‹ Theophilus anglicanusChapitre 71 sur 91 · DE LA SUPEEMATJE ECCLESIASTIQUE · texte numérisé non relu

DE LA SUPEEMATJE ECCLESIASTIQUE

est mauvais, non-seiilement en matières séculières, mais encore eu matières spirituelles. Ils le servent donc comme Rois, lorsqu'ils font pour lui ce qu'ils ne pourraient faire s'' ils n étaient pas Rois ; et qu'ils songent, s'ils manquent d'agir ainsi, quel compte ils pourront rendre un jour au Dieu tout-puissant ? Leur devoir, dit-il en concluant, consiste, — à maintenir la paix de V Eglise, dont ils sont les enfants spirituels!'

1 S. August. Epist. ad Bonifacium, ii. 977. " Quis mente sobrius Eegibus dicat : Nolite curare in regno vestro à quo teneatur vel oppugnetur Ecclesia Domini vestri ; non ad vos pertinet in regno vestro quis velit esse religiosus sive sacrilegus?"

2 S. August. Contr. Crescon. iii. 5T. Tractât, in Joann. xi. ^' Quomodo (aliter) redderent rationem de impei-io suc Deo ? Pertinet hoc ad reges speculi Christianos, ut pacatam velint matrem suam Ecclesiam unde spiritualiter nati sunt."

Bilson, Perpétuai Government of Christ^s Church, chap. x. p. 206. Ed. Oxford, 1842.

^. Voilà, il est vrai, les expressions employées par saint Augustin ; mais les Chrétiens professaient-ils en général les mêmes sentiments après que l'empire fut devenu Chrétien ?

^. Oui, ces sentiments étaient universels; et celui qui voudrait élever des objections contre le pouvoir suprême, sous le rapport du droit et du devoir, tel que les souverains d'Angleterre l'exercent dans les matières spirituelles, minerait les fondements de la raison, qui servent de base à toute monarchie Chrétienne ; il se mettrait en opposition avec les exemples de l'Ancien Testament ^ et les préceptes du Nouveau • non-seulement il faudrait condamner la pratique de Constantin, de Théodose, de Justinien ^ et de tous les

DES SOUYEEAINS CHRETIENS. 319

grands Eois et Empereurs Chrétiens, et spécialement Sl^^;-!!:^ des Souverains de l'Angleterre/ mais il s'exposerait encore à attaquer le jugement de tous les plus sages et les plus pieux Pères de l'Eglise.

^ Sapience, vi. 1 — 6. Vous donc, 6 Rois, écoutez et entendez ; vous, juges des extrémités de la terre, apprenez. Prêtez V oreille, vous qui gouvernez les peuples, et qui vous glorifiez de la multitude des nations. Car la puissance vous est donnée par le Seigneur, et la domination par le Très-Haut, qui examinera vos œuvres et qui sondera vos . pensées. Parce qu'étant les ministres de son Royaume, vous n'avez pas jugé selon la justice, ni gardé la loi, ni marché suivant le conseil de Dieu ; il se lèvera contre vous, terrible et prompt ; car un jugement rigoureux sera exercé sur ceux qui dominent sur les autres. Le petit obtiendra m,iséricorde ; mais les puissants seront puissamment tourmentés.

Bilson, Christian Suhjection, p. 179, 183. "Si vous niez qu'il Deut. xvii. soit de la fonction du prince de veiller à ce que la loi de Dieu soit p^* jj jq complètement exécutée, son Fils dûment servi, son Epouse soignée ildans la sécurité, sa maison remplie en sou temps, ses ennemis Rom. xiii. 4. justement punis, vous devez contrebalancer, par quelque autorité s. Luc, xiv. meilleure et plus imposante, ce que Moïse a prescrit, David requis, Isaïe prophétisé, Paul témoigné, et le Christ commandé."

2 Bilson, Christian Suhjection, p. 189, 273, 280.

Constantin. Ejyist. ad Ecclesias post Si/nod. Nicœn. — Euseb. Vit, Const. iii. — " Theodosius, dit saint Ambroise, morti vicinus potiorem Ecclesiae quàm imperii curam egit." — Justinian. Novell. 3. "Ea quse sanctis Ecclesiis conducunt non minori nobis curse suut quàm ipsa anima."— Cod. Tit. i. 1, iii. lib. i. J)e Summâ Trinitate. " Decere arbitramur nostrum imperium subditos nostros de religione commonefacere ; ita enim et pleniorem acquiri Dei ac Salvatoris Nostri Jesu Christi benignitatem possibile esse existimamus, si quando et nos pro viribus Ipsi placere studuerimus et nostros subditos ad eam rem instituerimus,"

S. Léo, Epistola xxi. Ad Theodosium juniorem, a.d. 449. " Prseter impériales,' curas piissimam solieitudinem Christianse religionis habetis, ne in populo Dei schismata aut hœreses aut uUa scandala convalescant, quia tune est optimus regni vestri status, quando Sempiternse Triuitati servitur gloriosissime."

