BE LA SUPEEMATIE ECCLÉSIASTIQUE DES SOUVERAINS CHRÉTIENS
^. Sans parler ici d'autres formes de gouvernement civil, — dans les contrées où la forme du gouvernement civil est, comme en Angleterre, une monarchie, quelle est la relation qui existe entre le pouvoir souverain et l'Eglise ?
1^. Dans les royaumes Chrétiens, le pouvoir souverain exerce ordinairement le "gouvernement suprême sur toutes les personnes, dans toutes les causes," dans la société considérée soit comme Eglise,^ soit comme Etat.
1 Casaubon, De Lib. Eccles. c. v. " Quîn suprema auctoritas in Republicâ Christianâ ad principes jure pertineat, ne dubitandum quidem videtur."
Carleton, Bilson, Andrewes et Ward, cités par l'Archidiacre Pott dans son ouvrage, The Rightg of Sovereignty in Christian States, p. 31, 33, 34, 143, 227.— Hooker, Préface de VEcclesiastical Polity, chap. vii. 6. — Voyez plus loin, p. 328 — 330. — Voyez aussi Wake, Authority of ChHstian Princes, éd. 1697, et Palmer, Treafise on the Church, t. il. p. 340.
DES SOUVEEAINS CHEETIENS. 813
(^, Mais comment cette suprématie ecclésiastique Slt^jJI:, des Princes s'accorde-t-elle avec l'autorité souveraine que Jésus-Christ exerce sur l'Eglise ?
M, L'autorité souveraine de Jésus-Christ diffère de celle des Eois en objets, en ordre, en mesure et en espèce} Elle diffère en objets, car Jésus-Christ est voyez plus
-^ '^ , . . ^^-ai, p. 18,
le Chef de toutes choses par rapport à l'Eglise Uni- 254. verselle ; les Eois sont les Chefs de toutes les personnes dans les Eglises de leurs propres Royaumes. Elle diffère en ordre, — car Jésus-Christ gouverne les Eois ; et ceux-ci gouvernent sous lui ; en mesure, — car le pouvoir de Jésus-Christ est universel et absolu ; le leur est spécial et restreint ; en espèce, — car il est l'unique source invisible de la vie intérieure de son Corps, l'Eglise ; les Eois exercent un pouvoir extérieur sur ceux de ses membres visibles qui vivent
de leur temps et dans leurs royaumes. Les Eois voyez plus ^ -^ ^ haut, p. 122,
sont les serviteurs du Christ, pour travailler à sa i^s, 284.
gloire et avancer son Eoyaume. La souveraineté ecclésiastique des Eois est, par conséquent, loin d'être incompatible avec celle de Jésus-Christ ; elle lui est, au contraire, subordonnée ; elle lui prête son concours.
^ Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. VIII. chap. iv. 1—8. — Bramhall, t. ii. 218. — Voyez plus loin, Part. iii. chap. v.
^» Sur quelles bases s'appuie la suprématie ecclésiastique des Eois ?
in. Sur celles de la Eaison, de l'Ecriture et de l'Autorité.
^. Comment s'appuie-t-elle sur la Eaison ?
3^. Le maintien de l'ordre dans une société civile