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nationales," quand un Evêque de Rome, Grégoire" le Grand, se lèvera pour dénoncer formellement " comme arrogant, criminel, schismatique, blasphématoire et anti-chrétien," le titre d'Evêque Universel jusqu'alors inconnu dans l'Eglise, et usurpé par le patriarche de Constantinople, afin de sauvegarder la dignité des métropolitains et patriarches des autres nations, et fera entendre ces mémorables paroles, citées par l'auteur du Theopliilus : " Qu'en aucun temps votre sainteté ne donne à personne le " titre d'Evêque Universel j car si jamais l'on reconnaît que cela " soit permis, l'honneur dû à tous les patriarches est nié par là " même." *' Quel est celui qui ose usurper ce nom nouveau, " contrairement aux commandements évangéliques et aux " décrets portés par les canons ? . . . . Loin de tout cœur " chrétien ce nom blasphématoire, par lequel l'honneur de tous "les prêtres leur est enlevé, tandis qu'un seul se l'aiToge "follement!" "Je dis avec assurance que quiconque s'appelle " Evêque Universel (universalem sacerdotem), ou veut être ainsi "appelé dans son ambition, est le précurseur de VAntechristj " parce qu'en s'enorgueillissant de la sorte il se place au-dessus " des autres ; et par un semblable orgueil il est induit en " erreur, parce que, comme ce Pervers désire être regardé comme " élevé au-dessus de tous les hommes ainsi que Dieu, de même " quiconque désire être appelé seul Evêque s'élève au-dessus des " autres Evêques."
Comment l'Evêque de Rome échapperait-il à la condamnation portée par saint Grégoire contre ceux qui s'arrogent le titre d'Evêque Universel? Le Pape prétend être infaillible; mais saint Grégoire était Pape, lui aussi, et saint Grégoire dénonce celui qui s'attribue le titre d'Evêque Universel, comme le pré-
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curseur de l' Antéchrist. Faut-il donc distinguer entre un Pape et un autre, quant à l'infaillibilité? Cette qualité n'est-elle accordée qu'aux soutiens d'une suprématie universelle ? Ou la perd- on, aux yeux des pseudo-catholiques, sitôt qu'on nie cette suprématie, en se fondant sur la seule autorité vraiment suprême et infaillible, à savoir, les saintes Ecritures ?
Au fond, ses prétentions à une suprématie universelle et à l'infaillibilité enferment la Papauté dans un étrange dilemme. Si, en effet, elle se prétend suprême et universelle, elle renonce par là même à l'infaillibilité, elle se déclare faillible ; car il lui faut se déjuger; il lui faut, par l'organe de l'un de ses évêques, déclarer légitime ce qu'un autre de ses évêques a proclamé criminel. Si, au contraire, elle entend mettre au^-dessus de tout sa propre infaillibilité, il lui faut renoncer au titre d'universelle, condamné en termes si formels par un de ses pontifes infaillibles, qu'elle a canonisé elle-même, et qui a su ajouter encore à l'éclat de sa position toute l'autorité de ses lumières propres, de ses talents et de ses vertus.
C'est donc en vain que l'Evêque de Rome essaie de réunir en lui ces qualités d'universel et d'infaillible. On lui répondra toujours : Ou vous êtes, en effet, fondé à vous déclarer universel, mais alors vous n'êtes point infaillible, puisqu'un de vos prédécesseurs, saint Grégoire le Grand, a failli en appelant celui qui s'arroge un tel titre le précurseur de l'Antéchrist ; ou vous êtes, en réalité, infaillible, mais il faut alors vous soumettre au jugement de votre prédécesseur, rentrer dans les limites de votre patriarcat, et renoncer à la suprématie universelle.
On ne saurait trop insister sur ce point, car il est fondamental; il fait ressortir toute l'inconséquence des prétentions
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de la Papauté moderne, inconséquence funeste, qui a causé tant de maux à l'Eglise Catholique et à la Papauté elle-même.
