à l'Eglise visible.^ Il n'est personne qui n'appartienne à l'Eglise excepté les Athées, les Juifs, les Infidèles et y^^f^ p^"^
o ^ ' ' haut, p. 25 —
les Apostats.^ Si les personnes dant vous parlez sont ^''•
des Chrétiens, et si l'Eglise d'Angleterre est, ce que
nous avons montré qu'elle est, une véritable branche voyez plus
, . ... , liaut, Part. ii.
de l'Eglise Universelle, il s'ensuit qu'elle est leur <=hap. l— ix.
300 l'église d'angleteree comme meee spieituelle
Part, m- M^re Spirituelle. Elle est la Mère de tous les Chrétiens de ce pays. Selon les expressions de l'Ecriture, elle est pour eux tous la Maison de Dieu, le Corps de Jésus- Christ, la Mère de tous les vivants; elle est établie par le Seigneur pour dispenser sa grâce à eux tous ; et ils ne peuvent recevoir légitimement aucune grâce ^ sacramentelle que par elle.* Elle est l'Epouse de Jésus-Christ, et ces dons spirituels sont dos Ecclesiœ, son douaire, et le sien seulement. Comme ^us^haut Chrétiens, les sehismatiques sont donc membres, bien 48-^50"*^' que membres corrompus, de l'Eglise, et ils doivent être l'objet de sa sollicitude, comme elle devrait être pour eux un objet de respect ; ils sont enfants de l'Eglise, bien qu'enfants désobéissants ; et tant qu'elle est Eglise et tant qu'ils sont Chrétiens, elle ne peut oublier l'amour maternel qui l'attache à eux, et de leur côté ils ne peuvent point renoncer à leur devoir filial à son égard.
^ S. August. iii. 2308.
' 2 Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. III. chap. i. 7 ; V. Ixviii. 6.
3 S. Cyprian. Ep. 55, p. 112. Ed. Fell. "Christianus non est qui in Christi Ecclesiâ non est."
* S. August. De Bapt. contr. Don. i. c. 23. " Ecclesiâ omnes per Baptismum parit, sive apud se sive extra se ; Ecclesiœ jure quod est in Baptismo, nascuntur quicunque nascuntur." — Ihid. c. 18. "Baptizantur extra Ecclesise communionem, sed tamen baptismate EcclesiiE, quod, ubicunque est, sanctum est per se ipsum, et ideo non est eorum qui se séparant. Neque enim (c. 14.) separatio eorum générât (in baptismo), sed quod cum Ecclesiâ tenuerunt." — S. August. In Ps. xxxii. " Velint noliut schismatici, fratres nostri sunt." — Saint Augustin, Contra Crescon. ii. 16, compare les grâces sacramentelles de l'Eglise, lorsqu'elles se répandent dans les communions sehismatiques, aux fleuves de l'Eden coulant en dehors de l'Eden : ces grâces sont donc des eaux du Paradis, mais non des eaux dans le Paradis. — Quant aux rapports sous lesquels on peut dire que les sehismatiques appartiennent à l'Eglise, et sous lesquels ils sont séparés d'elle,
voyez plus haut, Part. I. chap. ii. et chap. v. ainsi que Bingham, Chap. Il] Ecclesiasticœ, xvi. i. 17, et Bramhall, t. ii. p. 81.
^. Mais cette opinion de Hooker, de Casaubon, de Yossius, de Laud, de Saravia, de Bramhall, de h^^^V^ys Biirke et d'autres théologiens, qui ont soutenu la ~"^''^coïncidence de TEglise et de l'Etat, dans un pays Chrétien, n'est-elle pas devenue inappliquable en Angleterre, à cause de l'existence et de l'accroissement des sectes dans ce pays, et par le fait que les dissidents peuvent maintenant être admis au Parlement, et prendre part à la confection des lois ?
