DE LA SUPREMATIE ECCLESIASTIQUE
Part. III.
exige qu'il y ait plusieurs degrés ; et là où se trouvent des degrés, il doit y en avoir un plus haut que les autres ; et il est mieux d'assigner ce plus haut degré à une seule personne. Quand il s'agit d'une monarchie, comme en Angleterre, il est parfaitement convenable que ce pouvoir suprême appartienne au Monarque temporel, car autrement il y aurait deux s. Matth. chefs suprêmes ; et personne ne peut servir deux
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S.Luc, xvi. maîtres. Cette suprématie des Eois est d'ailleurs
justifiée aussi par des préceptes et des exemples
formels tirés de l'Ecriture Sainte.
^» Comment cela en ressort-il ?
î^. L'Ecriture nous montre les Eois comme vice-
voyezpius gércuts dc Dicu sur la terre, et, ayant droit, comme
haut, p. 282, ^ ^ > j >
tels, à la soumission de toutes les personnes qui vivent dans leurs états sans aucune exception ; et il serait dégradant pour eux, en qualité de ses mifîT'^-i^'/' bistres,. et pour Celui dont ils sont les ministres, de supposer qu'ils n'ont rien à faire qu'avec les corps de leurs sujets. Dieu a d'ailleurs ordonné que les choses spirituelles doivent former l'objet de leur soin spécial; et si les devoirs de la royauté s'étendent à ces choses, ils doivent posséder sur elles une autorité royale, car Dieu ne commande jamais rien sans autoriser l'emploi des moyens propres à l'accomplir.
1 Bilson, Christian Suhjection, p. 339. " Si les Rois furent d'abord établis par Dieu pour s'occuper seulement des choses nécessaires au maintien de cette vie temporelle, le pouvoir et les fonctions des Rois ne s'exerceraient que sur le boire, le manger et les vêtements ; et les Souverains n'auraient pour leur peuple d'autre soin que celui qu'ils prennent de leurs meutes ou de leurs chevaux, c'est-à-dire de veiller à ce qu'il fût bien nourri et bien soigné; ce qui est une 1 Tim ii. 2. opinion criminelle et digne de la brute. On doit des prières pour
DES SOUVEEAINS CHEETIENS. 315
les Rois et pour tous ceux qui sont revêtus d'autorité, afin qu'ils Chap. IV.^ s'acquittent de leurs devoirs selon le commandement de Dieu, qui consiste, en ce que leurs sujets, par leur appui et leur intermédiaire, mènent une vie honnête, pieuse et tranquille ; la piété et Vhonnêteté étant le principal objet de nos prières et le résultat de leur pouvoir^
Ihid. p. 343. " Si leur devoir s'étend jusqu'à un point, leur autorité doit s'étendre jusqu'à ce point. Leurs fonctions cessent là où finit leur pouvoir. Dieu n'exige jamais des Rois qu'ils fassent ce qu'il leur permet de ne pas faire. Si donc la piété et l'honnêteté sont la partie principale de leurs fonctions, ergo elles sont également le but principal de leur pouvoir."
Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. VIII. chap. iii. 2. " C'est commettre une erreur grossière de penser que le pouvoir royal doive servir au bien du corps et non à celui de l'âme, à la paix temporelle des hommes, et non à leur bonheur éternel ; comme si Dieu, en instituant les Rois, n'avait eu d'autre but et d'autre objet que d'engraisser les hommes comme des pourceaux, et de veiller à ce qu'ils aient leurs glands." — Comp. liv. V. chap. Ixxvi. 4; VIII. vi. 11. — Voyez Andrewes, plus loin, chap. vii.
Casaubon, Dedicat. Exerc. Baron. " Utinam considerare principes vellent, aliud esse sacerdotem agere, ex umbone Scripturaa interpretari, Sacramenta administrare, in nomine Christi ligare et solvere; aliud auctoritate suâ prospicere ut quœ sunt sacerdotis agat sacerdos. Has partes in Ecclesiâ Dei pii principes sibi semper vindicarunt. Nova, infanda, execranda theologia est, quœ docet curam subditorum pertinere ad priucipem tantùm quatenus homines sunt, non quatenus Christiani" — Voyez aussi Saravia, De Imperandi Auctontate et Ohristianâ Ohedientiâ, ii. c. 52 ; iii. c. 35.
(?â. Mais VOUS avez parlé d'exemples tirés de l'Ecriture, qui autorisent la suprématie ecclésiastique des Eois ?
5^» Oui. Les Chefs et les Eois d'Israël, le peuple même de Dieu, avaient cette autorité. Ils étaient voyez plus
loin, p. 336—
établis par Dieu pour être custodes utriusque tabuïœ, 338. gardiens de la première table de sa loi, aussi bien que de la seconde. Sa loi ne devait jamais s éloigner jos. i. 7, s. de leur bouche / ils devaient la lire tous les jours de is. leur vie, la méditer nuit et jour, et ne s en détourner nî