‹ Théorie analytique de la chaleurChapitre 25 sur 287 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Si l'on doublait l'épaisseur e de l'enceinte, on aurait le même résultat que si l'on employait, pour la former, une substance dont la conducibilité propre serait deux fois plus grande. Ainsi l'emploi des substances qui conduisent difficilement la chaleur permet de donner peu d'épaisseur à l'enceinte; l'effet que l'on obtient ne dépend que du rapport

4° Si la conducibilité K est nulle, on trouve m — n = * ; c'est-à-dire que l'air intérieur prend la température du foyer : il en est de môme si H est nulle ou si h est nulle. Ces conséquences sont d'ailleurs évidentes, puisque la chaleur ne peut alors se dissiper dans l'air extérieur.

5° Les valeurs des quantités g, H, h, K et a, que l'on suppose connues, peuvent être mesurées par des expériences directes, comme on le verra par la suite; mais, dans la question actuelle , il suffirait d'observer la valeur de m — n qui correspond à des valeurs données de <r et de «, et on s'en servirait pour déterminer le coefficient total

| 4- + |p au moyen de l'équation m — n— - —

dans laquelle p désigne le coefficient cherché. On mettra

dans cette équation, au lieu de ^ et de a — n, les valeurs

de ces quantités , que l'on suppose données , et celle de m — n, que l'observation aura fait connaître. On en déduira la valeur dep, et l'on pourra ensuite appliquer la formule à une infinité d'autres cas.

6° Le coefficient H entre dans la valeur de m — n de la même manière que le coefficient /* ; par conséquent l'état de

la superficie, ou celui de l'enveloppe qui la couvre, procure le même effet, soit qu'il se rapporte à la surface intérieure ou à la surface extérieure.

On aurait regardé comme inutile de faire remarquer ces diverses conséquences, si l'on ne traitait point ici des questions toutes nouvelles, dont les résultats peuvent être d'une utilité immédiate.

On sait que les corps animés conservent une température sensiblement fixe, que l'on peut regarder comme indépendante de la température du milieu dans lequel ils vivent. Ces corps sont, en quelque sorte, des foyers d'une chaleur constante, de même que les substances enflammées dont la combustion est devenue uniforme. On peut donc, à l'aide des remarques précédentes, prévoir et régler avec plus d'exactitude l'élévation des températures dans les lieux où l'on réunit un grand nombre d'hommes. Si l'on y observe la hauteur du thermomètre dans des circonstances données, on déterminera d'avance quelle serait cette hauteur , si le nombre d'hommes rassemblés dans le même espace devenait beaucoup plus grand.

A la vérité , il y a plusieurs circonstances accessoires qui modifient les résultats, telles que l'inégale épaisseur des parties des enceintes, la diversité de leur exposition, l'effet que produisent les issues, l'inégale distribution de la chaleur de l'air. On ne peut donc faire une application rigoureuse des règles données par le calcul ; toutefois, ces règles sont précieuses en elles-mêmes , parce qu'elles contiennent les vrais principes de la matière : elles préviennent des raisonnements vagues et des tentatives inutiles ou confuses.

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