3R. Lorsque Hooker et d'autres écrivains ont dit que chez une nation Chrétienne l'Etat coïncide avec l'Eglise, ils n'ont jamais imaginé que tous les citoyens de l'Etat seraient des membres sains de l'Eglise, ou même qu'ils professeraient tous les articles de la Foi Chrétienne. Par exemple Hooker dit : " On donne " le nom di! Eglise aux sociétés politiques qui embrassent "la vraie religion. Nous voulons ici parler de la " vraie religion en général, et non sous le rapport de " chaque détail, car ceux qui, dans quelques points ^'particuliers de la religion, s'écartent de la vérité, " peuvent néanmoins, si nous les comparons aux " hommes qui appartiennent à une religion païenne, " être considérés en toute vérité comme professant " la vraie religion." {Ecclesiastical Polity, liv. VIII. chap. i. 2.)
D'ailleurs, l'opinion dont vous parlez n'est pas seulement celle de Hooker, et des autres écrivains éminents que nous venons de citer, mais c'est encore l'opinion des théologiens Anglais qui ont précédé leur époque,^ et des anciens Pères Chrétiens ;
Part. TU.
S. Matth.
xiii. 38.
302 l'église D'ANGLETERRE COMME MERE SPIRITUELLE
OU plutôt, comme nous l'avons vu, c'est la doctrine de' Jésus-Christ lui-même. Le champ de l'Eglise, dit Notre-Seigneur, cest le monde. Il y aura toujours de Yivraie dans le champ (c'est-à-dire dans l'Eglise universelle), et dans chacune de ses parties (c'est-à-dire dans tous les Eglises nationales), jusqu'à la moisson même ; mais le monde ne cesse pas d'être le champ, bien qu'il puisse être presque entièrement envahi par l'ivraie.
L'ivraie (c'est-à-dire les railleurs, les personnes sacrilèges et les schismatiques) abondait dans le champ national de l'Angleterre du temps de Hooker et de Laud (comme cela^st notoire d'après leurs écrits et leurs souffrances) ^ ; et l'ivraie abondait dans le champ, elle occupait la plus grande partie du champ, dans les temps antérieurs où régnait la papisme ; cependant, comme nous l'avons vu, la nation Anglaise, telle qu'elle .était alors, était selon eux l'Eglise Anglaise ; exactement comme l'Etat d'Israël et de Juda était Y Eglise de Dieu, même dans le désert (iVct. vii. 38), lorsque le peuple se révolta contre Dieu, et à Voyez plus l'époQue d'Achab, de Manassé et des Pharisiens. Il
haut, p. 204 -ï^ ^ ^
—206. est vrai, sans doute, qu'une nation où l'ivraie abonde,
est une Eglise dans un état vicieux et corrompu.
L'erreur de ceux qui veulent s'appuyer de ce fait pour prouver que dans ce cas la nation n'est point une Eglise, provient de la même source que celle des personnes qui affirmaient que les hérétiques et les schismatiques sont^ complètement séparés de l'Eglise, et que par conséquent le Baptême administré par eux
Voyez plus u'cst poiut UQ sacremcnt. C'est la même erreur qui
haut. t). 204 , • • 1
— 2u(i est commise par ceux qui pensent que, parce que
Eome est une Eglise très-corrompue, elle n'est nullement Tine Eglise. Cette erreur vient de ce qu'on n'observe pas la nature de la différence qui existe, d'abord, entre l'Eglise visible et l'Eglise invisible, et, ensuite, entre l'Eglise visible dans un état sain, et la même Eglise dans un état* malsain.
1 Gardiner, dans fcon important ouvrage, De Verâ Ohedientiâ (éd. de Hambourg, loSC) cité dans Brown, Fasciculus Berum expetendarum et fugiendarwn, t. ii. p. 806. " Quatenus in Angliâ commoratur, de regno est ; quatenus verô Christianus est, in Angliâ etiam commorans, de Ecclesiâ Anglicanâ esse censetur. Caput, inquiunt, Princeps est Regni, non Ecclesise ; ciim tamen Ecclesiâ Anglicanâ nihil aliud sit quàm virorum et mulierum, clericorum et laicorum in regno Anglise commorantium in Christianâ professione unita congregatio."
