Valeurs numériques des vitesses moléculaires
La formule (11 bis) permet de calcider les vitesses quadratiques moyennes des molécules de tous les gaz, puisque la pression et la densité absolue sont faciles à déterminer par l'expérience. Le tableau suivant donne
1. Voir au chapitre XI l'ensemble de tous les résultats numériques. ^ T
dtizedbyLiOOgle
20 THÉO^ilE CINÉTIQUE DBS GAZ
quelques-unes* des valeurs obtenues dans les conditions' normales de température et de pression :
Hydrogène . . . . 1838 mètres par seconde.
Oxygène 461 —
Azote 493 —
Il est remarquable que les vitesses calculées soient, comme il convient, de l'ordre des vitesses d'écoulement des gaz dans le vjide à travers de petites ouvertures, et aussi de l'ordre de la vitesse du son dans les gaz.
9. Solutions étendues. Pression osmotique. — Les propriétés des solutions étendues ressemblent à celle§ d'un gaz. Les molécules dissoutes exercent sur une paroi baignée par la solution une pression, dite pression osmotique, qui est l'analogue de la pression d'un gaz. Van't Hoff a précisé cette analogie en montrant que la substance dissoute exerce une pression osmotique numériquement égale à ceUe qu'elle exercerait dans le même voluine si eUe pouvait y prendre toute seule l'état gazeux sans changement de température. En d'autres termes, l'équation des gaz parfaits (14) est applicable aux solutions étendues avec la même valeur de la constante K, à condition de représenter par p la pression osmotique,
La théorie cinétique permet de comprendre ce résulta^. On ne peut plus, dans une solution, négliger les actions, intermoléculaires, mais on peut admettre que les mole-, cules d'une substance en solution étendue sontvsoumises, de la part du dissolvant, à des actions qui s'équilibrent en moyenne. Leurs mouvements seront donc à peu près' les mêmes que ceux des molécules d'un gaz mélangé à un autre, et on pourra calculer la pression qu'elles exercent par les mêmes modes de raisonnement que pour
1. Voir dos résultats numériques plus complets au chapitre XI (p. 152).
^.jitizedbyLiOOgle
un gaz*. On sera donc conduit à admettre, non seulement la validité de la formule (14), mais aussi celle des formules (11), (16) et (17). En d'autres termes l'énergie cinétique moyenne d'une molécule dissoute sera la même que celle d'une molécule gazeuse à la même température ; le principe d'équipartition s'appliquera aux molécules dissoutes.
Nous verrons plus tard que la vaMdité du principe a été vérifiée même pour les très grosses particules en suspension dans les émulsions colloïdales.
1. Dans les expériences bien connues où la pression osmotique est mise en évidence- par l'emploi d'une paroi semi-perméable, les actions entre molécules du dissolvant et molécules du corps dissous ne se compensent plus en général et jouent, par suite, un rôle essentiel. On pourra consulter à ce sujet une note de M. Langevin dans le Journal de Chimie physique de 1912.