PREUVES HUMAINES
Sans cette certitude produite par l'Esprit en nous, tous les autres arguments sont vains et inutiles. Avec cette illumination ils peuvent avoir quelque utilité.
= Jp
S'il y a un Dieu au Ciel, c’est de Lui que viennent la Loi et les Prophètes. La doctrine en’ est céleste. C'est elle qui nous ravit, malgré le style grossier qui l’enveloppe. Il v a là des sentences que l'Esprit humain n’aurait pu trouver de lui-même, des pensées qui n'auraient pas germé en son cœur. Aucun livre ne provoque en notre âme des émotions aussi profondes : « Que nous lisions Démosthène ou Cicéron, Platon ou Aristote, ou quelques autres de leur bande : ie confesse bien qu'ils attireront merveilleusement, et delecteront et esmouveront iusques à ravir mesme l'esprit; mais si de là nous nous transportons à la lecture des Sainctes Ecri- {ures vueillons ou non elles nous poindront si vivement, elles perceront tellement nostre cœur, elles se ficheront tellement au dedans des moelles, que toute la force qu'ont les rhétoriciens ou philosophes, au prix de l’efficace d’un tel sentiment ne sera que fumée. Dont il est aisé d’appercevoir que les Sainctes Ecritures ont quelque propriété divine à inspirer les hommes, veu que de si loing elles surmontent toutes les grâces de l’industrie humaine » (liv. I, chap. vu, sect. 1v; chap. vin, séct. retn).
N'est-on pas frappé aussi de l'ancienneté de l’Ecriture? Tout ce qu'on raconte ailleurs est postérieur à Moïse. El Moïse ne propose rien de nouveau à Israël mals ce que depuis l'antiquité la plus reculée on s’était transmis d'âge en âge. La sincérité qu'il met à
raconter sans voile les écarts des membres de sa fa-
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mille, les miracles qui ont précédé, accompagné et suivi la promulgation de la Loi, miracles incontestables que les païens n'ont même pas cherché à nier mais à attribuer à une puissance magique, les prophé- “ies, en particulier celles au sujet de la prééminence de Juda et de la vocation des Gentils, réalisées l’une 400 ans, l’autre 2,000 ans plus tard, tout prouve qu’en écrivant il a obéi à l'Esprit, qu'il est « comme ange de Dieu venant du ciel » {liv. F, chap. vur, sect. m1, 1v, Y, (ML):
L'accomplissement des nombreuses prophèties
qu'on trouve chez les prophètes, d'Isaïe au sujet de Cyrus, de Jérémie fixant sûrement le temps du séjour en captivité, de Daniel traitant de faits qui se sont passés 600 ans après sa mort, éte., nous est garant que ce ne sont pas des conjectures humaines, mais des oracles de Dieu {liv. F, chap. var, sect. vii).
Qu'étaient les apôtres? Des péagers, des pêcheurs, des ignorants. Et cependant en un instant ils sont devenus capables d'exposer les profonds mystères de Dieu. N’est-il pas évident qu'ils avaient pour maitre l'Esprit? (liv. 1, chap. vu, sect. x.)
Les attaques impuissantes dirigées de toutes parts contre l’Ecriture, l’acceptation de son autorité par tant de peuples si divers de mœurs et de langue, le sang des martyrs versé pour elle, entre beaucoup d'autres raisons, attestent éloquemment sa majesté et sa dignité (liv. 1, chap. vur, sect. x1 et x11).
Mais il ne faut pas se faire illusion; ces preuves, si frappantes qu'elles soient, ne pourraient enfanter en notre être une conviction profonde et durable. I v faut l'intervention de Dieu. « Lesquelles raisons néan:moins ne sont point de soy suffisantes pour fonder droilement sa certitude, iusques à ce que le Père céleste, faisant là reluire sa divinité, l'exempte de toute doute el question, luy donnant ferme reverence. Pourtant lors finalement l'Ecriture nous satisfera à une cognoissance de Dieu, qui nous apporte salut, quand la certitude d’icelle sera appuyée sur la persuasion intérieure du Saint-Esprit » (liv. 1, chap. vur, sect. xn).