^ Il se trouvait alors des Puritains et des Papistes dans les Parlements. " Il est notoire," dit un écrivain de l'Eglise Romaine (le Dr. O'Connor, Hist. Âddress, ii. 302), "que le serment.de Suprématie n'excluait pas les membres Catholiques [Romains] des Parlements Irlandais de 1615, 1639, 1640, 1641."— Voyez Ihid. p. 431.— Hume, Eistory of England, chap. xlvi. A.D. 1604, Conspiration des ^Çoudres . . . . " Quelques-uns des conspirateurs tressaillirent à l'idée que plusieurs Catholiques Romains devaient être présents, comme faisant partie du cortège du Roi, ou comme ayant un siège dans la chambre des Pairs." — Voyez aussi Butler, Memoirs of English [Roman] Catholics, t. ii. p. 43.— Par le Test Act, 25-"^ Statut de Charles IL c. 2, et par le 30"^ Statut de Charles IL c. 1, les Catholiques Romains furent exclus du Parlement.
Quelques personnes qui n'avaient reçu que les ordres Pre.sbytérieus, avaient, du temps de Hooker, la permission d'of&cier et de posséder des bénéfices de l'Eglise. — Voyez Nichols, 25. On peut citer comme exemples Whittingham, Doyen de Durham ; et Travers, Prédicateur du Temple, à Londres, et nommé Principal du Collège de la Sainte-Trinité, à Dublin. — Voyez les Œuvres -de Hooker, éd. Keble, t. iii. p. 554, et t. iv. p. 690, et les présages de Hooker, Préface de T Ecclesiastical Polity, i. 1, et liv. V. chap. Ixxix. 6, ainsi que Lord Bacon, t. iii. p. 14. — Les principes de Leicester, KnoUys et Walsingham sont bien connus.
^ Attendu que la véritable doctrine est que " les hommes restent dans V Eglise visible jusqu'à ce qu'ils renoncent complètement à pro-
Chap. III.
304 l'église d'angleteere comme mère spirituelle
Part. III. fegger le Christianisme." Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. III. ehap. i. 8, 9, 10. " Là où V incrédulité est professée il ne peut y avoir d'Eglise visible; elle peut exister là où une croyance pure fait défaut."
^ Hooker pi^munit soigneusement ses lecteurs contre cette erreur (voyez plus haut, p. 16) dans le Troisième Livre de son Gouvernement Ecclésiastique (chap. i. 9), sans lequel il est impossible de bien comprendre le Huitième.
^. Mais si, ainsi que vous l'avez dit, l'Eglise regarde les dissidents comme lui appartenant, n'encourage-t-elle pas de la sorte le schisme ?
îd. Non. L'Eglise est charitable envers les schismatiques, et elle sait qu'elle accomplit une œuvre de charité envers les schismatiques en les avertissant
ivaurV^46 ^^ ^^ schisme volontaire est un péché mortel ; car c'est ainsi que Dieu l'a déclaré. Et, dans tout ceci,
ha^u^ ^ ïs ®^^® ^® souvient que plusieurs personnes ne sont pas schismatiques d'intention ni de volonté, mais seulement à cause des circonstances de la naissance ou de l'éducation, ou par l'effet de la négligence des Ministres de l'Eglise ; et ceux-là même qui le sont, sont encore des hommes et des Chrétiens, et, comme tels, ils font profession d'obéir à la voix de Dieu et à celle de Jésus-Christ. C'est pourquoi elle ne peut point les
Y^^h t rejeter, elle ne peut point désespérer d'eux. Bien qu'ils
p. 13—17. soient de l'ivraie ou de mauvais^ froment {^t^âvia), cependant ils sont dans son champ, et, grâces à Dieu qui peut les convertir, ils peuvent devenir de bon froment. Ils sont maintenant de la balle, mais ils sont sur son aïre, et ils peuvent devenir de bon grain.*^ Bien qu'ils soient schismatiques, elle est elle-même Universelle ; et c'est pourquoi elle les considère encore comme siens, quoique leur schisme ne soit pas sien.