Voyez aussi la réponse faite par saint Optât, iii. 3, h, la question des Donatistes : Quid est Imperatori cum Ecclesiâ ?

s 20 DE LA SUPREMATIE ECCÎLESIASTIQUE, ETC.

Part TII-^ Casaubon, Ded. Exerc. Baron. "Religionis aut neglectœ aut restitutœ decus dedecusve divina eloquia regibus non adscriberent si ad illorum officium ejus rei cura non pertineret. Constantinus M., Theodosius, Justinianus, et omnes pii imperatores, negotiis religionis qukm diligenter se immiscuerint, quis ignorât ? "

On trouvera d'amples preuves de ce fait dans les autorités citées par Hooker, Ecclesiastical Polity, liv. VII. chap. xviii. 2. — Barrow, Treatise on the Pope' s Supremacy, p. 227 — 234 ; Grotius, De Potestate, 215, 244, 263, 269, 270 ; Bingham, Origines Ecdesiasticœ, XVI. vi. 6 ; Wake, Autliority of Christian Princes, p. 10,

3 Voyez dans Twisden, Historical Vindication of the Church of England in point of Schism, p. 97 — 100, des exemples de l'exercice du pouvoir royal en matières ecclésiastiques en Angleterre depuis les temps les plus reculés, — Voyez aussi plus loin, Ihid. p. 208 — 210; et plus haut, p. 193. Legès Edvardi Confessoris. Palmer, Treatise on the Church, t. ii. p. 335.

(Bl, Comment la manière différente dont Dieu s'est conduit envers l'Eglise dans les relations de cette dernière avec les Eois à diverses époques, a-t-elle abouti à une seule et même fin ?

s. Matth. 3^, Dans les premiers siècles du Christianisme, 2 ÏÏJf ^•- I^ieu, pour montrer la puissance divine de son Evan- Ps. ixviii. giie^ maintint son Eglise, non-seulement dans Yindé- 'pendance de la 'protection des Eois, mais même en opposition avec leurs furieuses attaques ; et il accomplit cela d'une manière tellement glorieuse, qu'il gagna les Eois à son Eglise, dans l'intérêt de l'Eglise et dans le leur ; mais a^pr^s en être arrivé à ce point, il compléta la grande œuvre, et il acheva de donner la preuve sacrée de la vérité et de la puissance divines du Christianisme, en enrôlant les Eois à son service, et en les faisant défenseurs de la Foi et champions de l'Eglise.^

^ S. Cyril. Hierosol. Cat. xviii. "'H KadoXiKrj èKKXrja-ia Sià rwv ^irXwv TÎjs hiKaioav l'IIS tûv Se^iôài^ Koi àpi(Trçpwv, 5tà So|7js Koà àriixias, irpôrepov fJLeu eu Sioiyixoîs Kal 6\i\pe(n, rovs àylov^ /j.dpTvpas roîs r?is

SUPREMATIE ROYALE DAKS l'EGLTSE d'ANGLETERRE. 821

vtrofiovris ttolkIXois koI iroKvavQéaiv eare^pe (Trecpduois, yvpl Se àv Sj^- ^^ Kaipols cîpîivrjs &€ov x^-piTi Ta rrjs ôcpeiAoïxévrjs e^'Ci Ti/xiis vnà fiacri- AectiU Kal rûi/ eu vTcepoX'^îs ovrwv /cot "navT^s àuOpoiirwy eïSovs re Kaï yépovs."

S. Ambros. Ejnst. xvii. à l'Empereur Valentinien. " Cùm omnes homines, qui sub ditione Romanâ sunt, Vobis militent Imperatoribus terrarum atque Principibus, tum Ipsi Vos Omnipoteuti Deo et sacrée Fidei militatis."

S. Léo Magnus, Se7'm. xxxv. 96. " Tantùm contulit fidei impugnatio persequentium, ut nih.il magis Regium omet principatum quàm quod domini mundi membra sunt Christi, nec tam gloriantur quod in Imperio geniti, quàm gaudent quod in Baptismate sunt renati."

Hesychius, Ad S. Augustin. (August. Op. ii. p. 1112.) "Ex que clementissimi Imperatores Christiani esse cœperunt, quanquam paulatim fides, causa persecutionis, crescebat in s?eculo, factis regibus Christianis, uhique in parvo tempore Christi Evangelium penetravit."

Casaubon, De Lih. Eccl. ii. v. Epist. p, 189.

CHAPITEE V.

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