CHAPITRE IL i
nous terminerons celui-ci par des remarques générales sur la nature des quantités qui entrent dans notre analyse.
Pour mesurer ces quantités et les exprimer en nombre, on les compare à diverses sortes d'unités, au nombre de cinq, savoir : l'unité de longueur, l'unité de temps, celle de la température, celle du poids, et enfin l'unité qui sert à mesurer les quantités de chaleur. On aurait pu choisir pour cette dernière unité la quantité de chaleur qui élève un volume donné d'une certaine substance , depuis la température o jusqu'à la température i. Le choix de cette unité serait préférable à plusieurs égards à celui de la quantité de chaleur nécessaire pour convertir une masse de glace d'un poids donné , en une masse pareille d'eau , sans élever la température o. Nous n'avons adopté cette dernière unité, que parce qu'elle était en quelque sorte fixée d'avance dans plusieurs ouvrages de physique ; au reste , cette supposition n'apporterait aucun changement dans les résultats du calcul.
Les éléments spécifiques qui déterminent dans chaque corps les effets mesurables de la chaleur, sont au nombre de trois, savoir : la conducibilité propre, la conducibihté relative à l'air atmosphérique, et la capacité de chaleur.
Les nombres qui expriment ces quantités sont comme la pesanteur spécifique autant de caractères naturels propres aux diverses substances.
Nous avons déjà remarqué, art. 36, que la conducibihté de la surface serait mesurée d'une manière plus exacte, si l'on avait des observations suffisantes sur les effets de la cha- Jeur rayonnante dans les espaces vides d'air.
On peut voir, comme nous l'avons annoncé dans la pre-
i54 THÉORIE DE LA CHALEUR.
mière section du chap. I , art. 1 1 , qu'il n'entre dans le calcul^que trois coefficients spécifiques k, h, C; ils doivent être déterminés par des observations, et nous indiquerons par la-suite les expériences propres à les faire connaître avec précision.
Le nombre C, qui entre dans le calcul, est toujours multiplié par la densité D, c'est-à-dire, par le nombre d'unités de poids qui équivalent au poids de l'unité de volume ; ainsi ce produit C D peut être remplacé par le coefficient c. Dans ce cas on doit entendre, par capacité spécifique de chaleur, la quantité nécessaire pour élever de la température o à la température i l'unité de volume d'une substance donnée, et non l'unité de poids de cette substance. C'est pour ne pas s'éloigner des définitions communes, que l'on a rapporté dans cet ouvrage la capacité de chaleur au poids et non au volume ; mais il serait préférable d'employer le coefficient c tel que nous venons de le définir; alors il n'entrera dans les expressions analytiques aucune grandeur mesurée par l'unité de poids: on aura seulement à considérer, i° la dimension linéaire x, la température v, et le temps f; '2° les coefficient c, h, et k. Les trois premières quantités sont des indéterminées, et les trois autres sont, pour chaque substance , des éléments constants que l'expérience fait connaître. Quant à l'unité de surface et à l'unité de volume, elles n'ont rien d'absolu, et dépendent de l'unité de longueur.
Il faut maintenant remarquer que chaque grandeur indéterminée ou constante a une dimension qui lui est propre, et que les termes d'une même équation ne pourraient pas être