Ch
Odït errores, secl amat errantes^ — elle aime ceux qui s'égarent, mais non leurs égarements ; et parce qu'elle aime ceux qui s'égarent, il s'ensuit qu'elle n'aime pas leurs égarements, mais elle désire qu'ils les abandonnent pour rentrer dans la vérité ; au lieu que si elle désespérait d'eux, et si elle les rejetait, elle agirait dans un esprit de liaine à l'égard de ceux qui s'égarent, et d'amour envers leurs égarements.
^ Il faut observer qu'ici X^-X^-via ne signifie pas proprement ivraie, mais une mauvaise esjyèce de froment (qui y ressemble, dit saint Augustin, iv. 9, 11) qui peut devenir bon, de même que le bon peut devenir mauvais. (Voyez Lightfoot et Scultet sur saint Matth. xiii. 25.) C'est ce qui fait dire à saint Chrysostôme, in loc. : " avrêv twv C^^o-vitav TToKXovs et/côs /xçrafiaXécrdai, Koi yiyv€(rdat aîroy." — Voyez aussi saint Augtistin, sur le Ps. Ixiv, 12. — Tertullien, Prœscr. Hœr. 31, rend ^i^dvia par avenœ.
2 S. August. v. 1519. "Homo heri fn'it palea, hodie fit frumentum."
3 g, August. De Baptismo, contr, Donat. i. 12.
^. Mais si, comme vous semblez l'inférer, les scMsmatiques peuvent recevoir quelques grâces, qui sont le douaire de l'Eglise, sont-ils, sous le rapport de voyez plus ces grâces, dans un état pire que celui où ils seraient '^" s'ils n'étaient pas schismatiques ?
30i, Il n'y a pas le moindre doute à cet égard. Il ne revient pas au même d'avoir simplement une chose, ou de l'avoir d'une manière profitable ;^ de jyosséder quelque chose, ou d'en user et di! en. jouir. Autre chose est d'appartenir à l'Eglise, et autre chose d'appartenir à son unité. Les schismatiques appartiennent à l'Eglise, mais non à son unité ; et les grâces qu'ils peuvent avoir, dit saint Augustin, insunt iis, sed non lis prosunt, verum etiam ohsunt, — elles sont en eux,^ mais non pour eux, mais elles sont même contre eux,
306 l'église d'angleteere comme mère spirituelle
Part. HT. ^^^^ quUs restent volontairement séparés de Vunité de VEglîse, c'est-à-dire tant qu'ils restent schismatiques volontaires ; et c'est seulement lorsqu'ils retournent à l'unité de l'Eglise, que ces grâces incipiunt j)rod.esse in unitate, quœ in schismate ^rodesse non poterant^ — commencent à leur profiter dans leur unité avec l'Eglise, tandis qu'elles ne pouvaient leur profiter lorsqu'ils étaient à l'état de séparation vis-à-vis d'elle.
^ S. Angust. Contr. Donat. iv. 24. " Salus extra Ecclesiam non est, et ideo qusecunque ipsius Ecclesiae habentur extra Ecclesiam (i.e. in schismate) non valent ad salutem; aliud est habere, aliud utiliter habere." — Voyez aussi ii. p. 332, Ej). 89, et De Bapt. contr. Donat. i. 8. "Non ideo se putent sanos quia eos dicimus habere aliquid sanum." — Comparez iv. p. 1621, au sujet de Simon le Magicien.
2 S. August. In S. Joann. vi. " In bonis sancta insunt ad salutem, in malis ad judicium." — Contra Gaudentium, ii. 11.
^ S. August. Contra Donat. i. 18, — Contra Crescon. ii. 12. — Contra Petit, c. 15. — Tractât, in JS.. Joann. vi. ''Rem Columbœ sed prseter Columbam habes ; veni igitur ad Columbam, ut prodesse tibi incipiat, quod habes."
