‹ Théorie de Calvin sur l'Écriture SainteChapitre 11 sur 14 · L'ÉCRITURE SAINTE RÈGLE DE FOI · texte numérisé non relu

L'ÉCRITURE SAINTE RÈGLE DE FOI

Si les Ecritures sont la Parole de Dieu, si elles sont inspirées par l'Esprit, si rien n’a été dit, ni écrit sans son assistance, si rien n’a été oublié, l’homme n’a qu'à les interroger de ses yeux avides pour y chercher toujours la pensée de Dieu. Cette pensée, une fois trouvée, devra devenir la sienne. L'Ecriture sera l’unique source de sa foi. Quand elle se laira, il gardera un respectueux silence et défendra à son esprit une dangereuse curiosité. « nous faut prendre de l'Escriture la reigle tant de noz pensées que de noz paroles, à laquelle nous rapportions et toutes les cogitations de tstre esprit el toutes les parolles de nostre bouche Culschap ru, sect. au... Nostre scuvotrene doit

estre autre, que de recevoir avec un esprit débonuaire

et docilité, tout ce qui nous est enseigné en l'Escriture, sans rien excepter (liv. F, chap. xvur, sect. 1v).. L'Escriture est l'escole du Sainct Esprit: en laquelle comme il n’y a rien omis qui fust salutaire (le latin porte : necessarium) et utile à cognoistre, aussi iln°y à rien d'enseigné qu'il ne soit expédient de savoir » (au sujet de la prédestination, Liv. IE, chap. xxr, sect. 1m).

L'Eglise elle aussi n’a qu'à se soumettre. Elle est l’esclave de la Parole qu’elle est chargée de répandre. H ne lui est pas permis de faire des innovations : «II n’est pas licite à l'Eglise de forger aucune doctrine nouvelle : c'est-à-dire de plus enseigner que Dieu n'a révélé par sa parolle » (iv. IV, chap. vint, sect. 1v, xv).

L'Eglise catholique, en s’attribuant, au nom de sa prétendue inspiration exclusive, le droit de décréter de nouveaux dogmes, d'établir de nouvelles institutions, qu'on doil tenir pour oracles venant du Ciel, est aussi dans l'erreur que les exaltés, anabaptistes ou autres, qui s’affranchissent de l'Ecriture (Liv. IV, chap. vur, sect. XI).

Le Seigneur en promettant son Esprit n'a pas fait espérer de nouvelles révélations. « Il ne faut rien davan{age attendre de son Esprit, sinon qu’en illuminant noz entendemens, il nous face recevoir la vérité de sa doctrine » (liv. IV, chap. vi, sect. xx).

Toutes les doctrines doivent être jugées à cette lumière. « Comme bois, chaume et foin, quand on les mel au feu, sont incontinent esprins pour être redigez

en cendre : ainsi foules inventions humaines qui ne sont pas establies en la parolle de Dieu ne peuvent porter l'examen de Esprit qu’elles ne soyent (protinus) destruites et aneanties » (liv. IE, chap. v, sect. 1x).

Calvin critique les institutions et certains dogmes catholiques élaborés à travers les siècles, et montre qu'ils n'ont aucun fondement en l'Ecriture.

S'il accepte les formules dogmaliques des grands conciles des premiers siècles, ce n’est pas parce qu'elles ont été décrétées par des assemblées d'évêques, représentant l'Eglise universelle; c’est parce qu'après examen attentif, il les croit conformes aux enseignements bibliques (liv. IV, chap. 1x, sect. vu).

Les catholiques prétendent qu’on ne trouve point en l'Ecriture la détermination faite au concile de Nicée que le Fils est d’une même substance que le Père. Selon lui, le mot consubstantiel n'y est pas, la chose, la pensée s'y trouve, clairement exprimée (iv. IV, chap. vin, sect. xvi).

Le symbôle, dit des Apôtres, lui paraît être l'expression heureuse de la foi chrétienne. Peu lui importe d’ailleurs le nom de l'autear qu'il avoue ne pas conpaître. « Il ne nous faut pas beaucoup soucier de l'autheur de ce sommaire... Toute l’histoire de notre Foy y est briefvement racontée en tel ordre et distinction,

.qu'il ne nous faut chercher davantage, et que rien n'y est mis qui ne soit prouvé par fermes témoignages de

J'Escriture » (liv. H, chap. xvr, seet. xvin).

(ee)

I croit qu’en la rédaction primitive ne se trouvait pas la descente aux enfers. Il l’admet; mais en repoussant l'interprétation : il est descendu au sépulcre, qui serait une répélition plus obscure. Saint Pierre a voulu seulement montrer « que tous ont senti et cogneu combien la mort de Jésus-Christ estoit vertueuse ». Pour lui Christ a « enduré les tormens espouvantables que doivent sentir les damnez et perdus » (iv. IE, chap. xvi, sect. 1x eix).

Quant aux institutions il faut en revenir à celles que les Apôtres ont établies : pasteurs prèchant la Parole, anciens, diacres, — baptême et cène, seuls sacrements. — Cependant pour la discipline externe et Les autres cérémonies, Dieu n’a pas donné d'ordre précis. Cela dépend du milieu et des temps; mais il ne faut pas que le peuple ait pour ces institutions un respect superstitieux (Liv. IV en général, chap. x, sect. xxvu, XXVIII, KXIX, XX).

L'Eglise catholique objecte que le baptème des enfants n’est pas en l'Evangile. S'il n’y était pas Calvin renoncerait à cette coutume, mais il l'y trouve (liv. IV,

chap. xvi, sect. 1).

SECTION III

Page 1