En réalité, ce titre d'Evêque Universel, dénoncé et flétri avec tant de sévérité par Grégoire le Grand, ne fut adopté par Eome elle-même que plus de six cents ans après Jésus-Christ, dans la personne de Boniface III, qui s'arrogea de la sorte une espèce de souveraineté sur l'Eglise tout entière. On aurait tort cependant de croire que l'Eglise ait reconnu sans conteste pareille usurpation. La chose, au contraire, resta tellement indécise, qu'au onzième siècle même, Léon IX reproduisit l'éloquente protestation que son prédécesseur Grégoire avait fulminée contre le patriarche de Constantinople, ainsi qu'on peut le voir, dans la lettre, remarquable à tant de titres, adressée par Léon IX à Michel Cérularius, patriarche de Constantinople.^
Depuis cette époque, les papes, sans tenir plus de compte de ces protestations successives que de la tradition catholique et de l'enseignement même du Pivin Fondateur de la Religion, se sont de nouveau arrogés ce funeste titre d'Evêque Universel ; et aujourd'hui les choses en sont venues à ce point que les prélats et les écrivains ultramontains enseignent à tout propos que le pape a une autorité souveraine et universelle, qui s'étend sur le temporel aussi bien que sur le spirituel, qu'il est tout, absolument tout, dans V Eglise, qu'il est Vévéque des evêques, le seul éveque, à proprement parler, le canal des grâces de Dieu, la source de tout pouvoir et de toute dignité ecclésiastique, V unique dépositaire et interprète de la vérité ! ^
1 Ep. vi.
^ "Notre Sauveur Jésus-Christ étant lui-même le seul Chef et le seul " Gouverneur de son Eglise, — et sous ce rapport on ne doit l'appeler avec " juste raison qu'une seule Eglise Catholique, — n'a pas constitué un Prêtre
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Une grande partie de l'Eglise se trouvait par-là subordonnée à un seul homme. Semblable état de choses devait à la fin amener une réaction. De là tant d'agitations, tant de scandales, tant de divisions dans l'Eglise, tant de déchirements dont nous voyons actuellement se dérouler les conséquences.
Evidemment la Papauté est en ce moment agitée en sens divers, et traverse une crise décisive. Plaise à Dieu que l'issue en soit favorable, et qu'elle procure aux peuples plus de bonheur, de lumière religieuse et de foi, et à l'Eglise l'unité véritable, dont la Papauté, qui n'en a jamais été que le fantôme, a jusqu'ici retardé l'avènement ! Les envahissements, les usurpations, les extravagances de la Papauté pendant des siècles produisent leurs tristes fruits. Sa création fut due aux circonstances du temps et principalement à des intrigues politiques ; et, bien que nous soyons loin de nier les services qu'elle a pu rendre à la Chrétienté au milieu de la barbarie du moyen âge, nous ne pouvons nous dissimuler toutefois qu'elle n'ait conservé que trop de marques de son origine accidentelle, et n'ait servi que trop souvent à des menées ambitieuses et à des fins d'agrandissement politique. Quoique dise Pie IX " des immuables lois de l'éternelle justice " qui, selon lui, ont toujours dirigé la " chaire de Pierre," ses adhérents les plus dévoués reconnaissent que l'amour des
" particulier pour gouverner l'Eglise Catholique tout entière, mais plusieurs " prêtres et ministres ecclésiastiques, pour administrer et gouverner les " Eglises particulières dans chaque province, dans chaque pays et dans " chaque nation. Et de la même manière que notre Sauveur Jésus-Christ " administra et gouverna son Eglise Catholique avant son Incarnation, de " même il administre et gouverne aujourd'hui la même Eglise, malgré tous " ces vains prétextes et ces usurpations ridicules que les Evêques de Rome " ou leurs adhérents peuvent alléguer et maintenir de contraire." — Overall, Convocation-Booh, Liv. II. chap. xi. — Voyez aussi un autre fragment du même ouvrage cité dans le Theophilus, p. 20.