XXX INTRODUCTION
également -remplie dans chacun des systèmes des satellites , qui tournent tous dans le même sens autour de leur planète principale, on en peut conclure que les systèmes de satellites sont stables comme celui des planètes. La stabilité du système solaire est donc à jamais assurée ; les orbites des planètes et des satellites y dans les âges futurs, ne pourront que s'aplatir légèrement, en conservant les mêmes grands axes, et les plans de ces orbites ne feront que de petites oscillations autour d'une position moyenne : immenses pendules de réternité qui battent les siècles comme les nôtres battent les secondes.
Cependant, malgré les simplifications que Lagrange était parvenu à introduire dans les formules générales des mouvements planétaires , la détermination des perturbations des planètes et des satellites présentait encore de grands obstacles, par la difliculte de distinguer dans le nombre infini de ces inégalités, celles qui, quoique très-petites dans les équations différentielles, acquièrent par rintégration des diviseurs qui les rendent considérables et donnent ainsi Texplication d'anomalies singulières , que les Astronomes avaient remarquées dans les mouvements de quelques-unes des principales planètes, sans en pouvoir démêler la cause. Ce genre de recherches convenait surtout au génie de Laplace , dont la patience et la sagacité étaient les qualités distinctives. Aussi ne laissa-t-il aucune de ces questions, si longtemps controversées , sans être soumise à un nouvel examen et sans être définitivement résolue. L'accélération du mouvement de la Lune avait longtemps occupe les géomètres et l'on avait cru indispensable , pour l'expliquer, de modifier sur ce point la loi de la gravitation universelle. Laplace en trouve la véritable cause dans la variation séculaire de l'excentricité de l'orbe terrestre, qui, peu importante par elle-même, produit un effet très-sensible en se réfléchissant, pour ainsi dire , dans le mouvement de notre satellite. — Parmi les nombreuses inégalités du même astre, Laplace calcule, avec un soin nouveau , celles qui dépendent de la parallaxe solaire , et il distingue le premier celles qui ont pour cause l'aplatissement du sphéroïde terrestre, en sorte que, sans sortir de son cabinet, l'astronome peut désormais, par la seule observation des mouve ments lunaires, déterminer la figure de la Terre et sa distance au
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Soleil. -— La cause des deux grandes inégalités remarquées par les astronomes dans les mouvements de Jupiter et de Saturne , et en vertu desquelles le mouvement dû premier de ces astres se ralentit quand celui de Pautre s'accélère , et réciproquement , était encore ignorée malgré les efforts souvent renouvelés que les géomètres les pins distingués avaient tentés pour la découvrir. La direction particulière que Laplace avait donnée à ses travaux la lui fait découvrir. Il la trouve dans un rapport presque commensurable qui existe entre les moyens mouvements de ces deux planètes , et qui rend considérables des inégalités qui, sans cette circon-^ stance, demeureraient éternellement insensibles. — Une circonstance analogue se reproduit dans la théorie des satellites de Jupiter, Laplace la saisit avec la même perspicacité D'autres inégalités singulières sont également reconnues par lui dans les mouvements des différents corps de notre système planétaire, et il s'attache à déterminer avec plus d'exactitude celles qui avaient déjà été calculées avant lui. C'est alors , comme il le dit lui-même, qu'on vit enfin les observations anciennes et modernes représentées par la théorie avec toute la précision qu'elles peuvent atteindre. Celles qui semblaient auparavant inexplicables par la loi de la pesanteur universelle , en sont devenues maintenant l'une des preuves ?es plus convaincantes. Tel a été le sort de cette brillante découverte, que chaque difficulté qui s'est présentée, est devenu^ pour elle un nouveau sujet de triomphe, ce qui est le plus sûr caractère du système de la nature.
Les comètes forment dans la constitution de l'univers une espèce d'astres à part : non-seulement elles se distinguent des planètes par leurs apparences physiques, les irrégularités de leur marche, la courte durée de leurs apparitions , mais elles en diffèrent encore, pour la plupart, par les grandes excentricités de leui« orbites, et les inclinaisons considérables des plans de ces orbites sur leplandel'écliptique d'où nous les observons. Il en résulte que les méthodes employées pour calculer les mouvements planétaires , généralement fondées sur des développements en séries que la petitesse des excentricités et des inclinaisons rend très-convergentes , ne peuvent plus être appliquées avec succès à la détermination du mouvement elliptique ou du mouvement troublé des comètes. La