(B,* Mais si l'on ne peut profiter de la grâce quand on est séparé de l'unité de l'Eglise, comment donc se fit-il que, lorsque les Apôtres s'opposèrent à celui qui chassait les démons au JS'om de Jésus-Christ, parce
s. Marc, ix. qu'il ne suivait pas ses disciples, le Christ leur dit :
s.Luc, ix. Ne l empêchez pas?
3R. Il ne semble pas que la personne dont il est question se séparât de Jésus-Christ, bien qu'elle ne suivit pas en personne la compagnie des Apôtres ;. au contraire, elle faisait des miracles, non pas en son propre nom, mais en celui du Christ. Mais en supposant même qu'elle eût été séparée du Christ, le Christ approuva son propre pouvoir, même quand il était
exercé par un homme séparé de lui ; mais il w'ap- ^Hiî^J^
prouva point la séparation de celui qui l'exerçait, pas
plus que Dieu n'approuva les péchés de Balaam, de
Saùl, de Caïphe ou de Judas, lorsqu'il prophétisait
et prêchait par leur bouche. Jésus-Christ dit que
l'homme est de notre côté (c'est-à-dire que ses œuvres
conduisent à notre bien), mais il ne dit pas qu'il est
avec nous ; et il dit : Celui qui nest pas avec moi est §• Luc, xi.-
contre moi ; et celui qui ne recueille pas avec wio/ s..M^atth.
disperse.
^. Mais ne lisons-nous pas dans le Livre des Nom. xi. 28 Nombres que lorsque Eldad et Médad prophétisaient dans le camp, et non dans le tabernacle avec les autres anciens, et que Josué dit : Moïse, mon seigneur, empêchez-les de prophétiser, Moïse répondit : Es-tu jaloux pour moi? Plût h Dieu que tout le peuple du Seigneur prophétisât, et que le Seigneur lui donnât son Esprit? Et ceci ne justifie-t-il pas l'acte de prêcher dans la séparation ?
jK.. Non. Eldad et Médad avaient été visiblement Nom. xi. le, appelés et envoyés par Dieu, et ordonnés par Moïse ; et pendant qu'ils prophétisaient, V Esprit était sur eux. Moïse aussi, ne l'oublions pas, approuve qu'ils prophétisent, mais il n'approuve point qu'ils prophétisent dans un endroit différent de celui où étaient les autres anciens. Un Prophète peut être dans l'erreur et le péché, tandis que ce qu'il prophétise est vrai et saint. Leur exemple nous montre en vérité que l'Esprit de Dieu n'est point restreint à un lieu^ particulier ; mais il ne saurait justifier sous aucun rapport celui qui prêche sans avoir été dûment appelé et envoyé, car eux étaient dûment appelés et envoyés ; ni celui qui, X 2
Part. III.
808 L'EGLISE D'ANG-LETEEEE COMME MEEE SPIEITUELLE
s'il a été dûment appelé et envoyé, prêcherait dans la séparation.
1 Beveridge, Sermons, The Institution of Ministers. Œuvres, t. i. p. 33. Ed. Oxford.
^. Mais si la prédication dans le schisme est coupable, comment se fait-il que saint Paul dise, dans le premier chapitre de son Epître aux Philippiens, que lorsqu'on prêche Jésus-Christ, même par envie, discorde
Phii. i. 15— et esprit de contention {iplOeca), cependant, de quelle manière que ce puisse être, soit par un zèle prétendu, soit avec sincérité, Jésus-Christ est toujours prêché, et qu'il s'en réjouissait, et qu'il s'en réjouirait toujours?
