STRUCTURE DISCONTINUE DE LA MATIÈRE
viduels, les propriétés observables des gaz ne seront plus que des propriétés « moyennes », c'est-à-dire dérivant des actions simuflianées et plus ou moins Ip encordantes d'un nombre immense de molécules. Le but physique de la théorie est précisément de faire apparaître ces propriétés moyennes au milieu de la complication en apparence inextricable des mouvements moléculaires.
Les calculs mathématiques auxquels on est conduit doivent donc porter sur ces mouvements, dont le détail nous est inconnu, et dont nous no pouvons imaginer que les caractères généraux. Ils doivent conduire à des résultats moyens qui ne dépendront que de ces caractères généraux. En un -mot c'est au calcul des probabilités qu'il faut faiie appel. La mécanique des gaz est une mécanique statistique et les lois physiques auxquelles elle conduit sont des lois statistiques. On nej peut donc espérer obtenir des lois certaines, mais seulement des lois extrêmement vraisemblables ou pratiquement xjertaines. Ce caractère de la théorie, qui a contribué, à certaines époques, à sa défaveur, doit être, au contraire, regardé comme un des plus suggestifs. Il a permis, comme nous le verrons, de jeter un jour nouveau sur le second principe de la thermodynamique, et d'éclaircir nos idées sur la nature intime de ce principe.
Malheureusement la complication extrême des mouvements moléculaires entraîne une complication correspondante des calculs mathématiques qui sont nécessaires pour ie développement complet et rigoureux de la théorie. ' Cette complication est telle qu'elle oblige fréquemment à chercher dans des simplifications quelquefois hasardées le moyen de poursuivre les calculs. Il est possible cependant de préciser à chaque instant le degré de rigueur auquel ,on peut J)rétendre, et comme, par des procédés même sommaires, on est conduit à dos résultats dont l'accord avec l'expérience est presque surprenant, il n'y a aucune
raison de douter de l'exactitude des principes. Malgré des difficultés que l'on ne saurait masquer, Tensemble aujourd'hui est si satisfaisant que l'on peut considérer la théorie comme assise sur des fondements presque inébranlables.
Le cadre très restreint de ce volume nous interdisant tous développements mathématiques, nous nous contenterons d'étudier les hypothèses les plus simples, par exemple celle des chocs élastiques, de classer les résidtats dans un ordre logique, en un mot, d'exposer la suite des idées plutôt que le détail des calculs. Nous renverrons le lecteur désireux d'approfondir ses coimaissajices aux ouvrages cités dans la bibliographie, à la fin du volume.
Quelques indications historiques seront utiles pour servir de conclusion aux généralités qui précèdent. Les physiciens ne considèrent comme proprement scientifique qu'une théorie qui possède des bases expérimentales sérieuses. Il ne paraît donc pas intéressant de remonter à l'antiquité et aux philosophes grecs et latins, pour y rechercher les origines des théories atomistiques. La connaissance précise des lois expérimentales de la compressibilité des gaz ne date en réalité que de Boyle et de Mariette. Aussi est-il juste de considérer surtout Daniel BernouUi (1730) comme le fondateur de la théorie cinétique moderne : c'est lui en effet qui a expliqué le pre- Inier la loi de Mariette par les mouvements moléculaires. Cependant le développement complet de l'atomisme n'a commencé qu'avec la découverte des lois fondamentales de la chimie, en particulier des lois de Dalton, d'Avogadro et de Gay-Lussac, qui imposèrent en quelque sorte la doctrine atomistique au début du xix^ siècle., Depuis cette époque, les progrès ont été rapides. Mais c'est surtout au milieu du xix siècle, avec Maxwell et Clausius, que la théorie a reçu la base mathématique solide qu'elle . possède aujourd'hui. Plus récemment, les, travaux de
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