‹ Théopneustie; ou, Inspiration plénière des Saintes ÉcrituresChapitre 37 sur 44 · ART · texte numérisé non relu

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ron, vous les voyez, à peine de retour à Rome, con-

sacrer déjà leur nouvelle demeure à l’église de Dieu. C’est chez eux qu’elle se rassemble ; et vous

leur cou pour la vie de saint Paul.

Mais, outre toutes ces leçons qui, dans ces seize

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apprenez encore ici, comme en passant, que ces” deux époux n’avaient pas hésité d'exposer ensemble

petits versets, sont offertes à nos consciences, vous -

y pouvez apprendre encore deux faits d'une haute importance pour l’histoire de l’Église. Et d'abord vous y voyez, avec la plus naïve et la plus pleine évidence, qu’il n’était alors question, dans Rome, n1de saint Pierre, ni de son épiscopat, ni de sa papauté, ni desa primauté, ni même de Saïprésence. Ne reconnaîlrez-vous pas une prévision prophétique dans le soin qu'a pris 1ei le Saint-Esprit de faire, pour cette épitre aux Romains , ce qu’il n’a fait pour aucune autre des quatorze lettres de saint Paul , et de la terminer ainsi par un long catalogue des femmes et des hommes les plus estimés alors dans toute l'Église Romaine ? Voilà donc l’apôtre des gentils, qui, vingt ans après sa conversion , leur écrit en saluant au milieu d'eux jusqu’à vingt-huit per- Sonnes par leur nom propre, et beaucoup d’autres ‘encore par des désignations collectives , et qui ne leur dit pas un mot pour le prince des apôtres, comme on l'appelle, pourle vicaire de Jésus-Christ, pour son supérieur, pour l’évêque de l'Eglise uni-

DÉTAILS VULGAIRES. Eh 479 verselle, pour le fondateur de l’Eglise Romaine! ! — Saint Pierre était apôtre de la circoncision , et non pas des gentils ! : sa place était à Jérusalem ; C’est là qu’il le faut chercher, et c’est là que saint * Paul l'avait toujours trouvé. — Dans son premier voyage, trois ans après sa conversion, Paul ly visite, et demeure quinze jours dans sa maison ?. Dans son second voyage, pour le premier concile, il y rencontre encore. Dans son troisième voyage, en l’an 44, à l’époque de la mort d’'Hérode Agrippa, c’est encore là qu'habite saint Pierre 5. Dans son quatrième voyage, dix-sept ans après sa conversion #, saint Paul l’y retrouve encore , dans la charge d’apôtre, non des gentils, notez-le bien, mais de la circoncision. Et quand enfin il est en chemin pour son cinquième et dernier voyage, il écrit aux Romains et aux Galates; et alors, pour que toute l’église sache bien que Pierre n’est point à Rome et n’y a Jamais été, Paul aura soin de saluer par leur nom tout ce qu'il y avait alors de distingué parmi les fidèles de Rome, même parmi les femmes. Quel est l’évêque de nos jours, dans la secte latine, qui osât écrire une lettre en seize chapitres à l’église de Rome, sans lui dire un

s (1) Galat., 1, 7, 8, 9.—{2) Galat., 1, 18.—(3) Act., xt, 1, 3. — (4) Galat., 1,7. |

seul mot, ni de son pape, ni de saint Pierre, ni d’un vicaire de Jésus-Christ 1?

Mais il est un autre fait historique, plus intéressant encore, à la connaissance duquel ces seize mêmes versets, qu'on disait inutiles, nous conduisent par les traits les plus frappants. — Voyez, dans les détails mêmes de ces courtes salutations , par quels humbles instruments, et cependant avec quelle étendue, l'Évangile s'était établi en si peu de temps dans la puissante Rome. — Aucun apôtre n’y avait mis les pieds ?, et toutefois admirez quels avaient été déjà, par le seul travail des voyageurs, des artisans, des marchands , des femmes, des esclaves et des affranchis qui se trouvaient dans Rome, les progrès de la parole de Dieu! — Jésus- Christ y avait des disciples jusque dans les palais des princes juifs qui résidaient à la Cour impériale, et jusque chez les hommes paiens qui servaient de plus près la personne de Néron. — Saint Paul demande qu'entre autres chrétiens on salue de sa part, premièrement, « ceux d’entre les gens d’Aristobule , » et, secondement , «ceux d’entre les gens de Narcisse, qui étaient dans le Seigneur. » — Or, le premier de ces grands personnages était le frère d’Agrippa-le-Grand et d’'Hérodias ; le

(1) Voyez sur ce sujet l’excellente dissertation du pasteur

Bost : « Du pouvoir de saint Pierre dans l'Eglise. » Genève. 1833. — (2) Rom.,1, 11, 13, 14, 15; xv, 22.

second était le tout-puissant favori de l’empereur Claude. Agrippine ne le fit mourir qu’à la fin de l'an 54. |

Ah! que tout ce qui s'appelle chrétien renonce donc pour toujours à ces téméraires systèmes, où l’on s’élève contre des paroles des Écritures , pour en contester la convenance; où l’on ôte de la Bible de Dieu tel passage, telle parole, pour en faire (au moins quant à ce passage et à cette parole) une Bible de l’homme ; et où l’on se rend ainsi responsable de toutes les témérités qui seront osées ailleurs, par des docteurs plus hardis, imitant sur un livre ce qu'ils vous auront vu faire sur un verset! — Quelle idée se fait-on des écrivains sacrés, quand on leur suppose la folle audace de mêler leurs propres oracles aux oracles du Tout-Puissant ? — Nous nous rappelons un homme aliéné, pensionnaire de nos hôpitaux, dont la main cependant, comme copiste, était assez belle pour qu’un ministre de Genève l’employât à transcrire ses sermons. La confusion de celui-ci fut grande, lorsqu’en revoyant ses cahiers il s’assura que ce malheureux avait cru devoir en enrichir toutes les pages de ses propres pensées. — Il y a moins loin cependant d’un insensé à un ministre, fût-il saint comme Daniel et sublime comme Ésaïe, que de Daniel ou d'Ésaïe à la Sagesse éternelle!

Maintenant donc, parvenus jusqu'ici , nous vou-

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‘ dim, avant d'aller plus loin, recommander à à nos *] teurs. , dans l'usage de la Critique tSaerée, trois | tio ions, dont b doctrine re devra

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