IR. On peut douter avec juste raison que saint Paul veuille ici parler en aucune manière de la prédication du ministère, car il dit que la majorité des frères {ai TrXeloves;) annonçait la parole hardiment, et on ne peut pas supposer que la majorité fût composée de prédicateurs. Mais en supposant qu'il parle de la prédication du ministère, nous dirons alors que saint
1 Cor. iii. 3. Paul approuvait la prédication de l'Evangile, mais non^ sa prédication par envie et contention, car il nous apprend que l'envie et les contentions sont charnelles ; et dans le chapitre suivant de cette même Epître aux
Fhii. ii. 3. Philippiens, il dit, en employant le même mot que dans ce passage pour contention {èplôeia) : Que rien ne soit fait dans un esprit de contention ; et saint Jacques déclare, en se servant aussi du même mot
s. jacq. iii. contcntion {epldeia), que là où il y a contention, il y a toutes sortes de mauvaises actions ; et encore : Si vous avez dans le cœur une jalousie amère et un esprit de contention (iplôeta), cest une sagesse terrestre, sensuelle, diaholique. Saint Paul dit encore que l'esprit
de contention (epldeca) est une œuvre charnelle, et ^"^^•^"qu'elle exclut du Ciel. Le schisme est contraire à Gai. v. 20. la charité; et le même Apôtre dit: Quand même ^ cor. xiu.2. j'aurais le don de prophétie, et que je comprendrais tous les mystères et toutes les sciences ; et quand même j'aurais toute la foi possible, jusquh transporter les montagnes ; si je nai point la charité, tout cela ne me sert de rien^ Or, ceux-là n'ont point de charité, qui n'aiment pas l'unité de l'Eglise. Non hahent Dei cJiaritatem^ qui non diligunt Ecclesiœ unitatem^
1 Zonar. In Canon. Apostol. 66, p. 34. ^'Tà KaXh kuAccs yivéardcj. Où KaXdu t6 Ka\àv orav fx.^ KaXûs yévriTai. — ««Aà /j.ev èSiSa(TKOv, ov /caAws 5e [bona quidem, sed non bene] dit Théodoret in locuni. — Voyez aussi le Sermon de saint Jean Chrysostôme sur ce texte, V. p, 14. ^' vyiès -f^v tÙ Soyiia, éavrovs 5è àiroWrj ovct iv èKÙvoL è| àirex^et"? KTipvrTOVTis."
S. August. Tractât, in Joann. xlvi. " Quod fecit malè, non prédicat de Cathedra Christi ; inde lœdit, unde mala facit, non unde bona dicit ; cùm audis bona dicenteui, ne imiteris mala facientem." —T. iii. 1735, 1836, 1837.
■ Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. Y. chap. Ixii. 5. " Tout ce que nous faisons sans affection religieuse est odieux aux yeux de Dieu, qui par conséquent respecte, dit-on, les adverbes plus que les verbes, — et l'esprit se rend agréable aux yeux de Dieu, non pas en faisant, mais en faisant bien."
'^ S. August. Tractât, in Joann. Evang. xiv. " Omnia illa quae laudautur in Ecclesiâ, nihil illis prosunt, quia con^cindunt unitatem, id est, tunicam illam charitatis. Quid faciunt ? Diserti sunt multi inter illos, magnae linguse, flumina linguarum. Numquid Angelicè loquuntur ? Audiant amicum sponsi zelantem sponso, non sibi: Si linguis hominum loquar et Angelorum, charitatem autem non habeam, factus sum tU œramentum sonans, aut cymbalum tinniens."
^ S. August. Contra Donat. iii. 21.
^» Quelles conséquences déduisez-vous donc des doctrines exposées dans ce chapitre par rapport aux devoirs pratiques des membres individuels de l'Eglise envers l'Etat ?
SIO l'église D'ANGLETEERE comme MERE SPIRITUELLE
Fart. ITT. ^^ g| j^^^g aîmons notre pays, il est de notre devoir de prier et de travailler par-dessus toutes choses pour qu'il soit purement et sainement Chrétien. S'il est tombé à cet égard dans une condition corrompue, nous ne l'abandonnerons pas comme incorrigible et incurable ; mais nous ferons tous nos efforts pour le ramener à la santé. C'est pourquoi nous ne considérerons jamais un péché national comme une raison ou une excuse pour d^ autres péchés (comme si les péchés des hommes pouvaient abroger les lois de Dieu !), mais comme un appel qui nous est fait pour que nous travaillions à l'œuvre de rétahlissement, ayant toujours présentes à la pensée les bénédictions
i«. iviii. 12. promises par Dieu à ceux qui rebâtissent les lieux déserts depuis longtemps, et rétablissent les fondements abandonnés depuis plusieurs générations, et qui sont appelés les réparateurs des brèches et les restaurateurs des sentiers qui font habiter le pays.
T^rov. xiv. J^Si justice, ct la justice seule, élève une nation. Et toutes les nations sont tenues à adorer Jésus-Christ. Si l'Etat voulait remplir son devoir sous ce rapport (devoir qu'aucun changement ni de temps ni de circonstances ne peut modifier), si, comptant sur la bonté du Dieu tout-puissant pour tous ses bienfaits, et reconnaissant envers lui pour ceux qu'il a reçus, il voulait tâcher d'augmenter le nombre des Evêques, du Clergé et des Eglises, d'une manière proportionnée à l'accroissement présent et futur de la population, il y a de puissants motifs d'espérer que nos discordes, nos dissensions et nos animosités se trouveraient par là sensiblement diminuées ; que des individus, des familles et des districts entiers retour-
lieraient au sein de l'Eglise dans une complète et .^Hl^iilL heureuse communion, et habiteraient ensemble dans l'unité, comme des frères et comme des enfants chéris de Dieu, et que, avec l'accroissement de la piété individuelle et nationale, la paix et la prospérité publiques s'en ressentiraient grandement. Le Souverain, les hommes d'Etat et les particuliers qui ^^^°^- ^^^• accompliront, ou qui aideront à accomplir cette Dan^xl?.' s.^" grande œuvre, seront les bienfaiteurs les plus vrais de leur pays, et Dieu les bénira à jamais.^
1 Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. V. chap. Ixxvi. 8. "Nous avouons avec saint Augustin {De Civ. JDei, v. 24) que ce qui fait principalement le bonheur pour lequel nous professons une si grande admiration vis-à-vis de certains Rois de préférence à d'autres, ne vient pas de la longueur de leur règne, mais la raison pour laquelle nous exaltons leur félicité provient de ce qu'ils ont régné selon les lois de la vertu, exercé leur pouvoir en faveur du service et du culte de la Majesté du Très-Haut, et qu'ils ont eu à son égard la crainte que leurs propres sujets ont professée pour eux ; c'est ainsi que le bonheur céleste et le bonheur terrestre sont ijnis en une seule couronne, qui, par la Providence du Dieu toutpuissant, a été jusqu'ici le partage des plus dignes des Princes Chrétiens."
Les traducteurs Anglais de la Sainte Bible, dans la Préface qui précède la Version Autorisée, publiée en 1611, s'expriment ainsi: "Il appartient certainement aux Rois, et il appartient même spécialement à eux seuls, de veiller aux intérêts de la religion, de la bien connaître, de la professer avec zèle, et de V encourager de tout leur pouvoir. Ceci constitue leur gloire aux yeux de toutes les nations bien pensantes, et leur donnera en partage le poids éternel d'une gloire souverainement excellente au jour de notre Seigneur Jésus." — Voyez plus loin. Part. iii. chap. iv.
^» Que concluez- VOUS aussi à l'égard des devoirs des membres de l'Eglise envers leurs frères dissidents ?
H» Ils leur doivent les charitables offices des conseils, des exhortations, de l'assistance et de la
312 DE LA SUPEEMATIE ECCa:.ESIASTIQUE
,^i^3^il^ prière, afin qu'ils soient induits à considérer de nouveau les causes de leur dissentiment, à examiner les vrais principes de l'Eglise, tels que Jésus-Christ les a posés, à méditer sur le danger et sur le péché du schisme, sur les bienfaits de l'unité, et sur les promesses que Dieu a faites à ceux qui y consacrent leurs efforts.
CHAPITEE IV.